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CHAPITRE V

ISTHME DE l'encéphale. — CERVELET.

On donne le nom d'isthme de l'encéphale à la région où les fibres provenant du cerveau, du cervelet et de la moelle, en convergeant viennent mettre en rapport les unes avec les autres. Cette région est constituée essentiellement par les pédoncules cérébraux et la protubérance annulaire. Pour plus de clarté, nous ne décrirons cette dernière qu'après, avoir exposé sommairement le cervelet.

§ I. — Pédoncules cérébraux.

Les pédoncules cérébraux, nés à la partie inférieure, postérieure et interne de la couche optique, se dirigent en convergeant vers )a partie supérieure du pont de Varole. Ils apparaissent à la face inférieure de l'encéphale sous la forme de deux gros cordons blancs qui ont la forme d'un tronc de cône à base supérieure ; ils laissent dans leur intervalle l'espace perforé postérieur. En arriére, ils sont recouverts par des parties accessoires.

Pour bien comprendre leur constitution, il est nécessaire de les sectionner verticalement à leur émergence au-dessous de la couche optique. On reconnaît immédiatement sur la surface.de la coupe : a) un segment inférieur blanc, c'est Vètarje inférieur ou pied du pédoncule cérébral; c'est cette partie que l'on aperçoit à la face inférieure de l'encéphale ;

b) au-dessus existe un noyau elliptique de substance fortement pigmentée, presque noire, qui fait souvent hernie de chaque côté de l'espace perforé antérieur, c'est le locus niger ou substance noire de Sœmmering ; c) enfin tout à fait en haut, on voit la coupe de l'étage supérieur du pédoncule ou calotte.

Étudions chacune de ces parties :

es n n

Fig. 88 (d'après Huguenin). — Bulbe, protubérance et pédoncules cérébraux vus par la face inférieure, dans leurs rapports avec les ganglions de la base;

— «, ohiasma des nerfs optiques; — 6, corps genouillé externe; — c, pulvinar;

— d, corps genouillé interne; — f, portion de la bandelette opliiTue allant au corps genouillé externe ; — g, portion de la bandelette optique allant au co''p3 genouillé inler'.e; — hh, pédoncules cérébraux; — ?', protubérance; — kk, pédon-

culcs cérébelleux moyens {cruva cerebelliad pontem); — H, pyramides bulbaires ; — MOT, saillies olivaires; — nn, cordons anléro-latéraux de la moelle; — o, infundibulum el tige pituitairc ;pédieule de riiypopliyso) ;—pf/, tubercules mamillaires corpora candicaiilia: ; — (/, s»hsUmce perl'orèe postérieure; — Cs, corps strié noyau ialra-ventriculaire ou caudé) ; — L, noyau lenticulaire (noyau exlra-ventrieuiaire).

Fig. 89 (d'après Brissaud). — Faceinférieure du mésocéphale, les pédoncules cérébraux sont divisés naturellement en trois faisceaux : un interne, un moyen, un externe. •

A. Le pied du pédoncule,!' étage inférieur du pédoncule, ou pédoncule cérébral proprement, s'étend de la partie inférieure, postérieure et interne de la couche optique à la protubérance annulaire. Il est limité en haut parla bandelette optique qui croise sa direction à angle droit, en bas par le sillon qui marque le bord supérieur du pont de Varole.Sa forme générale est celle d'un cône tronqué à base supérieure. Son bord externe est libre. Son bord interne limite, avec celui du côté opposé un espace triangulaire, espace perforé postérieur ; on voit sur ce bord une ligne grise qui n'est autre chose que le locus niger, et au voisinage du pont de Varole se fait l'émergence du nerf

de la troisième paire. La surface du pédoncule est d'un blanc mat, elle est striée longitudinalement et paraît à l'œil nu constituée de faisceaux juxtaposés.

M. Brissaud a décrit une division du pédoncule en trois faisceaux séparés par un sillon apparent, le faisceau moyen n'étant autre chose que le faisceau pyramidal (1). Cette disposition est assez rare. Quand elle existe, les dégénérations secondaireSj pour peu qu'elles soient considérables, offrent la forme d'un trapèze allongé dans le sens de l'axe longitudinal du pédoncule, et dont le plus petit côté correspond à la limite supérieure du pont de Varole.

Plus souvent les fibres des pédoncules, au lieu d'affecter une direction rectiligne, semblent avoir subi dans leur ensemble un mouvement de torsion de dehors en dedans : souvent les fibres superficielles externes se dirigent très obliquement en dedans, tandis que les internes suivent leur direction primitive, et ces dernières se trouvent plus ou moins recouvertes à leur partie inférieure. Dans ces cas, les dégénérations secondaires de la partie interne se présentent non plus sous la forme d'un trapèze, mais sous la forme d'un triangle, dont le plus grand côté est en dehors, et dont le sommet dirigé en bas ne descend quelquefois qu'à la moitié de la hauteur du pédoncule; ou même moins bas {Fig, 67, 69,71, 73,81, etc.). La même forme de dégénération ne peut se rencontrer dans le cas de conformation commune du pédoncule que si la lésion primitive est très limitée.

