‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 67 sur 98 · Les monuments funéraires portent or · texte numérisé non relu

Les monuments funéraires portent or

dinairement une inscription qui rappelle les noms et les titres du défunt, son pays, son âge, les noms de son père ou de sa mère, ses titres et ses services, ses qualités distinguées et ses vertus. Souvent une inscription funéraire ne contient que les noms du défunt, celui de sa patrie ; et des acclamations ou des vœux la terminent teès-fréquemment.

Quelques exemples expliqueront mieux tous ces préceptes: xpiistoi nporor ©eiïaaoï aapei-

XAIOI IIEAAiriOTHS. ETON IH. HPnZ XPHSTE XAIPE.

Le premier mot est le nom du défunt Chreslus; le second mot est le nom de son père, Prôtos ou Protus, et la construction de ces deux mots montre que le mot fils , nos, est sous-entendu, selon l’usage général des Grecs, qui supprimaient les titres de fils ou fille de... Les trois mots qui suivent sont la désignation de la patrie de Chrestus, Thessalien, et né dans celle des villes de Larissa qui était surnommée Pelasgia , pour la distinguer des autres lieux de ce nom. Les mots etox ih signifient : d’années, 18; c’est l’âge du défunt. Le reste est une acclamation : héros Chreslos , adieu! Ces mots xaipe, EmxEi, oapxei, qui expriment des vœux ana-

INSCRIPTIONS

logues, terminent souvent, seuls, les inscriptions funéraires. On lit dans d’autres inscriptions : 1° <i>iaqn KAAAinnor aizunevï ; 2° AAKIMAKH KAAAIMAXOV ANArïPAXlOV. Les tlcux premiers mots de chacune des deux parties de l’inscription sont des noms propres: 1° Philon, fils de Callippe; 2° Alcimaque, tille de Callimaque ; et ces mots aisqnevs et ANAn'PAïiov sont les noms de deux des 174 peuples de l’Allique. On appelait ainsi les villes, bourgs et villages de celte contrée et les quartiers d’Athènes, qui formaient chacun une communauté inscrite dans une des 13 tribus d’Athènes, capitale de l’Altique. La communauté ou cité des Æxoni faisait partie de la tribu Cécropide, et Anaqyrus de la tribu Erechlhéide. Ces noms de lieux doivent être attentivement remarqués dans une inscription, alin de prévenir toute méprise, et de donner une interprétation complète et satisfaisante de tous les mots. On remarquera de même, 1° les surnoms honorifiques des princes : ils servent quelquefois à distinguer ceux qui ont porté le môme nom; 2u que ces noms de lieux et ces surnoms se trouvent souvent écrits en abrevia-

PALÉOGRAPHIE DLS GRECS. 149

tions et par les premières lettres seulement.

89. Quant à la ponctuation des inscriptions grecques, nous dirons qu’en général elle manque dans les marbres; les mots euxmêmes sont peu ou point séparés, et c’est par le sens et par la construction grammaticale qu’on détermine l’arrangement des mots pour former les phrases. On remarque cependant sur quelques inscriptions, principalement dans les moins anciennes de celles qui sont funéraires, des signes particuliers mêlés aux mots, tels qu’une feuille, un triangle, une ligne droite ou inclinée, et même un point après chaque mot : mais ces signes ont rarement uue expression quelconque, et l’on peut ne pas s’y arrêter du tout, à moins que le sens de la phrase, déduit préalablement de la combinaison des mots, permette de leur attribuer une certaine valeur qui concoure à jcterquelque clarté dans le discours. Souvent ces signes particuliers sont des symboles analogues au sujet de l’inscription; on en trouve aussi de pareils au-dessous des lignes d’écriture, ou sur les côtés mêmes du monument. On doit les remarquer et s’attacher à les interpréter d’après les opinions mêmes

INSCRIPTIONS

des anciens. D'habiles critiques ont fondé les doctrines sur celle partie intéressante de l’archéologie.

90. Les abréviations , qui abondent dans toutes les inscriptions grecques, sont la source d’un grand nombre de difficultés; des savants renommés se sont occupés à les recueillir, à les interpréter, et le docte Corsini a écrit sur ce sujet un volume in-folio {Note b Grœcorum ) publié à Florence en 1709. L’étude de la paléographie grecque a réuni depuis de nombreux suppléments; nous avons dû n’exposer ici qu’un extrait de toutes ces recherches. Le tableau suivant contient les abréviations usuelles, celles qu’on retrouve le plus souvent sur les marbres grecs: il termineaussi cette section, trop sommaire sans doute, à l’égard d’un sujet aussi vaste que la paléographie grecque.

Siglcs ou abréviations les plus usuelles dam les inscriptions grecques.

A.TTfûTo;, premier; mi (préposition).

A’jToxpdtTup) empereur.

ArA. t. âraôrj à' la bonne fortune.

AT. ayio^ Snilît, àyir,, SQintC.

Arm. aytu-îdiToç , très— saint, tres~sainle.

aaea<i>. iSt'MCf, frère, ou prénom.

âne®, avions , a placé , a dédié.

aiiea. ou AnE.vEreEP. ir.ûtùùipof, affranchi.

\nr. ir-ütiioî, le mois d'avril.

apis, ifu 70?, excellent, le meilleur.

apx. ifym, archonte (magistral).

AIT. a’jToxçâiojp , GlîipCrGlir.

