CHAPITRE II
CONFIGURATION EXTÉRIEURE DE l'eNC ÉPHALE
V encéphale comprend toutes les parties des centres nerveux qui sont renfermées dans la cavité crânienne ; le cerveau proprement dit, l'isthme de l'encéphale, le cervelet et le bulbe.
Le poids moyen de l'encéphale est d'environ 1520 grammes / chez l'homme, dont 180 pour le cervelet, et de 1230 chez la femme dont 150 pour le cervelet.
La forme générale de l'encéphale échappe à toute comparaison. La face supérieure est hémisphérique : en arrière, on remarque une fente angulaire à sommet médian et supérieur qui sépare le cerveau du cervelet et contient la tente du cervelet. Du sommet de cette fente part une autre fente longitudinale et médiane, qui constitue la scissure interhémisphérique ; cette scissure sépare les deux hémisphères, reliés cependant par une commissure volumineuse, le corps calleux.
La face inférieure de l'encéphale est moulée sur les trois étages de la base du crâne. On y voit d'avant en arriére la partie antérieure delà scissure iuterhémisphérique, au fond de laquelle se cache le bec du corps calleux. Latéralement on rencontre deux scissures symétriques qui se dirigent en dehors en haut et en arriére : ce sont les scissures de Sylvius. En avant de ces scissures, on voit de chaque côté le lobule orbitaire qui, vers la ligne médiane, s'enfonce dans la fossette ethmoïdale en formant une saillie allongée qui, chez les singes, constitue le bec de l'encéphale. C'est cette partie qui se trouve
atteinte dans les fractures de la lame criblée de l'ethmoïde. Tout prés de la ligne médiane, on aperçoit, accolé au lobe orbitaire, et dans un sillon spécial, le nerf olfactif, constitué par une bande prismatique qui, née de la fosse sylvienne par trois
Fig. 6 (d'après M. Sappey). Face inférieure de la cavité crânienne. — Surface orhitaire ; — 2, petite aile du sphénoïde ; — 3, apophyse crista-galli ; — 4, trou borgne ; — 5, lame criblée de l'ethmoïde ; — 6, face supérieure du sphénoïde ; — 7, trou optique ; — 8, apophyse clinoïde antérieure ; — 9, trou déchiré antérieur ; — 10, fosse sphénoïdale ; — 11, rocher; — 12, selle turcique ; — 14, apophyse basilaire ; — 15, trou grand rond ; — 16, trou ovale ; — trou petit rond ; — 18, fosse occipitale ; — 19, empreinte du sinus latéral ; — 20, crête occipitale interne; — 21, trou occipital ; — 22, aqueduc de Fallope; — 23, trou déchiré postérieur.
racines, se termine par une extrémité antérieure renflée, le bulbe olfactif, d'où partent les filets nerveux qui traversent la lame criblée. Dans l'écartement des racines du nerf olfactif, on voit un espace grisâtre, perforé de petits orifices, où s'engagent des branches de l'artère cérébrale antérieure : c'est Vespace perforé antérieur ou latéral. En arriére de la scissure de Sjlvius, on voit latéralement le lobe temporo-spliénoïdal qui remplit la fosse sphénoïdale, et se trouve en contact avec le rocher : c'est cette partie qui se trouve atteinte consécutivement aux lésions do l'oreille interne. Le lobe tempoi^o-sphé-
noïdiil est artificiellement limité en arrière par le bord antérieur du lobe cérébelleux. La partie de la base du cerveau qui est arrière appartient au lobe occipital : elle repose sur le cervelet, dont elle est séparée par la tente du cervelet, et n'affecte aucun rapport direct avec la base du crâne, dont l'étage inférieur ou occipital est rempli par les lobes du cervelet.
Sur la ligne médiane, entre les lobes cérébraux et cérébelleux, on voit d'avant en arrière plusieurs organes intéressants : Les nerfs optiques, constitués par deux cordons aplatis dans le sens vertical, convergent en arriére pour se réunir et s'entrecroiser partiellement enfermant le chias7na des nerfs optiques. Les branches postérieures de cet entrecroisement constituent les tractus optiques qui s'écartent de la ligne médiane pour se mettre en connexion latéralement avec les corps genouillés internes et externes, qui eux-mêmes se mettent en rapport avec les tubercules quadrijumeaux situés sur la face supérieure de l'isthme de l'encéphale. Le chiasma repose sur cette partie du corps du sphénoïde qui est située en avant de la selle turcique.
Immédiatement en arrière, se trouve une saillie grise, le tuier cinerewn, d'où part un prolongement tubulaire, ou tige pituitaire^ dirigée verticalement en bas, et se terminant dans la glande pituitaire ou hypophyse, qui remplit la selle turcique, dont la cavité est fermée en haut par le repli de la duremère qui a reçu le nom de tente de l'hypophyse.
En arriére, et de chaque côté de la ligne médiane, on voit deux tubercules hémisphériques, d'un blanc mat, que leur volume a fait quelquefois désigner sous le nom de tubercules pisiformes. Ce sont les tubercules mamillaires.
Avant les récents travaux sur la topographie pathologique du cerveau, ils servaient de points de repère pour une coupe vertico-transversale, dite coupe des tubercules mamillaires qui peut encore trouver son application {fig. 7).
En dehors on voit, deux gros faisceaux blancs qui affectent
une direction inverse de celle des bandelettes optiques qui les recouvrent: ce sont les pédoncules cérébraux qui s'en vont obliquement d'avant en arrière et de dehors en dedans, se
Fig. 7 (d'après M. Charcot). — Couj^e verticale et transversale du cerveau faite en arrière des tubercules mamillaires ou en avant des pédoncules. — 0, 0, couches optiques; — V, ventricule latéral; —V, sa cornes phénoïdale; — P. P, capsule interne ou pied de l'expansion pédonculaire; — 4, 4, noyau lenticulaire ; — K, capsule externe ; — M, M, avant-mur ; — R, troisième ventricule ; — A, corne d'Ammon.
mettre au contact l'un de l'autre sur la ligne médiane avant de s'engager sous le pont de Varole.
Dans l'espace triangulaire compris entre les pédoncules cé-
rébraux et les tubercules mamillaires, on voit un grand nombre d'orifices où l'on voit s'engager des vaisseaux, provenant des cérébrales postérieures. Cet espace qui offre une coloration