‹ Traite elémentaire d'anatomie médicale du système nerveuxChapitre 13 sur 47 · Bull. Soc. analomique, 2« série, t. VI, p · texte numérisé non relu

Bull. Soc. analomique, 2« série, t. VI, p

2. Hcftlcr, DLit. inaurj. de l'Acad. méd.-cnir. de Satnl-Pèlersbotag, 1872.

tions de la voûte du crâne. Enfin depuis cette époque, nous avons entrepris de nombreuses recherches sur des catégories très différentes de sujets : nous avons repris et complété les mensurations faites par de la Fouilhouze sur les enfants (1), nous ne ferons que résumer nos études précédentes sur ce sujet (2), et faites, soit par Je procédé de Broca, soit par le procédé de Turner modifié.

Si on commence un trait de scie sur les arcades sourciliéres et sil'on dirigel'instrument de telle sorte qu'il passe au-dessous du centre des deux conduits auditifs, il va tomber très obliquement dans le trou occipital, très près du bord postérieur de ce trou et il termine sa course en sortant entre l'occipital et l'arc postérieur de l'atlas. Cette coupe n'ouvre la cavité crânienne qu'au niveau de la partie la plus inférieure des fosses sphénoïdales où la dure-mère reste même souvent intacte, et au niveau du trou occipital; elle fixe donc d'une manièrs commode et suffisamment précise la limite inférieure del'encéphale, dont les rapports ont pu, comme nous l'avons vu, être facilement déterminés grâce à la configuration accidentée de la base du crâne (3). Venons-en maintenant aux rapports de la convexité du cerveau.

Pour faciliter l'intelligence de ce qui va suivre nous avons d'après Broca et M. Topinard (4) quelques figures qui montrent la position des difi"érents points crâniologiques et les plans d'orientation, dont la connaissance est indispensable. •

1. De la Fouilhouze, Delà topographie crânio-cérébrale 'chez les enfants, thèse, 1876.

2. Ch. Féré, Note sur r/tielr/ues points de la topographie du cerveau. [Bull. Soc. anat., 1875, p. 828, et Arch. dephys. norm. et palh , 1876, p. 247.) — Note sur l/t développement du cerveau considéri' dans ses rapports avec le crdne. (Bev. d'anthropologie, 1879, p. fjOi.) — Nouvelles recherches sur la lopor/raphie crdniocéréhrale. !l\ev. d'unthrop, 1881, p. A^.) —Contrih. à l't'l. ci: la topographie crânio-cérifl/rale chez guelques singes, {./ourn. de l'anatomic et de la physiologie, 188-i, p. ')\Ty.) — Deuxième note sur la topographie ci-ânio-cérébrale chez les singes. {Ihid., 188.^ .)

.3. Ch. Fér»;, l'rocMi: de coupe du crâne. [Ilull. soc. anat., 1877, p. 20G.) 4. Topinard, Eléments d'anthropologie gdni^rale, 1885.

Les rapports de la convexité des hémisphères sont un peu différents suivant les sexes et suivant les âges'. Les différences suivant les sexes sont en relation avec les différences de volume de la tête ; les différences suivant les âges sont surtout en rela-

Fig^ 24 (d'après M. Broca). Nonimclaiure crâniolocjkjue {[a.Q.& laiérale gauche).

— A, point alvéolaire (point le plus antérieur el le plus déclive du bord alvéolaire supérieur ; — E, point spinal ; — G, nasion ; — V, bregma ;point de rencontre des sutures sagittale et coronale) ; — 4, lambda (point de rencontre de la suture sagittale et de la suture lambdoïdc) ; — I, inion (base de la protubérance occipitale externe) ; — A, astérion (point de rencontre des sutures lambdoïde, pariétale et lemporo-occipitale ; — U, trou auditif; — B, apophyse mastoïde ; — 0, occipital ; — P, pariétal ; — T, frontal ; — C, crête tcmporaie ; — K, stépbanion;

— DS, ptérion (région de la fosse temporale où se rencontrent le frontal, le temporal, le pariétal et le sphénoïde ; — J, os malaire ; — Z, point jugal ; — M. maxillaire; — N, os propres du nez.

tion avec des différences dans le développement relatif des régions crâniennes et cérébrales.

