‹ Traité élémentaire d'archéologie ...T. 2Chapitre 7 sur 79 · ORIGINE ET HISTOIRE · texte numérisé non relu

ORIGINE ET HISTOIRE

gravées que Raphaël et Michel-Ange s’épargnèrent des tatonnemens qui auraient peutêtre ralenti les élans de leur génie. D’autres peintres célèbres y ont trouvé des compositions qu’ils n’ont pas dédaigné d’imiter, et la glyptique moderne , dont la restauration est toute récente en France , travaille encore

d’après les beaux modèles que fournit l’antiquité, et qu’elle n’a pas égalés.

5. L’époque de l’invention de Fart de graver sur pierres fines, est tout-à-fait ignorée. Elle remonte aux plus anciens temps connus par les documens de 1 histoire. L Exode ( XXYIT , 9 et suiv. ) énumère les diverses pierres gravées qui doivent iaire partie des vêtemens du grand-prêtre Aaron, et cette indication remonte au X\ I e siècle avant F ère chrétienne. Les Éthiopiens , selon Hérodote , gravaient aussi des cachets ; on connaît des pierres avec des inscriptions en sanskrit, ancienne langue des peuples de l’Inde; mais dans la pratique de cet art, comme pour tous les autres , l’Egypte conserve encore sur tous les peuples son antériorité, démontrée à la fois par les relations historiques et par des monumens qui sont venus jusqu’ à

^ PIERRES GRAVEES.

nous. Leroi d’Égypte qui choisit Joseph pour son ministre , lui donna son anneau comme témoignage de la délégation de son autorité, et Joseph précéda les temps de 1 Exode de plusieurs générations. Les collections des pierres gravées égyptiennes, appelées scara • bées parce qu’elles ont la forme de cet insecte, nous en montrent qui , dans leuis inscriptions , portent des noms de rois antérieurs à l’existence même de Joseph. L’étude des monumens de la glyptique prouve donc que les plus anciennes productions de cet art sont des ouvrages des Égyptiens.

6. Les Étrusques , les Grecs et les Romains le pratiquèrent aussi, et il se conserva comme tous les autres arts jusqu’à l’irruption impétueuse de la barbarie sur les restes dégénérés de l’ancienne civilisation.

On est induit à croire que les Etrusques l’apprirent des Egyptiens , parce que les plus anciennes pierres gravées Étrusques ont aussi la forme d’un scarabée. Dans tous les cas, les Italiotes précédèrent les Grecs dans la connaissance de Hart glyptique , comme dans celle des autres arts qui dépendent du dessin , et ils y travaillèrent avant leur

BLlTElUJEL DE L AKT. j

\ première communication avec les Grecs.

K Mais les Grecs dedeur côté portèrent cet art jusqu’à son plusliaut point de splendeur, et ! c’est à leur génie qu’on est redevable de son admirable perfection. Les Romains furent les élèves des Grecs et n’égalèrent jamais

leurs maîtres.

§ II. Matériel de V art .

7. La mécanique de la glyptique n’a été décrite dans aucun des ouvrages qui nous restent des anciens ; on trouve quelques indications éparses dans les livres de Pline; mais on a reconnu que les anciens procédaient comme les modernes , en employant la scie

( terebra J , la bouterolle ( ferrum retusum) propre à user la pierre ou à l’entamer, le touret , la poudre et la pointe de diamant. Iis

avaient fait aussigusage du naxium ou grès du levant , ensuite dufschiste d’Arménie , et enfin de l’émeril qu’ils appelaient smjrns , et de l’os de seiche pour polir. Il paraît que les artistes anciens se chargeaient eux-memes de ce soin; aussi la perfection du poli est-elle un des caractères remarquables des pierres antiques. Ces artistes étaient désignes en g^~

g PIERRES GRAVÉES.

lierai sous la dénomination de lithoglyphes , é graveurs en pierre, mot grec dont le latin r scalptor ou cavator parait avoir été synony- t me. L’art de monter les pierres portait chez c les grecs le nom de htho colle sis , et ceux qui j s’y adonnaient à Rome , s’appelaient cornpo- £ sitores gemmarum. Enfin on donnait le nom c de dactylioglyphes aux graveurs d'anneaux , et j l’on a tiré de celui-ci les mots dactyliologie , i la science des pierres gravées en général , <

mais plus spécialement des bagues qu’on portait aux doigts ; dactylographie , la science de leur description , et dactyliothèque , cabinet ou collection de raonumens de ce genre.

8. Les substances employées par les anciens dans la glyptique, furent variées et nombreuses ; elles sont animales t végétales, minérales ou artificielles. Parmi les premières, on compte le corail et l’ivoire; parmi les secondes, le citronier , le buis, l’ébène , le sycomore, etc. ; les substances minérales, sont l’argile ou bien des bitumes, des métaux ou des pierres : i° l’argile cuite ; le jayet , le charbon-fossile , le succin , le cliryseîectrum , etc. ; 3° l’hématite, la calamite, la malachite et l’aimant ; 4° les pierres ont

