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Aspect exilnneur de la moelle

La moelle épinière est cette partie des centres nerveux qui

- s'étend sous forme d'un cordon cylindroïde en faisant suite au i bulbe. Elle est contenue dans le canal rachidien, depuis la pre- ! iTiière vertèbre cervicale, jusqu'à la deuxième lombaire. Elle se ; termine en cône, en se continuant avec le filum terminale,

qui va s'insérer à la base du coccyx. La moelle ne remplit .guère que la moitié du calibre du canal rachidien, dans lequel

- elle est suspendue, plongeant dans le liquide sous-arachnoïdieu.

Si, chez l'adulte, la moelle épinière se termine à la partie -supérieure de la région lombaire, il n'en est pas de même chez . l'enfant, et à plus forte raison chez le fœtus, où elle occupe à ; peu prés toute la longueur du canal. Cette différence de rapports de la terminaison de la moelle épinière est due au développement en longueur beaucoup plus considérable de la colonne vertébrale. Cette disproportion dans le développement do canal et de la moelle rend compte de la disposition des ra- ' cines inférieures des nerfs rachidiens, qui semblent avoir été : attirés en haut, et qui, au lieu de se diriger presque horizon-- ' talement vers le trou de conjugaison le plus proche, cheminent i dans une assez grande étendue dans l'intérieur du canal, en [ constituant la queue de cheval.

La moelle est fixée dans le canal raciiidien, en avant et en

arriére, par les prolongements irréguliers de la pie-mére que nous avons décrits plus haut, latéralement par les ligaments dentelés; en bas, elle est retenue par le ligament noccygieu, (lui entoure le lilum terminale; en haut elle se continue avec la moelle allongée. Sur les côtés elle est encore maintenue par les racines des nerf^, sur lesquelles nous aurons à revenir.

Depuis son origine jusqu'à sa terminaison, la moelle a environ 45 centimètres de long. Elle a en moyenne 1 centimètre de diamètre; mais son volume et sa forme varient un peu suivant les régions. Elle augmente de volume à la partie inférieure de la région cervicale : ce renflement cervical covrespond à l'émergence des nerfs du membre supérieur; un autre renflement, renflement lombaire, correspondant à la huitième vertèbre dorsale, donne naissance aux nerfs qui se rendent au membre inférieur. La moelle n'a pas la même forme dans toute son étendue {Fig. 127) ; comme on peut s'en rendre compte en considérant les coupes transversales : au niveau du collet du bulbe, elle est cylindrique ; dans la région cervicale, elle est aplatie d'avant en arriére, elle redevient cylindrique dans la région dorsale.

Lorsque la moelle vient d'être extraite du canal rachidien, elle est molle, et prend la direction du plan sur lequel elle repose; mais si on la suspend par son extrémité supéi'ieure dans un liquide durcissant, elle reprend peu a peu ses courbures normales et la direction qu'elle avait sur le vivant, lorsqu'elle était contenue dans la cavité rachidienne (Flesch).

Dans les déviations de la colonne vertébrale par malformation (cyphose, lordose, etc.), ou par altérations pathologiques rachitisme, mal de Pott, etc.), la moelle épiniére s'adapte aux

courbures anormales du canal qui la contient, sans qu'il en résulte aucun trouble fonctionnei.il n'en est plus de même

^tf/. 122 (d'apn'îs M. Cliarcol}. Tumeur comprimant la moilié f/auchi; de la iivMu; el ayan'. iMermiiu: une fiemiparapleyie. — a, tumeui-; — b, dl'iJi'Cssion produite par sa présence.

lorsque le calibre du canal vient à être modifié, par la présence d'une tumeur développée, soit dans les méninges (sarcomes, psammomes, échinocoques, pachy méningites, etc.), soit 'lans le tissu cellulo-adipeux du racliis (carcinomes, sarcomes.

kj'stes hydatiques, abcès), ou encore par des lésions des vertèbres (hyperostoses sypliilitiques, arthrite sèche, mal de Pott, cancer des vertèbres, etc.). Dans ces conditions la moelle épinière subit une compression lente (1), et il en résulte des modifications de structure (ramollissement, induration, myélite interstitielle), pouvant détruire les éléments nerveux, soit dans toute l'épaisseur, soit seulement dans une partie de la moelle. En conséquence de la destruction transversale, susceptible toutefois de réparation par régénération des tubes nerveux, il se développe des dégénérations consécutives, ascendantes et descendantes {Fig. 141). Lorsque la moelle est comprimée dans sa totalité, il se produit successivement une parésie bilatérale des membres, une paralysie avec flaccidité, les actes réflexes s'exagèrent, on voit apparaître une rigidité temporaire, puis permanente, suivant l'évolution du cas ; à ces troubles moteurs s'ajoutent des troubles de la sensibilité (retard des sensations, dysesthésies, sensations associées). Lorsque la compression ne porte que sur une des moitiés latérales de la moelle, il en résulte une hémiparaplégie avec anesthésie croisée (Brown-Séquard).

Quand la compression est due à une altération rachidienne, il arrive fréquemment que les racines nerveuses soient comprimées, et il peut en résulter des pseudo-névralgies doubles; et sur le trajet des nerfs douloureux on voit quelquefois se développer des éruptions pemphigoïdes ou de zona (paraplégie douloureuse des cancéreux).

