‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 66 sur 98 · L’écriture hiéroglyphique est employée · texte numérisé non relu

L’écriture hiéroglyphique est employée

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dans les monuments de toute espèce, sur les emples comme sur les figures les plus communes, et sur les briques même destinées aux constructions. Sur les plus anciens monuments, cette écriture est absolument la même que sur l’ouvrage égyptien le plus récent, et il n’y a pas beaucoup d’exemples, hors de l’Égypte, d’un système graphique toujours le même pendant plus de quatre mille ans. On vient enfin de découvrir le sarcophage et la momie elle-même des rois enterrés dans les grandes pyramides, et ces sarcophages portent des inscriptions parfaitement semblables à l’écriture des inscriptions les plus modernes dans l’histoire de l’Égypte. Mais le système graphique égyptien était intimement lié non-seulement avec les institutions du pays, mais encore avec la langue parlée, et la grammaire de cette langue J n’exigeait et ne subit en effet aucune modification fondamentale. L’état constant de l’écriture égyptienne n’offre donc à la pa— I léographie aucun principe utile pour jugeri de l'antiquité relative d’un monument; on | connaît, il est vrai, quelques inscriptions d’un I aspect d’antériorité qui frappe les personnes

habituées à leur élude approfondie, et cet aspect dérive tout entier du tracé des signes : niais il faut encore poursuivre cet examen pour en déduire des règles éprouvées. L’époque d’un monument ne peut donc être bien connue que, 1° par l’état de l’art conclu du monument même, quand ce monument est de quelque importance; 2° par les dates et les données historiques qui s’y trouvent écrites. L’art égyptien atteignit à toute sa perfection durant le règne de la dix-huitième dynastie, et se conserva pendant quelques siècles jusqu'à Ithamsès Meïamoun , chef de la dix-neuvième, c’est-à-dire du dix-lmilième au quinzième siècle avant l’ère chrétienne. Les monuments antérieurs à celte période ne sont pas aussi parfaits; les monuments postérieurs portent déjà quelque trace de décadence, et cet état de choses constitue trois époques que l’habitude des monuments fait bientôt reconnaître. Plus tard l’influence des Grecs et des Romains altéra encore les principes de l’art égyptien, el le tracé des signes hiéroglyphiques témoigne de celle inllucnce, aussi bien que les monuments de l’architecture et de la sculpture

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égyptiennes. Un savant architecte, feu Huyot, a tracé, le premier, les principes mêmes de ces différents états de l’art en Égypte, et l’interprétation des hiéroglyphes a confirmé pleinement ses observations.

70. L’écriture hiératique, employée plus ordinairement pour les manuscrits, se retrouve aussi sur des caisses de momies et sur quelques autres monuments, mais particulièrement sur des pierres isolées, grossièrement aplanies; on y a tracé au pinceau des inscriptions quelquefois assez longues; on trouve aussi sur des édifices des inscriptions de- ce genre, écrites ou gravées par des curieux ou des voyageurs anciens. Mais l'emploi le plus utile pour nous de cette seconde espèce de caractères égyptiens, est dans les manuscrits historiques et les registres de comptabilité des temples; on en a tiré les plus précieux renseignements pour la chronologie et le système numérique des Égyptiens.

71. L’écriture démotique était réservée aux usages généraux eL populaires de la nation; les décrets et autres actes publics, les contrats, quelques stèles funéraires, les transactions particulières, les lettres, etc., se

disaient en écriture démolique. Le texte inermédiaire de l’inscription de Rosette est de :e genre.

72. Ce qui intéresse le plus dans l’étude l’une inscription égyptienne, ce sont les inlications historiques. On les trouve dans les toms de rois, ou de grands fonctionnaires, ;t dans les dates qu’elles contiennent. Les îoms des souverains sont toujours enfermés lans un encadrement elliptique appelé carouche. Un cartouche contient ou le prénom ■oyal consacré par l’autorité publique et la ■eligion pour chaque prince, ou bien son xom propre. Le prénom se trouve le plus irdinairement, et, comme sur le grand nomirede ceux qu’on a recueillis, il n’en existe ms deux de semblables quoiqu’on en trouve le très-analogues, chacun de ces cartouches «renoms appartient à un seul prince qu’il lésigne spécialement. L’étude approfondie le ces cartouches ayant conduit à rattacher hdividuellement ces cartouches prénoms

