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On appelle pierres fichées , des pie

116 MONUMENTS D’ARCÏIITECTüRe

plates de moins de 1 pied d’épaisseur,

1 à 4, et longues de 10 à 20 et au delà , ■ sont plantées en terre par leur extrémité!' plus large; ordinairement, et dans les pav î où l’inclinaison des couches des rochers 4 verticale, on enfonçait ces pierres entre deux de ces couches, et, engagées par leur propre poids, elles y sont encore debout. Elles sont brutes et sans aucun travail ni ornement' j’en ai vu une semblable près d’un grand tumulus, auquel elle servaitcomme de signal.

Lorsqu’on les trouve absolument isolées i) est possible que le tumulus ait disparu. Il n’y a pas encore longtemps que les paysaus allaient, pendant la nuit, oindre ces pierres avec de l’huile et les entourer de fleurs.

89. Pierres levées. Cette autre espèce de monuments gaulois est très-commune eu France; d’énormes pierres plates et longues sont placées de champ et parallèlement dans la terre à 3 ou 4 pieds de distance; à l’une des deux extrémités, une autre pierre ferme cette sorte de chambre, etuneautre les couvre toutes trois. On a voulu y reconnaître des autels gaulois; mais celles que j’ai fouillées ne permettent pas de douter qu’elles ne fus-

tombeaux, momies. 11?

tombeaux. A peu de protondeur on

*“ l d , bien tôt des ossements humains, des

«es de silex, de

tinp ou de bronze , et des ossements "'1, s animaux qui pouvaient y avoir tUms avec le mort. Ou , a vu aussi itaaelois, à côté des pierres du tombeau,

L os de cheval et d'autres grands quadru- Mes Le plus remarquable des monuments e ce genre est celui qu’on appelle pierre Lti!e, dans la commune de Livernon près Figeae , département du Lot La pier t supérieure a 22 pieds et demi de long, • pieds 2 pouces de large, et près de 2 pie s d’épaisseur. Cette masse énorme repose sur les deux autres pierres parallèles; e ( est en équilibre sur leur renflure, et il suint de la moindre pression avec un doigt pour lui donner un mouvement d oscillation qu

se prolonge assez longtemps. {Statistique

Upartement du Lot , par teu Delpon , ouvrag ^ manuscrit, couronné par l’Académie des scie

ces en 1821.) . -

90. Momies gauloises. On a PP® U des corps desséchés, trouvés en u ' ” dans le siècle dernier. Ils ne portent cep

118 monuments d’architecture.

dant les traces d’aucune préparation t».

nuque; ils sont entourés de linges pt r sa * sent avoir été ensevelis avec quelques w" Peut-etre leur conservation est-elle due Ha nature du sol, plutôt qu’à un embaument dont on ne connaît que ces deux exemples Ces momies gauloises sont déposées aucabs net d’anatomie comparée du Jardin du Roi' 91. Les Romains appelaient sepulcrum les tombeaux ordinaires, et monumenlum l’édi lice consacré à la mémoire d'une sans aucune cérémonie funèbre; de-sorleque le même mort pouvait avoir plusieurs monuments , et dans des lieux divers: mais ne pouvait avoir qu’un seul tombeau. Les tombeaux romains sont très-divers, quelques-uns

étaient des tours à plusieurs étages; "tel esi celui de Saint-Remi en Provence; et deux tours également funéraires ont été récem-

ment démolies à Aix,dans la même province.

Les tombeaux les plus communs sont un cippe en pierre, plus ou moins considérable, plus ou moins orné, ordinairement de forme quadiangulaire, et portant sur sa face principale 1 inscription latine qui rappelle les uoms, les titres et la filiation du défunt. Les

ÏOPBATJÏ, MONUMENTS, URNES, etc. . i»

• n *ions funéraires commencent ordinai- '" SCriP . nar les lettres D. M. Dns manibus, ft Ses prénoms, nom et surnoms du su génitif et au datif; assez souvent Tl« D. M. manquent, et alors les noms ?,w du mort sont au datif. On , lit aussi

inefois son âge, en années mois et jours le non. du parent, de l'affranchi ou de Uni qui a posé le monument sur la tombe 1, défunt. Lorsqu'il élait enfermé dans un mmkaqe, l’inscription était gravee sur lie antérieure de la cuve. On trouve dans inscriptions de ce genre beaucoup de limées précieuses sur la propriété des tom- ■»«; on y voit tantôt qu'il ne doit point

Ivir à l’usage des héritiers, H. M. H. IN. b.. [oc monumentum hcüvedes non sepalur, il bien encore, H. M. AD. H. N. TR * ’

(oc monumentum ad hŒvedes non transi ?

