‹ Traité élémentaire d'archéologie ... T. 1Chapitre 13 sur 37 · Arcs de triomphe. Ce genre de monu · texte numérisé non relu

Arcs de triomphe. Ce genre de monu

ment fut particulier aux Romains; il consiste en de grands portiques élevés à 1 entrée des villes, sur des rues , des ponts ou des chemins publics, à la gloire d’un vainqueur, ou en mémoire d’un événement mémorable. Les

plus simples n’eurent qu’une seule arcade, ornée de colonnes toscanes ou doriques : tel est l’arc de Titus à Rome; celui de Vérone est à deux arcades , et paraît avoir servi de

portes à la ville. Dans ceux à trois arcades, les deux arcades latérales sont plus petites

que celle du milieu; tel est l’arc d’Orange.

Les arcs de triomphe de ce genre sont couronnés par un attique très-élevé, qui portail des inscriptions, quelquefois des bas-reliefs, et supportait aussi des chars de triomphe, des statues équestres, etc. Ses archivolte

étaient ornées de victoires portant des mh des bas-reliefs représentaient tes armes ?

ennemis vaincus, des trophées de tout gen* et même les monuments des arts qui avafe!

orné la marche du triomphateur. Qu ail(1 ç “ lui-ci passait sous le portique du milieu use figure de la victoire, attachée par des corde? déposait une couronne sur sa tête. Lorsqu’t arc de triomphe n’est qu’un monument de reconnaissance, et n’a pas été élevé à la gloire d’un vainqueur, on n’y remarque aucun vestige de trophées ni de symboles militaires.

On connaît un assez grand nombre d’arcs de ces deux genres, et ce qu’on vient d’en dire suffira pour ne pas confondre deux espèces de monuments analogues, qui avaient une destination différente. L’architecture et la sculpture y déployaient toutes leurs richesses; les figures de ces portiques, gravées au revers des médailles romaines, nous en donnent une haute idée. La France conserve les restes de

plusieurs arcs de triomphe romains; on les voit à Saint-Remi, Cavaillon, Carpentras, Orange, Reirtis , Saint-Chamans , Saintes ; ces dem derniers étaient construits sur le pont de chacune de ces villes.

lOMBEAÜX, MOMIES, CERCUEILS, etc. 93

SECTION VIII

n es tombeaux, momies, cercueils, figurines, papyrus, tumuli, pierres gauloises, etc.

75. Tombeaux. Les honneurs rendus aux morts étaient plus profondément associés aux idées religieuses des anciens qu’à celles des modernes ; aussi nous est-il parvenu un grand nombre de monuments funéraires des premiers, de formes très-diverses. Quelques-uns sont d’une simplicité extrême, tels sont ceux des Gaulois;. d'autres sont le produit de tous les arts qui les ont embellis de toutes leui s magnificences, tels sont les tombeaux des Égyptiens; d’autres enfin, ceux des Grecs et des Romains, sont des chefs-d’œuvre de sculpture et d’architecture, et les inscriptions qui les accompagnent, très-souvent des modèles de précision , et l’expression des plus beaux sentiments.

76. Egyptiens. Les pyramides étaient des tombeaux (Y. ce mot, n° 62). Ces monuments étaient la dernière demeure des rois et des grands personnages de leur famille ou de l’État, et particuliers à la basse ÉgyP tli - ® ans

MONUMENTS d’aiICHIïEctu

la haute, d’immenses excavations d»« ,

montagnes de la Tliêhn-.vt,. ‘ ans| <s

montagnes de la ïhébaïde

’ 1 011 sait avec quelle m J

restes mortels, Cl , un sait avec quelle licence ces tombeaux des rois étale !

vailles et ornés. Leur entrée,

fermée-, était souvent indiquée par un situ?

lacre de portique taillé sur le flanc dpi montagne. Un grand nombre de couloir quelquefois coupés par des puits profond!