Enfin il n'est pas très exceptionnel de voir les fibres pédonculaires externes, d'abord bien régulièrement groupées à leur place dans le premier tiers, ou dans la moitié supérieure du pédoncule, se dévier en dedans, en formant un faisceau en

1. Brissaud, Recherches anatomiques et physiologiques sur la contracture permanente des hémiplégiques. (Thèse 1880, p. âl.)

écharpe ou arciforme, qui contourne plus ou moins obliquement la face inférieure du pédoncule, pour se porter tout à fait sur son bord interne 90 et dl). Quelquefois même, ce fais-

Fi?. 90.

Fig. 91.

Fj^. 90. — Face inférieure du mësocéphale ] — a, faisceau de fibres arciformes allant de la partie supéro-exlerne à la partie inféro-inlerne de la face inférieure du pédoncule cérébral.

Fifj. 91. — Mêmes fibres arciformes dans un cas de dégcnéralion pédonculaire.

ceau arciforme affecte une direction presque tranversale, de telle sorte qu'il constitue une sorte à.' avant-pont (1) • Il n'est pas sans intérêt de remarquer que cette variété anatoniique est rarement symétrique. Ces différentes dispositions des fibres pédoDculaires superficielles sont de nature à faire comprendre comment il peut arriver que le faisceau interne, qui correspond

1. Ch. Féré, Note pour servir à l'histoire des di?(jénérations secondaires du pédoncule cérébral. (Bull. Soc. Biologie, iiiS2, p. 822;.

aux fibres du segment antérieur de la capsule et à la région antérieure deTécorce du cerveau, soit plus ou moins complètement recouvert et dissimulé par les fibres externes. Et, de

Fig. 92 (d'après M. Charcot). — Coupe horizontale de la région pédonculaire dans un cas de dégénération secondaire; — T, éta^e supérieur; — F, étage inférieur du côté sain; — L, locus iiiger; — P, faisceau interne de l'étage inférieur du côté malade; — D, dégénération secondaire occupant environ les deux quarts moyens de l'étage inférieur. (La face inférieure du pédoncule est tournée en bas).

ce que, dans un cas de lésion du cerveau siégeant dans la région que nous venons de désigner, on ne trouve pas de dégénération à la surface du pédoncule, il ne faut pas se hâter . de conclure que la dégénération n'existe pas, elle peut être seulement cachée. Nous avons ti^ouvé dans plusieurs cas de ce genre la surface du pédoncule complètement intacte ; mais sur la coupe transversale faite un peu au-dessous de son insertion protubérantielle, on voyait immédiatement au-dessus du locus niger un triangle d'un gris jaune, présentant tous les caractères des colonnes de dégénération secondaire, et que l'on

pouvait suivre sur plusieurs coupes successives. Ce triangle, dont la base est appliquée sur le noyau noir de Sœmmering, ofifre un sommet aigu se rapprochant de la surface inférieure

Fig. 93. Fig. 94.

Fig. 93. — Coupe de Flechsig; — a, segment antérieur de la capsule interne; — 6, genou de la capsule ; — a, segment postérieur delà capsule; — 1, 6, noyau caudé; — 2, noyau lenticulaire; — 3, avant-mur; — 4, capsule externe; — 5, couche optiffuc: — a, lésion du segment antérieur de la capsule interne.

Fig. 94. — Coupe transversale des pédoncules cérébraux immédialement en avant de la protubérance; — a, étage inférieur des pédoncules; — h, étage moyen des pédoncules; — c, étage supérieur des pédoncules; — 1, siibstanoo noire, ou lociia niger de Sœminering; — 2, tubercules quadrijumeaux (testes); — 3, affueduc de Sylvius; — D, dégénération cachée du pédoucule.(La face inférieure du pédoncule est tournée en haut.)

du pédoncule. Les dégénérations profondes peuvent exister aussi bien dans le faisceau pyramidal que dans le faisceau pédonculaire interne. Quelquefois au lieu de se présenter sous

forme d'un faisceau unique et volumineux, elles existent à l'état detractus disséminés {Fig. 92, 94). La torsion des fibres externes du pédoncule se montre encore

Fig. 9^ (d'après Brissaud). — Face inférieure du mésocéphale ; — B, faisceau interne du pédoncule; — A, faisceau moyen cUgénévé; — C, faisceau externe; — D, protubérance dont la moitié droite est affaissée ; — E, pyramide antérieure dégénérée. ^

d'une façon plus grossière, lorsqu'elles coupent transversalement la direction d'un faisceau dégénéré sur lequel elles tranchent par leur coloration blanche {Fig. 91).

Nous avons pu distinguer dans le centre ovale et dans la capsule interne des localisations correspondantes à celle del'écorce grise ; nous en distinguerons encore dans le pédoncule cérébral. Nous avons vu déjà quelefaisceaule plus interne {Fig. 67) est dégénéré à la suite des lésions des circonvolutions frontales ou du segment antérieur de la capsule interne. Il convient de remarquer qu'il est assez rare de voir la partie interne du pédoncule que l'on appelle faisceau cortico-bulhaire, parce

qu'il paraît s'épuiser complètement dans le bulbe dégénéré jusque sur le bord {Fig. 91) ; plus souvent il reste tout à fait en dedans une partie indemne [Fig. 97). En dehors de ce faisceau frontal, on peut distinguer un

l'ig. 96. Fig. 97.