I tantôt jusqu’où l’on portait les précau ions

our que le tombeau subsistât toujours ma re le changement de propriétaire du s0 ^ ieci s’appliquait surtout aux tombeaux pci r ^ kuliers , car chacun pouvait avoir le - ie ^ es tombeaux de famille étaient ceux ù* 1 M faisait construire pour lui , ses en

120 MONUMENTS D’ARCHIÏECTDRk

ses proches et ses affranchis; enfin un esn dont l’inscription indiquait l'étendue, e y sacré comme le tombeau, et suivait sa desu' nation. Après que le corps était brûlé U cendres étaient enfermées dans une wne c néraire , vase de toute matière et de formes variées, avec ou sans inscription; on en voit dans toutes les collections, et quelquefois aussi, au lieu de l’urne, on employait a J même usage des coffrets de marbre ou d’argile, ornés de symboles ou de bas-reliefs analogues : une inscription funéraire indique assez clairement leur véritable objet. Les urnes de la même famille étaient quelquefois déposées dans un local préparé à cet effet, occupant un assez petit espace, et contenant néanmoins les cendres d’un grand nombre de corps. Ses murs intérieurs étaient percés de plusieurs étages de petites niches cintrées, et dans chacune on plaçait et on scellait une ou plusieurs urnes, jusqu’à quatre au plus; des inscriptions gravées ou attachées dans l’intérieur des niches indiquaient le nom et les qualités du défunt : c’est ce que les Romains appelaient un columbarium, nom tiré de l’aspect intérieur de l’édifice et de la similitude des

I v0 | E s PUBLIQUES, CAMPS, etc. 121

1 |jcbes a vec les t rous où les pigeons font leurs nids Gori et l^ an(lini ont donné de savantes descriptions du columbarium des affran- Ijjg d e Livie. Quand le défunt, mort à la guerre ou sur la mer, n’avait pas reçu les /honneurs de la sépulture, on lui élevait un cénotaphe, tombeau vide , avec des honneurs et des cérémonies réglés par les lois; ces cénotaphes portaient les mêmes ornements que les sarcophages et les tombeaux. Quant aux inscriptions funéraires, partie essentielle de ce genre de monuments, nous en traiterons plus au long dans la section relative aux inscriptions romaines.

SECTION IX

Voies publiques, camps et aqueducs romains.

92. Voies publiques ou militaires . Des relations suivies entre les hommes et les peuples de divers pays firent bientôt sentir la nécessité des voies publiques , chemins ou routes. Tous les peuples en construisirent, mais avec plus ou moins de solidité et de perfection. On a trouvé en Égypte des rou-

tes et des chaussées construites avec W

coup de soins; mais il ne paraît pas quel Grecs se soient occupés à donner aux voie* publiques les dispositions qui en rendirent ailleurs l’usage utile et commode. Hérodote dit qu’à Lacédémone ce soin était dévolu aux rois, et les grands chemins sont au nom.

bre des objets que Strabon dit avoir été négligés par les Grecs; aucun peuple n’égala donc les Romains dans ce genre d’établissements publics.

93. Voies romaines. Leurs restes , et ils sont assez nombreux en France, excitent encore, par leur solidité, l’admiration des voyageurs. Appius Claudius, l’an 44-2 de Rome (311 ans avant J. -G.) , lit construire la première voie pavée , depuis la porte Capène jusqu’à Capoue; elle porte encore le nom de V ia Appia ou Voie apprenne. Les roules principales qui traversaient les Gaules sont: 1° la Via Aurélia , de Civita-Vecchia {Forum Aurelii ) à Arles ; 2° celle d’ Emporium, près des Pyrénées jusqu’au passage du Rhône; 3 a la Via Domitia , deDomitius Ahenobarbus, qui traversait la Savoie et la Pro- D vence; 4° celle qui fut construite par Pompée