et des salles , quelques-unes très-spacieuses conduisaient enfin, et par des issues souvent déguisées, à la grande chambre où était le cercueil ordinairement de granit, de basalte ou d albâtre. Les parois de l’excavation entière, ainsi que le plafond, étaient couverts de sculptures coloriées et d’inscriptions hiéroglyphiques où le nom du roi défunt était

souvent répété. On y figurait ordinairement toutes les cérémonies funéraires, la pompe même de l’inhumation, la visite de l’âme d»

mort aux divinités principales, ses offrandes a chacune d’elles, enfin sa présentation par e dieu qui le protégeait au dieu suprême de Amcnthi ou enfer égyptien, et son apothéose.

ien n égale la grandeur de ces ouvrages, la nc iesse et * a variété de leurs ornements; les

tombeaux, momies, cercueils, etc. 95

, ires quoiqu’ea très-grand nombre, sont iuèfois de grandeur colossale; souvent li les scènes de la vie civile se mêlent aux représentations funéraires; on y voit les travaux de l’agriculture, les occupations domes- |ique s la chasse, la pêche, des recueils d’oi- J, ux ’ de quadrupèdes, etc., des musiciens, des danseurs et des meubles d’une richesse, d’une élégance admirables ; aux plafonds sont ordinairement des sujets astronomiques ou astrologiques. On trouvera dans la relation du voyage de l’infortuné Belzoni en Egypte la description du tombeau qu’il a ouvert dans les environs de Tlièbes; c’est celui du ioi Ménephtha I er , onzième roi de la 18 me dynastie, et qui régna vers 1610 avant 1 ère chréune. Belzoni, qui avait reconnu une ene encore intacte à la suite de la troisième le, pénétra ainsi jusqu’à la sixième, bien mincu que le tombeau n’avait pas éti )lé; mais le cercueil, en albâtre, était ou- , son couvercle brisé; on y avait pénetu un couloir souterrain qui aboutissait à e salle , et qui paraissait avoir son issue le flanc de la montagne opposé à celui ou 1 l’entrée. Le nombre des tombeaux < •

96 MONUMENTS d’ARCHITECTTJBE ce genre était de 47 selon les anciens- ;

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n’en existait plus que 17 sous les Ptolém et quelques-uns de ceux-ci avaient déjà violés du temps de Diodore de Sicile, il « raît que les Arabes les ont cherchés avec beaucoup de soin, et qu’ils ont pénétré dans la plupart, ainsi que dans les pyramides l’on voit des inscriptions couliques qui ne 1 4es permettent pas d’en douter. Il est certain que le premier soin d’un roi montant sur le trône était de faire travailler à creuser son tombeau dans le flanc des montagnes de Biban-el-Molouk, ou Biban-Ourôou , les hypogées de rois. Il est certain aussi que les tombes® des rois qui ont régné longtemps sont plus vastes et les plus décorés. Ornés de peintures religieuses , on y retraçait la fie future du roi : comparé, durant sa vie, an soleil accomplissant sa course d’orient en occident, après sa mort, il parcourait comme cet astre l’hémisphère opposé d’occident ei orient, jusqu’à ce qu’il revînt à une nouvelle vie pour continuer sa transmigration, habiter le monde céleste, ou être absorbé dans le sein d’Ammon, le père universel, selon ses mérites. C’est à ce sens général qu’on peut

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tombeaux, momies, cercueils, etc. 97

il Apporter les innombrables scènes religieuses a «ù le roi défunt ligure en compagnie des di~ t », vinités qui le protègent.

