Nous prions de considérer que ce
sitmé d'archéologie est le premier livre élémentaire, publié en France, qui en embrasse loutes les parties. Il existe une foule d’ex, cellents ouvrages où les vrais principes de fe science sont consignés, et les bonnes leçott très-abondantes; je les ai pris pour guides, e j’ai dû m’appliquer, moins à écrire un traité complet sur la matière, qu’à éviter les errent en traitant des sujets, cependant assez no»
breux, qui ont pu trouver place dans moi plan. 11 y aurait beaucoup a ajouter pourra dre cet ouvrage complet. Je serai satisfaits la critique y trouve peu à reprendre, et si présente à l’archéologue et à l’amateur le véritables rudiments d’une science vaste da« son objet , importante dans son but , qii charme à la fois l’esprit et l’imagination,e rappelle de la manière la plus expressives sur la foi des témoins contemporains, 1 plus grands et les plus nobles souvenirs i l’histoire.
18. Les anciens ne connurent pas l'archée logie comme science: l’Égypte se place al rigine des sociétés policées, elle n’eut p® d’antiquités à étudier que les siennes pi' 1
IIISTOKIQÜE.
près; la Grèce alla lui demander des lois, des institutions, et son génie perfectionna les arts dont elle recueillit les éléments sur les bords du Nil. La Gaule était solitaire comme ses druides; les vieux Italiens se perdent dans les ténèbres primitives de notre Occident, et Rome n’emporta delà Grèce que des objets de prix, comme butin, et non comme sujets d’étude. Elle dépouilla aussi l’Égypte de quelques obélisques et de quelques statues; mais c’étaient des trophées qu’elle enlevait, et dans l’esprit du vainqueur il n’entrait aucune des vues que se propose l’archéologue. On pourrait considérer Pausanias comme amateur; il décrit soigneusement les monuments de la Grèce; mais il ne systématise point leur étude, et la science archéologique est encore à naître après lui.
19. Elle est un des bienfaits de la renaissance des lettres en Europe, et ne date que de cette époqueà jamais mémorable. Le Dante et Pétrarque, en cherchant les vieux manuscrits, recueillirent aussi les vieilles inscriptions. Les médailles attirèrent encore l’a ttion du chantre de Laure; il en envoya une collection au roi Charles IV, en lui proposant
INTRODUCTION
pour modèles quelques-uns des grands pri».
ces dont il lui offrit les efiigies. Des reste de la peinture antique furent découverts) l’époque même où l’on commençait à raison nersurla théorie de cet art, au seizième siècle Le Laocoon apparut en même temps; Raphaël et Michel-Ange étudièrent la sculpture aa tique, les pierres gravées, les grandes ruine de l’architecture grecque et romaine; les érudits y cherchèrent l’explication des traditions écrites sur l’antiquité, et la science propre mente dite fut dès lors fondée. Laurent* Médicis établit à Florence un enseignent public de l’archéologie; l’histoire de l’art vit puiser à la même source que ses théories Winckelmann écrivit sous l’inspiration desa chefs-d’œuvre, et l’alliance des arts et* l’archéologie fut scellée par le génie de & grand homme.
20. A de nombreuses monographies ou des criplions spéciales de certains monument succédèrent des traités généraux que, dai cette science comme dans quelques autres un zèle trop hâtif s’était empressé de pi duire. Des systèmes, parfois hasardeux, P renl la place de théories souvent erronées
et
HISTORIQUE
OnSjJs la raison humaine est comme la sphère
un astre nouveau, en s’élevant sur Qi^hdOizon, en entraîne d’autres sur tous ses ®T)55its, et ceux-ci sont éclairés simultanément d*une lumière nouvelle. Quand la physique fut dépouillée de ses erreurs, l’archéologie le fut aussi des faux systèmes: toutes les sciences ont été fondées quand les saines méthodes se sont dévoilées à notre esprit. L’entendement humain est un, il ne peut croire tout à la fois à la vérité et à l’erreur : c’est un in-
strument qui opère de même sur toutes les matières. Louis XIV fonda l’Académie des belles-lettres; Rome expliqua les monuments de sa splendeur primitive; des voyageurs courageux allèrent exhumer ceux de la Grèce, et le monde savant fut comme un laboratoire où l’on s’efforçait de ressusciter l’antiquité pièce à pièce. Graevius et Gronovius avaient recueilli dans leurs volumineuses collections les fruits épars de tous ces labeurs; Gruter et Muratori formaient un corps systématique de toutes les inscriptions trouvées dans le
monde romain; Montfaucon expliquait parles monuments les mœurs et les usages des anciens; dom Martin, la religion des Gaulois;
INT HODUCTI ON
Baxter, les antiquités britanniques, et Kir.
cher s'était donné pour un OEdipequi interprêtait toutes les énigmes égyptiennes.
