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BulL de la Soc. de Biolor/ic, IflTO

interne du corps restiforme ; 4o le noyau latéral des racines antérieures est dans la protubérance au niveau de l'émergence de ces racines. Ces dernières fibres forment un faisceau qui se porte sous la partie externe du plancher du quatrième ventricule, se met en connexion avec le corps restiforme dont il suit le trajet pour se rendre au cervelet.

A partir de son origine apparente, le nerf auditif accompagné du facial et de l'intermédiaire de "Wrisberg se porte dans le conduit auditif interne. L'acoustique situé au-dessous des deux autres nerfs forme une gouttière au facial, dont il est séparé par le nerf de Wrisberg. Los trois nerfs contenus dans un conduit trop grand pour les recevoir sont entourés, dans un espace de plusieurs millimètres, d'une double gaîne arachnoïdienne, dans dans laquelle pénètre le liquide céphalo-rachidien.

Entre son émergence et le conduit auditif interne, le nerf auditif donne naissance à des tubes déliés, contribuant à former le nerf intermédiaire de Wrisberg qui quelquefois émerge en totalité du tronc du nerf auditif.

Le tronc du nerf auditif se compose de deux parties distinctes, bien étudiées par M. Erlitzk}'-, une supérieure et postérieure, et une antérieure et inférieure. La première, qui correspond au nerf vestibulaire, a une structure qui ne diffère pas de celle des nerfs moteurs crâniens ; la seconde, qui correspond au nerf cochlèaire, a une constitution plus particulière. Elle se compose de tubes très grêles dans un bon nombre desquels le cylindre d'axe ne se colore pas par le carmin; ils ne possèdent qu'une gaîne de myéline très mince, pas de gaîne de Schwann, ni d'étranglements ; on y voit des renflements à la formation desquels concourent et le cylindre d'axe et la gaîne.

Dans le faisceau vestibulaire existent des îlots de substance

m'ise, contenant des cellules ganglionnaires, d'où prennent naissance les fibres destinées à former le nerf de Wrisberg. Si on admet que le nerf de Wrisberg se relie définitivement au ganglion géniculé du facial (Schwalbe), on peut en déduire les relations intimes qui existent entre le facial et l'auditif.

Après avoir traversé les trous de la lame criblée qui forment le fond du conduit auditif interne, l'auditif pénétre dans l'oreille interne, où il se divise en deux branches :

1° Une branche antérieure ou Zemacîenne, d'où partent des filets limaciens, dont les uns s'étalent à la surface de la columelle et s'anastomosent en rayonnant sur le premier tour de la lame spirale; les autres, aprésavoir pénétré dans la coluraelle, en sortent au niveau du second tour de spire par les trous de l'axe; enfin un troisième groupe se distribue de la même manière au troisième tour de spire. Les filets les plus longs sont les inférieurs qui se rendent à la spire la plus étendue.

2° La branche 'postérieure ou vestihulaire se divise en deux rameaux, dont l'un plus considérable se porte vers l'utricule et les ampoules des canaux semi-circulaires supérieur et horizontal; un second, moyen par son volume, se rend au saccule ; et enfin le troisième, plus petit et inférieur, est destiné à l'ampoule du canal semi-circulaire vertical postérieur.

Le nerf auditif est un nerf de sensibilité spéciale, dont l'excitation ne donne lieu qu'à des sensations auditives. La destruction de son tronc ou de ses racines amène nécessairement une altération de l'ouie ; quant aux lésions de son centre cérébral qui paraît siéger, comme nous l'avons vu, dans la région de la circonvolution temporo-sphénoïdale supérieure, elle déterminent quelquefois un trouble spécial de la faculté signatrice, désigné sous le nom de surdité verbale : c'est-à-

dire que le sujet qui entend encore les sons ne différencie plus les sons articulés, et a perdu la mémoire auditive des i mots. I

Les lésions expérimentales du nerf auditif donnent lieu, chez j les animaux, à des troubles de l'équilibre, dus probablement à ji une sensation vertigineuse analogue à celle qui est éprouvée i par les malades atteints d'otite avec vertige de Méniére. Le i rôle de l'excitation du nerf auditif dans ce vertige est bien indiqué par ce fait que, lorsque les sujets sont devenus complètement sourds, le vertige disparaît, et par cette autre circonstance que le complexus symptomatique qui constitue le vertige de Méniére se retrouve dans des maladies où l'appareil nerveux est seul en cause, comme dans l'ataxie locomotrice.

Les expériences de M. Cyon ont montré que les troubles de l'équilibre sont dus aux lésions de la portion vestibulaire du nerf et cette portion est désignée sous le nom de nerf de Vespace.