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77 . Les simples particuliers étaient inhumés selon leur rang et leur fortune. Leur tombeau, également creusé dans la monta-

iii gne, se composait d’une ou de plusieurs sal-

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les : la dernière contenait le cercueil et la momie. Yoici la description d’un tombeau de ce genre, nouvellement découvert. On parvenait à la première salle par un puits de plusieurs pieds de profondeur; l’entrée était sur mi côté de ce puits; on n’a rien trouvé dans cette première chambre, que des débris qui prouvent qu’elle avait été autrefois visitée; mis une seconde porte, dont l’ouverture, très-peu élevée au-dessus du sol, était ca chée par ces débris amoncelés, donna entrée dans une seconde salle absolument intacte; elle avait 8 pieds dans un sens et 10 dans

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I autre; au milieu était un triple sarcophage en bois, entièrement peint en dedans et en dehors, et portant de nombreuses inscriptions

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hiéroglyphiques ; dans le cercueil intérieur, tepluspetit des trois, était la momie du mort, te tête, on a trouvé les offrandes qui lui

avaient été faites ; la tête et l’épaule d’u bœuf, deux plats combles de légumes cufe ou de pâtes , plusieurs amphores de vi n J s’est évaporé, et quelques pièces d’étoffes de coton ou de laine. A droite et à gauche du cercueil étaient des ligures en bois d’environ 2 pieds de hauteur, ligures de la femme et de la fille du mort, lui apportant ces offraitdes dans un coffret chargé sur leurs têtes, et une amphore à la main; à côté de chacune d’elles était une barque de deux pieds de longueur: au milieu de la première barque, est un baldaquin destiné à recevoir la momie; en attendant, des femmes lavent la tunique d« mort : l’une fait la lessive dans une grande jarre, l’autre lave la tunique sur une planche inclinée; d’autres figures, toujours en bois, se livrent à des occupations analogues. Sur l’antre barque, la momie est déjà transportée sous le baldaquin; la femme et la fille du mort, éplorées, et les cheveux couvrant leur visage, sont inclinées sur la momie, avec l’expression de la plus vive douleur, et seize matelots , la rame à la main , sont prêts à commencer le voyage de la momie à travers le lac qui va la transporter dans l'Amenthi-

tombeaux, momies, cercueils, etc. 99

On sent que ces scènes pouvaient être vat iées à l’infini ; mais ce qui vient d’être dit donne une idée complète de certaines sépultures particulières. D’ailleurs, la distribution des Égyptiens en castes subordonnées devait avoir réglé les droits des morts comme ceux des vivants, et la fortune de chacun ou l’atlâchement de ses héritiers , déterminait encore la richesse de ces maisons funéraires, les seules de l’antiquité, et que les Égyptiens considéraient comme si importantes , leurs croyances religieuses fixant toute leur attention vers ces demeures éternelles , d’où la curiosité des modernes les arrache avec tant de zèle et d’empressement.

78. Momies humaines. L’usage, ou bien ie défaut de terrain pour les cimetières , aussi les excavations faites dans les montagnes pour l’extraction des matériaux employés dans les immenses monuments de l’Égypte, et des motifs d’hygiène publique tirent que tous les morts y étaient momifiés.

M. le docteur Pariset a donné de la momification en Égypte, pratiquée d’ailleurs sui tous les animaux de quelque volume, une rais °u généralement adoptée. Les prêtres égyp-

tiens connurent la peste dès la P , Us h antiquité. Ils s aperçurent qu’elle pro Veil . des émanations putrides produites par l â c ruption des chairs après les inondations T Nil. En momi liant les hommes et les animai!

déposés, ainsi préparés, dans des catacombes hors des atteintes de l’inondation, ils délruisirent la cause réelle de la peste pendant une longue suite de siècles. La peste, qui est originaire d’Égypte, n’y a reparu, au ci», quième siècle, que lorsque l’usage desmomies fut abandonné par les chrétiens. On enterra les hommes et les animaux; l’inondation les atteignant les putréfia, et il est constant que l’intensité et les ravages de la peste sont proportionnés à la hauteur d« l’inondation qui couvre une plus grande surface de pays et met ainsi plus de matières animales en putréfaction. Les anciens avaient connu et fait cesser ce cruel fléau : avec «ne bonne police, le même remède aurait de nos jours la même efficacité.

Quant aux différentes classes de préparations des momies, l’état du défunt et la dépense qu’il pouvait faire décidaient encore de son sort. Les pauvres étaient seulement des-

tombeaux, momies, cercueils, etc. 101

jéchés par le sel ordinaire ou par le natron, enveloppés dans des toiles grossières, et placés ainsi dans les catacombes. Le corps des grands personnages était au contraire l’objet de soins minutieux et entouré de riches ornements.

