COLLECTIONS ANCIENNES
§ VII. Collections glyplographiques chez • les anciens.
16. On a vu (g 1er) les usages divers que les anciens firent des pierres gravées, soit intailles, soit camées. Ils les employèrent aussi à l’ornement des plus précieux ouvrages de l’art et des ustensiles religieux. Une inscription grecque, publiée parChandler, et qui est l’inventaire public du trésor déposé dans l’opislhodome du Parthénonà Athènes, indique clairement que des pierres gravées en faisaient partie. Une corne d’abondance en or et ornée de pareilles pierres fut donnée par Auguste au temple de la Concorde, à Rome;*et l’éloquence de Cicéron contre Verrès a rendu célèbre un candélabre orné d’iniailles ou de camées, destiné par le roi Anlfochus au temple de Jupiter Capitolin. Au dire de Pline et de Suétone, César et Marccllus consacrèrent môme des collections de pierres gravées aux temples de Vénus et d’Apollon, à Rome. Une autre collection, formée par le roi Mithridatc, était célèbre par sa magnificence dans l’antiquité môme. Enfin Pompée et Scaurus avaient aussi de
PIERRES GRAVÉES
riches collections à Home. Dans le Bas-Empire, les pierres gravées et les pierres précieuses étaient répandues à profusion dans les vêlements des princes, des femmes et des riches particuliers ; au moyen âge , elles étaient encore très-recherchées, quand tous les autres monuments antiques étaient méprisés ou inconnus. Le sceau du roi Pépin était une pierre antique portant la figure d’un Bacchus, et celui de Charlemagne, un Sérapis. On en orna aussi les bijoux, des églises, les reliquaires, les châsses des saints, la reliure des livres liturgiques; et ces monuments tout profanes, dont le sujet n’était bien souvent rien moins que .pieux, concouraient à la splendeur du culte- chrétien. On doit à cet usage la conservation d'un grand nombre de pierres gravées, et des plus belles; car lorsque la barbarie eut anéanti les traces du goût et de la pratique du bel art, les pierres gravées furent oubliées jusqu’en des temps meilleurs, bien qu’assez lard on eût fabrique en Orient des camées et des inlailles en pierres fines ou en pâles, représentant des sujets chrétiens tirés de l’ancien et du nouveau Testament , et portant quelque-