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VOIES PUBLIQUES, CAMP9, etc. 123

ui se prolongeait de l’Italie dans les Gaules I [s à travers les Alpes; 5° la voie militaire les Lr le val d’Aoste, aboutissant à Lyon; 6<> sa

ai prolongation par Agrippa, conduisant dans Me I l'Aquitaine par l’Auvergne, au Rhin près de Jlii l’embouchure de la Meuse, à l’Océan par la nu. J Bourgogne et la Picardie, et la quatrième à né- Marseille. Rome était le point central auquel ala I toutes les routes aboutissaient par de nomseJlreux embranchements qui réunissaientainsi les provinces les plus éloignées. On peut ilil oonsulter à ce sujet, et pour les directions et il] pour les distances, l’Itinéraire d’Anlonin, la J «rte romaine publiée par Peutinger, et surfit tout l’ouvrage de Bergier sur les grands che- -■! juins de l’empire romain. Auguste donna un « soin particulier à l’établissement des grandes de routes (Y. Colonnes milliaires, au n° 58); il esj y plaça des messagers, et ensuite des courriers. Les Romains affectaient de donner à leurs routes une direction droite, et d’éviter n les sinuosités, en comblant les endroits trop K abaissant les élévations, perçant Jes rochers et les montagnes, et éditiant des ponts. Deux sillons indiquaient d’abord la largeur ode la route; on enlevait tout le terrain meu-

rt:

124 MONUMENTS D’ARCHlTECTtRg,

ble sur cette surface, et cette excavation m* qu au terrain solide était comblée oar h I ,

tériauxdechoixjusqu’àlahauteurUlïfc

p °'! r h , rou,e ' “'o" Welle élait j» L

plaine, la montagne, ou des terrains m Æ

geux. Bergier cite des voies romaines] France qui s’élèvent jusqu’à 20 pieds a«.p dessus du sol. La plus basse couche, lesji tumen, se composait de moellons plats J dans le mortier; la seconde, appelée raè,i était un blocage de petites pierres mêlées Je mortier ; la troisième, le nucléus ou noyau, se composait d’un mélange de chaux , de cnj et de terre franche battues et corroyées ensemble, quelquefois aussi de gravier et chaux, et c’était dans cette troisième couche qu’était placée la quatrième, le summm, dorsum ou summa crusta, composée de cailloux ou de pierres plates taillées en polygones irréguliers ou équarries à angles droits, Quand on ne plaçait pas la quatrième couche ou le pavé, la surface était un mélange de gravier broyé et de chaux; quelquefois les Romains substituaient la terre franche à ce mortier, mais ils donnaient le même nombre découches fortement massivées avec des pi

VOIES PUBLIQUES, CAMPS, CtC. t25

ferrés. Les bords des chemins élevés Sent soutenus par des murs de revêtement.

La largeur ordinaire des grandes voies romaines était de 60 pieds, et divisée en trois parties : celle du milieu, un peu plus large, Jit bombée et pavée, les deux parties latérales étaient couvertes de gravier; on en con- L it cependant qui n’avaient en tout que H pieds de largeur. On voyait sur les grandes roules des temples, des arcs de triomphe, jes villœ, et surtout des monuments funé- , qui rappelaient aux voyageurs le souvenir des hommes illustres ou des événements mémorables. On sent aisément que 1 impoi tance des communications réglait principalement la direction et la construction plus ou moins parfaite des routes romaines. Ce qui rient d’être dit suffira pour en faire reconnaître les vestiges, et une tranchée qui mettra à jour les différentes couches, sera encore la plus sûre indication pour les archéologues.

94. Camps romains , camps de César . On cette dernière dénomination a des t retranchés qui remontent à une assez grande antiquité. Ces camps sont assis sur des

m MONUMENTS d’ARCHITEcxBhe.

points élevés ou appuyés d’un côté », riviere, ou bien entourés de vallées mhu qui leur servaient de défense. Si quelo,,! ?