Les troubles déterminés parla compression varient d'ailleurs suivant le siège de la lésion. La compression lente de la région cervicale peut se manifester par des troubles oculo-pupillaires, de la toux, de la dyspnée, des vomissements par crises, des troubles de la déglutition, du hoquet, quelquefois par des attaques épileptiques, du ralentissement du pouls. Ce dernier

•1. J.-M. Charcot, Leçons sur les vialadics du système nerveux. T. II.

symptôme se rencontre aussi à la suite de lésions traumatiques delà colonne cervicale (fractures, luxations). Ces lésions peuvent déterminer la mort subite par compression de la moelle; la rupture du ligament transverse de l'apophyse odontoïde a pu produire le même résultat.

Lorsqu'elle a été dépouillée de la dure-mère et derai'achnoïde, la surface de la moelle peut être étudiée, malgré la présence de la pie-mère qui lui est fortement adhérente et n'en peut être détachée;. Elle présente à considérer deux sillons médians, l'un antérieur et l'autre postérieur, qui, dirigés dans le même axe longitudinal, divisent la moelle en deux moitiés symétriques. On y voit en outre les origines des nerfs rachidiens situées de chaque côté sur deux lignes longitudinales, et dont l'arrachement met en évidence deux sillons latéraux.

Le sillon médian anlérieur se continue en haut avec le sillon médian du bulbe, interrompu par la décussation des pyramides. Ce sillon n'occupe en profondeur que le tiers de l'épaisseur de la moelle, et c'est la commissure blanche ou antérieure de la moelle qui en forme le fond. La pie-mère envoie dans ce sillon un prolongement double qui n'atteint pas la commissure.

Le sillon 'médian postérieur continue la di'.^ection du sillon du ventricule bulbaire; il est plus profond et plus étroit que l'antérieur; il s'étend à peu prés à la moitié de l'épaisseur de la moelle, et ne contient qu'un simple prolongement de la piemère. Son fond est constitué par la commissure grise ou postérieure. Mais tandis qu'il est assez facile d'enlever la pie-mère de la commissure antérieure et dont on écarte les lèvres, cette membrane est au contraire très adhérente aux parois du sillon postérieur, qu'il est difficile d'ouvrir.

Les nerfs radiidiens naissent de chaque côté de la moelle par deux séries de racines, les unes antérieures, les autres postérieures. Les racines postérieures sortent de la moelle ^suivant une ligne régulière. Lorsqu'on arrache les filets qui les constituent, il reste sur la moelle une série de dépressions qui forment une ligne ponctuée, à laquelle on a donné le nom de sillon collatéral postérieur. L'insertion des racines antérieures est moins régulière, ne se fait pas suivant une ligne continue, mais occupe une étendue de 1 ou 2 millimètres ; aussi leur arrachement ne donne-t-il lieu qu'à une série de dépressions très irrégulièrement disposées, et à laquelle on a donné improprement le nom de sillon collatéral antérieur. On comprend d'ailleurs que ces deux sillons soiit purement artificiels.

Les sillons naturels ou médians et les sillons artificiels ou collatéraux, que nous venons de décrire, et qui s'étendent sur toute la longueur de la moelle, la divisent en faisceaux ou cordons, dont la distinction peut se faire à la simple inspection de la surface. Ces cordons, qui ont une physiologie et une pathologie distinctes, sont pairs et symétriques.

Le cordon antérieur de la moelle est situé entre le sillon médian antérieur et le sillon collatéral antérieur. La partie la plus interne de ce cordon, limitée par une ligne allant de l'extrémité de la corne antérieure au bord antérieur du sillon, a été distinguée physiologiquement,et porte le nom de faisceau do Tùrck.

Le cordon latéral est compris entre les deux sillons collatéraux. La physiologie aussi bien que l'anatomie montrent que la distinction d'un cordon antérieur et d'un cordon latéral n'est pas complète; aussi a-t-on coutume de les désigner conjointement sous le nom de cordon antéro-latéral.

Le cordon postérieur est compris entre le sillon collatéral

postérieur et le sillon médian postérieur. Ce cordon est parcouru longitudinalement par un sillon intermédiaire postérieur très net chez le fœtus, mais qui s'efl'ace chez l'adulte, où il n'est bien visible que vers sa partie supérieure, et divisant le cordon postérieur en deux cordons secondaires: l'un plus grêle et plus rapproché delà ligne médiane, cordon cunéiforme, cordon grêle, funicuhis gracilis de Burdach, cordon de GoU ; l'autre, en contact avec le sillon collatéral postérieur, est le cordon postérieur proprement dit, cordon de Burdach y comprenant la zone radiculaire des racines postérieures.

Ces divers cordons offrent à leur surface une coloration d'un blanc mat uniforme, que l'on retrouve lorsqu'on étudie la contiguration intérieure delà moelle épinière au moyen de coupes transversales. On voit en effet sur ces coupes que la moelle est constituée par deux substances, l'une grise et l'autre blanche. La substance blanche est située à la périphérie, où elle constitue les cordons que nous avons étudiés extérieurement, et elle entoure la substance grise de toutes parts, sauf vers le fond du sillon postérieur.

La substance grise forme, dans chaque moitié longitudinale une colonne longitudinale, dont la section transversale présente la forme d'un croissant à concavité externe et à concavité interne. Ce croissant est terminé par deux cornes, l'une antérieure, et l'autre postérieure : l'une, et l'autre se l'enflent à leur extrémité pour former la tète de la corne antérieure et la tète de la corne postérieure. Les deux croissants sont reliés du coté de leur convexité, sur la ligne médiane de la moelle, par une bande transversale de substance grise, qui se trouve à nu au fond du sillon postérieur, mais qui est séparée du sillon antérieur par une bande mince de substance blanche qui constitue la commissure blanche, et met en rapport les deux cordons antérieurs.

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