MONUMENTS ROMAINS
[casque, sa lance en bronze ou en or : c’est ce qu’on appela sculpture polychrôme ou de plusieurs couleurs, chez les Grecs.
Les Romains ne firent pas école, et ce que nous avons à en dire se borne à peu de chose.
SECTION V
Monuments romains.
129. Les ouvrages de sculpture qui appartiennent aux Romains ne furent qu’une continuation de l’école grecque par les artistes grecs travaillant à Rome ou dans les autres grandes villes de l’empire. Ce que nous venons de dire des Grecs s’appliquera donc en général aux Romains, sauf les différences de style déjà mentionnées en leur lieu. On re- ^ trouve aussi dans les ouvrages exécutés sous les premiers empereurs toutes les pratiques de l’art grec, la quadrature des formes, une touche ferme et sans recherche; point de finesse dans les cheveux, mais beaucoup de fierté dans les masses. Sous Hadrien, le style
se montre plus fini, plus pur que sous ses prédécesseurs; les cheveux sont plus travaillés, plus unis, plus détachés; les cils sont relevés, les pupilles indiquées par un trou profond, caractère essentiel, rare avant cette époque et fréquent depuis; tel est l’Antinoüs du Musée. Mais on remarque en même temps que le style perd du grandiose de la belle école grecque : 11 déclina encore sous Septime Sévère, quoiqu’on trouve de beaux portraits de cette époque. Mais depuis Alexandre Sévère, le style tomba dans une imitation grossière; et on la reconnaît aux sillons profonds tracés sur le front , aux cheveux et aux barbes à longues lignes, aux pupilles plus profondément creusées, aux contours dessinés avec plus de force que de savoir, à l’incertitude des physionomies, à la sécheresse générale de la composition.
130. Après ces remarques générales sur le style d’une figure, il ne reste plus qu’à discerner attentivement ses attributs, ses symboles, son costume et ses autres insignes : on voit dès lors si elle représente un dieu, une déesse, un héros, un homme public ou un homme privé, et on la classe en conséquence
BAS-KELIEFS.
selou le rang que lui assigne la mythologie ou l’histoire.
Il ne serait pas possible de donner ici, comme nous l’avons fait pour les figures égyptiennes, une nomenclature des attributs et des symboles qu’on observe dans les monuments grecs et romains ; quelque étendue qu’elle fût, il suffirait d’une figure nouvelle pour la rendre incomplète; et si nous l’avons crue nécessaire pour les Égyptiens, c'est parce que les doctrines étaient encore à créer dans les rudiments de l’archéologie de ce peuple, et qu’elles sont au contraire vulgaires à l’égard des deux autres : nous répéterons seulement que les indications tirées du style et des attributs sont en général suffisantes pour reconnaître une ligure mythologique; et les traits du visage et le costume, pour celles qui appartiennent à l’histoire : ces notions s’appliquent également aux figures de ronde bosse, et aux bas-reliefs qui ne sont qu’un assemblage de figures également en bosse, mais non détachées du fond.
MONUMENTS UE SCULPTUBE.
SECTION VI
Des bas-reliefs en particulier.
131. Nous avons déjà dit quelque chose de ! l’usage général en Égypte du bas-relief pour ; l'ornement des édilices publics. On voil des ouvrages de cette espèce dans les plus anciens i monuments connus, remontant aux plus anciennes époques historiques de ce pays. Ou a cru reconnaître en Asie-Mineure quelquesuns des bas-reliefs que Sésostris aurait fait j tailler sur des rochers, lorsqu’il fit la conquête de ce pays. On voit aussi à Beyrouth, en Syrie, les restes d’un grand bas-relief égyptien, et tout auprès un autre ouvrage semblable, représentant un des rois de Perse » Cyrus ou Cambyse, qui prirent plus tard une si cruelle revanche contre l’Égypte. La figure, en costume persan, est environnée d’inscriptions en caractères cunéiformes, tels qu’on les retrouve à Persépolis, à Babylonc et en Arménie, dans les ruines de la ville dont la fondation est attribuée à Sémiramis.
Les bas-reliefs furent exécutés par les Grecs dès les temps les plus reculés de l’art ,