Fig. 96. — Coupi". 6e Flechsig ; — i, 2, 3, 4, 5, 6, comme dans les figures précédentes;— HH, foyer hémorrhagique ayant coupé le segment antérieur de la capsule interne à son extrémité externe, et le segment postérieur à sa partie moyenne.

Fig.'fl 'mf-me cas). — 1, 2, 3, 4, comme dans les figures précédentes ; — DD, deux faisceaux de dé^jénération du pédoncule. (La pyramide correspondante était plus petite, mais l'altération de sa coloration ne se voyait bien que sur la coupe;.

faisceau géniculé{Fig. 73), contenant les fibres provenant du genou de la capsule. Dans la région moyenne se trouve le /aùceau pyramidal (Fig. Ib, 11, Id), qui renferme les fibres qui pro-

viennent de la région psycho-motrice des membres et passent par les deux tiers antérieurs du segment postérieur de la capsule. Enfin le tiers externe du pédoncule paraît correspondre au faisceau sensitif ; il contient des fibres venues directement du

Fig. 98. Fig. 99.

Fig. 98- — Coupe de Flechsig; — 1,2, 3, 4, 5, 6, comme sur les figures précédentes ; — R, foyer de ramollissement occupant la partie postérieure de la capsule.

Fig. 99 (môme cas). — Face inférieure du mésocepliale; — 1, 2, 3, 4, 5, comme sur les figures précédentes ; — D, dégénération du faisceau externe du pédoncule. La pyramide était plus petite, et plus manifestement grise sur la coupe.

lobe occipital {Fig. 99). Cette dernière région du pédoncule peut néanmoins dégénérer et en totalité en conséquence d'une lésion de la partie postérieure de la capsule (Fig. 98); mais

peut-être faut-il admettre qu'il s'agissait d'un anomalie, car il existait de la dégénérescence de la pyramide et le sujet était hémiplégique.

Le pied du pédoncule reçoit :

Pir/. 100 (d'après Huguenin) ;— A, noyau caudé ; — B, noyau lenticulaire; — C, fihres piidonculaires, VL\\a.nia.\x cor]}s siv\é\ — D, fibres pédonculaires directes se rendant à la substance corticale du lobe occipital.

l°Des fibres du cai^refour sensitif qui se placent à sa partie externe ;

2» Des fibres directes du centre ovale ;

3° Des fibres qui viennent du noyau lenticulaire, qui naissent de lames médullaires verticales et vont se placer le long du bord interne du pédoncule ;

4° Des fibres du noyau caudé ;

5° Des fibres qui se mettent en connexion avec les éléments du locus niger ;

6° Et enfin des fibres qui proviennent du tubercule mamillaire où vient aboutir le pilier antérieur du trigone.

On comprend d'après cette constitution que les lésions du pédoncule peuvent déterminer, suivant leur siège et leur étendue, des troubles ou moteurs ou sensitifs, phénomènes hémiparalytiques ou hémi-choréiques, etc., phénomènes hémianesthésiques ouhémi-dysesthésiques du côté opposé du corps. Les paralysies dues aux lésions pédonculaires ne peuvent se distinguer que lorsque le nerf moteur oculaire commun est atteint ; en efî'et, la paralysie de ce nerf se produit alors du côté correspondant à la lésion, c'est-à-dire qu'il existe une paralysie alterne du moteur oculaire commun et des ynemhres.

B. Le locus niger est constitué par une masse de substance grise, analogue aux autres masses grises centrales, mais contenant un grand nombre d'éléments pigmentaires qui lui donnent sa coloration spéciale. Il n'arrive pas jusqu'à la partie supérieure dupédoncule, mais il dépasseun peu salimite inférieure et pénètre dans la protubérance, et on le voit encore sur une coupe passant parle bord supérieur du pont de Varole. Nous avons déjà signalé un faisceau de fibres blanches, qui part de ce noyau pour se rendre à la couronne rayonnante. Il divise transversalement le pédoncule dans toute sa largueur, sauf en dehors où il s'arrête en dedans du bord externe ; il sépare le pédoncule en deux étages :

1° L'étage inférieur ou pied étudié précédemment;

2" L'étage supérieur ou calotte, dont nous allons maintenant nous occuper.

Ses fonctions sont encore restées inconnues.

C.La calotte est constituée par les parties blanches qui sont situées au-dessus du locus niger. Dans l'épaisseur de la coupe, on peut distinguer, de chaque côté, deux faisceaux distincts : 1° l'un, interne, est constitué par les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur qui aboutissent dans la couche optique, au noyau rouge de Stilling, après s'être entre-croisées sous les tubercules qiiadrijumeaux avecleurs congénères ; 2° l'autre, externe, provenant de la couche optique, et se dirigeant vers la partie postérieure de la pyramide antérieure.

Le tegmentum, ou calotte du pédoncule cérébral, est recouvert par une quatrième couche, qui comprend l'aqueduc de Sylvius et ses paroi et les tubercules quadrijumeaux. Dans quelques descriptions cette couche est désignée sous le nom d'étage supérieur du pédoncule, tandis que la calotte porte le nom d'étage moyen.

Sur la coupe, on voit au-dessous et de chaque côté de l'aqueduc de Sylvius un amas de subtance grise, qui constitue le noyau d'origine de la troi'^ième et de la quatrième paires de nerfs. Au-dessus, et de chaque côté du même canal, existe iune saillie mamelonnée, ce sont les tubercules quadrijumeaux.