Le fonctionnement régulier du nerf auditif nécessite l'intégrité des filets du facial qui président à l'accommodation tympanique. '

§ 9. — Nerf de la neuvième paire. — Nerf glosso-

pharyngien.

L'origine apparente du glosso-pharyngien se présente sous la forme d'une série de fibres radiculaires qui naissent dans le sillon qui sépare le faisceau intermédiaire du bulbe du pédoncule cérébelleux inférieur, au-dessous du nerf acoustique, immédiatement au-dessus du pneumogastrique. L'origine réelle de sa portion sensitive se trouve dans un noyau gris situé sur les côtés du plancher du quatrième ventricule,

; et qui se trouve sur le prolongement des cornes postérieures de la moelle.

Après avoir donné naissance aux fibres radiculaires du . glosso-pharvngien, ce noj'au gris se continue encore en haut , et il en part des fibres qui vont émerger entre l'acoustique et Ile facial, c'est-à-dire former le nerf intermédiaire de Wris- : berg ; c'est ce qui a permis à M. Duval de considérer le nerf I intermédiaire de Wrisberg comme une racine erratique du ;glosso-pliaryngien, allant par l'intermédiaire du facial se 1 rendre aussi à la langue. Ce n'est pas le seul exemple qu'on j puisse citer de fibres nerveuses qui, parties d'un point commun^

• se rendent à un même organe par des cheroins difi"érents. « Quant à l'origine réelle de ses fibres motrices, elle est située

dans un noyau situé sur les parties antéro-latéralesdu bulbe, sur ;le prolongement de la tête de la corne antérieure de la moelle.

Après leur émergence, les fibres du glosso-pliaryngien se .réunissent en un tronc qui se dirige horizontalement en dehors rct en avant, vers le trou déchire postérieur.

Il chemine parallèlement au pneumogastrique et au spinal ;

• et au-dessus d'eux, il décrit une courbe à concavité inférieure. ( L'arachnoïde, qui le recouvre dans son trajet intra-crànien, lui : forme une gaîne qui lui est commune avec les deux nerfs qui

l'accompagnent. Il sort verticalement du trou déchiré posté- : rieur par un canal ostéo-fibreux qui lui est propre, situé en savant du pneumogastrique et du spinal. C'est dans ce canal

que le glosso-pharyngien présente le renflement ganglionnaire

dit ganglion pétreux, ou ganglion d'Andersch. De la partie interne et antérieure de ce ganglion, on voitpar-

tir un petit rameau connu sous le nom de rameau d'Andersch ou

rameau de Jacobson, qui pénétre dans un canal particulier,situé

• sur la crête qui sépare la fosse jugulaire du canal carotidien» en dehors de l'aqueduc de Fallope. Ce rameau se dirige en

I arriére et eu haut, jusque dans la caisse du tympan. Arrivé

sur le promontoire, il se loge dans un sillon .spécial et se divise en six filets : 1° le filet de la fenêtre ronde; 2° le filet de la fenêtre ovale; 3° un filet qui s'anastomose avec le plexus carotidien; 4' un filet qui se rend à la muqueuse de la trompe d'Eustaclie ; 5° le petit 'pélreiix profond externe qui se dirige en haut, puis horizontalement, et s'anastomose avec le petit pétreux superficiel pour se rendre ensuite au ganglion otique; 6° le petit pétreux profond externe qui s'anastomose avec le grand nerf pétreux superficiel, pour se rendre avec lui au ganglion de Meckel. Au niveau de ce ganglion d'Andersch, le nerf de la neuvième paire s'anastomose : 1" avec le facial, par un filet qui passe entre l'apophyse styloïde et la jugulaire, interne ; 2° avec le pneumogastrique ; 3° avec les filets cardiaques du grand sympathique.

Après sa sortie du trou déchiré postérieur, le glosso-pharyngien se dirige en bas, en dedans et en avant de la carotide interne, en arriére des muscles du bouquet de Riolan; il passe entre le stylo- pharyngien et le stylo-glosse, puis entre les piliers du voilo du palais, en dehors de l'amygdale, et enfin arrive à la partie supérieure de la base de la langue, à laquelle il est destiné.

Depuis sa sortie du trou déchire postérieur jusqu'à sa division terminale, il fournit : 1° le rameau du digastrique et du stylo-hyoïdien^ qui naît immédiatement au-dessous du trou déchiré, contourne le muscle stylo-hyoïdien, auquel il fournit un filet, et se porte dans le ventre postérieur du digastrique, en s'anastomosant avec le filet du facial ; — 2' le rameau du stylo-glosse qui s'anastomose avec le filet du facial destiné au même muscle; — 3' des fdets carotidiens qui, au nombre de deux ou trois, se dirigent vers l'artère carotide ; les uns vont au ganglion cervical supérieur, les autres vont au nerf cardiaque superficiel ; — 4° des rameaux pharyngiens ou tonsillaires , variables par leur nombre, formant, avec

les filets du grand sympathique, du pneumogastrique et du spinal, \e pie JMS pharyngien, qui fournit aux muscles et à la muqueuse du pharynx, aux amygdales et à la muqueuse . des piliers du voile du palais.