A-n. alpha et ômega ; monogramme du Christ, ii. ^tJTEQoç , le second j poi/Aij , sénat.

BASIA. gouxiliiiç, roi.

b. a. pouiî? Soynat'. , par décret du sénat. bis. 8;<tu|«ï, sépulcre, tombeau.

Bq. p»ni5, base, autel.

roNE. -fcvià; , père, ancêtre.

rpA. Ypaotàî, scribe, écrivain, mi. rj i«ixà5, gymnique.

a. e. £;o-ja'.a;, delà tribunicie du peu-

ple. (Titre des empereurs romains.) aek. Sottftpçioî , mois de décembre.

aes — • Séstoti)?, maître, seigneur.

ahmos. iïiiAoaia, publiquement.

a. m. Dûs Manibus. a. m. s. Dits Manibus Sacrum. (Formules latines funéraires.) a. t. Ki tii, à Jupiter.

eba. tpSo|K>î, septième.

ea. ei. ASm, des Ides.

INseltll'l IONS.

ezii. cÇ»,atv, il a vécu.

E. 0. cuvota Otüv, la bienveillance ou la protection des dieux.

EAEr. acOOtfo; , libre , affranchi.

en. EN©. iMfi, ici, là ; ou bien ivO», en Dieu.

Enic. iziixoCTî, inspecteur, évêque.

et. «U», d’années, âgé de...

ETE. ETE A, IrAturwiv, il mOUTUt.

EXTO. L/'ù^oaro , fut reçu.

zh-shzan. ïijra<, ^uavri, ayant vécu, (l’âge.) uziiz. ïÇij«v, il a vécu...

IIM. vcfa , jour. — HMEPII . wipaf oxtù , jours 8. ne. ^ epiçu, en Jésus-Christ.

©e. Omis, aux dieux, o e. Ocoî; tüt/upion, aux dieux du pays, e. n. ©toi; ^waiv, aux dieux héros.

G. K.-0. ICA.-0. K AT. O. KV.-GS. KA.-0. KX. tisij u.

-ay Qomotç 1 aux dieux infernaux.

0v.-0s.-0ii. OwO, 0k5, Ou», deDieu.Dieu, à Dieu, or. -0VTPi. Ojvâtr.p, OjfiTs!, tille, ù la tille.

1AN. tavvovapto;, jlUlYicr.

imp. iiA.rtpà-:wp, empereur.

ina. ivSwtimv», à l’indiclion.

îorN. tovvta;, calendes de juin.

PALEOGRAPHIE DES GRECS.

ut. io'.ü, à Isis.

1X011. Icço'j; Xçtçèç 6îoÿ 'J:'.' , JéSUS-Christ, llls de Dieu.

k. Affecté d’une ligne droite ou inclinée, abréviation de *«•■, el.

ka. xa).av$üy , des calendes.

KAI. Katffap, César.

k. b. , par la permission du sé-

nat.

ke. Kùjit, ô seigneur.

k. 0. xaTa/Owïioiç Otoi;, aux dieux infernaux. ki. jctixat , repose.

KOI. KOI. xoï<rot)X, consul.

k. n. '/.Chvia'xa-:'. «oXtwç, par la permission de la ville, de la cité.

kpat. xjxxtvçov, excellent.

ki. xùçio;, seigneur, maître.

k. i. x'jjtoç aü^?. seigneur sauveur.

k. <i>. xiujrr jxa-t cpa-cpta;, par la permission de la curie, de la tribu.

k. x. xoivotç jrçrtrîiuwiv, par dépense publique. aam. Xoji-fOTdTo^ , très-splendide.

AEr. Xt7iavof , de la légion.

•ne. xtOoç , pierre, inscription, stèle.

m. mh. m vo« , mois.

u. jxvwiv,-, , monument, tombeau.

INSCRIPTIONS

ma. n4ti)p, mère.

mai. jxaiwv , des calendes du mois de mai. map. napiLuv, des calendes du mois de mars.

ME. (JLT]VÔjv9 des mois.

mh. Af. p. (ivrnjp > mère.

mx. puxpT’jptç , les martyrs.

ai. x. pivrinr); /àp'.v, pour souvenir.

N.-NQ. viûviovj des nones (date).

NA©. vaTiüvt, nation, pays.

NEPTE. èvtpTtpop, mort.

nobeaibp.-noeeaib. vas(«.6pio<, mois de novembre. sïxtapx. ïjçapjra, Xystarque.

oikat. o'. xaTotxoâvTs? , les babilants.

oktb. oxraffpiuv, des calendes d’octobre. nAPAICATI. TîapaxataTtflüTat , a été déposé, 3 ét€ confié.

nAP®. -àpOixo? , parlhique, des Parthes.

nreoN. rcavàytavtnoTôxav , la tres-sainte mère d Dieu (la Vierge Marie.) iiaa. rXom;, largeur, nox. mattSuv, poseïdon, mois athénien, nn. •xAtyip iraapi£oç , pere de la patrie. ni>. -rptaSuTtpo; , prêtre.

upexb. atpso-esùî , envoyé, député.

pü. pwjAcüoç, romain.

x.-xeb.-xebb.-xebbb. xt?o»ro;, Auguste (et Ai

PALÉOGRAPHIE DBS GUECS.

gustes, en parlant de deux ou de trois princes). Ce mot s’écrit aussi par or à la place du B.

ïEn. mr- sji6pio« , mois de septembre.

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