§ 2. — Tubercules quadrijumeaux.

Les tubercules quadrijumeauœ se présentent sous la forme de quatre saillies hémisphériques, les deux antérieures {nates), plus volumineuses que les postérieures (testes), situées audessus et de chaque côté de l'aqueduc de Sylvius, au niveau de l'entre-croisement des pédoncules cérébelleux supérieurs. Les tubercules quadrijumeaux sont constitués par de petits arnas de substance grise, recouverts par une couche de subis

stance blanche qui est formée par l'épanouissement d'une partie des fibres des bras des tubercules quadrijumeaux .

Ces bras sont des tractus de fibres blanches qui, pour la plupart des auteurs, réuniraient, l'un le tubercule antérieur au

Fig. lOl (d'après Huguenin). — Tubercules quadrijumeaux. Aspect. — Rapports macroscopiques. — a, ventricule moyen ; — 6, couche optique; — c et rf, tubercules quadrijumeaux antérieurs et postérieurs ; — f, pédoncule cérébelleux supérieur; — g, pédoncule cérébral; — h, lemniscus (ruban de Reil); — i, quatrième ventricule; — k, pédoncules cérébelleux inférieurs; — /, pédoncule cérébelleux moyen; — vi, corps genouillé externe ; — q, corps genouillé interne; — n, pulvinar; — o, bras du tubercule quadrijumeau antérieur; — bras du tubercule postérieur.

corps genouillé externe, l'autre le tubercule postérieur au corps genouillé interne, mais qui, pour Mejaiert, se rendent directement au centre ovale; ih ont un trajet oblique en dedans et arrière vers les tubercules. Leurs fibres, après avoir, les unes traversé, les autres recouvert la substance grise du tubercule, se rassemblent de nouveau pour aller former du côté opposé de l'isthme, le bras antérieur, le feuillet superficiel du ruban de Reil (faisceau latéral de Visthnie, lemniscus), le bras postérieur, le feuillet profond du même ruban. Les deux

feuillets du ruban de Reil se portent ensuite sous les pédoncules cérébelleux supérieurs, pour pénétrer dans la profondeur du bulbe.

On a voulu voir dans les tubercules quadrij uni eaux des or-

Fig. 102 (d'après Huguenin). — Schéma des rapports des tubercules quadrijumeaux et de leurs bras. — a, feuillet supei-fieiel du ruban de Reil; — 6, feuillet profond; — c, bras du tubercule antérieur; — d, bras du tubercule postérieur ; — Z, ligne indiquant la contour de la partie postérieure 'pulvinar) de la couche optique.

ganes coordinateurs des mouvements généraux : ce rôle est loin d'être démontré. Leur influence sur la coordination des mouvements de l'œil ne semble guère mieux établie : elle se manifesterait à la fois sur les mouvements du globe de l'œil et sur les mouvements de l'iris.

Les tubercules quadrij umeaux sont surtout affectés par des néoplasmes. Nothnagel conclut de l'étude de quelques cas de ce genre que les lésions des tubercules antérieurs déterminent une diminution de l'acuité visuelle; tandis que les lésions des tubercules postérieurs amèneraient une paralysie partielle de l'oculo-moteur commun ; il s'en faut qu'on ait sur ces points des notions précises.

§ 3, — Cervelet.

Le cervelet est situé à la partie postérieure et inférieure de l'encéphale. Il est séparé des lobes occipitaux du cerveau par la tente du cervelet ; chez les singes inférieurs il est incomplètement recouvert par le cerveau : il en est de même chez quelques idiots. Ses rapports avec le crâne se bornent donc à la région de la cavité occipitale, située au-dessous de la protubérance occipitale interne et de la ligne courbe occipitale : latéralement sa limite supérieure correspond encore à l'insertion de la tente au rocher. Il est séparé de la protubérance et du bulbe par le quatrième ventricule. Il est relié à l'encéphale et à la moelle par des faisceaux blancs désignés sous le nom de pédoncules cérébelleux, et qui sont au nombre de trois de chaque côté : 1° les pédoncules cérébelleux supéi-ieurs, crura cerebelli ad corpora quadrigemina; 2° les pédoncules cérébelleux moyens, crura cerebelli ad ponton; 3° les pédoncules cérébelleux inférieurs, crura cerebelli ad Qnedullam oblongatam (Fig. 105).

On divise le cervelet en trois parties : les vermis, constituant la masse médiane qui réunit les deux autres, les hémisphères cérébelleux. Lorsqu'on regarde latéralement le cervelet, on constate qu'il est divisé horizontalement en deux parties, une supérieure et une inférieure, par un sillon, grand sillon circonf-érentiel de Vicq-d'Azyr, qui commence au point ou le pédoncule cérébelleux moyen pénètre dans le cervelet. Le segment inférieur est plus considérable que le supérieur, et le déborde en arriére. Toute la surface du cervelet qui offre une coloration d'un gris rouge analogue à celle des circonvo-

lutions cérébrales est parcourue par des sillons plus ou moins profonds qui divisent cette surface en lobules, en lames et en lamelles.