Les branches terminales du glosso-pharyngien, les rameaux linguaux, au nombre de trois, s'engagent sous la muqueuse de fa base de la langue, dans laquelle ils se divisent surtout en arrière du V lingual. Les rameaux les plus externes s'avancent un peu plus sur les côtés de la langue.

Le nerf glosso-pharj'ngien perd rapidement son excitabilité ; i il résulte de cettè particularité que les expériences de vivisec-

• .tion qui ont été faites sur lui ne peuvent pas conduire à des I conclusions péremptoires. Les expériences de Longet et celles ' de M. Jolyet montrent que son excitation avant son entrée dans i le trou déchiré postérieur, ne donne lieu à aucun mouvement ; 1 mais on doit cependant admettre après Millier et Debron, avec

M. Chauveau, que c'est un nerf à la fois moteur et sensitif, t comme d'ailleurs la position de ses noyaux d'origine per- I mettait de le supposer. Et il faut ajouter qu'il est doué de deux sortes de sensibilités : d'une sensibilité spéciale, sensibii lité gustative, et d'une sensibilité qui se rapproche de la sen- : sibilité générale, mais qui en diffère cependant.

Les fibres non gustatives du glosso-pharyngien se distri- : buent à la muqueuse du pharynx, des piliers du voile du palais, de la caisse du tympan et de la trompe d'Eustache. Ils donnent à ces parties non pas une sensibilité tactile analogue à celle des nerfs cutanés, mais une sensibilité réflexe, déterminant des mouvements de déglutition, et pouvant s'accompagner d'une sensation désagréable particulière qui a fait donner à ce nerf le nom de nerf nauséeux. L'influence du glosso-pharyn-

• gien sur la déglutition est bien mise en évidence par les expé-

riences de Waller et de Prévost qui ont provoqué des mouvements de déglutition en excitant son bout central. Les excitations périphériques de ce nerf excitent en outre la sécrétion salivaire ; cette action sur la sécrétion favorise en même temps la déglutition et la fonction du goût.

Les fibres qui président à la gustation sont celles qui se rendent à la partie postérieure de la langue.

Quant aux fibres motrices du glosso-pharyngien, elles sont destinées à des muscles qui concourent soit directement, soit indirectement à la déglutition. En excitant ses racines, M. Ctiauveau a vu des contractions se manifester dans le constricteur supérieur du pharynx et dans le voile du palais.

§ 10. — Nerf de la diœième iiaire. — Nerf imeumo-

gastrique. ,

Le nerf pneumogastrique ou nerf vague usiii des côtés du bulbe, par une série de racines, qui émergent|]du sillon latéral, au-dessous de celles du glosso-pharyngien. Son origine réelle est comparable à celle du nerf de la neuvième paire : il naît en effet de deux noyaux : l'un, sensitif, situé sur les côtés du plancher du quatrième ventricule, sur le prolongement de ^la base de la corne grise postérieure de la moelle; l'autre, moteur, est constitué par de petites masses grises à limites indécises, situées sous le faisceau intermédiaire du bulbe, sur le prolongement de la tête de la corne antérieure de la moelle.

Le pneumogastrique, situé entre le glosso-pharyngien et le spmal, se dirige vers le trou déchiré postérieur, où il s'engage dans le même canal que le spinal qui s'est placé derrière lui, tandis que le glosso-pharyngien s'est placé en avant en raison

de la courbe à convexité inférieure que les trois nerfs ont décrite parallèlement.

Au niveau du trou déchiré postérieur, le pneumoj^'astrique présente un renflement, désigné sous le nom de ganglion jugulaire, et qui a été comparé à celui des racines postérieures des nerfs spinaux.

Le ganglion jugulaire reçoit : 1° une anastomose du spinal ; 2° \{ est uni au facial par une autre anastomose qui pour les uns partirait du ganglion et pour les autres viendrait de la septième paire ; 3° enfin, il offre une anastomose avec le ganglion cervical supérieur.

A la base du crâne, à sa sortie du trou déchiré postérieur, le pneumogastrique, situé en arrière du glosso-pharyngien et de la carotide interne, offre un second renflement d'aspect réticulé, désigné par Willis sous le nom de plexus gangliforme, et par Fallope, sous le nom de ganglion olivaire.

