Féré et Laurand.BM//. Hoc anal., 1879, p
des vertèbres détermine souvent par compression non pas de la moelle elle-même, mais des racines nerveuses, tantôt une paraplégie spéciale paraplégie douloureuse des cancéreux (Cazalis), ou des scialiques doubles et d'une intensité particulière (1). Enfin les diverses lésions du rachis qui se trouvent groupées sous le nom de mal vertébral, ou de mal de Pott, sont susceptibles de retentir sur la dure-mère et sur la moelle. Pendant longtemps, on a cru que les pliénoménes spinaux n 'existaient qu'en raison de la déviation rachidienne ; cependant, on avait remarqué que ces déviations externes ne s'accompagnaient d'aucun trouble moteur, tandis que des symptômes spinaux très graves coïncidaient avec des lésions rachidiennes sans aucune déviation. La patliogénie de ces troubles n'est bien connue que depuis les travaux de MM. Charcot et Michaud, quinousont appris que, quelle que soit lalésion primitive, lorsque le pus caséeux arrive au contact de la dure-mère, il détermine une pachyméningite externe, ou même une une pachyméningite i?iterne et des adhérences de toutes les membranes de la moelle {Fig. 1). Quand l'inflammation atteint toutes les couches de la dure-mère, celle-ci s'épaissit, à tel point que la moelle paraît triplée, quadruplée de volume, de telle sorte qu'on a pu croire autrefois à une hypertrophie de la moelle ; en outre, la coupe de la membrane épaissie prend un aspect blanchâtre caséeux (pachyméningite caséeuse). Enfin, les méninges finissent par adhérer à la moelle dont le tissu conjonctif s'enflamme chroniquement; et il en résulte une myélite transverse à forme spéciale. La pachyméningite hypertrophique (Charcot et Joffroy) (2) occupe généralement la région cervicale ; mais on peut la rencontrer dans d'autres régions (Rendu (3), Troisier et Lordereau).
1. Tharcol (J.-Mj, Leçons stir les maladies du système nerveux, t. III.
2. Joffroy, A. Be la pochymëningite cervicale hyrerlrophique, m. 1873.
3. Rendu, l'achymeninf^ile spinale antérieure comprimant le renflement lom- Laire, etc. [Bull. Suc. anal. 1874, p. 605).
La dure-mère spinale d'ailleurs est susceptible de s'enflammer chroniquement, tout comme la dure-mère crânienne, dans les mêmes conditions étiologiques, et, en particulier, chez les alcooliques et les paralytiques généraux.
Les artères de la dure-mére rachidienne proviennent des vertébrales, des intercostales, des lombaires et des sacrées latérales. Les veines, au nombre de deux pour chaque artère, suivent le même trajet.
D'après M. Sappey, la dure-mère rachidieune ne contiendrait pas de vaisseaux lymphatiques. Purkinje, Sappey, Kolliker n'y ont pas trouvé de nerfs ; mais Rûdinger en aurait découvert, les uns suivant la directiton des vaisseaux artériels, le.s autres suivant un trajet indépendant.
Outre les gommes et les tumeurs tuberculeuses, on peut rencontrer dans la dure-mére crânienne des psammomes, des mjrxomes.
§ IL — Arachnoïde.
U arachnoïde est interposée à la dure-mère qui est en dehors et à la pie-mère, qui est en dedans. Il n'y a aucune raison importante pour la considérer isolément dans le crâne et dans les rachis. C'est une membrane séreuse à laquelle on décrit un leuillet externe ou pariétal et un feuillet interne ou viscéral : la continuité de ces feuillets s'établit au niveau des racines nerveuses, des vaisseaux et des ligaments dentelés. On a pu croire que le feuillet externe était réduit à un revêtement épithélial; mais Robin et Cadiat ont montré qu'il existe un feuillet propre, distinct par la structure de la dure.mére à laquelle il est accolé, et formé d'un entrecroisement de fibres lamineuses avec des fibres élastiques ramifiées et anastomosées qui constituent une couche distincte du tissu
fibreux de la dure-mère qu'elle recouvre. L'existence de cette couche n'est pas sans importance, au point de vne de la pathologie, car on est en droit de se demander si l'inflammation chronique, décrite sous le nom de pachyméningite interne, ne se développe pas dans cette couche, si ce n'est pas une arachnitis i^ariélale. Cette interprétation est d'autant plus vraisemblable, que cette pachyméningite se développe dans les mêmes conditions étiologiques que l'arachnitis viscérale chronique, et que les deux inflammations coïncident fréquemment.