Sur la face supérieure, nous voyons «ne saillie antéro-postérieure, c'est le vermis supérieur, qui occupe la région

Fc S/mi

Fiy. 103 (d'après Huguenin). — Face supérieure du cervelet. — S/trn, grand sillon circonférenlie! (sulciis horizontalismagnus) ; — Lip, lobulus inferior posterior; — L s j), lobulus siiperior posterior; — L, lingula (petite circonvolution continue avecla valvule de Vieussens); — Le, lobulus centralis; — My, monticulus vermis superioris: — Fc, folium cacuminis; — Al, alanlobuli centralis; — L*, lobulus superior anlerior ou quadrangulaire.

moyenne et qui se continue au niveau de la grande circonférence du cervelet avec le verwe's m/en'ewr. Celui-ci se recourbe pour revenir en avant rejoindre le premier, dont il n'est séparé que par la valvule de Vieussens, cette membrane nerveuse, qui réunit les deux pédoncules cérébelleux supérieurs, et forme en avant la paroi supérieure du quatrième ventricule.

Le i^ermis supérieur peut être divisé en plusieurs lobules :

1° la lingula, petit lobule arrondi qui se continue directement avec la valvule de Vieussens; 2° le lobule central, situé immédiatement en arrière de la lingula ; 3° en arriére encore se voit le plus volumineux segment du vermis supérieur,

N r PV TV

Fig. lOi (d'après Muguenlii). — Face inférieure du cervelet. Le cervelet est soulevé, éloigné du bulbe et récliné en haut et en avant; — N, nodulus; — U, uvula (luette); — PV, pyramide de vermis; — TV, tubercule ou tuber de la valvule; — P^, flocculus (lobule du pneumogastrique); — rf, nerf acoustique); — VM vchim medullare inferius sive posterius (valvule de Tarin' par opposition avec le vélum médnllare superius sive antcrius (valvule de Vieussensj; — t, tonsille, amygdale; — Lia, lobulus inferior anterior ou bi venter; — Lg, Lip, lobule grêle et loijule inlerior poslerior ; — a, corps restifornie ; — ô, f'uniculus gracilis ; — c, plancher du quatrième ventricule (sinus rhomboïdal du cervelet).

Vèminence du vermis supérieur ; 4° le bourgeon terminal, qui forme l'extrémité postérieure du vermis et est limité en arrière par la portion moyenne du grand sillon circonférentiel.

Sur la face supérieure des hémisphères, on voit : 1° le lobule de la lingula, qui se continue latéralement en recouvrant les pédoncules cérébelleux supérieurs ; 2° les ailes du lobule central ; 3° les lobules quadrilatères, situés sur les côtés de réminence des vermis ; 4" le lobule semi-lunaire ; (]}.n fait suite

latéralement au bourgeon terminal. Ces quatre lobules médians et latéraux sont séparés par trois sillons profonds,

La face inférieure {Fig. 104) présente d'une manière générale, comme nous l'avons vu, les mêmes divisions que la face supérieure.

Le vermis inférieur peut être subdivisé d'avant en arriére en plusieurs lobules secondaires : 1» le nodule, en rapport avec la partie moyenne du quatrième ventricule ; 2° Vuvule ; 3» la pyramide de Malacarne, la partie la plus importante du vermis inférieur; 4° et enfin le tubercule postérieur, qui se trouve en contact avec le bourgeon terminal du vermis supérieur, mais qu'il dépasse en arriére.

La face inférieure des hémisphères offre les subdivisions suivantes : 1° le lobule du pneumogastrique, qui se continue latéralement avec le nodule, auquel il est relié par uu voile médullaire, \dk valvule de Tarin; 2» V amygdale, qui est relié à l'uvule par un autre voile médullaire blanchâtre analogue à la valvule de Tarin ; ce lobule pénétre dans le trou occipital de chaque côté du bulbe ; 3* le lobule digastrique, qui répond à la pyramide à laquelle il est relié de la même manière ; 4» le lobule grêle, qui limite en arriére la face inférieure du cervelet.

Les sillons qui limitent les principaux lobules des deux faces du cervelet vont rejoindre sur les côtés le grand sillon circonférentiel.

Le cervelet est constitué par une masse blanche centrale, recouverte par une couche grise qui s'enfonce dans la substance blanche au niveau des sillons qui séparent les lobules et des

plis qui séparent les lames et les lamelles; il résulte de cette disposition que la substance blanche offre à la périphérie un aspect rameux tout spécial, auquel on a donné le nom d'arbre de vie. La même disposition se voit sur toutes les coupes verticales antéro-postérieures, qu'elles soient médianes ou latérales ; aussi décrit-on un arbre de vie du lobe médian, un arbre de vie des lobes latéraux.

Une coupe horizontale passant par le grand sillon circonférentiel fait découvrir, dans le centre de la masse blanche, une ligne sinueuse d'un gris jaunâtre. Cette ligne circonscrit un espace irrégulièrement ovoïde, ouvert en avant. Cette formation rappelle ce que nous désignerons plus tard dans les corps olivaires sous le nom de corps rhomhoîdaL ou noyau denielé (N. B. fig. 106). Meynert a décrit, sous le nom de noyaux dentelés accessoires, deux petits feuillets de substance grise situés en bas et en avant des noyaux dentelés proprement dits.