Chez l'homme et chez la femme, il existe plusieurs rapports communs ; ainsi, dans l'un et l'autre sexe, la scissure de Sylvius suit asspz exactement dans sa moitié antérieure la suture temporo-pariétale, puis elle se recourbe en haut en se dirigeant au-dessous et en arrière de la bosse pariétale. La scissure occipitale externe répond dans les deux sexes à peu près constamment au point d'intersection de la suture lambdoïde et de la suture sagittale, au lambda.

Les rapports du sillon de Rolande offrent quelques variations aussi; sur 38 liommes, ce sillon étaitsitué en moyenne à 48 millimètres en arrière de la suture coronale à la partie supérieure et à 28 millimètres à sa partie inférieure, tandis que

Fiq. 25 ('d'après Broca). Nomenclature crâniologique (face antéi-ieui'e). — S slépiianion; — M, point frontal minimum; — 'MM, diamètre frontal minimum : — B. bosses frontales ;— 0, opliryon ; — N, nasion ; — Z, point zygomatiqiie maximum ; — I. os malaire ; — F, apophyse mastoïde ; — D, maxillaire. — A, point alvéolaire ; — L, point spinal.

sur 4 femmes, les . distances rolando-coronales supérieure et inférieure n'étaient que de 45 et 27 millimètres. Il est bien entendu que ces chiffres n'expriment que des moyennes et qu'il faut s'attendre à rencontrer des différences qui peuvent aller jusqu'à Set 10 millimètres soit en plus, soit en moins, et souvent en rapport avec les différences de volume de la tête.

On observe suivant les âges des différences qui méritent d'être signalées :

Les fiches que l'on enfonce sur la bosse frontale pénètrent, chez le jeune enfant, en plein dans la deuxième frontale.

tandis que chez l'adulte, elles entrent au voisinage de la

Fig. 26 (d'après M. Topinard). Plans d'orientalion du crâne (face laléi-alc gauche). — DD. plan de mastication de Barclay; — CC, plan alvéolo-condylien de Spixet Broca; — EE, plan spino-aiiriculair e ou de Campci' ; — KK, plan zygomatique ou de Dumontier ; — A, plan des axes orbitaircs ; — GM, plan do Jeiïryes Wyni.in ; — GL, plan glabollo-lambdoïdien ; — BB, plan auriculobrcgmatique on vertical Busk ; — TM, diamètre antéro-postérieur mctopi(iue.

Fig. 27 (d'après M. Topinard). Crdne Iriç/onophale du musée Broca.

scissure frontale supérieure, et même quelquefois dans la première circonvolution frontale. Ce fait nous indique qu'après la soudure de la suture métopique, la distance qui sépare les deux bosses frontales subit un arrêt de développement. Lorsque cette soudure se fait prématurément, elle donne lieu à la déformation du crâne connue sous le nom de trigonocéphalie, qui apporte un obstacle au développement de la région frontale du cerveau (Fig 27). Lorsque, au contraire, la soudure ne se fait que tardivement, ou même pas du tout, on a un crâne méiojnque, dans lequel la région frontale a un développement plus considérable.

La distance qui sépare l'extrémité supérieure du sillon de Rolando du bregma ne pourrait guère varier, chez l'enfant et chez l'adulte, qu'en proportion du diamètre longitudinal du crâne ; mais il faut noter au point de vue des déterminations à faire sur le vivant que chez l'enfant le bregma occupe une situation plus antérieure que chez l'adulte.

Chez les enfants le ptèrion (1) ne correspond pas à l'anse médiane de l'M de la troisième frontale, au Ca'p de .Broca, comme chez l'adulte, mais à la partie postérieure de cette circonvolution. Contrairement à ce qui a été affirmé (2), jamais à la naissance, ni même pendant la période fœtale, l'extrémité inférieure du sillon de Rolando ne passe en avant de la suture coronale: cela ne se voit du reste chez aucun singe.

