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Quant au surnom, le cognomen de

Latins, on a déjà dit qu’il est assez rare, et est ordinairement tiré du nom même de

PALÉOGRAPHIE l)ES ÉTRUSQUES. 171

mère pour les hommes, et pour les femmes du nom de leur père ou de celui de leur mari. Le (ils ajoutait le nom de son père au sien propre, à la manière des Grecs et des Latins, et le nom du père est alors terminé par s, signe du génitif : le mot répondant à l’idée fils était souvent supprimé, ou bien exprimé par le monosyllabe fis, et fille l’était par le môme mot, mais au féminin, fia ; le nom de la mère, s’il était rapporté en môme temps, se terminait par l, et curial signifie né de Curia. Les surnoms des femmes, tirés du nom de leur père, prenaient aussi quelquefois une désinence adjective en isa, comme Larthalisa, née de Lartha ; ils se terminent aussi quelquefois par clan, marque de dérivation ou de l’ablatif, comme Thocernalcan, né de Thocerna ou Thocernia, ou bien en ina ou en a, imité par les Latins, comme Hilaria, Hilariana, née d’Hilaria.

La terminaison en al , qui a la môme signification, a aussi été adoptée par les Romains; Allial-is , de la famille Allia.

101. L’âge du défunt est quelquefois indiqué dans les inscriptions funéraires, et les chiffres signes de nombre des anciens Italie-

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tes sont précédés des mots ril, ou avii, , avils, aivil, que Lanzi croit analogues au latin œvnm , qui a fait ævilas dans l'ancien latin (lois des xii tables), et ensuite ætas, \ âge. On remarque aussi des mots souvent reproduits dans diverses inscriptions, et qui ne paraissent pas dépendre de la phrase énonciative des nom et filiation du mort, et tels sont LEINE, TDLAR OU TU1LAR. On a i reconnu dans le premier une espèce d’ac- i clamalion, de souhait, analogue au mot latin I lenis et leniter, et employé comme l'était le || vœu si ordinaire des Latins : sit tibi terra 1 levis; Ovide a dit aussi molliter ossa cubent. Quant aux deux autres, ils servaient comme de titre à l’objet qui renfermait la cendre, c’était Yollarium du latin.

102. Pour donner à l’exposé qui précède toute l’autorité que les exemples ajoutent d’ordinaire aux préceptes, nous réunissons ici quelques inscriptions étrusques variées dans leurs formes, alin de faire passer sous les yeux du lecteur des modèles de ce genre de monuments, avec leur interprétation d’après les règles prescrites par les savants critiques italiens, qui ont le plus étudié celle

matière. (On a déjà dit que ces inscriptions sont, comme toutes les autres, écrites de droite à gauche. ) fel. mulefi. müehnatial. Velia Mulvia Munatiæ (iilia) = AULE. faru. nicusal. Aulus V arius A’icusiœ (liiius) = veti. velus, tins. V clia F elii Fini (liXOr) = AR. AT1NE1. AR. SEPHRIAL. Arutltia Alinia Arunitea (Arunlii l'ilia) Sephriâ nata = av. lecv. niL. ixx. Aula Lœca annis XIX. = LS. PUILAVE. LS CVRIAL. R1L... Lars Flavius Laris (lilius) Curid nalus annis... = pepna. rviphe. aptual. afils.

xviii. Perpenna Mafias Arunthii (lilius) annis xvm. =mi. larus. arianas. anasses. klam. Sum Laris Ariani ( lilius ) Anasse (Anniaxiâ) natus.

103. Les abréviations les plus communes dans les inscriptions étrusques, en ce qui concerne les noms, prénoms et surnoms, sont les suivantes :

a. av. a v l . Aulus, Aula.

an. Annius, Annia.

ap. Appius, Appia.

au. arnt. Aruns, Arrunlius, Arrunlia, Arrunthius.

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AT. ATH. Attius, Altia.

c. Gains, Caia.

el. Ælius, Ælia.

