‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 31 sur 98 · MONUMENTS GRECS · texte numérisé non relu

MONUMENTS GRECS

tère principal du visage, et les indications accessoires , relatives ordinairement aux actions les plus connues des héros, qui les font distinguer des dieux sur les monuments.

126. Le nombre de ces attributs est considérable et varié; l’antiquité choisit tel ou tel animal pour les personnages qu’elle adora, selon ses propres idées, et il n’y a qu’une remarque très-générale à faire à ce sujet; c’est que chaque peuple n’affecta à ses personnages divins que les objets ou les animaux propres au pays qu’il habitait. On pourrait objecter à ce sujet que Rome et la Grèce, par exemple, mirent des lions, des tigres, etc. , dans leur mythologie , et cependant ni la Grèce ni l’Italie ne paraissent avoir été, dans les temps connus, l’habitation de ces féroces quadrupèdes. Mais on doit remarquer sur cela : 1° que le culte d’une divinité à laquelle ces animaux sont consacrés a pu venir originairement d’une contrée où ils habitaient autrefois; 2° que ces mêmes animaux ont pu n’èlre introduits dans les représentations monumentales ou dans les mythes, qu’à des époques postérieures à l’o-

rigine du mythe môme. Le point important pour l’archéologue, est de connaître les usages des peuples anciens à cet égard ; l’institution de l’usage est du ressort de la MYTHO- LOGIE. On donnera donc une attention particulière à ces attributs ou symboles pour la dénomination des figures; mais ce sont les caractères principaux de leur style, qui en dévoilent l’origine et l’époque dans l’histoire des variations de l’art.

127. Outre les dieux et les héros, les Grecs figurèrent aussi des hommes. On connaît jusqu’à quel point ils portèrent, à cet égard, l’orgueil de leur patriotisme, et combien était grand chez eux le nombre ^es statues et des bustes représentant des princes ou des citoyeus. Quelques accessoires, tel qu’un diadème, distinguent les premiers des seconds. Mais quand une inscription authentique n’accompagne pas la figure, presque toutes les dénominations sont plus ou moins arbitraires. Les médailles peuvent quelquefois servir de guide; elles nous ont conservé un grand nombre de portraits de personnages historiques; en les comparant avec les statues et les bustes, on peut, avec beaucoup de

BAS-REUEFS.

vraisemblance, y reconnaître quelques portraits: il yen a d’ailleurs qui sont si généralement connus, et [tellement caractérisés, qu’on ne saurait s’y méprendre : tel est celui de Socrate. On doit consulter à ce sujet la grande Iconographie ancienne de feu Visconli, conlinuée*par feu Mongès; c’est un recueil considérable de portraits tirés des monuments de tout genre; les résultats obtenus par ces deux savants antiquaires peuvent être accueillis avec conliance par les archéologues qui seraient privés de tout autre renseignement fourni par le monument même qu’ils voudraient expliquer. Ici encore le sexe, l’àge, le costume, la physionomie et les attributs de la ligure, statue ou buste, et son style lui donneront les premières et les plus sûres indications, et dans tous les cas, il est plus sûr et plus sage de renoncer à des explications, que d’en donner de hasardées.

128. Les ligures de ronde bosse qui nous sont parvenues de l'antiquité portent quelquefois une inscription ; elle explique souvent le monument tout entier, les motifs et l’époque de son exécution. Si c’est un nom

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seul, il est celui de l’individu que la ligure représente, et plus souvent encore le nom de l’artiste. Quel qu’il soit, il doit êlre recueilli très-exactement; mais on a assez fréquemment pris le nom de l’artiste pour celui du personnage: il est à remarquer que le second, sur les ouvrages grecs , est ordinairement écrit au génitif; on a sous-entendu les mots équivalant à ouvrage de ... (le nom de l’artiste). Sans celle distinction, on s’exposerait à des confusions également défavorables à l’étude de l’histoire et à la connaissance de l’antiquité. Ajoutons enfin que des ouvrages romains portent aussi des inscriptions grecques , les Romains n’ayant presque employé que des artistes grecs.

Il est aujourd’hui bien constaté, à l’égard des Grecs, 1° qu’ils ornèrent les frontons de quelques édifices de figures de ronde bosse, entièrement terminées de tous les côtés, et qui, quoique nombreuses, composaient par leur attitude et leurs attributs une seule scène; 2° qu’ils mêlèrent les matières diverses, ivoire et métaux, au marbre dans la composition d’une figure; par exemple, une statue de Minerve, en marbre blanc, avait son

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