Ce ganglion s'anastomose : 1° avec le spinal, qui à sa sortie du trou déchiré se divise en deux branches, dont l'interne, moins volumineuse, paraît se jeter tout entière dans le ganglion plexiforme; mais une partie seulement se confond avec le pneumogastrique, tandis que l'autre ne fait que s'accoler à lui, pour aller former les nerfs pharyngiens et le laryngé inférieur; 2' avec le grand hypoglosse, qui, au moment où il contourne le ganglion, lui envoie quelques filets très courts; 3° avec le ganglion cervical supérieur du grand sympathique; 4' avec l'anse anastomotique des deux nerfs cervicaux.

De l'extrémité inférieure du ganglion plexiforme, le pneumogastrique se dirige verticalement le long de la région cervicale, où il présente des rapports importants. Il est séparé du rachis par les muscles prévertébraux, placé en dehors du pharynx et de l'œsophage, entre la carotide primitive qui est en dehors et la jugulaire interne qui est en dedans. Il est situé en arriére des vaisseaux, dans la môme gaine que l'artère, et

pourrait être compris dans la ligature, si la dénudation n'était pas faite avec soin. Le grand sympathique est en arrière et en dehors, appliqué contre la colonne vertébrale par l'aponévrose cervicale profonde.

Dans la région cervicale, le pneumogastrique fournit des branches importantes :

loLe rameau 'pharyngien est fourni partie par le pneumogastrique, partie par l'anastomose du spinal. Il naît du plexus gangliforme, et descend en arriére, puis en dehors de la carotide interne, donne quelques rameaux au plexus carotidien, s'anastomose avec le glosso-pharyngien, et avec des filets du ganglion cervical supérieur, forme, avec ces deux anastomoses, le plexus pharyngien, et se distribue enfin aux muscles constricteurs supérieur et moj'^en, et à la muqueuse du pharynx.

2* Le nerf laryngé supérieur, dont l'origine est tout à fait indépendante du rameau anastomotique du spinal, naît en dedans et en avant du plexus gangliforme. Il se dirige en bas, en avant et en dedans, derrière les carotides, sur les côtés du pharynx, vers la membrane thyro-hyoïdienne, qu'il traverse de dehors en dedans, en passant sous le muscle thyro-hyoïdien et le constricteur inférieur du pharynx, et il se termine dans la muqueuse du larynx. Avant de traverser la membrane thyrohyoïdienne, il donne naissance au laryngé externe, rameau long et grêle, qui se dirige en bas sur la face externe du con* stricteur inférieur du pharynx auquel il fournit, passe sous le corps thyroïde, et se divise en deux branches, dont l'une se i-amifie dans le muscle crico-thyroïdien, et l'autre travei se la membrane crico-thyroïdienne, et va se perdre dans la muqueuse du ventricule et de la partie sous-glottique du larynx. Le nerf laryngé supérieur, après avoir traversé la membrane thyro-hyoïdienne, prend le nom de nerf laryngé interne. Arrivé au repli aryténo-épiglottique, il se ramifie en plusieurs

filets : les uns, antérieurs, se dirigent vers l'épiglotte, aux replis glosso-épiglottiques et à la base de la langue ; les autres, transversauj;, vont à la muqueuse du larynx, des cordes vocales et des replis aryténo-épiglottiques ; d'autres enfin, descendants, se portent à la muqueuse pharyngienne qui recouvre la région postérieure du larynx, traversent le muscle arytéuoïdien, sans lui donner aucun filet, et se terminent dans la muqueuse laryngée de la même région. Un de ces filets descend sous la muqueuse qui recouvre le muscle crico-aryténoïdiea postérieur, se place entre le cartilage thyroïde et les muscles thvro-aryténoïdien et crico-aryténoïdien latéral, et, avec un filet ascendant du laryngé inférieur, forme une anse anastoraotique connue sous le nom d'anastomose de Galien,

3° Dans sa portion cervicale, le pneumogastrique émet k une hauteur variable un, deux ou trois filets constituant le nerf cardiaque supérieur, et suivant la carotide primitive et l'aorte, pour se jeter dans le plexus cardiaque. Dans cette région le pneumogastrique reçoit quelquefois une anastomose venue du ganglion cervical moyen ; mais le plus souvent ce filet se jette directement dans un des filets cardiaques.

Dans le thorax, les rapports du pneumogastrique difi"érent

à droite et à gauche.

1° Du côté droit, il pénètre entre l'artère et la veine sous-

claviére, derrière le tronc veineux brachio-céphalique et la 1 veine cave supérieure. Après s'être placé entre la trachée et ' l'œsophage, il se ramifie derrière le liile du poumon, en for-

maot une sorte de plexus, d'où partent deux branches aussi ! plexiformes qui suivent le côté droit de l'œsophage, et finissent

par se réunir en un cordon unique qui pénétre dans l'abdomen,

par le même orifice que l'œsophage et derrière ce conduit.