Enfin, Stillinga signalé, sous le nom de noyaux du toit, deux noyaux que l'on découvre facilement en pratiquant une coupe du cervelet, suivant la direction de la face postérieure du bulbe; ils sont situés sous le lobule central, prés de la ligne médiane et de la paroi supérieure du quatrième ventricule : ils ont 6 à 7 millimètres de longueur sur 3 de haut et ont une coloration gris clair (N. T. fi.g, 106 et 107).

Les fibres blanches du cervelet se continuent avec les fibres qui constituent les pédoncules cérébelleux. •• . j .

Les pédoncules cérébelleux supérieurs, que nous avons déjà vus dans la calotte du pédoncule cérébral, se dirigent en convergeant vers les tubercules quadrijumeaux, au-dessous desquels ils s'entrecroisent. Ils se portent à la partie inférieure de la couche optique, se mettent en rapport avec le noyau rouge

de Stilling, et, de là, leurs fibres se dirigent vers la couronne rayonnante ; mais leur terminaison précise dans l'écorce cérébrale est encore inconnue (Huyuenin). Dans le cervelet, le pédoncule cérébelleux supérieur se dirige le long de la paroi supérieure du quatrième ventricule, sur laquelle il fait une légère saillie, et il se rend au hile du corps rhomboïdal, dans lequel il pénètre. Ses fibres traversent la lame festonnée et se rendent à l'écorce cérébelleuse en rayonnant ; elles s'entrecroisent avec celles des pédoncules cérébelleux moyen et inférieur. En ■ somme, les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur constituent la voie de communication entre

, 1 ^, Pig- ^05 (d'après Huguenin). — Pè-

le cerveau et Je cervelet. G est doncii/es céréèetox. — Facelatéi-alo ,,. , 'j- • 1 ^1 rtu bulbe et des parties voisines (les

par 1 mterraediaire de ces fibres trois pédoncules cérébelleux ont été

1' «4. j„ sectionnés à leur entrée dans le cer-

que 1 on peut comprendre 1 atro- veiet).

nhip fmisppdn rprvpipt pn nar- pédoncule cérébral; — 6, protupnie croisée Qu cerveiex, en pai- annulaire; - c, pédoncule

ticulier dans les lésions céré- cérébelleux supérieur ;- «i, masse du

pédoncule cérébelleux intérieur combrales de l'enfance, signalée par prenant le cordon grêle (/■)et le cordon

° '■ cunéiforme avec le corps vesti forme

M. Turner. {g); — h, olive; — i, pyramide (anté-

, , , rieurej : — f, m, cordon postérieur de

Les 'pédoncules cérébelleux la moelle; — k, cordon latéral; — l, '. - I t tubercule de Rolando.

moyens sont formes de fibres

coramissurales qui unissent les deux moitiés du cervelet en formant les couches superficielles du pont de Varole, et de fibres qui viennent des ganglions cérébraux par le pédoncule cérébral : ces fibres forment un système rayonnant qui se rend à l'écorce cérébelleuse.

Le pédoncule cérébelleux inférieur se dirige vers la moelle, et nous retrouverons ses éléments dans le corps resti-

Fig. 106 (d'après Hugueuin et Raymond). — Schéma de la distribution des pédoncules cérébelleux moyens. — P, pédoncules cérébelleux : — CR, corps restiformcs; — PC, i'iiniculus cunealiis et gracilis ; — ND, noyau dentelé : — NT, noyau du toit.

Fig. 107 (d'après Hugueuin et Raymond). — Schéma de la distribution de la partie interne des pédoncules cérébelleux inférieurs (funiculus cuneatus et gracilis). — TC, funicuhis cuneatus et gracilis ; - CR, corps resliformes ; — NT, noyau du toit; — NA, noyau externe de l'acoustique. — (1. Les lignes en pomtdle indiquent le trajet des irradiations du funiculus cuneatus et gracilis vers 1 ccorce du cervelet; les lignes pleines indiquent les irradiations de ces mêmes faisceaux vers le noyau du toit du côté correspondant et du côté opposé, ainsi que les irradiations du noyau acoustique vers les mêmes noyaux.)

forme et dans le cordon postérieur. Les fibres destinées au cordon postérieur, partie interne du pédoncule cérébelleux inférieur, aboutissent d'autre part au noyau du toit de Stilling, etMevnert admet qu'on peut les suivre plus loin, jusque dans

Fif). 108 (d'après Cadial). — Coupe d'une circonvolution céréhelleuse de l'homme. — a. Couche amorphe, parsemée de noyaux myélocyles; — b, cellules de Purkinje; — c, couche de myélocyles; — d, substance blanche.

le vermis inférieur. La partie externe du même pédoncule, en connexion avec le corps restiforme, se rendrait directement à la substance corticale. D'autre part, Huguenin regarde comme incontestable l'union des faisceaux du noyau dit acoustique externe avec le noyau du toit de Stilling.

Enfin il faut encore signaler, dans la masse blanche du cervelet, des fibres d'association allant d'une lamelle à une autre, et analogues aux fibres d'association du cerveau.