Des embaumeurs de diverses classes, et dont diacun avait des attributions spéciales, étaient thargés d’extraire le cerveau par le nez, au moyen de petites pinces appropriées à cet «sage, les entrailles et les viscères principaux , au moyen d’une incision faite sur le côté; le corps était ensuite épilé, lavé et livré à l'action des sels qui desséchaient les muscles et loulesles parties charnues. Léscheveux étaient frisés ou tressés, et après l’expiration des I délais déterminés par des règlements sévères,

I surtout à légard des corps de femmes, l’em- I taimement commençait, et voici ce que l’exa- I sien d’un grand nombre de momies m’a ap- I pris. La tète était remplie jusqu’à moitié du I tanne le plus parfait; quelquefois on rem- I plaçait les yeux naturels par des yeux dé- I Mil, et on dorait la ligure entièrement. Le l'entre reprenait sa proéminence en le boui- |V d’herbes sèches ou de c.oton, et en y plant du baume. On y mettait aussi quel-

102 MONUMENTS o’ARCHITECTURK.

quefois des figurines en terre émaillée; u scarabée a été trouvé sous l’oreille droit d’une momie ouverte chez l'eu M. Durand Paris. Le corps entier était plongé dans | f baume. On enveloppait ensuite avec des bandelettes d'étoffes plus ou moins ti nes chaque doigt des pieds et des mains, quelque, fois après en avoir doré les ongles; on a vu aussi que chaque doigt était enfermé dans un étui en ôr. On laissait encore de riches colliers et des bagues à certaines momies. Les bandelettes couvraient ensuite chaque membre séparément, et enfin le corps tout entier; et, au moyen de serviettes, d’écharpes, de tuniques quelquefois hors de service, on tâchait de rendre à la momie ses formes naturelles et proportionnées. La tête était l’objet de soins particuliers : j’ai trouvé sur le visage d’une momie plusieurs doubles de mousseline trèsline ; le premier était d’abord collé sur la chair, les autres sur celui-là, et au-dessus de tous une couche de plâtre qui conservait les traits de la figure et était couverte d’une feuille d’or; les yeux y étaient peints; du plâtre très-fin, coulé à l’intérieur de ce masque, a donné le portrait du mort et jusqu’au relief

tombeaux, momies, cekcüeils, etc. lo:t

. s s0 urcils. On connaît aussi des masques or pur trouvés sur de riches momies. Les Lues en carton sont quelquefois seuls ausite bandelettes, et embrassent toute V jusqu'à la poitrine. Un colber s , „l>che ensuite, formé de grains et de cylmde verroterie , différents de couleurs et entremêlés de figures de divinités en terre émaillée et plates, attachées aussi au collier. Au-dessous est le devant d’une tunique de même matière, où les couleurs sont également très - variéës , mais de manière à former des dessins réguliers de scarabée, de globe ailé, etc. , et une inscription hiéroglyphique perpendiculaire. Les singularités et la i a riété qu’on remarque dans l’arrangement des momies sont infinies. Au lieu de colliei et de tunique d’émail, on trouve plus or 1 aairement un cartonnage qui enveloppe tout*

la momie en forme de gàîne; ce cartonnage , de papier ou de toile, est très-solide et re couvert par une couche de plâtre sui a quelle on a appliqué des peintures et meme des dorures. Ces peintures sont relatives au ^ obligations de l’âme , à ses visites à iver sos divinités, et l’inscription hiérog .YP 11

monuments d’abchixecxbhe.

perpendiculaire qui est sur l emilipn

le nom du mort, quelquefois celui T" peie et mere, et ses titres et Quaiii^* cartonnage enveloppe souvent la J.2 , U

entière, et il est rapproché par d ! '

moyen d'un lacet. Ainsi arrangée L M était déposée dans le cercueil.” ’ “ 0ID *

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