2* Du côté gauche, il descend dans le thorax entre la carotide

primitive et la sous-clavière, derrière la crosse de l'aorte;

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ensuite il présente la même disposition et les mêmes rapports que du côté droit, sauf qu'il passe en avant de l'œsophage pour pénétrer dans l'abdomen.

Dans le thorax, le pneumogastrique fournit des branches importantes :

1° Des rameaux cardiaques qui constituent le nerf cardiaque moj en. Ces filets prennent ordinairement naissance au niveau de la première côte, et se dirigent en avant de la carotide et de l'aorte à gauche, ou du tronc brachio-céphalique à droite, pour se jeter dans le plexus cardiaque, en se réunissant au nerf cardiaque supérieur.

2° Le tierf laryngé inférieur ou oierf récurrent naît, à droite, en avant de l'artère sous-clavière, et à gauche en avant de la crosse de l'aorte. Il contourne ces vaisseaux d'avant en arriére, puis de bas en haut, en formant une anse qui les embrasse ; puis il se dirige en haut, présentant ainsi un trajet récurrent qui lui a fait donner son nom, et se place dans le sillon qui sépare la trachée de l'œsophage. Il remonte jusqu'au bord inférieur du constricteur inférieur du pharynx, auquel il donne quelques rameaux; et, arrivé au niveau de l'articulation cricothyroïdienne, il se ramifie dans les muscles du larynx. Un peu au-dessous de son origine, le laryngé inférieur fournit : a) des ratneaux cardiaques , qui se réunissent aux rameaux cardiaques .du grand sympathique, pour former le nerf cardiaque inférieur, ordinairement plus considérable à gauche qu'à droite, et qui se jette, comme les précédents, dans le plexus cardiaque. Plus haut, il donne : b) des filets œsophagiens, plus nombreux à gauche qu'à droite, et qui sont destinés à la membrane musculaire surtout; c) des filets trachéens; d) des filets pharyngiens, destinés, comme nous l'avons dit plus haut, au constricteur ini'érieiir ; et enfin e) il se divise en rameaux ter- ■ minaux ou laryngiens, destinés aux muscles intérieurs du larynx, au crico-arylénoïdien postérieur, à l'aryténoidien, au

crico-arvténoïdien latéral et thyro-aiyténoïdien. Le cricothyroïdien seul est innervé par le laryngé externe, venu du laryngé supérieur. Le laryngé inférieur fournit en outre un filet sous-muqueux que nous avons déjà signalé, et qui forme avec une branche du laryngé supérieur l'anastomose de Galien.

3° Les rameaux pulynonaires du pneumogastrique naissent au niveau de l'origine des bronches; les uns passent en arrière duhile, et forment les plexus 2}y'inionaires postérieurs ; les autres, plus grêles, passent en avant, et forment lesjJlexics pulmonaires antérieurs. Les plexus pulmonaires reçoivent un . grand nombredefiletsdugrandsympathique;ledroitetlegauche : s'anastomosent abondamment au point de paraître parfois confondus. Ces plexus fournissent des filets œsophagiens pour la

• partie moyenne de l'œsophage, des filets péricarcliques pour ! la partie postéro-supérieure du péricarde, quelques filets tra- I chéaux et des filets bronchiques qui suivent les divisions 1 bronchiques jusqu'à leurs ramifications terminales.

4° Après s'être reconstitué au-dessous des plexus pulrao- : naires, le pneumogastrique donne des filets qui longent l'œso- ; phage, en formant un plexus œsophagien à mailles ellip-

• tiques et verticales, qui donne de nombreux filets à la tunique 1 musculaire de l'œsophage et à sa muqueuse.

Dans Vahdomen, les deux pneumogastriques, après avoir : traversé le diaphragme, le droit en arrière, le gauche en avant

de l'œsophage, offrent une distribution très différente : Le pneumogastrique gauche, placé en avant du cardia, se

distribue à la grosse tubérosité, à la face antérieure de l'es- ' tomac, à sa petite courbure. Quelques filets vont vers le ' pylore, se portent dans le sillon transverse du foie, où ils ■contribuent à former le 25^ej?w5 /lé^îai/jwe, donnant des filets

qui pénétrent dans le foie en suivant les ramifications de la

veine porte.

Le pneumogastrique droit, situé derrière le cardia, fournit à

la face postérieure de l'estomac, et va se jeter dans le plexus solaire, en formant Vanse mémorable de Wrisberg.

Les rameaux gastriques des deux nerfs vagues sont destinés à la fois à la membrane muqueuse et à la membrane musculeuse.

