‹ Traité élémentaire d'archéologieChapitre 86 sur 98 · ANTIQUITÉS ASIATIQUES · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉS ASIATIQUES

monuments, et entre les doctrines religieuses de l’Inde, de toutes les époques, ne permet pas de discerner avec certitude l’antiquité relative de ses monuments. Ou n’y distingue que ceux qui sont du brahmanisme, ancienne religion indienne, des sujets tirés de la doctrine nouvelle, le bouddhisme. On connaît des pierres gravées indiennes sur lapis ou émeraude avec des inscriptions sanskrites, et les fameuses grottes d’Eléphanta et de Salcelte, qu’on croit très-anciennes. Il existe aussi à la Bibliothèque royale une belle tète de bronze d’origine indienne, qui est un très-bel ouvrage d’art. L’Inde antique étant en ce moment le sujet de beaucoup de recherches, on peut espérer que le zèle et les lumières de nos savants nous permettront un jour d’en savoir davantage.

Javanais. On connaît, comme monuments d’origine javanaise, plusieurs statues, quelques-unes de dimensions colossales, et en lave; deux de ces statues, d’un travail trèssoigné, représentent le dieu Bouddha, mais on ne peut en fixer l’antiquité avec certitude. Elles ont été transportées en France par feu Leschenault de La Tour.

APPENDICES

Phéniciens. On ne connaît, pas de monuments d’art d’origine phénicienne pure, si ce n’est les inscriptions qui se voient dans l’ile de Chypre, et particulièrement près de Larnaca. On considère cependant comme telles quelques statues transportées des eûtes de Barbarie à Londres. Mais ce peuple navigateur se mêla à tant d’autres, qu’on reconnaît facilement l'influence de ceux-ci sur les monuments que caractérisent des inscriptions phéniciennes. Le bas-relief de Carpenlras est égypto-phénicien; d’autres monuments sont gréco-phéniciens; et quant à leurs médailles, c’est-à-dire celles qui portent des légendes phéniciennes, on ignore si les artistes puniques, grecs ou romains ne concoururent pas à leur fabrication. Les inscriptions phéniciennes publiées sont toutes religieuses ou funéraires. On a trouvé récemment trois fragments de manuscrits phéniciens sur papyrus; ils sont au Musée de Turin, à la Propagande et au Vatican à P.ome. Les pierres gravées, phéniciennes par leurs inscriptions , sont de formes grecques ou romaines; quelques-unes annoncent aussi l’imitation de l’art égyptien. A Palmyre, tout annonce l’art gréco-romain.

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Ass v lu ens, Babyloniens, etc. Les ruines <le Ninive , üe Babvlone, etc., sont très-considérables; mais l’art y manque d’élégance et de belles formes, comme on le voit par le caillou sculpté du Cabinet du roi; par les trois bas-reliefs tirés de Tehehelminar et transportés au Musée britannique, et par les dessins qu’ont publiés divers voyageurs; les inscriptions sont en caractères cunéiformes. Les autres monuments sont des cylindres, des briques, ou des pierres gravées, et quelques figurines. Les personnages ont toujours des formes grêles et allongées, et les inscriptions cunéiformes paraissent appartenir à un alphabet très-compliqué et qui servait à plusieurs idiomes ou dialectes à la fois. Les savants poursuivent leurs recherches sur ce sujet important avec une constance digne d’éloge. Jusqu’ici MM. Grotefend, Saint-Martin et Burnouf lils sont ceux qui ont publié quelques résultats positifs sur cet alphabet; et quoique ces érudits ne s’accordent pas sur la valeur et la forme de tous les signes qu’ils ont essayé de déchiffrer, il en est cependant quelques-uns de bien connus, comme l’a prouvé l’inscription en hiéroglyphes égyptiens

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APPENDICES

et en caractères cunéiformes d’un vase de la Bibliothèque du roi, qui a été publiée par feu Champollion le jeune. L’alphabet des hiéroglyphes a donc concouru à procurer quelques certitudes sur l’alphabet cunéiforme, connu aussi sous le nom de perspépolitain. La marche méthodique de l’érudition française permet d’espérer plusderésultats positifs sur les antiquités asiatiques en général , et plus de données classiques applicables par les monuments à la connaissance approfondie de cette contrée primitive. On fait remonter ses monuments écrits jusqu’à la reine Sémiramis.

Nous prions nos lecteurs, en jugeant notre travail, de vouloir bien se souvenir du but que nous nous sommes proposé et des limites que nous impose la nature de cet ouvrage. Nous nous sommes efforcé de rendre plus vulgaires les leçons répandues dans les écrits des maîtres de la science , et nous serions heureux qu’on pût dire de ce premier essai élémentaire : indocti discunt et amant meminissa periti.

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