était inaccessible par sa pente, on n’y £ aucun travail; sur les autres on élevait d retranchements de plusieurs pieds, déféré par un fossé, et aussi des terrassements a dos d’âne. On. y ménageait les issues neces saires aux communications extérieures, lv.

tat des murs et des travaux servent, en génè ral, à caiactéiiser ces camps et a reconnaît]? leur époque. A en croire certains écrivains, il en existe un assez grand nombre en France mais on ne doit pas donner à tous le nomdi camp de César; ce chef militaire ne lesapai fait construire tous, et les généraux qui In succédèrent dans la Gaule se trou vèren souvent dans la même nécessité. Il faut auss distinguer les camps romains de ceux qn d autres peuples construisirent aussi dans le Gaules à des époques postérieures. On troue dans ceux qui sont réellement d’origine ro maine, des débris d’armes et des médailles c est le signe le plus certain de leur véritabl temps, et l’on ne doit pas oublier que la n; ture du lieu où ils étaient assis, ses pente

VOIES' PUBLIQUES, AQUEDUCS, etC. 127

ses directions, eurent une influence inévi-

: 'JL sur la forme et les dimensions des camps i)gs Romains. On ne saurait donc en assignei

de générales.

95. Aqueducs . Ils furent inconnus aux Grecs, et les Romains multiplièrent ce genre de construction, à Rome et dans toutes les provinces. Les aqueducs étaient apparents ou souterrains. Ceux-ci, qui traversent quelquefois des espaces considérables et des rochers, contenaient des tuyaux en argile ou en plomb, marqués très-souvent ou du nom du potier, ou des noms des consuls, et ces tuyaux sont ronds ou semispbériques. Les tuyaux antiques sont très-communs en France, et prouvent, par les soins apportés à leur fabrication, ceux, que les Romains donnaient aux aqueducs même particuliers, les tuyaux s emboîtant très-exactement l’un dans l’autre par des feuillures très-régulières. Les aqueducs apparents étaient construits à travers les plaines et les vallons, et composés de trumeaux ou pieds-droits et d’arcades. Au-dessus était le canal également construit en maçonnerie, et enduit sur ses trois faces d’un ciment dur; ces aqueducs étaient simples, douve

128 monuments o’auchit ECTüRe OU triples, selon qu’ils étaient con , ■

seul, de deux ou trois étages dw/'

<1“ on appelle le pont du Gard, près d ^ nies, est un aqueduc de cette roisièm! '*

pece. Il est sur une seule ligne; S® * ordinairement, ceux surtout qui s’éten/ *

a pl “ sie " rs ”«'<*. ,1e fréqu ^|

nuosites, rendues necessaires soit p ar i a s „, lace nu sol qui les porte, soit par la <le ralentir l’impétuosité de Peau su, la pente Ou voit les ruines d'aqueducs ,«,* sur pluaeurs points de la France, à Aras, • Metz, a L;v on, etc.: un aqueduc antique près de Vienne (Isère) vient d’èlre restauré et lendu a sa destination primitive.

DEUXIÈME division

HOMJMENTS DE SCULPTURE.

SECTION I

Style particulier à chaque peuple.

96 Los monuments antiques, produits de .sculpture, sont tellement nombreux et Taies, ils se trouvent si fréquemment à la poiée de ceux qui les.recueillent, ils abon ent ant dans les cabinets publics et particuliers, lu’ils sont l’objet le plus ordinaire de l ai ention et des recberclies de l’arclieo ogue^ Les statues de grandeur naturelle ou co or sale, les figures de proportions mom ïes »

les figurines quelquefois très-petites, ei les bustes et les bas-reliefs qui nous sonnenus de l’antiquité classique, se îetiouv partout, et leur multiplicité même ren

élude plus compliquée et plus 1 1C1

premier pas à faire dans cette etu e.

130 MONUMENTS DE SCULPTur e I

importante des notions qui s ’y rapporte,,, ! et la plus nécessaire, c’est de distinguer ,r I bord avec certitude si la figure quoi, ex * I mine est un ouvrage égyptien, étrusque, Z I < gaulois ou romain , et celte distinction repose II < entièrement sur la connaissance approfondie 1 1 du style particulier et spécial à chacun de ces 1 1

peuples. Nous devons donc en exposer ici I < les traits principaux. I ,

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