Ex. princes qui les portèrent, et à en dresr un tableau fondé et confirmé par les onuments, ce cartouche prénom, quoi— |ue isolé, est devenu ainsi une indication

historique très-importante, le monument pou vaut être attribué, avec toute certitude, at règne du prince désigné par le cartouche, e au règne du prince qui fut le moins anciei des deux ou de plusieurs qui sont quelque fois rappelés sur le même monument. Oi doit donc donner la plus grande attention ces cartouches; leur existence ajoute du pri à toute inscription qui en contient un Oplusieurs dans son texte. Ce cartouche pré nom est précédé d’un groupe de signes, sa Voir: une tige de plante, une abeille et deu segments de sphère; le sens de ce groupe s rend parcesmols: Leroi du peuple obéissan Souvent le cartouche nom propre est à la suii du cartouche prénom ; un groupe de deu signes, composé du chénalopex (oie d’/ù/i/pf, cl du disque du soleil, les sépare, et dans < cas la légende rogale est complète. Ce group qtil se lit réséi ( fils du soleil ), est un lit commun à tous les rois de l'Égypte, et l’on ainsi la désignation entière de chacun d’eu Prenons pour exemple les deux cartouch réunis sons le n° 3, plnnche If'. I.c premi est le cartouche prénom : Le roi du j>eu| obéissant, Soleil stabiliteur du monde. 1

euxième cartouche est le nom propre, et élit: le fils du soleil Thoülmès (le lils de 'holh, représenté par l’ibis) : c’est le carauche et le nom du roi (jue les Grecs ont ommé Thouthmosis. Il y eut plusieurs rois u même nom, le cartouche nom propre fut 3 même pour tous; mais il y eut pourchaun d’eux un cartouche prénom différent; iule confusion était ainsi impossible dans i détermination de l’époque du monument, ni porte ces cartouches nominaux si diffé— mciés.

73. Le premier signe du cartouche prénom si toujours le disque du soleil, et ce signe, omme tous les autres des cartouches dé ce enre, est figuratif ou symbolique. Dans 3s caflouches noms propres au contraire, as signes sont ou entièrement alphabétiques, u figuralifset alphabétiques mêlés ensemble, .es noms des dieux égyptiens entrant dans a formation des noms propres des princes et les particuliers, on mettait souvent dans les artouches la figure même du dieu ou de l’aimal qui était son symbole, à la place de i syllabe vocale qui, étant son nom, entrait ans le nom propre écrit dans le cartouche

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prénom, où l’on reconnaît toujours des si- il gnes alphabétiques.

7i. Les dates qui sc trouvent avec ces lé- i I gendes royales sont aussi d’une grande im- | ] portance pour l’histoire, et les monuments- Il qui portent quelque indication numérique sont beaucoup plus rares que ceux qui n’en ont pas. Ces indications numériques sont ou j l’àge d’un défunt sur une stèle funéraire, ou j le nombre des divers objets consacrés qu'il j a offerts aux dieux, ou bien la date d’un évé- j nement mentionné dans l’inscription. Les j dates proprement dites sont les plus intéres— I santés à recueillir; elles sont exprimées en i chiffres hiéroglyphiques qui, spéciaux pour !é chacun des nombres I, 10, 100, 1,000 et jl 10,000, suffirent aux Égyptiens pour expri- |] mer toutes les quantités moindres que ce II dernier nombre. On en trouvera la figure etd j la valeur à la planche III, n° 5. MM.Jomardll et Young ont publié les quatre premiers chif- N fres presque en même temps , et mon frère | i ajoula le cinquième, qu’il a reconnu avec cetu I valeur sur plusieurs monuments.

75. Ces indications chronologiques son H donc ce que l’on doit chercher d’abord dan; if

une inscription égyptienne. D’après ce qui précède, on les reconnaîtra facilement dans les textes hiéroglyphiques; et quant aux textes hiératiques ou démotiques, les cartouches y sont également figurés, non pas complètement, mais seulement par deux signes qui placent le nom propre d’un roi comme un mot français entre deux parenthèses, cl le signe de la gauche a de plus, après lui, une ligne droite qui répond à la base môme du cartouche complètement tracé. Les signes numériques hiératiques et démotiques sont de beaucoup plus nombreux que les signes hiéroglyphiques, et comme ils sc trouvent rarement dan s le texte d’une inscription,nousnousabstenonsde les reproduire ici.

