‹ Traite elémentaire d'anatomie médicale du système nerveuxChapitre 6 sur 47 · L.cenl · texte numérisé non relu

L.cenl

Îj./iûsI. ii.jrtosl

Fif/. 3 /;d'aprè3 M. H. Durel). — Lacs arachnoïdiens et flumina de la base du cerveau. — L. cent., lac central; — L. cal., lac calleux, — L. sul. lac sylvien ; — P. P, canaux périp6donculaires ; — B. B, canaux basilaires ; — F. m., canal médullaire antérieur; — L. post., lacs postérieurs; — NoL, nerfs olfactifs ; — 0, nerf optitfue: fje /', canaux arachnoïdiens accompagnant les nerfs encéphaliques ; — 1,1, 2,2. flumina de la base du cerveau.

tébraux, engainant les artères. On accepte généralement que le liquide céphalo-rachidien communique avec le liquide ■ contenu dans les cavités ventriculaires par un orifice connu sous le nom de Irou de Magendie. Cet orifice serait limité en avant par la base du calamus scriptoriics, en arriére par le

1. H. Durci. Études expérimentales et cliniques sur les traumatismes cërdhraux (1878;.

vermis inferior du cervelet, latéralement par les plexus choroïdes du quatrième ventricule et par les amygdales ;il formerait une fente losangique ou irrégulièrement circulaire. M. Duret,qui admet cette communication, en adonné une figure que nous reproduisons :

Fig. 4 (d'après M. Durel), — Trou de Mcu/endie. — Cervl, hémisphère cérébelleux ; — ce, corps rcctiformes ; — M. C, membrane choroïdienne ; — Pl., Plexus choroïdes. — 0, trou de Magendie; — Arch. ,\a.c cérébelleux postérieur dont la paroi arachnoïdicnne a été réséquée ; — 2, 3, 4, 5, 6, 7, bords de l'ouverture artificielle faite à la paroi arachnoïdicnne du lac cérébelleux postérieur.

Il faut noter toutefois que cet orifice manque souvent, que jamais il ne présente une forme régulière et uniforme ; aussi, pensons-nous avec Cruveilhier qu'il est artificiel et produit par une déchirure accidentelle.

Le liquide céphalo-rachidien est un liquide transparent, in colore ou très légèrement teinté en jaune citriu. Sa densité, qui varie de 1008 à 1020, est inférieure, par conséquent, à

celle du sérum du sang. Sa quantité a été évaluée à 60, 100, IbO grammes; elle augmenterait chez les vieillards et atteindrait 350 à 400 grammes, si l'on comprend dans ce chiffre le poids du liquide ventriculaire. Il contient beaucoup plus d'eau que le sérum, soixante fois moins d'albumine, seulement des traces de sucre, et une fois plus de chlorure de sodium que le plasma. Ces caractères permettent quelquefois de reconnaître l'origine du liquide qui s'écoule à la suite de certains traumatismes du crâne (Laugier), et en particulier à la suite des fractures de la lame criblée de l'éthmoïde, et des fractures perpendiculaires au grand axe du rocher.

Le liquide céphalo-rachidien possède dans l'intérieur du crâne unetension supérieure à latension atmosphérique ; aussi, lorsqu'il existe une solution de continuité des os du crâne et de la dure-mère, l'arachnoïde repoussée par le liquide vient-elle faire saillie sous les téguments et constituer une méningocèle traumatique ; et d'autre part, le liquide s'écoule lorsqu'à travers une ouverture du crâne on a incisé l'arachnoïde. Cette tension est sous la dépendance de la tension artérielle, car elle tombe à zéro si on coupe les carotides (Duret).

Le liquide céphalo-rachidien est animé d'oscillations, en rapport avec les mouvements d'expansion du cerveau, produits euxmêmes par les ondées artérielles, et exagérées pendant l'expiration. Malgré la rigidité du crâne, les changements de volume de l'encéphale seraient rendus possibles par l'extensibilité des parois du canal rachidien, dans lequel le liquide refluerait à chaque systole cardiaque, à chaque inspiration ; ces oscillations d'origine cardiaque et respiratoire sont synchrones dans les cavités crânienne et rachidienne(l).It est remarquable que ces oscillations admises par les physiologistes ne s'observent guère dans la poche du spina-bifida.

i. Salalhé, Recherches sur les mouvements du cerveau et sur le mt'canisme de la circulation des centres nerveux (Th . 1877) .

