‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 19 sur 98 · STYLE PARTICULIER A CHAQUE PEUPLE · texte numérisé non relu

STYLE PARTICULIER A CHAQUE PEUPLE

un manteau court et étroit, quelquefois un haut-de-chausses et une épée à la main, voilà leurs principaux caractères.

99. Style grec. Il eut aussi plusieurs époques; le premier (fig. ll),roideel dur comme celui des Étrusques, comme celui de tous les peuples qui débutent dans l’imitation de la nature, se perfectionna bienlêt par les beaux modèles que l’espèce humaine offrait aux artistes de la Grèce, avantage étranger à beaucoup d’autres climats. Les têtes de ce premier style sont remarquables par la ligne inclinée, sans bosse ni enfoncement, qui forme à la fois le front et le nez; les yeux presque de face sur les figures de profil, grands et enfoncés; la bouche formée par des lèvres saillantes et relevées; le menton droit et pointu, les cheveux volumineux et tressés, mais sans que rien fasse discerner une tête d’homme de celle d’une femme. On y trouve, du reste, cette roideur, ces lignes droites, et la maigreur des premiers ouvrages étrusques. Il reste fort peu de monuments de ce premier style ou essai de l’art de la Grèce, et il se distingue moins par la grâce et la justesse de ses proportions, que par l’exagéra-

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tion de toutes les expressions, et une énergie sans grâce ni beauté. Mais cette sorle de I véhémence prépara aussi les progrès de l’art vers le sublime : il n’y manquait qu’une plus parfaite correction dans le dessin, et de plus i justes proportions dans ses parties; c’est ce i qui constitue le second style. On y remarque > en effet plus de modération dans l’expression, des contours à la place des lignes droites, et ■ une tendance constante vers le beau , le I grand et le sublime. Phidias , Myron et Po- i lyclèle opérèrent celte mémorable réforme, ; sans proscrire toutefois entièrement toute raideur, tout angle saillant dans les contours; le sublime se montrait sur ces ligures, mais i avec une certaine rudesse, dénuée de ces i contours moelleux et coulants, de cette > grâce qui caractérisent les ouvrages du trot- 1 sième style , nommé beau style{ lig. 12), dont Lysippe et Praxitèle furent les créateurs, et qui se distingue par l’abandon de tous les traits anguleux. Enlin l’esprit d'imitation marqua la décadence de l’art , et à force de rondeur et de mollesse, on détruisit la noblesse et la dignité de l’expression; on lit alors des bustes et des portraits, les artistes

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