76. A ces notions sur la paléographie égyptienne, nous ajouterons: 1° que l’écriture hiéroglyphique procède indifféremment de droite à gauche, de gauche à droite, ou en lignes perpendiculaires. L’inscription commence du côté vers lequel sont tournées les têtes des animaux qui y sont figurés, et dans les lignes perpendiculaires mômes, cet ordre est constamment suivi pour un texte entier, ou les diverses parties de ce texte.

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Une ligne isolée d’hiéroglyphes, la dédicace d’un temple ou d’un autre monument, par exemple, procède aussi quelquefois une moi lié de gauche à droite, et l’autre pioilié dans le sens contraire; mais dans ce cas, on di lingue au milieu même de cette inscription j un signe qui n’a pas de direction propre on naturelle, tels que la croix ansée, un obélisque, etc., et c’est de ce signe que lesdeurj moitiés de l’inscription prennent chacune 1; I direction opposée. 2° Que l’écriture hiéra i tique et la démotique procèdent constant ment de droite à gauche, comme l’arabe c l autres écritures orientales.

Parmi les inscriptions égyptiennes en carai 1 tères hiéroglyphiques, connues jusqu’ici, leJ plus anciennes sont celles des sarcophages ( i des cercueils des rois retrouvés dans les pyr; g mides de Memphis. Ces inscriptions, où il système d’ écriture égyptienne est compte! où l’écriture alphabétique est employée, n j| montent à quatre mille ans avant l’ère clin j( tienne : il n’y a rien de semblable dans II reste du monde entier.

PALEOGRAPHIE DES GRECS.

§ II. Grecs.

77. La critique de la paléographie grecque a réuni plus de préceptes et plus de notions qu’on n’a pu le faire jusqu’ici sur les inscriptions égyptiennes. L’alphabet des Grecs et toutes ses variations nous sont mieux connus, ainsi que la langue, les mœurs et l’his- •loiro de ce peuple illustre dans l’antiquité, malheureux dans le moyen âge, el qui ayant enfin retrouvé ses antiques vertus dans ses antiques souvenirs, a repris son rang parmi les nations, après avoir chassé de ses contrées amies de la liberté, la barbarie intolérante et fanatique.

Ce sont les inscriptions grecques qui nous ramènent sans intermédiaire vers les époques glorieuses de l’antique Grèce; et que d’émotions se passent dans le cœur de l’archéologue qui retrouve dans un marbre offensé par le temps, le monument funéraire qu’Athènes plaça, il y a vingt-trois siècles, sur le tombeau de scs guerriers morts devant Potidéc! Pour accroître la gloire de la pairie, ils s’ étaient exposés les premiers aux coups de l’ennemi! La magique influence du nom

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grec, qui rappelleà noire admiration tous les I chefs-d’œuvre de l’esprit, de l’imaginaliou et ; du goût, n’est pas étrangère à l’archéologue; |jj il analyse péniblement quelques phrases, et !j il retrouve toujours le génie de l’antique Ilellénie.

78. Le premier examen d’une inscription grecque doit avoir pour but d’en reconnaître l’époque. Le sujet, s’il appartient à l’histoire, indique d’abord cette époque dans certaines i limites; mais on la trouve plus précisément :

1° dans les signes chronologiques, s’il y en a ; ! 2° à leur défaut, dans la forme même des lettres et le nombre que leur ensemble sup— j pose à l’alphabet du temps; dans le trace et

la marche des lignes de l’inscription, enlin i , dans certaines formes grammaticales propres J aux plus anciens monuments écrits de la j Grèce. Le dialecte qui y est employé est II aussi une indication, du moins topographique. 1 sur la contrée où l’inscription fut rédigée ]

79. Les signes chronologiques les plu: Il communs sont: 1° les noms des magistral: w dont l’autorité a présidé à l’exéculiou du mo ji nument, ou bien qui étaient en fonction ; I l’époque où il a été érigé; 2° les (laies tirée: ||

desères particulièrement adoptéesdanschaque état de la Grèce, et qui sont exprimées selon le calendrier propre à chacun de ces États. Des dates de ce genre ne se retrouvent que dans les inscriptions grecques des temps postérieurs ; sur les plus anciennes, sur celles de la Grèce antérieure à l’invasion des Romains, on ne voit en général que les noms des princes ou des magistrats pour époque.