Bischoff et Longet pensaient que le pneumogastrique ne contenait que des fibres sensitives; mais il est avéré, depuis les expériences de Cl. Bernard, de M. Vulpian, etc., que c'est un nerf mixte dès son origine ; nous avons vu déjà qu'il possède un noyau moteur: un certain nombre d'éléments du même ordre lui sont fournis par ses anastomoses, notamment par le nerf spinal.

Le pneumogastrique, nerf vague, moyen sympathique ou trisplanchnique, se distribue non seulement au cœur, au poumon et à l'estomac, mais encore au foie et à l'intestin par l'intermédiaire du plexus solaire.

Le pneumogastrique considéré comme nerf sensible diffère des nerfs de la sensibilité générale, en ce qu'il n'est doué que d'une sensibilité obtuse, qui ne donne lieu qu'à des mouvements réflexes non seulement involontaires, mais inconscients.

Le pneumogastrique influe sur la respiration, sur la circulation, sur la digestion; et, avec le grand sympathique, il tient sous sa dépendance la sécrétion d'un certain nombre d'appareils glandulaires annexés aux organes respiratoires et digestifs.

Legallois et Flourens ont établi qu'il existe, au niveau de la substance grise du quatrième ventricule, un point désigné sous le nom de nœud vital, dont la lésion détermine la cessation brusque de la respiration et l'arrêt du cœur. Ce centre est

situé au-dessus du noyau de l'hypoglosse. Aussi, dans la paralysie lahio-glosso-iaryngée, dans laquelle les muscles de la langue et des lèvres sont primitivement atteints, en raison de l'atropliie du noyau bulbaire do i'hj^poglosse, la progression ascendante de la lésion finit-elle par déterminer des troubles respiratoires et circulatoires, des accès de suffocation et des syncopes, auxquels le malade succombe.

On attribue généralement la première inspiration du foetus à l'irritation du centre respiratoire par l'acide carbonique accumulé dans le sang en conséquence de la suspension de la respiration placentaire; mais une autre cause intervient, c'est l'excitation de la sensibilité cutanée qui résulte du changement de milieu. Pour peu qu'elle soit intense, une excitation sensitive ou sensorielle quelconque a pour effet de déterminer une tension générale des muscles ; or les muscles inspirateurs ont une action prédominante qui doit nécessairement amener la dilatation du thorax et l'appel d'air.

Quoi qu'il' en soit les mouvements respiratoires sont considérés comme des actes réflexes, dont le centre est situé dans les noyaux gris dont nous venons de parler, actes réflexes qui nécessitent la mise enjeu de nerfs sensitifs et de nerfs moteurs. Lorsqu'on excite le bout central du pneumogastrique sectionné, les mouvements respiratoires s'exagèrent en fréquence et en étendue.

Il existe donc, dans le pneumogastrique, des filets sensitifs dont l'excitation joue un rôle dans le réflexe respiratoire. Mais tandis que l'excitation du pneumogastrique lui-même détermine la mort en état d'inspiration forcée, l'excitation du bout central du laryngé supérieur détermine, au contraire, la mort en état d'expiration forcée ; aussi a-t-on considéré le nerf laryngé supéi'ieur comme le nerf modérateur centripète de la respiration. La coqueluche, dont les quintes sont constituées par des séries d'expirations saccadées, a pu être re-

gardée comme une névrose du laryngé supérieur; les crises laryngées du tabès ataxique offrent quelque analogie avec les quintes de la coqueluche.

Cependant le pneumogastrique n'est pas, comme nous l'avons déjà dit, la seule voie centripète par où arrivent les incitations des mouvements respiratoires. En effet, lorsque les fonctions cutanées sont abolies sur une grande étendue, soit par des brûlures étendues, soit par l'application de substances imperméables, la respiration se ralentit peu à peu, nécessite l'intervention de la volonté, et si le malade oublie de vouloir respirer, le ralentissement s'accentue, la température s'abaisse, et la mort s'ensuit; d'autre part, on peut par des excitations cutanées, frictions, affusions froides, etc., exciter les mouvements respiratoires. La sensibilité cutanée joue donc un rôle dans le réflexe respiratoire; mais les nerfs cutanés et le pneumogastrique ne sont pas capables de se suppléer ; la suppression de la fonction de l'un ou des autres suffit pour amener l'arrêt de la respiration.

Quant aux phénomènes moteurs qui résultent du réflexe respiratoire, ils sont sous la dépendance de nerfs venus soit du spinal, soit des plexus cervical et brachial, et en paiticulier du nerf phrénique. Nous y reviendrons.

