‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 11 sur 98 · PYRAMIDES. 7Ü · texte numérisé non relu

PYRAMIDES. 7Ü

est en marbre de Paros; son intérieur est une chambre ornée de belles peinturés; lé pape Alexandre VII la fit restaurer.

SECTION VII

Des théâtres, amphithéâtres, cirques, hippodromes, naumachies, bains ou thermes, arcs de triomphe.

65. Théâtres. Après les temples, les théâtres étaient, chez les Romains, tes édîticës publics les plus necessaires. Mêlées au ciilte dés dieux, les représentations scéniques n’avâiént rien dé profane; le peuple s’assemblait aussi au théâtre dans certaines occasions solennelles. On les consacrait ordinairement à Bacchus, parce qu'on le regardait comme l’invéntéur de la comédie; du moins, c’ëst aux processions solehnelles en rhdftiïffif dé ce dieu et de Cérès, qu’on honorait par des fêtés joyeuses mêlées de déguisements, qu’on rapporte son origine. Quelquefois le théâtre était bâti dans le temple même de Bacchtis. Quant à l’Égypte, il ne reste aucune tracé qui permette de lui attribuer l’usage du théâtre: la pompe dés cérémonies religieuses suffisait à

ses habitudes méditatives et à son esprit éminemment religieux.

66. Grecs. Les Grecs, à qui l’on doit l’invention du drame, construisirent aussi les premiers théâtres; des cabanes de branches d’arbres destinées à mettre lés acteurs à l’abri du soleil, furent bientôt remplacées par des échafaudages en bois, dans les villes surtout, et enfin par des édiüces remarquables par leur grandeur et leur magnificence. Ils donnèrent ainsi les premières règles à suivre dans la construction des théâtres, et leurs artistes enseignèrent à peindre et à décorer la scène. Le premier grand théâtre d’Athènes, celui de Bacehus, situé près d’un temple de ce dieu, fut creusé, au temps de Thémistocle, dans le flanc de l’Acropole qui regarde le mont Hymète. Ceux d’Ægine, d’Épidaure et de Mégalopolis, l’emportaient sur tous les autres parleur étendue et leur magnificence. Les Grecs de l’Asie Mineure suivirent à cet égard les exemples des Grecs d’Europe et des Siciliens. La disposition générale des théâtres était d’être construits sur la pente d’une montagne, afin de pouvoir établir plus solidement. les sièges des spectateurs; les sièges de

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côté étaient appuyés sur une forte maçonnerie qui venait s’unir à la scène. La forme était celle d’un demi-cercle. A la base était un bâtiment transversal divisé en trois parties; là était la scène proprement dite; l’orchestre était placé entre elle et les gradins; ceux-ci s’élevaient l’un derrière l’autre en demicercles concentriques. Quelquefois ces gradins étaient divisés en deux et trois étages; c’est ce que Yitruve appelle prœcinctio. On les distribuait en plusieurs sections séparées par des escaliers qui formaient comme des rayons aboutissant vers l’orchestre. Les sièges compris entre deux escaliers formaient ainsi une espèce de coin; aussi les spectateurs qui arrivaient trop tard étaient-ils excuneali, hors des coins, où ils se tenaient debout, j Deux grandes entrées latérales conduisaient à l’orchestre, où aboutissaient les escaliers des gradins. Chaque étage de gradins avait aussi quelquefois des entrées particulières. Du reste, on se conformait aux localités pour rendre l’entrée et la sortie aussi commodes qu’il était possible. Les sièges étaient assignés selon des règles particulières et les elàsses diverses des citoyens. Les acjonolhèLes

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ou juges occupaient la première rangée avec les magistrats, les généraux et les prêtres. Derrière eux étaient lesjeunes gens, et enfin les autres citoyens et le peuple. Les riches y Taisaient apporter des coussins et des tapis. À Athènes, les femmes n’assistaient pas aux spectacles; elles y étaient admises à Lacédémone. Comme les théâtres des anciens n’étaient pas couverts, on étendait au-dessus une grande toile, teinte de couleur pourpre, et quelquefois très-ornée; d’un côté, elle était attachée à des mâts placés dans l’orchestre,, et de l’autre aux murs. On rafraîchissait l'enceinte par de l’eau mêlée de parfums qu’une pompe foulante poussait dans des tuyaux d’où elle s’échappait en pluie très-line. On sait jusqu’où les anciens ont porté le luxe et le goût du théâtre, et tout ce qu’ils imaginèrent pour le perfectionner. Il paraît qu’ils renforçaient la voix des acteurs au moyen de vases de bl’onze ou de terre en forme de cruche, appelés echea, et disposés entre les sièges dans des niches, faites pour cet usage. Par leur conformation, ils rendaient toutes les consonnances depuis la quarte et la quinte jusqu’à, la double octave. Vitruve assure que

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Lucius Mummius enleva les vases de ce genre qui étaient au théâtre de Corinthe.