Hat. Adria (ville).

l. ls. lr. lth. Lar, Lars, Larlliia.

ma. Marcns.

pha. put. Faustus, Fausla.

se. sers. Sextus, Sexla.

tla. Telamon (ville).

tu. Tuder (ville).

tha. thn. Thannia.

v. f. fl. fe. fel. Velius, Velia.

loi. Nous bornons ici ces documenl menlaires sur l’étude de la paléog étrusque, malheureusement peu culti\ France. Il est vrai «pie les monumen appartiennent à celte étude ne sont p; produits du sol de la patrie, et que les quilés nationales, sur lesquelles il resl core tant de doutes à éclaircir, tant de lions à résoudre, méritent de la pai

savants français une juste préférence, les monuments étrusques appartieniu une époque et à un peuple qui intén non-seulement l’histoire générale, mai

core assez spécialement l’histoire des Gaulois. Ceux-ci lirent de fréquentes incursions en Italie, mais non sans y recueillir ou sans y laisser des idées nouvelles et des notions qui pouvaient être ignorées par les instituteurs de la civilisation de l’Italie ou des Gaules. Il y a eu d’ailleurs dans tons les siècles, directement ou indirectement, des relations nécessaires entre les peuples occupant des régions voisines; le vieux latin a aussi des mots, exclus plus tard delà latinité du temps d’Auguste, et qui sont encore nationaux en France: les rapports certains, du moins quant aux mots, des dialectes étrusques avec le grec et le latin auxquels le français se lie aussi intimement, doivent établir un ensemble d’analogies assez curieuses à rechercher au travers des traditions de l’histoire s’il en existe, ou au moins à la faveur d’un certain nombre de faits positifs qu’il serait utile et possible de constater méthodiquement, et dont la série ne pourrait que s’accroître par une étude plus généralisée et plus approfondie. I)e plus les Gaulois se servaienlde l’alphabet grec, les Latins aussi, et l’ancien alphabet grec est le même (pie l’alphabet étrus-

que (Voyez planche III, n° 5, 6, 7,8.) : \oilù encore des analogies d’un grand poids. Les antiquités étrusques peuvent donc avoir avec les antiquités gauloises des points de contact qu’il s’agit de reconnaître complètement; et 1 nos relations historiques , où l’on donne si I peu d’importance à ces deux peuples qui 1 dominèrent longtemps dans deux grandes régions du continent de l’Europe, ne peuvent qu’y gagner et plus de vérité et plus d’intérêt. (

g IV. Romains.

105. Les plus anciennes inscriptions romaines remontent aux premiers siècles de Rome, mais elles sont fort rares. Il résulte ; de leur examen : 1° que le premier alphabet latin fut composé de 16 lettres seulement, | comme celui des Grecs, comme celui des I Étrusques; 2° que les formes des signes de f ces trois alphabets étaient on pourrait dire 1 identiques, et les monuments confirment, en ce point remarquable, les rapports des bis— ;| loriens. Ceux-ci nous ont transmis desindi-l cations assez précises sur ce sujet, et il fie J faut, pour en déduire les traditions les plus if certaines, que distinguer attentivement ci |S

qu’ils disent du son d’une lettre, d’avec ce qui ne se rapporte qu’à sa forme, celle-ci ayant quelquefois subi plusieurs variations utiles à connaître pour discerner l’ûge d’une inscription. 11 résultait aussi du petit nombre des signes de l’alphabet primitif, que la même lettre tigurait plusieurs sons, c s’employa en même temps pour g, pour q et pour x, acna pour agna, cotidiè pour quotidiê, fnr.it pour faxit, vogs pour vox. z était remplacé par c.y, gs, d ou ss, crolalissare pour crotalizare. Une voyelle brève était souvent omise, la consonne l’emportait avec elle dans la prononciation, quant syllaba nomine suo exprimit, disait Quinlilien; on trouve donc Lebro pour Lcbero (libero), ônepourbene, krus pour carus, cante pour canete, poclum pour poculum; l’t surtout subissait cetlc suppres- | sion, et l’on écrivait are au lieu d’aries, evei nul au lieu d’evoniat. Une voyelle initiale ou finale était soumise à la même coutume, ainsi que les consonnes redoublées introduites assez tard dans l’orthographe, m, n, s, étaient aussi omis quelquefois, même au milieu des mois, et l’on disait, Popeius pour Pompeius, cosol, cesor pour consul, censor. Les \ oyel- T-q. 12