L'action du pneumogastrique sur le cœur a été étudiée par Cl. Bernard, Budge et Weber, qui ont montré que l'irritation du pneumogastrique ou de son bout périphérique détermine un ralentissement des mouvements du cœur. D'après Arloing et Tripier le pneumogastrique droit paraît avoir plus d'action sur le cœur que le pneumogastrique gauche, qui agirait d'une manière prépondérante sur le poumon. M. Cyon a établi que, comme l'avait indiqué Von Bezold, il excite des filets d'origine médullaire, nés au même niveau que les rameaux du ganglion cervical inférieur, qui ont sur le cœur une action accélératrice; mais M. Schiff paraît avoir établi qu'il existe aussi dans le

pneumogastrique des fibres accélératrices qui viendraient de l'accessoire de Willis, et se sépareraient du nerf vague avec le laryngé supérieur.

L'action du pneumogastrique sur la digestion n'est pas moins importante.

Nous avons vu qu'un rameau du laryngé supérieur se rend à la muqueuse de la base de la langue. Ce rameau paraît être le point de départ du réflexe qui amène l'occlusion de la glotte lorsque le bol alimentaire se présente à l'istlirae du gosier. Le pneumogastrique fournit à l'œsophage des rameaux qui président à la sensibilité obtuse et à la motilité de ce conduit. Il donne également la motilité à l'estomac. Il paraît aussi présider aux mouvements de l'intestin ; cependant Onimus et Legros ont vu qu'en électrisant le pneumogastrique avec des courants interrompus on arrête les mouvements de l'intestin, qui reste en état complet de relâchement.

La sécrétion du suc gastrique est sous la dépendance de la sensibilité spéciale du pneumogastrique; elle ne se produit que lorsque ce sont des substances alimentaires qui sont introduites dans l'estomac [Théorie des peptogènes de M. Schiô).

Le pneumogastrique paraît agir aussi sur la sécrétion du pancréas ; on a remarqué qu'elle s'arrêtait après la section.

Lorsque l'on pratique une piqûre sur le plancher du quatrième ventricule, entre les racines des nerfs acoustiques et celles des pneumogastriques, on détermine de la glycosurie ; la piqûre faite un peu plus haut produit de la glycosurie et de la polyurie; un peu plus haut encore, elle produit une albuminurie. Toutefois la glycosurie expérimentale ne dépend pas du pneumogastrique, mais du grand sympathique : en effet, si on lie sur une grenouille les filets sympathiques qui vont au foie, le diabète n'est plus produit, ni par la piqûre du quatrième ventricule, ni par l'électrisation de la moelle.

Les mouvements auxquels préside le pneumogastrique ne sont pas volontaires. Ceux du larynx sont bien sous la dépendance de la volonté, mais nous verrons que la physiologie expérimentale démontre que le laryngé inférieur, qui préside aux mouvements de l'appareil phonateur et qui paraît venir du pneumogastrique, est en réalité une branche du spinal.

Le pneumogastrique anime les muscles des bronches et de l'estomac et de l'œsophage. Il joue, par conséquent, un rôle dans l'asthme, dans le spasme de l'œsophage, dans le vomissement, dans le mérycisme. M. Buzzard, ayant remarqué que les crises gastriques coïncident fréquemment avec les arthropathies, en a conclu qu'il existe un centre trophique des articulations au voisinage du noyau du pneumogastrique,

§ 11- — Nerf de la onzième paire. — Nerf spinal.

Le nerf spinal, appelé aussi accessoire de Willis, parce qu'il a été considéré comme ne faisant qu'une seule paire avec le pneumogastrique, offre des racines bulbaires et des racines spinales. Les racines bulbaires font suite à celles du pneumogastrique, entre le cordon intermédiaire et le corps restiforrae ; elles proviennent, comme les racines du pneumogastrique et du glosso-pharyngien, d'un noyau sensitif faisant suite à la base de la corne postérieure, et d'un noyau moteur faisant suite à la tête de la corne antérieure. Les racines spinales, au nombre de six à huit, émergent entre l'insertion spinale des ligaments dentelés et les racines postérieures des nerfs rachidiens ; la dernière naît à peu près au niveau de la cinquième paire cervicale. Ces racines semblent provenir de la corne antérieure de la moelle. D'après ces origines on voit déjà que le spinal est un nerf mixte, comme le pneumogastrique et le glosso-pharyngien.

Les racines médullaires remontent entre les ligaments dentelés et les racines postérieures, en se réunissant pour l'orraer un cordon qui entre par le trou occipital dans la cavité du crâne, où il se réunit avec le faisceau des racines bulbaires, pour former un tronc unique.

Le spinal, ainsi constitué, décrit une courbe parallèle et inférieure à celle des nerfs pneumogastrique et glosso-pharjngien, et sort du trou déchiré postérieur en arrière du nerf vague, en avant de la veine jugulaire interne.

