‹ Traité élémentaire d'anatomie du corps humainChapitre 14 sur 89 · DES ORGANES DES SENS · texte numérisé non relu

DES ORGANES DES SENS

§ I®''. Des Sens en général.

Sentir, c’est prendre connaissance d’un orps quelconque, solide, liquide ou gaeux, par l’application immédiate ou méiate de ce corps sur les organes destinés ar la nature à juger telle ou telle de ses ualités. Un sens n’est donc pas autre liose que le moyen d’acquérir cette conlaissance, ou, si l’on aime mieux, la forme ous laquelle elle se transmet. Les appareils lépendans de l’enveloppe générale qui ont préparés à l’effet d’établir des rap- )orts de ce genre entre le monde extérieur t l’étre vivant , prennent le nom à! organes

DES SENS

des sens. On n’en peut admettre que cinq j bien reconnus et bien distincts, qui, d’a-près l’étendue de leur siège sur le corps de ■ l’animal, sont très-naturellement distingués* en sens général et sens spéciaux. La pre-mière section ne comprend qu’un seul sens, . dont la nature a étendu le partage plus ou ; moins inégal à toutes les régions de l’en-veloppe extérieure et rentrée, en l’accom-modant toujours aux besoins de défense etti de communication de chacune d’elles : c’est : le sens du toucher, privilège commun dont' chaque partie de la peau jouit en raison delà part qu’elle prend à la conservation de.' l’individu et dé l’espèce.

Les autres sens, qui se rangent dans la.i seconde section, sont appelés spéciaux, de-' la circonscription ou spécialité de leur siège ■ dans telle ou telle partie du corps.

Nous avons vu le sens général consister dans l’action des corps sur la couche papillaire de la peau, mais d’une action pu-rement mécanique et facilement calculable. Ici, les corps n’agissent plus de la même' manière pour la sensation; tantôt il se passeentre eux et l’appareil sensitif une combi-

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liaison chimique, comme il arrive entre un acide et les papilles de la langue : ce sens ne peut agir sans l’intervention d’un liqu ide qu’apportent les corps éprouvés, ou que l’appareil sensitif trouve apprêté par ses annexes. Tantôt la sensation s’opère par la transmission d’ondulations à travers une dépendance du système phanérique , exagérée et disposée convenablement dans le but de la communiquer au système nerveux.

Les sens pour lesquels les corps ont besoin de se combiner par une action intime et moléculaire avec les extrémités des nerfs modifiés, sont au nombre de deux, le goût et l’odorat. Ceux que nous verrons résulter de la modification d’une phanère, pour former, au-devant du nerf très-spécialisé qui s’y rend, un appareil d’acoustique ou d’optique, suivant que ce sont des rayons sonores ou lumineux qui doivent le traverser, portent les noms de sens de Vouie et de la vue.

Ces quatre sens spéciaux ont tous leur siège tà la tête ; trois , ceux du goût , de l’odorat et de la vue. sur sa face antérieure:

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le quatrième ou sens de l’ouie, sur ses parties latérales.

Les appareils des sens se distinguent encore par leur disposition impaire et symétrique. La première est commune aux trois sens du toucher, du goût et de l’odorat : les appareils des deux autres sont doubles et placés de chaque côté de la ligne médiane. Cependant on pourrait admettre, pour les autres sens , la même parité prouvée par I’anatomie comparée; par exemple, chez les espèces qui ne palpent que par leurs extrémités , telles que les quadrumanes; ou dont la langue, siège du goût, est nettement séparée en deux portions sentantes par des papilles cornées, ou même une rangée de dents.

§ II. Des organes du Toucher.

D’après l’analyse que nous avons faite de l’enveloppe extérieure , on peut j uger a priori quels seront les changemens ou les modifications qu’elle éprouvera pour devenir un organe des sens , de locomotion ou d’absorption.

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