BUT ET UTILITÉ
blique, durant des siècles, à l’aspect de populations nombreuses intéressées à les contredire, leur donne un caractère de vérité et une sanction généraleque n’inspirent pas toujours les relations d’écrivains qui pouvaient avoir des intérêts contraires dans le même fait historique. Dans tous les temps, les auteurs des inscriptions ont pu s’abandonner à une manière de voir particulière pour caractériser le fait; cette manière de voir n’est qu’une interprétation, arbitraire peut-être; mais le fait subsiste indépendamment de l’interprétation : ce fait est un élément certain de l’histoire où il doitse classer, et il n’y a pas d’inscription d’où l’on ne puisse en tirer quelques-uns d’une utilité plus ou moins grande. L’étude de la paléographie , ou au moins la connaissance de ses résultats , est donc le premier devoir de l’historien des peuples de l’antiquité.
56. Il y trouvera les notions les plus positives sur la chronologie , la géographie, les systèmes religieux, le gouvernement civil, les lois et l’administration , l’état des castes et des individus , la liliation des familles illustres, les mœurs, les usages, les préjugés
INSCRIPTIONS
même îles anciennes sociétés ; surtout ce ! qui se rapporteà l’organisation de ces sociétés, les magistrats, les revenus publics et leurs emploi; l’organisation militaire, leursguerres et leurs alliances; enlin les principaux modes i de leur vie intellectuelle , leurs progrès dans quelques parties des sciences, leurs langues, ' leurs dialectes et leurs systèmes graphiques; et c’est aux inscriptions que la critique de , l’histoire est redevable de la plupart des cor- ; rections qui ont répandu la lumière sur les passages obscurs des grands écrivains de l’antiquité, ou rectifié leurs assertions erronées.
§ II. Matières qui portent des inscriptions.
57. Toutes les matières solides connues des anciens furent employées par eux pour écrire ou graver les inscriptions : le bois , des plantes, l’argile, les pierres et les roches, les métaux , l’ivoire et des ma Lières artificielles, mais surtout le bronze en Grèce et dans l’empire romain, pour les inscriptions d’un intérêt général. On connaît des inscriptions t° écrites, c’est-à-dire simplement tracées au pinceau sur des matières dures , et
oiugiÜte.
le plus grand nombre a été observécn Égypte sur des parties de temples, despierres brutes, ou des fragments de poterie ; 2° gravées, dont les lettres sont tracées en creux sur la pierre ou le métal ; toutes les inscriptions grecques, étrusques , romaines et gallo-romaines sont faites d’après ce procédé; les Égyptiens seuls firent des inscriptions en relief ; 3° ajustées, ou composées de lettres en bronze, travaillées isolément, et attachées ensuite par des crampons au monument qu’elles décoraient. Ces inscriptions ont disparu presque toutes par l’effet du temps ou les entreprises de la cupidité ; mais la place des crampons en tient lieu en quelque sorte: c’est ainsi que le savant Séguier, au moyen d’un relevé fidèle des trous de ces crampons, qu’on voit sur le fronton de la Maison Carrée de Nîmes, est parvenu à reconnaître le trait de chaque lettre , et à restituer l’inscription en bronze de Ce monument. Par ce moyen ingénieux, appliqué à d’autres constructions antiques, on a obtenu le même succès.
§ 111. Intérêt relatif des inscriptions .