La durée des fonctions de ceux-ci, réglée, par les lois , et l’ordre de leur succession inscrit dans les archives publiques, ne laissaient, dans ces temps, aucune incertitude sur l’expression de ces sortes de dates. Les critiques modernes , combinant l’autorité des monuments avec les rapports des historiens, ont réussi à rétablir, en grande partie, ces listes de la succession des magistrats grecs, selon l’ordre chronologique , à les rapporter aux années juliennes antérieures à l’èrc vulgaire , à former ainsi des tables très-utiles pour la supputation îles temps de l’iiisloire ancienne et la détermination de l’époque précise d’un monument. Une inscription grecque portant le nom d’un archonte ( Éponyme) d’Athènes, est certainement de l’an-

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nue môme où cet archonte exerça ses fouc- ij lions, et il en est ainsi pour les monuments J des autres villes et des autres contrées dont ( on a rétabli les listes des princes ou des magistrats. Quant aux dates proprement dites, en années, en mois et en jours, il est à remar- I quer que les anciens n’employèrent pas une il ère générale, comme l'est lere chrétienne I pour les temps modernes. Lorsqu’une ville I ou un État en institua une, il en prit les mo- » tifs et l’origine dans des raisons ou dans des 1 événements qui lui étaient particuliers, et il I en résulte pour nous une diversité de sup- I putalions d’où naît un grand nombre de dif- J licultés. Les chronologisles oui travaillé à J expliquer la nature de ces ères nombreuses J et variables, à découvrir le moyen de les il mettre en concordance et de les rapporter il toutes à Père julienne. C'est donc à leurs ta- U blés qu’il faut recourir pour l'interprétation j de ces dates, et ce sujet est de la compétence 1 de la chronologie. (Yoy. mon Risumi de ji Chronologie , dans cette môme collection, en I 1 vol.) Les villes principales de la Grèce I créèrent presque toutes une ère spéciale; ! mais pari on ton s’établit le pou voir royal. les da- !

PALÉOGRAPHIE DLS GRECS. 131

tes furent prises de l’année du règne dn prince qui occupait alors le trône ; et la succession de ces princes est assez connue , ainsi que leur époque, pourqu’onpuissearriver, àcelégard,à de satisfaisantes certitudes. Les tables dressées par les chronologistes donnent encore, sur ce sujet, les renseignements les plus nécessaires.

80. Les formes graphiques d’une inscription grecque sont aussi une indication assez approximative de son époque. Il est évident qu’on ne trouvera pas, dans un monument d’une époque donnée, l’emploi d’une lettre qui n’était pas encore dans l’alphabet grec à cette môme époque. Or, cet alphabet, comme celui de tous les peuples anciens de l’Europe, ne fut d’abord composé que de 16 lettres; plus tard on en ajouta quatre antres, et enfin on le porta de 20 à 24 signes, par l’addition et l’usage général des quatre lettres doubles^ (les), ^ (ps), n (ê), n (ô); et comme on assigne cette dernière addition de quatre lettres à l’époque de l’archonlat d’Euclide à Athènes, l’an 403 avant Jésus-Christ, il en résulte qu’une inscription où l’on trouve une ou plusieurs de ces quatre dernières lettres, doit être, avec assez de fondement, considé-

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rée comme postérieure à Euclide et à l’année 403 avant Jésus-Christ. Les 20 autres lettres de l’alphabet grec se voient sur toutes les inscriptions antérieures. Mais malgré cette similitude pour le nombre de lettres, il y a entre elles de grandes dissemblances déformé, et ces dissemblances fournissent des notions que les habiles critiques ne négligent pas pour déterminer approximativement l’époque d’une inscription. Il en est de môme de la direction des lignes d’une inscription. Les Grecs, à l’imitation des Orientaux, écrivirent d’abord de droite à gauche -, il ne reste pas de monument qu’on puisse attribuer avec certitude à l’époque où cette méthode était exclusivement en usage. Des inscriptions d’une seule ligne sont, il est vrai, dirigées dans ce sens; mais la première ligne d’une inscription qui appartient à la seconde manière d’écrire adoptée postérieurement par les Grecs, est toujours dirigée de droite à gauche. Cette seconde manière est apppelée boustrophédon, c’est-à-dire que les lignes, comme un sillon continu tracé par des bœufs avec la charrue, vont alternativement de droite à gauche et de gauche d

