‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 43 sur 98 · ABRAXAS · texte numérisé non relu

ABRAXAS

§ III. Abraxas.

II. Une classe particulière de pierres gravées porte le nom d 'abraxas , ou de pierres basilidiennes. On le donne à celles où sont figurées, ordinairement avec peu d’exactitude, des divinités égyptiennes ou autres, combinées avec des symboles tirés des religions de l’Inde ou de la Perse, et accompagnées d'inscriptions en lettres latines, grecques, coptes ou hébraïques, et de signes cabalistiques mêlés ensemble. Quelquefois les inscriptions coptes forment un sens entier; souvent on n’y lit que le mot abpaïAC , dont les lettres, prises numériquement selon l’alphabet grec, donnent ensemble le nombre 365 ( a 1 , b 2 , p 100 , A 1 , =60, a 1, c ou x 200, = 365 ). On les considère donc comme le symbole du culte du Soleil dans la secte des gnostiques, qui remonte aux premiers siècles de l’ère chrétienne en Orient. Les pierres de ce genre sont ordinairement d’un mauvais travail, et très-souvent écrites ou taillées des deux côtés. Quelquefois aussi une pierre plus ancienne et d’un travail meilleur a reçn une inscription qui en a fait un amu-

PIEIUtES GltAVEES.

lette consacré : il faut donc distinguer ce» deux époques sur la môme pierre, et l’estimer selon le mérite de la gravure primitive, lesabraxas étant très-communs. Mais les notions sur la secte des gnostiques ou des basilidiens n'étant pas encore très-complètes, ces monuments peuvent répandre quelques lumières sur son esprit, ses pratiques et ses croyances; ils ne doivent donc pas être rejetés à cause de la médiocrité du travail.

§ IV. Cylindres.

12. Ou doit indiquer ici un genre de monument qui, pour la matière, le volume et le travail , est fort analogue aux pierres gravées, quoiqu’il en diffère par la forme et vraisemblablement par l’usage; je veux parler des cylindres. On donne ce nom à des cylindres de matières dures , naturelles ou artilicielles, basalte, jaspe, turquoise, hématite, lapis, agate, porcelaine, terre cuite, etc., de proportions variant d’un à trois pouces do longueur, de quelques lignes à un pouce de diamètre, percés d’outre en outre dans le sens de la longueur, et dont la surface est couverte de ligures et d’inscriptions. On connaît des

CYI.INDIlKs.

lâ

cylintlees égyptiens et des cylindres persepolitains. On les trouve dans ces contrées, et l’origine de ce genre d’amulettes n’est pas encore bien connue. On les croyait particuliers aux Perses; on a trouvé en lîgypte des cylindres partant des figures égyptiennes et des inscriptions persépolitaines , ce qui ne contredisait pas l’opinion générale sur leur origine, ces objets ayant pu être fabriqués en Égypte sous la domination des Perses. Mais on a recueilli aussi des cylindres purement égyptiens, de matières travaillées par les Égyptiens, couverts de figures et d’inscriptions égyptiennes, et portant des noms de rois égyptiens, antérieurs de plusieurs siècles à l’invasion des Perses en Égypte. Ces monuments paraissent donc être d’invention égyptienne, et ils auront pu passer à d'autres peuples comme les scarabées. Les cylindres égyptiens portent des ligures de dieux avec leurs noms en hiéroglyphes; on y trouve aussi des cartouches où des noms royaux sont inscrits. Les cylindres persépulilains offrent des sujets tirés de la religion persane, accompagnés d’inscriptions en caractères qu’on appelle cunéiformes , parce que l’alphabet de ce carac-

PIERRES GRAVÉES

tère se réduit à un seul signe ayant la forme d’un coin ou triangle allongé, et qui, se combinant en divers sens et en nombres divers, forme toutes les lettres de cet alphabet, qui n’est pas encore entièrement connu. Quelquefois les cylindres de cette espèce ne portent que des inscriptions. Ils n’en sont pas moins intéressants pour l’histoire et l’archéologie. Enfin, on a récemment recueilli dans la plaine de Marathon, du moins on l’assure, un cylindre persépolitain encore garni d’une bélière d’or, au moyen de laquelle il devait être suspendu à un cordon ou une chaînette, comme talisman.

§ V. Critique des pierres r/ravêes.

13. L’art de discerner les pierres antiques d’avec les imitations ou les compositions modernes est la partie la plus difficile de leur étude; les plus habiles connaisseurs s’y méprennent quelquefois; mais comme ces méprises ne sont graves que pour les pierres d’un grand prix, on peuL s’éclairer de l’avis de ceux qui ont le plus d’habitude de ce genre de monuments. On doit examiner d’abord si la matière de la pierre fut connue

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