La scissure de Sylvius se trouve dès l'origine, chez le fœtus, sur un plan plus élevé que chez l'adulte, et elle semble s'abaisser progressivement dans sa partie postérieure, à mesure que l'on approche de l'adolescence.

Chez l'enfant, la scissure pariéto-occipitale, au lieu de ré-

1. Pour plus de simpricité j'applique le nom de Plérion, ou point que l'on appelle plus souvent point jttérique, et situé à rcxlrémilé exlcrno do la .suture coronale.

2. Hamy cité par Pozzy, Did.cncjd. des se. mdd. T. XVII, art. Circonvolutions cérébrales, p. 382.

pondre exactement au lambda, comme cela a lieu à peu près constamment chez l'adulte, est située bien en avant de ce point dès son apparition, et elle se porte aussi peu à peu en arrière à mesure que l'âge avance. Chez tous les singes on observe la même disposition que chez l'enfant, excepté chez l'orang-outang. C'est de 13 à 17 ans que les rapports du cerveau et du crâne deviennent fixes.

Les rapports des sillons du cerveau et des sutures du crâne

Fig. 28 (d'après BToca.).D(f formation toulousaine du crâne.

peuvent peut-être varier suivant les races ; mais nous n'avons encore que des documents insuffisants à cet égard.

Des variations peuvent être observées dans certaines conditions physiologiques et pathologiques. Le sillon de Rolande peut se trouver plus près du bregma chez les sujets dont la suture métopique ne se soude que tardivement ou ne se soude pas. On peut encore trouver cette disposition chez des épileptiques, des idiots, dont la région frontale du cerveau a subi un arrêt de développement ; ou encore en conséquence de lésions destructives anciennes de la région frontale : nous avions cru tout d'abord qu'à la suite d'amputations anciennes on pouvait voir des avancements unilatéraux du même genre ; mais

nous nous sommes assuré depuis que le fait est loin d'être constant. D'autres influences peuvent agir en sens inverse : c'est ainsi que Broca a montré que l'extrémité postérieure du sillon de Rolande est reculée par rapport au bregma dans la déformation toulousaine du crâne (1). Dans la plagiocéphalîe l'extrémité postérieure du sillon de Rolande et la scissure occipitale sont avancées du côté de la propulsion.

Comme beaucoup d'autres méthodes thérapeutiques, la trépanation du crâne a eu des fortunes très diverses ; tantôt prônée outre mesure, tantôt discréditée à l'excès, elle a eu enfin, dans ces dernières années, le privilège d'occuper beaucoup les chirurgiens, et elle est entrée dans une phase nouvelle, grâce à l'étude récente des localisations fonctionnelles du cerveau et de la topographie crânio-cérébrale.

Les origines (2) de cette opération, vulgaire au dernier siècle, et si rare de nos jours, sont encore peu connues; cependant, depuis les découvertes de M. Prunières et les études si intéressantes de M. Broca, il paraît évident que la trépanation a été pratiquée par nos ancêtres de la période néolithique. Quel était le but des trépanations préhistoriques? C'est encore un point en discussion; tandis que M. Broca pense qu'il s'agissait là d'une pratique d'initiation religieuse, M. Prunières admet qu a l'âge de pierre les fractures du crâne étaient traitées par la trépanation, qui était aussi appliquée pour les maladies convulsives. Cette dernière opinion peut s'appuyer sur ce fait * qu'on a trouvé la trépanation en usage dans les mêmes conditions chez certaines peuplades d'Océanie, d'une civilisation très peu avancée. Parmi les pièces anatomiques de l'époque

1. Broca, \o(e .nir la dff/ormalion toulousaine dic crdne 'Bull soc anthroi) 1871, p. KX) et 1879, p. 417.) ' "

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