droite , de sorte que la première ligne s’ouvrait à droite, la seconde à gauche, immédiatement au-dessous de la lin de la première. Les plus anciennes inscriptions grecques sont disposées de cette manière, qui est un signe certain d’antiquité, lorsque cependant la forme primitive des lettres s’accorde avec celte disposition particulière des lignes; car on a imité le boustrophédon dans un temps où il n’était plus en usage, et comme pour donnera une inscription l’apparence d’une antiquité qu’elle n’avait pas réellement. On doit donc, pour ne pas s’y laisser tromper , examiner si , avec les lignes en boustrophédon , la forme des lettres et l’orthographe des mots concourent à prouver l’authenticité d’une inscription de l’ancien style grec. Par la suite des temps, et environ au huitième siècle antérieur à l’ère chrétienne, le boustrophédon fut abandonné, et la direction uniforme des lignes de gauche à droite généralement adoptée. Il n’est pas môme certain qu’Homère ait écrit en boustrophédon; dans tous les cas, il n’employa «lue 20 lettres, puisque l’alphabet grec de son temps n’en avait que vingt, et ce ne fut pas

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lui qui divisa ses deux poèmes en vingl-quare chants, un pour chaque lettre de l’alphabet , le siècle d’Homère ne connaissant que 20 lettres. Une inscription grecque sera donc : 1° du premier style et des plus anciennes, si elle est tracée de droite à gauche, et si les lettres ont les formes de l’alphabet primitif : on n’en connaît pas de cette première époque; 2° du second style et antérieure au septième siècle environ avant l’ère chrétienne, si, aux formes reconnues de l'alphabet du temps, elle ajoute le tracé des lignes en boustrophédon; 3° du troisième style et antérieure à la fin du cinquième siècle qui précéda l’ère chrétienne, si , n’étant pas même en boustrophédon , elle ne porte aucune des quatre lettres doubles s, h-, ii, ci, et les formes des lettres conservant encore des traces du vieux style. (Il est à remarquer à ce sujet que l’u peut se trouver dans des inscriptions de celte époque sans infirmer leur antiquité, puisqu’il n’y est que comme aspiration affectant certaines lettres, et non pas comme f: (iï long), qui s’y trouve exprimé par deux e , comme mateep pour matiip); ■}.o du quatrième style et postérieure a la

lin du cinquième siècle avant l’ère chrétienne, si on y trouve les 21 lettres de l’alphabet grec tel qu’il est aujourd’hui réglé ; et comme les inscriptions de ce genre sont les plus communes, elles appartiennent aussi à un plus grand nombre d’époques différentes, comprenant un intervalle de neuf siècles à peu près jusqu’au Bas-Empire. Au défautdetouteaulre indication chronologique, les formes successivement perfection nées et ensuite dégradées de ces 21 lettres servent, avec les variations d’ortbographeet l’introduction de nouveaux mots, à des déterminations d'ancienneté relaliveque l’expérience et l’étude comparative des monuments donne avec quelque certitude.

81. On trouve à la planche IIF, col. n° 3, l’alphabet grec des plus anciennes inscriptions, tiré des monuments mêmes; on discernera très-facilement en quoi la forme de ses lettres s’éloigne de celles qu’on observe sur les inscriptions grecques de l’époque romaine , assez analogues aux formes des lettres capitales de l’alphabet grec de nos imprimeries, et l’on peut dire, en général, qu’une inscription grecque est d’autant moins ancienne que la forme de ses lettres s’éloi-