21. Le siècle dernier fut réellement celui qui fonda la véritable science de l’antiquité : les conjectures téméraires, les explications puériles furent enfin décréditées; la multiplicité des monuments, la fondation des musées, le goût des collections particulières, multiplièrent aussi les moyens propres aux études fondées sur les rapprochements, et chaque partie de la science eut des maîtres dont les écrits forment encore les meilleurs disciples : le comte deCaylus soumit à l’ordre chronologique les monuments des différents âges, et pénétra le secret delà plupart arts qui les avaient produits; Morcellip un système régulier pour la classification des inscriptions selon leur sujet, et pour leur étude selon leur style; Eckhel coordonna méthodiquement la science des médailles; Itasche la rédigea selon l’ordre alphabétique: Passcri et Dempster ouvrirent à Lanzi la carrière des idiomes et des monuments de l’Italie antérieure à la fondation de Rome; Herculanum et Pompeï étaient découverts ; l’abbé
uisiouiQUi:.
Barthélemy réédifiait la Grèce de Periclès de ses propres débris; Zoëga déblayait les avenues de l’antique Égypte, et Yisconti paraissait au milieu de tant de travaux comme bien capable de les compléter tous.
22. Le commencement du siècle actuel est l’époque d'une révolution nouvelle dans la science : la France lettrée fit la conquête de l’Égypte savante; l’archéologie connut enfin ses origines. La Grèce antique y rechercha aussi les siennes; des lumières nouvelles éclairèrent réciproquement l’étude de l’une et de l’autre; un magnifique ouvrage fut le fruit du zèle le plus actif et le plus fructueux : monument d’un éternel honneur pour la France, qui l’a donné à l’Europe littéraire comme le fruit d’une ardeur à l’épreuve des
périls, et d’une constance qui fut plus que du courage.
23. Dès lors la science s’agrandit et appela de nouveaux disciples dans la carrière; Millin s’était voué à l’explication de l’antiquité figurée : ses Monuments inédits, sonJfeeïjréU de vases peints, sa Description de:
de Canosa, méritèrent tous les sut] gezétudia les monuments de tonif
IXTBODÜCTIOX
donna souvent d’heureuses interprétations- Dictionnaire d’antiquités est pour la science i!
guide a la lois savant et élémentaire. Dans Se autres contrées, en Italie surtout, l’arch^ logie classique eut de nombreux partisans 1 Naples et Rome en nomment plusieurs, tell que Rossi, Carcani, Fea, Testa, Cancel'lieri P. Visconti, dont les travaux ont obtenu uw légitime réputation; à Peruze, M. Vermiglioli professe l'archéologie, en publie les éléments , et il se voue en même temps à Finterprétation des monuments étrusques; î F lorence, M. Micali a consacré à l’histom des peuples qui tirent ces monuments, ui ouvrage célèbre dès son apparition ; MM. Zan noni et Inghirami, quelquefois ses antagonistes, rivalisent de zèle avec MM. Alessandri et le comte Capponi, pour faire connaltn convenablement les richesses de la célèbre galerie de Florence; à Milan, les Catlaneo, Malaspina, et ceux qui marchent sur leurs traces, ont répandu la lumière sur les ténèbres des vieux temps; à Turin, où la muni cence royale a ojfert la plus honorable hospitalité a de brillants débris de l’antiqi* Égypte, MM. de Balbe, Napione, Peyron.
histoiuque.
Gazzera , et autres savants distingués , sont aussi voués au culte de l’antiquité; l’Allemagne, si docte et si laborieuse, suit les nobles exemples des Ernesti , des Heyne, et de tant d’autres érudits qui ont associé les monuments à l’interprétation des auteurs; l’Angleterre exploite aussi à la fois ses antiquités romaines, galliques, saxonnes et normandes; et tant d’efforts réunis ne peuvent être infructueux pour l’histoire approfondie des primitives expériences sociales, seul but vraiment philosophique de l’archéologie.