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les longues étaient figurées par les voyelles | brèves analogues redoublées, feelix pour felix, jiius pour jus. La rencontre de deux consonnes était évitée par l’insertion d’une voyelle: aucela, sinisterum, maleri pour aucla, sinistrum, malri; ils évitèrent aussi les hiatus au moyen d’une consonne , le d ordinairement, entre deux voyelles, comme antidac pour antehac; il en était de même entre deux j mots dont l’un finissait et dont le suivan' j commençait par une voyelle, med, allod \\ marid, pour me, alto, mari. Les permutas t lions des lettres du môme organe furent auss- : très-fréquentes. L’aspiration h se voit très- ■ rarement dansles inscriptions les plus ancien I nés; elle ne fut d’un usage général que dès 1 j septième siècle de Rome, où il fut même port j jusqu’à l’abus. La dipbthongue ci pour i es j très-fréquente, même dans les noms propre! et les substantifs aux cas terminés par cett voyelle, Cusssius, virlutei, pour Cassius ( virlüli. Quant à la ponctuation, quelqtiefo | chaque mot est séparé du suivant par un s j gne, quelquefois il ne l’est pas du tou ; plus ordinairement une préposition ne fora j ; qu’un seul mot avec son complément, denov i

l'ALÉOUKAPUIE UES ROMAINS. 179

ingalUam, pour de novo,in Galliam; les syllabes d’un mot composé sont aussi parfois séparées selon ses diverses racines, ou même selon la racine et la désinence ; comme quolies quomque, marli ulis. Enfin, la même inscription présente quelquefois le même mot avec une orthographe différente, comme erünt, qui est écrit sur le monument d’Eugubium : 1° eriliont ; 2° erafonl ; 3° erivont. Mais il faut avoir égard, dans toutes ces remarques, aux variations inévitables d'orthographe dans toute langue qui se forme et se perfectionne successivement dans sa constitution logique, comme aussi à l’influence de la prononciation sur l’orthographe; et enfin au plus ou moins de science grammaticale que possédait le graveur ou le rédacteur de l’inscription, dans le latin surtout, dont la grammaire, du moins en ce qui touche aux genres, aux nombres, aux cas du nom, aux personnes et aux temps des verbes, ne s’est fixée que très-tard par l'influence des grands écrivains de la fin de la république; et dans l’usage général ou populaire, la langue parlée ayant trop habituellement dédaigné ces règles sévères, comme nous le montrent des monu-

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inents dont, les incorrections trouvent leur excuse dans cet usage même.

106. Les plus anciennes inscriptions des Romains, celles d’où l'on peut déduire toute l’histoire des variations de leur langue écrite et parlée, sont 1° le chant des fratres art mit, découvert dans les fondations de la sacristie de Saint-Pierre de Rome, en 1778 , chant en usage dans ce collège de prêtres qui remontait jusqu’à Romulus; 2° la colonne de Duillius, (pii vainquit les Carthaginois en 191 de Rome (260 avant Jésus-Christ); elle est au Capitole, mais quoiqu’elle soit en ancienne orthographe latine, on pense que l’inscription primitive , dégradée parle temps, a été remplacée par celle copie sous le règne de Claude; 3° l’inscription de Scipion Barbants, l’an de Rome 156 (298 ans avant Jésus- Christ), trouvée dans le tombeau des Scipion qui fut découvert en 1780, et qui, par le nombre des monuments écrits qu’il renferme, nous montre l'étal de l’alphabet et de l’orthographe du latin depuis le quatrième jusqu’au sixième siècle de Rome; 1° la table latine d’Eugubium, dont Lanzi descend l’époque jusqu’au septième siècle de Rome, On pour—

rait indiquer ici d’autres monuments non moins utiles pour l’étude de la paléographie romaine, telsque le décret sur les bacchanales; mais les exemples qu’on peut tirer de l’examen des quatre principaux qui viennent d’être indiqués suffisent pour acquérir une connaissance positive des éléments de cette étude.

107. Les inscriptions romaines deviennent moins rares pour le septième siècle de Rome, (150 avant Jésus-Christ) et les époques postérieures, à mesure qu’on se rapproche des temps des empereurs. Les inscriptions sont surtout communes pour leur époque. Ce fut vers le commencement de ce septième siècle que lesRomains s’établirent dans la partie des Gaules située en deçà des Alpes; César et Auguste en achevèrent la conquête, et l’on retrouve fréquemment des monuments de leur autorité, de celle de leurs délégués, et de l’influence romaine sur les mœurs et les usages des Gaulois. 11 en est de même en Italie, en Espagne et dans les régions du nord de l’Europe; pour peu qu’on fouille la terre profondément, ou qu’on touche à d’anciennes constructions, des monuments romains se montrent partout, et leurs inscriptions

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bien interprétées jettent quelquefois sur des points obscurs de l’histoire une lumière inespérée. On doit donc les recueillir, même leurs débris, avec un soin religieux que commande l’intérêt des anciennes annales de l’Europe.