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gne davantage de celle des lettres de l’alpha- ! bet gravé sur notre planche d’après les plus anciennes inscriptions connues. Nous devonsavertir toutefois que les formes c, e, « dess lettres x, e, a, ne prouvent pas contre l’antiquité d’une inscription; ces formes sont communes à l’époque du Bas-Empire romain,.! mais elles ont été observées sur plusieurs monuments antérieurs à l’ère chrétienne. On reconnaît aussi sur les plus anciens d’entre euxv des signes particuliers d 'aspiration ou d’en—; phonie, outre l’n qui est déjà indiqué au para-i graphe précédent, et tels sont le digamma ou double r qui a cette forme f, comme dans l'in-: ; scription des environs d’Elis, publiée par M. Boissonade, ou bien E , comme dans les la-i blesd’Héraclée, publiées par Mazochi. M. Boissonade donne aussi comme un signe d’antiquité, dans une inscription, les datifs écrits oi au lieu de n. L'étude des monuments originaux fournit d’ailleurs une foule de préceptes plus ou moins généraux qu’il serait, diffi-icile d’exposer en détail dans ce résumé.

Ajoutons, quant aux inscriptions grecque" d’Égypte gravées sur les pierres, que les foi' i mes carrées de ces lettres e, n, s, y sont corn j

servées , quoique l’usage de leurs formes arrondies e, a, c, fût général dans les écritures publiques et privées: ainsi l’inscription grecque de Rosette, qui est du règne de Plolémée Epiphane, conserve ces formes carrées, tandis que les manuscrits sur papyrus du môme règne emploient les formes arrondies. On ne doit pas oublier que les formes carrées étaient plus faciles à tracer sur la-pierre que les rondes, qui n’offraient aucune difficulté au calant ou au pinceau conduit sur le papyrus lissé.

82. Après cet exposé sommaire des préceptes généraux tirés de la partie graphique des inscriptions grecques, comprenant la forme des lettres, la direction des lignes, l’usage de dialectes et de certaines formes grammaticales, il ne reste plus à les considérer que dans leur sujet, les signes ordinairement particuliers à quelques-uns d’entre eux, les nombreuses abréviations qu’on y a remarquées, et les signes numériques employés à diverses époques. C’est l’interprétation fidèle du texte qui fait pleinement connaître l’objet, le but et l’utilité pour l’histoire d’une inscription grecque. Cette interprétation exige non-seulement la connaissance approfondie de la

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langue grecque de toutes las époques , mais encore l’habitude du style qu’on appelle lapidaire, ou relatif aux lexles grecs tracés sur des pierres; et si l’on considère dans combien de contrées diverses la langue grecque a été celle des monuments publics, combien l’habitude de certaines ligures du langage a été variable et selon les lieux différents, et quelquefois selon les époques dans le même lieu, on se fera une idée de toutme qu’exige l’élude des inscriptions grecques pour être fructueuse. Mais l'archéologue peut ne pas posséder celte science profonde du critique, et nous renfermant ici dans ce qui lui est nécessaire pour l’appréciation sommaire d’un monument et pour le classer avec assez de convenance dans une collection, nous ne devrons nous attacher qu’aux signes extérieurs qui en caractérisent les diverses époques.

83. Les décrets et actes publics des villes, corps politiques et corporations, les traités et conventions d’un intérêt général, sont ordinairement précédés d’une invocation à la bonne fortune : ai'aoui tvxhi. On y ajoutait quelquefois : kai ehi ami pim, et pour te salut ou l'utilité. Viennent ensuite la désigna-

tion de la cité ou de la corporation, les noms des magistrats ou des prêtres en fonctions, et le sujet du monument : souvent une date proprement dite est à la lin du texte , ainsi que le nom , soit de celui qui a rédigé l’inscription ou a présidé à son exécution, soit de l’artiste qui l’a exécutée; les noms des magistrats ou des prêtres ne sont placés quelquefois qu’après le sujet même du monument. Dans les courtes inscriptions honorifiques, pour les princes ou les citoyens, le verbe de la phrase est ordinairement sousentendu, le nom delà personne honorée d’une statue, ou de tout autre témoignage public, est écrit aux premières lignes, à l'accusatif; il est suivi du nom de la ville ou de la corporation qui a voté le monument, et les noms du magistrat ou du prêtre et de l’artiste sont à la lin; un décret porte souvent son intitulé vhimsma, et lorsqu’il est pour un citoyenqui a rendu des services, la récompense ordinaire étant une couronne décernée par la cité, cette couronne est figurée au-dessus du décret, et le nom du citoyen est inscrit dans le champ même.