Cruveilhier compare le rôle du liquide céphalo-rachidien visà-vis des centres nerveuxà celui duliquide amniotique vis-à-vis du fœtus ; ce serait un organe de protection. D'autre part Foltz, remarquant que ces mêmes centres, baignant dans le liquide, perdent une quantité considérable de leur poids, lui fait jouer le rôle àe ligament suspenseur du cerveau. Fonsàgvives attribue le mal de mer à une vicieuse répartition de ce liquide. Toutefois, il faut reconnaître que les expériences de Longet ont montré que si l'on fait abstraction des effets immédiats du traumatisme, etde ceux qui résultentde la section des muscles delà nuque, la soustraction du liquide céphalo-rachidienn'est suivie chez les chiens d'aucun trouble important. La même absence d'accidents a été remarquée chez un malade de Jobert, qui perdait son liquide rachidien,àla suite d'un traumatisme de la région cervicale : un malade de M. Tillaux (1), en perdait plus de deux cents grammes par jour sans aucun inconvénient. Ce dernier fait montre encore mieux que les expériences avec quelle rapidité le liquide céphalo-rachidien se reproduit.

Le liquide céphalo-rachidien n'a pas de pathologie propre: il est difficile de dire quel rôle il joue dans la production de l'hydrocéphalie : l'exagération de sa quantité est-elle cause ou conséquence ?

M. Duret, dans le remarquable travail que nous avons déjà cité lui fait jouer un rôle important dans le mécanisme des traumatismes cérébraux. En raison de l'élasticité du crâne, au moment d'un choc, il se forme, au niveau du point percuté, un cône de dépression, et à l'extrémité opposée de l'axe de percussion un cône de soulèvement immédiatement rempli parles liquides cérébraux. Mais à l'instant précis où se forme le cône de soulèvement, il y a une tendance au vide qui suffit pour provoquer quelques ruptures vasculaires. Quel que soit d'ailleurs

1. Tillaux, Traita ci'anatomie topographique, 2« éd., 1879, p. 52.

le point percuté, le liquide céphalo-rachidien, sous l'influence de la pression, reflue sur tous les points dans les gaines lymphatiques où il produit des ruptures de petits vaisseaux qui sablent la substance cérébrale. Aussi, les effets de la pression

Fk/. S (d'après Pagenstecher). — Coynpression exercée à la surface du cerveau d'un chien, par une injection de 3 centim. cubes 2 de cire, entre la duremère et les 03. — C, caillot de cire comprimant; — PP, déformation de la protubérance par le corps comprimant ; — B, aplatissement de l'artère basilaire ; — M, muscle temporal ; — D, dure-mère.

peuvent se faire sentir partout; mais c'est dans la région diamétralement opposée au point d'application du choc qu'ils sont le plus marqués. En outre, il est un point sur lequel l'action de la pression se manifeste presque constamment, quel que soit le siège et la direction du traumatisme : c'est le plancher du quatrième ventricule ; cela s'explique tout-à-fait d'après M. Duret, par ce fait que quand les ventricules cérébraux sont comprimés au moment du choc, le liquide ne peut s'échapper que par l'aqueduc de Sjlvius qui dirige le choc céphalo-rachidien sur le ventricule bulbaire. M. Tilanus, qui a étudié à nouveau cette que.stion (1), reconnaît que le choc céphalo-rachidien peut jouer un certain rôle dans la production des symp-

I. C.-B. Tilanus, Jeta over commotio cerchri (Amsterdam, 1883).

tôraes de la commotion cérébrale ; mais il fait remarquer que ces symptômes peuvent se présenter sans qu'on trouve de lésions du côté du quatrième ventricule, et doivent être attribués surtout à l'attrition directe de l'encéphale.

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