24 . Dans notre France, enfin, la science archéologique ne promet pas de moins heureux résultats; ses antiquités nationales, malgré le malheureux incident qui a ralenti les premiers efforts, trouvent dans tous nos départements des explorateurs instruits et désintéressés, dont le zèle est soutenu par la conscience du service important qu’ils rendent aux arts, aux lettres et à l’histoire; d’honorables récompenses ( une médaille décernée par l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres) ont déjà recommandé à l’estime publique, entre autres recherches, celles de MM. Schweighœuser ( sur le Haut-
INTHOOIJCTION
Klnn), feu Delpon (Lot), Dumêge , Hairt Garonne et ïarn-et-Garonne) , f e „ r (Côte-d’Or), Cbaudruc de Crazannes J?
rente-inférieure et Gers), Allou fiw Vienne), feu Artaud (Rhône), Jollois (y!'
ges), Saint-Amans (Lot-et-Garonne), Golfe (Haut-Rhin), Penchaud (Bouches-du-Rfe et Gard), Gaujal (Aveyron); et quelque^ d entre eux ont associé toutes les ressourt de l’érudition à l’examen et à la descriptif des mouments. Dans l’Académie, M. deh Borde publie la collection de tous ceux de 1 France; MM. Boissonnade et Raoul-Rocheit appliquent à l’histoire l’interprétation des mat lires écrits recueillis dans l’ancienne Grèce par les soins de ce dernier, les médailles non révèlent dos rois dont l’histoire écrite n’api conservé les noms; M. Letronne semble s’ètr,
consacré à ceux de l’Égypte grecque et romaine, et prépare laborieusement la publication de tous les manuscrits sur papyns • réunis à Paris , et de toutes les inscription recueillies en Égypte; ailleurs, ces manuscrits sur papyrus ont occupé les veilles dt MM. Young, Boeck , Kosegarten et autres;
,j ai réuni mes efforts à ceux de ces savant
historique. *•»
distingués; enfin l’alphabet des hiéroglyphes a été découvert, et il restitue à l’histoire des siècles qu’elle avait oubliés. Que de raisons pour espérer que l’étude de l’archéologie retirera des lumières nouvelles de cette persévérance éclairée , et l’histoire , des documents authentiques qui rectifieront ses erreurs et combleront d’immenses lacunes !
25. Tel est le but que l’archéologie doit se proposer constamment. Les objets qu elle embrasse dans ses études sont nombreux et variés. Pour les traiter tous selon leur importance, un ouvrage étendu serait nécessaire, et sans doute au-dessus de mes forces. Je n’ai donc point perdu de vue la véritable destination de ce résumé : il doit présenter une série de préceptes éprouvés et d’instructions concises et certaines , telles qu’elles résultent des travaux des grands maîtres où elles sont répandues. Mais cette série, malgré ses généralités, doit aussi être réduite à ce qui peut intéresser le plus grand nombre d’amateurs :
peu d’entre eux ont l’occasion d’étudier les grands monuments de l’architecture antique; ce que. nous en dirons se réduira donc aux faits principaux qui constituent la diffé-
INTRODUCTION
rence des styles et des pratiques des divers peuples dont nous nous occupons. Les p ro .
duits de la peinture antique s’offrent ni0 j ri j rarement aux yeux de l’observateur; on ij.
ehera d’en parler de manière à le satisfaire à l’égard des vases peints en particulier, genre d’ouvrages aujourd’hui assez commun. L es objets de sculpture sont aussi très-nombreux et chacun d’eux porte l’empreinte du génie du peuple qui l’exécuta; nous lâcherons de satisfaire à cet égard à ce qu’exige un livre élémentaire sur cette riche matière; et quant aux médailles et aux inscriptions, comme celles de l’empire romain se retrouvent partout, et bien plus communément que celles des rois, des peuples et des villes de la Grèce, en donnant sur ces dernières des renseignements généraux sur leur type, leur légende, leurs sujets historiques ou mythologiques, nous nous appliquerons plus particulièrement a réunir sur les premières toutes les notions qui peuvent eu faciliter l’élude et l’explication. Les meubles et ustensiles civils, religieux ou militaires, seront considérés par rapport à chacun des peuples dont nous nous proposons ici d étudier les monuments, et
historique.
i» leur variété même en jettera peut-être un P peu dans la rédaction d’un ouvrage ou nous # tâcherons de réunir les deux qualités les plus ® indispensables, la clarté et l’exactitude.
« 26. Il existe une foule de traités particuliers
s sur chaque partie de l’archéologie, et quel- 1 i ques-uns sont l’ouvrage de savants justement I» célèbres ou distingués. En réunissant ici pour , i a première fois, et dans un résumé sommaire, x l’ensemble de leurs préceptes et de leurs déil cisions, je m’appliquerai particulièrement à me montrer fidèle à leur autorité; et en y a ajoutant les faits nouveaux que mes études y spéciales, notamment sur les antiquités égyptiennes, qui aujourd’hui se placent justei; ment en tête de toutes les autres, ni out
* permis de recueillir, j’ose espérer de pouvoir offrir aux amis éclairés de l’antiquité un ouvrage qui ne leur sera pas tout à fait inutile, r c et pour lequel je n’ai pas eu de modèle. Je , rassemble et reproduis les leçons éparses des grands maîtres , c’est un nouvel hommage à leurs travaux et à leur mémoire.