81. La date, lorsqu’elle est tirée d’une ère locale, se trouve aussi parfois au commence-

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ment d’une inscription. Ces ères ou computs sont très-variées ; il est impossible d’indiquer ici même les plus usuelles , et nous sommes forcé de renvoyer pour ce sujet important au Résumé spécial de Chronologie, qui est publié du môme format que celui-ci On remarquera seulement que, au défaut d’autre indication topographique, les noms des mois employés dans une inscription peuvent fournir quelques données sur le peuple auquel elle appartient, ces noms de mois étant assez variés dans les cités de la Grèce. On trouvera dans le Résumé de Chronologie les indications les plus nécessaires sur ce point de la paléographie grecque. Les dates sont aussi prises des années du règne d’un prince? il faut encore recourir à la chronologie pour les interpréter. Ces dates sont exprimées en toutes lettres ou bien en chiffres grecs: dans le premier cas , elles ne présentent aucune difficulté ; mais, dans le second, les variation! qui existèrent chez les Grecs dans l’expression graphique des nombres peuvent embarrasser quelquefois, et ce ne fut que dans ut temps postérieur aux plus anciens monument' [Voyez page 142 ci-après) que les 24 lettres d<

l’alphabet furent adoptées comme signes de la numération, et d’après leur ordre constant dans l’alphabet même. Cet alphabet numérique se trouvant partout, nous ne devons indiquer ici que les signes qui furent en usage avant cette application des lettres à l’expression des nombres, signes pris en général des lettres initiales des mots exprimant ces nombres. Dans la liste qui suit, le chiffre arabe précède son équivalent en grec : nombre i se trouve dans les inscriptions grecques représenté par la lettre ou le signe i; 2— 11 et a; 3 — i il ; 4 — mi ; 5— n; 6— s et c ; 7 — ebam ; 8— nui ; 9— mm; 10 — a ou v; il — ai; 12 — au; 13 — aiii ou tpixa; 14— aiiii ou eai; 15 — au ou ek-1, etc.; 20 — aa ou av; 25 — zc ou AVn; 30 — ava ou vvv; 40 — quatre a ou tessapa; 50 — cinq a ou IÂ1; 100— n. ; 200— ckn; 500 — lïïi ; 1000— x; 5000 — fxl ; 10,000 — m. Lorsque les nombres sont exprimés par les lettres de l’alphabet employées comme chiffres, la lettre l, qui les précède, les fait remarquer comme tels quand le mot etoyx ou etun (de Vannée ou des années ) ne s’y trouve pas; ce l de forme latine, tiré de l’ancien alphabet grec, est 1 initiale du mot Auxaftavco;, génitif de).u*i-

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P»,-, qui signifie année. Ces mots et ces chiffres de dates sont au génitif en grec , comme ils sont à l’ablatif en latin , à cause d’une préposition sous-entendue. C’est, si l’on aime mieux, un génitif absolu en grec, et un ablatif absolu en latin.

L’étude sérieuse que j’ai faite des systèmes de signes numériques successivement employés par les Grecs m’a conduit à un résultat du plus haut intérêt pour la paléographie grecque, car il met dans la main des: critiques un moyen certain d’assigner une i I époque à une inscription grecque d’après la I forme seule des signes numériques qui y sont ii employés. Nous venons d’indiquer le plus an : |i cien système des lettres-chiffres employée? t par les Grecs, et qui sont, en général, l’ini-i i tiale du mot qui désigne les nombres. Posté--) & rieurement , on les remplaça par les lettre: : o mêmes de l’alphabet grec, auxquelles, seloi u leur ordre, on assigna une valeur; de sorti .. que a valait j, b 2, r 3, 4 4-, e 5, s signe spé | cial 6, z 7, h 8, 0 9, 1 10, k 20, a 30, un signe spécial 90, p 100, etc. Ces signes fureu adoptés et dans les inscriptions et dans le manuscrits : il est donc évident que les in !j s

paléographie des grecs.

