‹ Traité élémentaire d'anatomie du corps humainChapitre 9 sur 89 · SUR LE TISSU CELI.ULAIHE · texte numérisé non relu

SUR LE TISSU CELI.ULAIHE

systèmes artériel, veineux et lymphatique.

Maintenant il est facile de concevoir comment l’élément primitif produit la fibre contractile, laquelle, intimement unie à la peau dont elle dépend, s’en isole de plus en plus suivant la progression de l’âge. Elle résulte évidemment de l’amincissement des mailles cellulaires et de leur enroulement en tubes extrêmement fins qui, rassemblés en faisceaux , prennent le nom de muscles : c’est au milieu de ces fibres qu’on voit s’édifier le système osseux. Les muscles , qui , comme nous l’avons dit , résultent de la réunion des fibres contractiles , se divisent, d’après leius rapports, i“ en muscles sous-dermoïques , 2° sous-muqueux, 3° et profonds , dont les mouvemens sont indépendans de la volonté le cœur J.

Le deuxième élément secondaire est la fibre irrit.ante ou nerveuse ; vue au microscope, elle ne présente que du tissu cellulaire dont le mode de combinaison semble ici plus Impénétrable que celui d’aucun autre système.

Le tissu cellulaire est mou, spongieux; il entoure tous les organes , les unit , et en

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même temps les isole les uns des autres; pénètre partout ; il a été désigné par quelques auteurs sous les noms de tissu aréolaire , spongieux, réticulaire, lamineux , etc. Jlippocrate, le premier, semble avoir conpu la propriété de ce tissu , puisqu’il parle de sa perméabilité , c’est-à-dire de la faculté d’absorber une plus ou moins grande quantité du fluide au milieu duquel il est plongé : ce tissu jouit, déplus, de la propriété de se contracter.

L’abdomen renferme, soit dans son intérieur, soit dans l’épaisseur de ses parois, une grande quantité de tissu cellulaire : ce tissu abonde dans l’aine, dans l’aisselle, dans le creux du jarret, à la paume de la main et à la plante des pieds. La continuité du tissu cellulaire est surtout trèssensible dans les grands vides que les organes laissent entre eux; au cou la continuation de ce tissu est manifeste avec celui de la tête , par en haut , et avec celui de l’intérieur de la poitrine, par en bas. Le tissu cellulaire de l’abdomen communique également de l’intérieur à l’extérieur , et avec les membres inférieurs par V échancrure scia-

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ique, Vanneau inguinal et V arcade } il existe mssi une communication entre l’intérieur ;t l’extérieur du canal rachidien par les trous le conjugaison remplis de tissu cellulaire.

L’autre division du tissu cellulaire fourlit à chaque organe une enveloppe qui lui St propre , et s’étend en outre entre ses issus constituans. La couche qui environne es organes varie dans son épaisseur; celle [ui pénètre dans les organes se comporte lifféremment : dans les muscles, elle forme tour chaque faisceau une enveloppe qui en ournit elle-même de plus petites pour les lisceaux secondaires. Les glandes et leurs ;lobules sont elles-mêmes circonscrites par les enveloppes cellulaires : le canal intesinal et la vessie ont une lame de tissu celulaire entre leurs différentes couches. Cet lément est composé de fîlamens extrêmenent fins, contractiles , élastiques , dirigés lans plusieurs sens, et formant ainsi des acuoles de forme et de, grandeur très-diférentes.

Usages et propriétés du tissu cellulaire.

Le tissu cellulaire , dont les propriétés

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absorbantes sont aujourd’hui bien constatées , remplit dans la vie embriogénaire , comme pour le dernier des animaux de l’échelle, des fonctions de la plus haute Importance; il supplée à l’action des vaisseaux qui n’existent pas encore , aide leurs fonctions alors qu’ils se forment, soutient les vaisseaux qui transmettent le sang de la mère au fœtus, enfin constitue et sépare les membranes qui l’enveloppent.

Dans l’adulte ses fonctions ne sont pas moins importantes. La couche sous-cutanée qui recouvre l’ensemble des organes, augmente d’épaisseur et de consistance suivant que les parties s’éloignent davantage du centre d’action , et deviennent par conséquent plus exposées aux lésions extérieures; suivant la même loi, elle reçoit aussi une proportion de dépôt graisseux, toujours en rapport avec la protection que leur situation réclame.

Cet organe hypertrophié conjointement avec la peau , chez quelques nations de la race éthiopienne, déforme singulièrement les traits d’après nos idées de beauté. Les mamelles des Hottentotes sont, comme on

SUU LF. TISSU CF.LLULAIHli.

sait, assez développées pour pouvoir être rejetées derrière leur dos; les femmes de cette race sont encore remarquables par le prodigieux développement de leurs grandes lèvres, qui ombragent d’une sorte de voile l’orifice externe des organes de la génération. Ces deux replis de la peau , qu’une imagination empressée serait tentée de comparer au périanthe qui protège le pistil de certaines fleurs uni-sexuelles , qui ne sont au fond qu’un luxe de développement des mêmes parties chez les Européennes, renferment dans leur épaisseur une si grandequantité de tissu cellulaire , qu’il prête à leurs lobes inférieurs l’apparence de testicules.

Chez cette même nation , les individus des deux sexes, mais les femmes surtout, dont les hanches nous étonnent par leur disproportion avec le reste du corps , ne doivent cette hypertrophie qu’à la surabondance du tissu cellulaire qui s’accumule entre les muscles de la région fessière, et nécessite de leur part un accroissement proportionnel (i).

' i) C’est ainsi que les moulons à grosses queues, de la cûlt* d’Afrique, reçoivent dans celte partie un excès de graisse dont

a8 coNSin. gkn. sur le tissu cellulaire.

La couche sous-cutanée dont nous parlons conserve, à l’extérieur du système musculaire et osseux , les traces de la séparation primitive des deux moitiés qui composent évidemment le corps de l’homme. C’est ce qu’on voit au ligament cervical, à la ligne blanche, au périnée, etc. Dans X abdomen , le tissu cellulaire soutient et sépare la plupart des organes, et dans ce grand nombre d’épiploons qui ne sont que des rephs du péritoine, il démontre, par l’élargissement graduel de ses cellules, l’origine des membranes séreuses qui se continuent avec elles. La graisse qui s’y dépose souvent en si grande abondance semble réservée là pour suppléer au défaut d’alimens, comme le prouve l’amaigrissement des malades soumis à un long jeûne, et celui des animaux dormeurs après le temps d’hibernation.

lesmusclcs et la peau suivent raugmematlon ; carlesjeuncs agneaux ii’ont guère les queues plus fortes que celles des agneaux de France.

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