108. Le texte de ces inscriptions se rap- I porte ou au culte des dieux, aux cérémonies de la religion , à l’histoire en tant qu’elles contiennent des actes de l’autorité publique, I des noms de prêtres et de magistrats, des | indications d’époque ou de lieu, des fait d’un J intérêt général, tels que les constructions et la dédicace des ouvrages publics, les honneurs I décernés à des citoyens illustres; ou bien aux usages et aux croyances, comme les in— j scriptions funéraires, et celles-ci sont les plus nombreuses, celles qu’on découvre le plus j ordinairement dans tous les pays. On dédiait j aux dieux des autels, des statues, des tem- I pies; on leur faisait des vœux dont on con- j statait l’accomplissement par une inscription j gravée sur l’objet même qui leur avait été I voué. Les noms et les surnoms des dieux' j sont ordinairement aux premières lignes de 1 l’inscription et au datif, comme iovi se- j bf.no , MARTI AüGüsTO. Vient ensuite le j

nom de celui qui consacre le monument, et ce nom est suivi des titres et qualités du dévot, quelquefois des motifs du vœu et de son accomplissement ( voto susceplo ), et de la formule ex voto qui indique le motif du monument. Cette formule s’exprime souvent aussi par ex. voto. s. l. m. ou bien v. s. e. m. volum solvit lubens merito; ou bien ut voverat. d. d., ut voverat dédit dedicavit. Si l’inscription est terminée par le mot sacrum, ou simplement s, qui en est l’abréviation, elle n'est plus l’effet d’un vœu, mais seulement de la piété de celui qui en a fait les frais.

109. On doit classer aussi parmi les inscriptions religieuses les actes des collèges de prêtres, les sacrifices, tels que les tauroboles (sacrifice d’un taureau), les suovétauriles (d’un porc, d'une brebis et d’un taureau). Ils avaient toujours pour objet la santé du prince, ou ses succès dans une entreprise difficile; l’inscription nomme la personne qui a fait les frais du sacrifice, le magistrat qui a présidé, le prêtre qui a fait l’invocation, les chanteurs, les joueurs de llûte, le décorateur; l’indication de l’époque la termine.

ixscmptioss.

110. Les inscriptions historiques comprennent les sénatus-consultes, les plébiscites, les décrets, lettres et discours des magistrats, des collèges civils, des empereurs, les conventions d'hospitalité, de clientèle, de patronage entre les villes, colonies, municipes ou corporations, et entre les citoyens; les diplômes militaires, et tout ce qui se rapporte aux droits civils et politiques. On comprend aussi dans la même classe, les inscriptions des monuments publics, qui indiquent ordinairement l'époque de la construction de l’édifice, l’objet qu’on s’est proposé, qui en a fait les frais, et quelquefois aussi des réparations partielles rendues nécessaires par des dégradations; et telles sont les inscriptions qu’on lit sur les arcs de triomphe, les colonnes1, les théâtres, amphithéâtres et basiliques, sur des bains, des ponts, des aqueducs, des portes et murailles de villes, enfin sur les colonnes milliaires qui marquent les distances sur les voies publiques. Ces colonnes ne contiennent ordinairement que les noms, les titres et surnoms (à l’ablatif si le nominatif n’est pas exprimé) de l’empereur sous le règne duquel la route a été construite ou réparée,

suivis do l’indication du nombre de mi lie pas romains où la borne se trouve d’un lieu qui a été pris pour point de départ. Le nom de ce lieu se trouve rarement sur la colonne. A l’égard de ces inscriptions comme de toutes celles qui appartiennent à la classe des monuments historiques, les abréviations sont la partie qui embarrasse le plus ordinairement leurs interprètes; les titres des empereurs sont quelquefois très-nombreux , et ceux des magistrats, presque toujours indiqués par la seule lettre initiale du mot. Pour ne pas exposer trop au long la méthode la plus usuelle dans ces interprétations , nous citerons ici un exemple, parce que dans tout enseignement les exemples sont plus puissantsqueles préceptes, et l’on trouvera dans l’inscription suivante, découverte à Narbonne, presque toutes les formules relatives aux titres des empereurs romains :

IMP. CAESARI. DIVl. ANTONINI PII FIL.

DI VI. 1IADRIANI. NEPOTI. DIVI. TRAIANI. PARTI! IC.i. PRONEPOTI. DIVI. NERVAE. AB- NEPOTI. !.. AVRELIO. VEllO. AVG. ARME- N'IACO. PONT. MAXIM. TRIBUNIC. POTESTAT.

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