scriplions grecques où ces leUres-cUiffres sont employées, sont postérieures à l’invention de ce système. On ne trouvera aucun renseignement sur ce sujet dans aucun ouvrage connu, et c’est l’étude des monuments originaux qui m’a fait découvrir que l’institution du système numérique des Grecs par les lettres de l’alphabet est l’ouvrage des mathématiciens de l’école d’Alexandrie, et ne remonte pas au delà de la dix-huitième année du règne de Ptol.émée Soler, premier successeur d’Alexandre en Égypte, laquelle correspond à l’an 307 avant l’ère chrétienne. Celte invention importante dut se propager dans tous les pays de langue grecque, du moins dans ceux où la langue grecque était celle du gouvernement, et ceci arriva dans tous les pays des conquêtes d’Alexandre où son autorité lui survécut par les dynasties grecques qui s’y établirent. Mais celle expansion du nouveau système numérique ne fut pas subite; l’ancien système résista dans quelques régions, toutefois peu de temps : de sorte que l’époque de l’institution numérique alexandrine, qui est une règle de critique absolue pour les inscriptions grecques d’Égypte, à compter

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de l’an 307 avant l’ère chrétienne, prend aussi peu à peu ce caractère dans les autres pays de langue grecque. Un travail spécial développera géographiquement celte importante notion paléographique.

85. On doit aussi s’attacher particulière- i ment, dans l’interprétation d’une inscription grecque, à discerner les nombreuses qualilications des magistrats de tou t ordre, des employés publics de divers rangs ; les noms de dieux et il de peuples, ceux des bourgs et tribus d’une I cité; les formules consacrées pour différents j 4 genres de monuments; les textes de décrets, ) lettres , etc. , qui sont relatés ou cités dans J t des textes analogues; les noms même des mo- j , numents, tels que stèles , tablettes, cippes, ! ; etc. ; l’indication soit des lieux , soit des dé- j pendances de ces lieux, où ils doivent être j exposés ou déposés , tels que temple, vesti- I bule, cour ou péristyle, place publique, etc.; ' ceux qui en font les frais, la cité entière ou ^ une curie, le trésor public ou un trésor par- I ticulier; les noms et surnoms des personna— i : ges publics ou privés; les prérogatives et les-I , faveurs accordées, telles que les droits d’a- ! sile, d’hospitalité, de cité, etc.; les peines*

prononcées contre ceux, qui détruiraient ou mutileraient le monument ; les conditions des traités et des alliances, les indications de poids, monnaies et mesures.

80. On appelle hpoïkïnema un acte de piété ou d’adoration envers une divinité et dans un temple spécial, accrédité pour cet ■objet soit par un privilège légal, soit par l’effet de l’opinion des dévots. Les particuliers faisaient cette espèce de pèlerinage soit pour eux-mêmes, soit au nom de leurs parents et de leurs amis en môme temps, et ils comprenaient leurs noms dans l’inscription commémorative qu’ils gravaient ou écrivaient sur quelque parlie du temple; les rois désignaient pour ces hommages religieux, des fonctionnaires ou des particuliers qui recevaient cette mission expresse, et qui ne négligaient pas de rappeler dans l’inscription, qu’ils avaient rempli cette mission au nom du prince nommé dès les premières lignes. 11 parait aussi que le même prince donnait la môme mission plusieurs fois durant son règne, et que l’usage de ces hommages religieux était particulier à l’Égypte grecque et romaine; c’est surtout au temple d’Fsis à Philæ qu'on les

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recueille; il y en a aussi un grand nombre sur les temples et les chapelles de la Nubie, en l’honneur d’Isis et de Sérapis, et des autres dieux adorés dans le même édifice.

87. Les inscriptions votives ou bien dédi— catoires contiennent toujours les noms des : dieux ou des princes auxquels un monument I est dédié, et les noms de la ville, du corps' politique, des tribus, corporations, fonction- ! naires ou simples particuliers qui ont donné au monument cette destination : les ouvrages i publics exécutés aux frais des tribus ou des particuliers portent aussi des inscriptions ! commémoratives de leur muniflcence, et la partie même d’un monument construit oui réparé par l’effet de cette générosité est expressément désignée dans ce texte de l’in— I scriplion , les anciens permettant ce concours- j du zèle particulier des citoyens pour l'utilité publique; et une inscription qui rappelai! avec reconnaissance les effets durables de et sentiment, en excitait perpétuellement la louable manifestation : c’étaient de bon: exemples qui produisaient encore de bonne: -] actions.

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