67. Etrusques. Ils aimaient beaucoup le spectacle; il se mêlait aussi aux pratiques de la religion, et ils y associaient la musique et la danse. Ils cultivèrent trois genres, le tragique, le comique et le satirique. Les pièces atellanes, qui appartiennent au dernier, ont été célèbres à Rome même. Elles prirent leur nom de celui de la ville d 'Atellœ, capitale des Osques, où on les inventa. Les jeux scéniques étaient connus et pratiqués par les Étrusques avant de l’être par les Romains. On voit encore à Adria, à Volaterra et à Eugubium des restes de théâtre; celui d’Adria était bâti en briques.

68. Romains. Ce qui vient d’être dit des théâtres chez les Grecs s’applique en général aux théâtres des Romains. On peut ajouter seulement que les Romains ont surpassé les Grecs par la grandeur et la magnificence de ce genre d’édifices. Ils en bâtirent dans presque to u tes leu rs vi lies, même dans les provinces conquises; plusieurs villes de France en conservent encore des restes considérables; telles que Orange, Arles, Narbonne, etc.

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Pompée fit bâtir à Rome le premier théâtre de pierre; depuis l’an de Rome 391 (363 avant J.-C.), ces édifices étaient en bois. Les sénateurs occupaient l’orchestre depuis Scipion l’Africain ; le préteur avait un siège un peu plus élevé; les chevaliers obtinrent ensuite, sous Pompée, les quatorze premières rangées de sièges; dernière eux étaient les jeunes gens des familles éminentes, le reste pour le peuple, et derrière les derniers rangs, les femmes. Les soldats étaient séparés des citoyens.

69. Amphithéâtres. Les amphithéâtres furent particuliers aux Romains; ce fut Caius Scribonius Curio qui fit construire le premier édifice de ce genre; c’étaient deux théâtres réunis, en bois, qui tournaient horizontalement avec les spectateurs eu place; on enlevait la scène, et les deux théâtres, rapprochés par la base des demi-cercles, formaient l’ amphithéâtre ou théâtre double.

Statilius Taurus, ami d’Auguste* en fit élever un en pierre dans le Champ de Mars, et depuis, ce genre d’édifices publics se multiplia. La forme elliptique fut généralement adoptée ; le sol se nommait Y arène, parce qu’il était

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couvert de sable r des gradins s’élevaient tout autour, et ils pouvaient contenir jusqu’à 80,000 spectateurs. C’était là que se donnaient les combats des gladiateurs et des bêtes féroces : elles étaient enferméesdans des loges, carceres , qui étaient au niveau de l’arène; au-dessus était une galerie où se plaçaient les spectateurs les plus distingués: les sièges ou gradins s’élevaient de là jusqu’au sommet du mur, et dans une disposition semblable à celle des théâtres. Les. portes des avenues voûtées se nommaient vomitoria-, à l’extérieur, les amphithéâtres étaient divisés en plusieurs étages, ornés d’arcades, de colonnes et de pilastres. Le Colysêe de Rome est un amphithéâtre bâti par Titus. On en voit dans plusieurs villes de France, à Arles, Fréjus, Saintes, Autun et Nîmes; c’est ce qu’on appelle les Arènes dans celte dernière ville.

70. Cirques. Autre genre d’édilice particulier aux Romains, et qui ressemblait au stade ou stadion des Grecs, également destiné aux jeux des athlètes. Le milieu du sladion était libre, eplui du cirque était occupé par une spina qui se prolongeait dans le sens

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de sa longueur. Les Romains y donnaient d’abord les courses à cheval ou de chars, el ensuite les combats des gladiateurs, des bêles féroces, les combats simulés, etc. Le Circus maximus de Rome fut élevé sous le règne de Tarquin l’Ancien; des sièges en gradins étaient placés dans le pourtour, et chaque airie avait sa place marquée, ainsi que les sénateurs et les chevaliers. Le sol enfermé dans l’enceinte se nommait area; César lu sépara des gradins par un euripus ou fossé, alin que les spectateurs ne fussent pas exposés aux atteintes des animaux qui brisaient quelquefois la grille en bois placée en avant du fossé. Trois portiques formaient sur trois côtés l’enceinte générale; le premier soutenait les sièges en pierre ; le second, les sièges en bois placés derrière les autres, et le troisième, le plus élevé, ornait l’extérieur, et contenait les passages nécessaires et les entrées pour parvenir aux sièges. Les carceres ou cellœ, logeaient les chars, les chevaux et les bêtes féroces destinés au cirque ; elles étaient sur un côté du cirque, numérotées et disposées en diagonales , de sorte qu’elles étaient toutes à une égale distance de l’area ; un mur

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