Le feuillet interne ou viscéraLde l'arachnoïde constitue une membrane mince et transparente, qui se distingue du feuillet homologue des autres séreuses en ce qu'il n'adhère point directement aux parties qu'il recouvre. Sa face profonde est seulement unie à la pie-mére par de minces filaments conjonctifs.
C'est ainsi que sur les hémisphères cérébraux, il passe comme un pont d'un circonvolution à l'autre, sans se réfléchir dans le sillon, et laisse ainsi des espaces libres pour le liquide céphalo-rachidien. line s'enfonce pas, comme lapie-raère, dans toutes les anfractuosités de l'encéphale, il passe directement du cerveau sur le cervelet, sans pénétrer dans la fente de Bichat, et en formant, à ce niveau, le confluent postéro-supérieur. Il passe du cervelet sur la bulbe, en voilant l'entrée du quatrième ventricule et en formant, à ce niveau, un vaste espace sous-arachnoïdien connu sous le nom de confluent postérieur. Il en est de même au niveau de la scissure de Sylvius, où existe, de chaque côté, un confluent latéral, et dans l'espace interpédonculaire, où se trouve le confluent central. Il existe à la partie antérieure du corps calleux un autre confluent, dit confluent antéro-supérieur, beaucoup moins important. Dans tous les autres points du cerveau, l'arachnoïde est reliée à la pie-mére par des filaments entre lesquels circule le liquide céphalo-rachidien. Si on considère que les adhérences filamenteuses qui unissent la pie-mère à
l'arachnoïde sont encore plus lâches dans la région spinale que dans la région crânienne ; si on remarque, en outre, que l'arachnoïde spinale constitue un fourreau séreux à peu près aussi large que le sac fibreux constitué par la dure-mère, on comprendra que la moelle est complètement immergée dans le liquide sous-arachnoïdien qui constitue pour elle un organe de protection des plus remarquables.
Au niveau des racines nerveuses, l'arachnoïde présente des dispositions qui offrent un intérêt pratique, et qui ont été bien étudiées par M. Farabeuf (1). Lorsqu'on examine le cerveau reposant sur sa convexité, et que, sur sa base, on soulève par insufflation la séreuse viscérale, on voit que les nerfs sont, dans la première partie de leur parcours, intimement unis à la pie-mère et situés sous l'arachnoïde, qui ne leur fournit qu'une très courte gaîne, au moment où ils s'engagent dans l'orifice de la dure-mère : il n'y a qu'une très légère invagination de la séreuse dans le conduit ostéo-fibreux de chaque nerf. 11 y a pourtant une exception pour le nerf acoustique et le facial : le conduit auditif interne est trop large pour les contenir et l'arachnoïde forme à ces nerfs un manchon de plusieurs millimètres ; et, au niveau où elle se réfléchit, la séreuse, au lieu d'être lâchement unie au cordon nerveux, y adhère fortement ainsi qu'à la dure-mère. L'acoustique et le facial sont donc accompagnés d'un manchon séreux, contenant entre ses deux feuillets, une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien continu avec la grande cavité sous-arachnoïdienne. C'est par la déchirure de ce manchon séreux que l'on explique l'écoulement par l'oreille, dans les fractures transversales du rocher, de ce liquide séreux, dont l'analyse chimique montre l'analogie avec le liquide sous-arachnoïdien; mais il faut reconnaître que c'est la plupart du temps en vain que l'on a