La substance blanche du cervelet et des pédoncules cérébelieux est composée de tubes nerveux fins, entre lesquels

sont disposés de nombreux noyaux (myélocytes). A la limite de la substance blanche et de la substance grise, les myélocytes augmentent de nombre, et forment la couche profonde de l'écorce, couche des noyaux ou des myélocytes qui a une teinte légèrement jaunâtre. Au-dessus de cette couche, s'en trouve une autre composée d'un seul rang de cellules, cellules de Purkinje, enferme de massue, dont la grosse extrémité est tournée vers la profondeur, et dont la partie effilée se dirige vers la surface, en donnant naissance à des ramifications qui se subdivisent dans la couche superficielle. Cette couche extérieure a une teinte gris bleuâtre, elle est constituée de matière amorphe, parsemée de quelques cellules nerveuses très petites et de nombreux cylindres d'axes provenant de la couche précédente {Fig. 108).

Le cervelet peut être affecté à peu près de toutes les lésions qui atteignent le cerveau, inflammations aiguës ou chroniques, troubles vasculaires, tumeurs, etc.

On s'accorde à dire que le cervelet ne joue aucun rôle dans l'exercice des fonctions intellectuelles et on ne cite guère qu'un point de vue historique, l'opinion de Gall, qui localisait l'amour physique dans cet organe : la vérité, c'est qu'on sait peu de chose sur ses fonctions. Les expériences de Nothnagel et de Ferrier semblent indiquer que les hémisphères cérébelleux sont excitables. Le premier a vu que l'irritation mécanique d'un hémisphère provoque des laouveraents d'abord dans le côté correspondant du corps, puis du côté opposé, et que la même irritation du vermis détermine des mouvements bilatéraux. Le second croit avoir démontré que les mêmes parties jouent un rôle dans la coordination des mouvements des globes oculaires; mais d'autres expérimentateurs ont vu que

l'ablation de la plus grande pai^tie de l'organe ne détermine rien de particulier. Néanmoins, on est convenu de dire que le cervelet a pour rôle de coordonner les mouvements. La méthode anatomo-clinique ne fournit pas de documents beaucoup plus précieux sur les fonctions du cervelet que la méthode expérimentale : les lésions cérébelleuses peuvent ne déterminer aucun symptôme ; cependant elles produisent souvent une titubation ébrieuse particulière qui peut venir à l'appui de la fonction coordinatince que les physiologistes accordent à cet organe. Quant aux vertiges, à la céphalée, aux vomissements et aux phénomènes de compression du côté des nerfs crâniens, ils ne peuvent avoir une valeur pathognomonique.

Quant aux pédoncules cérébelleux, leurs fonctions chez l'homme ne sont pas bien connues ; les observations de Curschmann (rotation du côté malade), et de Couty se contredisent. Il semble que les destructions pures et simples n'entraînent aucun trouble; les lésions irritatives, au contraire, déterminent, lorsque les pédoncules ont conservé leurs con- : nexions avec le cervelet, des troubles moteurs variés que i l'on peut rapprocher de ceux que l'on provoque artificiellement ' chez les animaux. La physiologie expérimentale, en effet, semble : montrer : a) que la lésion du pédoncule cérébelleux supérieur ■ seul (Curschmann) détermine la chute sur le côté correspondant; b) que la lésion du pédoncule cérébelleux supérieur et du pédoncule cérébral sous-jacent détermine un mouvement de manège du côté opposé ; c) que la lésion du pédoncule •cérébelleux moyen détermine un mouvement gyratoire (rotation autour de l'axe) : la rotation se fait du côté lésé, si le pédoncule est atteint à sa partie postérieure ; elle se fait du côté opposé, s'il atteint à sa partie antérieure) ; d) que la lésion du

pédoncule cérébelleux inférieur détermine un roulement en cercle du côté correspondant, sans trouble de la sensibilité, d'après Brown-Séquard, contrairement à ce qu'avait dit Longet,

La connaissance des pédoncules cérébraux et des pédoncules cérébelleux moyens nous permettra de décrire en peu de mots la région protubérantielle.

§ 4. — Protubérance annulaire .

hdi 'protubérance, ou. pont de Varole, est cette saillie transversale intermédiaire au cerveau, au cervelet et au bulbe rachidien. Elle repose sur la gouttière basilaire de l'occipital, dont elle est séparée par le tronc basilaire, qui détermine sur saface antérieure la formation d'une dépression longitudinale et médiane. Cette face antérieure, à l'aspect de laquelle elle doit son nom, est convexe; on y voit, des faisceaux transversaux qui vont d'un pédoncule cérébelleux moyen à l'autre, et latéralement un peu en avant de la partie moyenne, les racines du nerf trijumeau. La face supérieure comprend la partie libre des pédoncules cérébelleux supérieurs et la moitié supérieure du sinus rhomboïdal. En haut, la protubérance est séparée de ses pédoncules cérébraux par un sillon profond, dont la partie moyenne répond à l'extrémité postérieure de l'espace perforé postérieur; en bas, elle est séparée du bulbe par le sillon bulbo-protubérantiel.

Au point de vue de la structure, on peut considérer la région protubérantielle comme un carrefour, où convergent et

s'entrecroisent les fibres blanclies venues dn cerveau, du cervelet et de la moelle. La partie superficielle et inférieure, celle qui mérite le nom de pont, est constituée par des faisceaux de fibres transversales qui vont d'un hémisphère cérébelleux à l'autre, par l'intermédiaire des pédoncules cérébelleux moyens; d'autres faisceaux, partis d'un des pédoncules cérébelleux, s'entrecroisent sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé, et se perdent dans les masses grises de la protubérance. Ces fibres transversales ou obliques recouvrent les fibres verticales qui vont des pédoncules cérébraux au bulbe rachidien, ou s'entrecroisent avec elles.