Au niveau du trou déchiré, il fournit quelques filets au ganglion jugulaire du pneumogastrique.

Sitôt après sa sortie du crâne, le nerf spinal se divise en deux branches : 1° une branche interne ou anastomotique qui se jette dans le pneumogastrique. Quelques-uns de ces filets sont seulement accolés au nerf vague et s'en séparent bientôt pour former les rameaux pharyngiens. Le reste de la branche interne s'unit beaucoup plus intimement au pneumogastrique, et ce n'est que grâce aux expériences de vivisection qu'on a pu reconnaître que le laryngé externe du laryngé supérieur et le nerf laryngé inférieur sont fournis, en réalité, par le spinal qui donne ainsi au pneumogastrique la plupart de ses filets moteurs volontaires; 2° une branche externe ou musculaire, qui se porte obliquement en bas, entre la carotide et la jugulaire internes, puis entre la jugulaire et l'artère occipitale, en dedans du muscle stylo-hyoïdien et du ventre postérieur du digastrique.

Elle se dirige ensuite en arrière et en dehors, le long de l'extrémité inférieure de la parotide, jusqu'au niveau du tiers supérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, au-dessous duquel elle est placée, et auquel elle fournit de nombreux rameaux qui s'anastomosent avec d'autres filets venus de la deuxième et de la troisième paires cervicales. La branche

externe du spinal descend ensuite dans le triangle sus-claviculaire, et va se terminer dans le trapèze qu'elle aborde par sa face profonde. Comme ceux du stevno-mastoïdien, les filets spinaux du trapèze s'anastomosent avec d'autres filets venus des quatrième et cinquième paires cervicales.

Aussi bien par sa branche externe que par sa branche interne, le nerf spinal concourt à la phonation. La branche externe qui anime le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze lutte contre l'expiration et maintient la dilatation du thorax; c'est dans ce sens qu'il faut comprendre que le spinal est l'antagoniste du pneumogastrique. La branche externe soumet à la volonté l'expiration sonore; elle manque chez les animaux qui, comme les oiseaux, ont un thorax fixe. La branche interne est le nerf vocal par excellence ; elle anime tous les muscles propres du larynx. Le nerf spinal fait complètement défaut chez les animaux qui n'ont pas de larynx, comme les poissons.

C'est dans le domaine de la branche interne du spinal que siègent les lésions atrophiques dans le syndrome désigné sous le nom de paralysie labio-glosso-laryngée.

Le spasme de la glotte paraît dû à une affection centrale et il s'accompagne fréquemment d'autres symptômes tels que convulsions générales, contracture des extrémités. Cependant les muscles du larynx peuvent être aff'ectés isolément d'un spasme choréique,qui constitue la chorée du larynx.

Les muscles animés par la branche externe peuvent aussi être atteints dans l'atrophie musculaire progressive ; ils peuvent être paralysés en conséquence des compressions de cette branche nerveuste. Cette même branche externe peut être atteinte d'hyperkinésie (Jaccoud), se traduisant par un spasme tonique ou clouique du sterno-cléido-mastoïdien, et

du trapèze. (Duclienne de Boulogne, Desnos, Féré (1), Gautioz (2).

On a désigné sous le nom de tic de Salaam une convulsion bilatérale limitée soi-disant au spinal, et consistant principalement en une élévation des épaules et un abaissement synchrone du menton, rappelant le salut des Orientaux; mais il s'agit d'une convulsion partielle qui appartient à l'épilepsie, et ne peut être considérée comme bornée au spinal (3).

^ 1"; . — Nerf de la douzième paire. — Nerf grand

hypoglosse.

Le grand hypoglosse a son origine réelle dans une colonne grise placée contre l'extrémité inférieure du raplié du quatrième ventricule, sur le prolongement de la base de la corne antérieure de la moelle. De là ses fibres se portent en avant, entre l'olive et le noyau juxta-olivaire interne, pour aller émerger, sous forme de fibres radiculaires, au nombre de dix ou douze, à la partie antérieure du bulbe, dans le sillon qui sépare l'olive de la pyramide antérieure. Ces fibres radiculaires convergent vers letroucondylien antérieur, et c'est sous forme d'un tronc unique qu'elles pénétrent dans cet orifice.

A sa sortie du trou condylien antérieur, le grand hypoglosse, placé au-devant des muscles prévertébraux, descend verticalement entre la carotide et la veine jugulaire internes. Il est situé d'abord en arriére des trois nerfs, glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal, qui sortent du crâne par le trou déchiré postérieur. Il se porte en dehors du ganglion plexi-

1. Ch. Féré. — Crampe fonctionnelle du cou (licvue de médecine, 1883).

2. Gauliez. — Contrihution à l'étude des f paumes du cou {Thhe. 18S3).

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