CRYPTES
I. Des cryptes. La peau est toute parsemée de cryptes qui versent à sa surface un liquide plus ou moins abondant. Plusieurs auteurs les ont désignés sous le nom de follicules sébacés. M. de Blainville est le premier qui en ait fait une bonne analyse. i° Tout crypte est composé d’une enveloppe ou bourse de nature fibro-séreuse; 2° d’une humeur variée suivant les régions du corps , et 3° de vaisseaux destinés, d’après cela, à la production de cette humeur. Ces petits corps peuvent être naturellement étudiés et distingués sous trois rapports principaux ; 1° leur forme, que détermine secondairement leur enveloppe ; 2° lès qualités de l’humeur qu’ils contiennent; 3° et leur situation pins ou moins profonde, ou bien isolée, ou par groupes dans les diverses régions de la peau interne ou externe. Relativement à leur forme, les cryptes sont le plus souvent utriciilaires, lenticulaires ou milliaires , suivant leur siège et leurs usages ; cette forme varie beaucoup. Arrondis autour des paupières , de la verge et du scrotum de l’homme, plus oblongs et plus rétrécis parmi les poils du menton et sous la lèvre inférieure , généralement ova-
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laires sur le reste de la face, enfin déprimés et semblables ii de petites lentilles sous les aisselles et dans les aines, ces cryptes offrent , sur les diverses parties de la muqueuse ou peau rentrée, des formes plus ou moins rapprochées de la dernière que nous signalons ; mais nulle part elle ne semble avoir été modifiée d’une manière plus notable que dans les difféxentes glandes qu’elles seules constituent avec le tissu cellulaire, les vaisseaux et la membrane d’enveloppe, comme l’a révélé l’anatomie moderne.
On conçoit difficilement une utricule polygone, ou, mieux, irrégulièrement arrondie, d’après l’objet comparatif sur lequel ce terme est fondé. Cependant telle est la forme qu’offrent les cryptes réunis en plusieurs paquets séparables, dans les parotides, les glandes siih-lingnales et sous-maxillaires , le pancréas et la prostate, moins facilement distinguée dans le foie qu’on doit regarder comme un cryq)te complexe. Tous ces organes ne pourraient-ils être considérés, pour la simplification des théories , comme des amas de cryptes logés dans la terminaison d’un di-
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vcrticulnm de la peau rentrée, que ce soit le conduit de stcnon , le canal cholédoque ou pancréatique? Cette forme , plus ou moins éloignée de la sphérique, qu’offrent les cryptes glanduleux, est l’effet naturel de leur arrangement au milieu du tissu cellulaire et des membranes d’enveloppe , qui les assemblent et les resserrent.
Les cryptes très-volumineux qu’on observe entre les sabots des bisulques , ou ruminans , peuvent servir à l’étude des cryptes extérieurs de l’homme, dont ils partagent la conformation dans des proportions exagérées.
Quant à ceux des glandes , on ne doit pas moins à l’anatomie comparée des animaux du même ordre. Les grandes lacrymales du cerf, les salivaires du dromadaire ou chameau d’Afrique, offrent, comme on sait, le maximum de développement dont ces organes sont susceptibles.
Si nous examinons les cryptes sous le rapport de l’humeur qu’ils renferment, nous verrons que, suivant l’analogie de celle-ci avec telle ou telle substance, ils peuvent être distingués, i" en sébacés, cérumineux,
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caséeux, muqueux; 2° et en salivaires, biliaires, prostatites , etc. Ceux du premier ordre sont généralement d’une texture plus grêle et d’un volume plus petit que ceux de l’ordre suivant. Les cryptes sébacés sécrètent la matière destinée <à lubréfier la peau et à entretenir sa souplesse habituelle ; les cérumineux répandent dans le conduit auditif l’humeur onctueuse, destinée en outre, suivant quelques physiologistes, à retenir les insectes et les petits corps étrangei's qui tendraient à s’y introduire; les cryptes caséeux sont ceux qu’on rencontre autour du prépuce : ce sont eux qui fommissent l’enduit épais et blanchâtre dont se recouvre le gland de l’homme et de quelques animaux ; le musc n’est pas autre chose que la sécrétion prépuciale du chevrotin porte-musc. Les cryptes muqueux enfin , qu’on trouve si abondamment répandus sur toutes les surfaces muqueuses, produisent l’humeur filante et de consistance diverse qui prévient le dessèchement des papilles olfactive et gustative , l’humidité des membranes qui jouissent de ces sens, celle de la conjonctive, des muqueuses génito-urinaires , et de celle qui tapisse le ca-