■ On a pu schématiquement distinguer trois faisceaux de fibres verticales : 1° Un faisceau antérieur qui contient les fibres moyennes du pied du pédoncule et qui se continue avecla partie superficielle des pyramides antérieures du bulbe et avec la partie postérieure des faisceaux latéraux delà moelle du côté opposé. C'est ce faisceau qui se trouve dégénéré en conséquence des lésions de la partie moyenne du pédoncule cérébral et de la région correspondante de la capsule interne et de l'écorce cérébrale; 2° Un faisceau moyen, plus petit, qui contient les fibres de la partie externe du pied du pédoncule cérébral et qui se rendent ensuite à la partie postérieure des pyramides antérieures et à la partie postéro-interne du faisceau latéral de la moelle du côté opposé. Ce faisceau, qui est séparé du précédent par une couche de fibres transversale peu épaisse, est un peu oblique de haut en bas et de dehors en dedans; 3' Le faisceau postérieur est plus petit encore; il est aussi séparé du précédent par un plan défibres transversales, et un autre plan analogue le sépare du plancher du quatrième ventricule. Ce faisceau se porte en avant au niveau du bulbe et va se continuer avec le faisceau antérieur de la moelle.

Outre ces faisceaux, la protubérance comprend encore

d'autres fibres longitudinales, qui proviennent, par l'intermédiaire du faisceau interne du pédoncule cérébral, de la région antérieure du cerveau. Ces fibres, destinées aux nerfs facial et hypoglosse, s'entrecroisent sur la ligne médiane et se rendent

Fig.109. — Face inférieure de mésoee'phale. — 1, pédoncule cérébral; — 2, protubériinco annulaire, ancien foyer de ramollissement du côte gauclie de la ligne médiane; — D, D, faisceaux transversaux dégénérés ; — 3, pyramide antérieuredég-énérée du côté correspondant à la lésion protubérantielle ; — 4, olive ; — 5, corps restiforme.

aux noyaux d'origine de ces deux nerfs situés dans la région bulbaire. Cette circonstance explique comment les dégénérations du faisceau interne ne peuvent être suivies dans les pyramides.

La protubérance ne contient d'autres fibres blanches que celles qui ont déjà été rencontrées dans les pédoncules cérébraux ou cérébelleux; les masses blanches de cette partie de l'encéphale n'ont donc pas de fonctions qui leur soient propres. Les lésions limitées de la protubérance qui n'aff"ectent que les faisceaux de fibres blanches, ne se distingueront donc pas par

leurs symptômes des lésions cérébrales. Ceite distinction ne pourra se faire que dans le cas d'hémiplégie alterne, sur lequel nous allons revenir.

Si on ne connaît pas exactement les fonctions des fibres transversales de la protubérance, il est bon de noter toutefois que ces fibres sont susceptibles de dégénérer, en conséquence de lésions portant sur leur région moyenne, et dans ces cas la dégénération est bilatérale, c'est-à-dire qu'elle se prolonge de chaque côté jusqu'à la base du pédoncule cérébelleux moyen, et peutêtre plus loin (i^e^r. 109). Si la lésion est prés de laligne médiane, et atteint en profondeur les faisceaux longitudinaux antérieurs, il en résultera une paralysie siégeant du côté opposé du corps. La paralysie croisée comprendra la face, si la lésion siège à la partie supérieure de la protubérance; si, au contraire, cette lésion siège vers le sillon bulbo-protubérantiel, c'est-à-dire dans la région où les fibres du facial et de l'hypoglosse sont déjà entre-croisées, la paralysie faciale siégera du côté de la lésion, tandis que l'hémiplégie des membres existera du côté opposé, on aura aSaire à une hémiplégie alterne.

Une lésion siégeant sur la ligne médiane peut entraîner la paralysie des quatre membres. Même lorsque la lésion est unilatérale, elle entraîne ordinairement la mort; il n'en est pas toujours nécessairement ainsi, la lésion peut permettre quelquefois de survivre, en déterminant une dégénération secondaire avec les troubles qui en sont la conséquence habituelle iFig. 109j. Les fibres du faisceau cortico-bulbaire (facial, hypoglosse) et les fibres du faisceau sensitif sont fréquemment atteintes dans les lésions de la protubérancè ; aussi observet-on fréquemment des troubles de l'articulation des mots ' liayraond et Artaud) et différentes formes d'anesthésie.

La région protubérantielle comprend, en outre des faisceaux

blancs que nous avons passés rapidement en revue, des amas de substance grise, sur lesquels nous reviendrons, à propos des noyaux gris du bulbe, avec lesquels ils ont les plus grandes analogies.

Nous avons déjà indiqué précédemment les principaux points de l'aspect extérieur de la moelle allongée ou bulbe rachidien, nous ne nous y arrêterons pas de nouveau. Quant à l'arrangement et aux connexions des parties blanches et grises qui le constituent, nous n'en aborderons l'étude qu'après avoir décrit la constitution de la moelle, dont le bulbe n'est que la prolongation. Cette manière de procéder, généralement adoptée, est préférable pour la clarté de la description.

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