MATÉRIEL DE l’aRT. 9

3 ')été plus généralement employées , et leur variété est presqu’infinie ; parmi les pierres ^diverses travaillées par les anciens, on a reconnu le lapis lazuli , le schiste calcaire , la pierre ollaire ou pierre thébaine des anciens, } *et la stéatite ou pierre de lard ; on a aussi fides exemples de pierres magnésiennes employées par les anciens , et parmi les substances siliceuses , qui font feu sous le briquet , les artistes ont choisi les plus dures •comme se prêtant plus sûrement à la finesse 1 et à la délicatesse des traits. On les classe selon qu’elles sont transparentes, semi-transparentes ou opaques , et on compte daiis ces trois classes ; i° le diamant, le rubis , le sapliyr , la topaze, l’émeraude , l’amétliyste , l’aigue marine, le grenat , l’hyacinthe, qu’on croit être le craterites de Pline , le cristal de roche ; 2 ° la plasme d’émeraude , ou prase , l’opale , le girasol, espèce d’opale très chatoyante , l’hydrophane, les agathes , la chaîcédoine, la cacholong, la sardoine , la cornaline, le jade; 3° le jaspe verd , jaune, brun, noir, gris, ou sanguin, c’est-à-dire, vert parsemé de taches rouges, le granit , le basalte, la serpentine, la siénite; enfin par-

IO pierres gravées.

mi les pétrifications , la turquoise a été soi,,

vent employée par les anciens

a. Les substances artificielles qu ils im rent ordinairement en œuvre , étaient de, vitrifications ; ils coloraient le verre et ! porcelaine , ils reprenaient et ouvrageaien au touret les pièces de verre qu’ils avaieti d’abord coulées ; ils combinaient des cou, ches de couleurs diverses , qu’ils soudaieu par l’action du feu. Les Egyptiens fire»

aussi des émaux dans la plus haute anti quité , et le nombre de leurs scarabées ei porcelaine ou autres matières cuites , es très considérable. Les anciens composerez aussi des pâtes vertes , bleues , blanches, etc., imitant les pierres fines; les objets antiques de cette nature sont également recherchés ; leur prix est indépendant de la matière , mais on doit à ces espèces de contrefaçons y la connaissance de plusieui ouvrages admirables dont les originaux nt

nous sont point parvenus.

loï’ Lâ nature de la gravure sur les pierrieS jvlés^fait diviser en deux grandes sec ytions; i° lètintaiUes , ou pierres .gravées ei creux ; 2° les camces y ou pierres gravées z

re

MATÉRIEL DE i’âRT. I T

relief. Les Egyptiens , les Etrusques , les Grecs et les Romains pratiquèrent également ces deux méthodes. Le scarabée figuré en relief et dans tous ses détails sur les pierres égyptiennes , constitue certainement un camée , quoique le plat de la pierre porte ordinairement un sujet ou une inscription en creux ; on connaît d’ailleurs plusieurs pierres égyptiennes dont la partie plate est encore taillée en camée , quoique le relief soit dans le creux. Il en est de meme des scarabées étrusques. Outre les deux grandes divisions qui viennent d’étre indiquées , les pierres gravées reçoivent encore d’autres dénominations caractéristiques , tirées de leur forme ou de la^nature même du sujet. On appelle scarabées , les pierres qui ont la forme de cet insecte posé sur une base applatie; cabochons , les pierres convexes ; grylli^ celles qui offrent des sujets grotesques ; caprices 9 les sujets groupés d’une manière bisarre; chimères l’association des parties de divers animaux pour en former un de pure invention ; et pierres astrifères , celles où des astres sont figurés. Lorsqu’une pierre porte deux ou plusieurs têtes de profil , ces têtes

12 PIERRES GRAVEES. ^

sont appelées conjuguées quand les profils ( sont superposés l’un au dessus de 1 autre, ( affrontées quand les têtes se regardent , et , opposées quand leur face est tournée sur les ( deux côtés contraires. ( Sccirabves , PL 111 , (

FlÇ*. i et 2.) 1

§ III. Abrcixas . f

1 1 . Une classe particulière de pierres gra. vées porte le nom d Abvcixcis 9 ou de pienes basilidiennes. On le donne à celles où sont figurées , ordinairement avec peu d’exactitude , des divinités égyptiennes ou autres, combinées avec des symboles tirés des religions de l’Inde ou de la Perse , et accompagnées d’inscriptions en lettres latines, grecques , coptes ou hébraïques , et de signes cabalistiques mêlés ensemble. Quelquefois les

inscriptions coptes forment un sens entier; souvent on n’y lit que le mot ABPAEAC, dont les lettres , prises numériquement selon l’alphabet grec , donnent ensemble le nombre 365 (Ai, B 2 ., P 100 , A i,£bo, A 1 , C ou S 200 , r= 365 ). On les considère donc comme le symbole du culte du soleil dans la secte des Gnostiques , qui re-

abraxas. cylindres. IJ

monte aux premiers siècles de Père chrétienne en orient. Les pierres de ce genre sont ordinairement d’un mauvais travail et très souvent écrites ou taillées des deux côtés. Quelquefois aussi une pierre plus ancienne et d’un travail meilleur a reçu une

inscription qui en a fait une amulette consacrée : il faut donc distinguer ces deux époques sur la même pierre , et l’estimer selon le mérite de la gravure primitive, les abraxas étant très communs. Mais les notions sur la secte des Gnostiques ou des Basilidiens n’étant pas encore très positives , ces monumens peuvent répandre quelques lumières sur son esprit , ses pratiques et ses croyances ; ils ne doivent donc pas être rejetés à cause de la médiocrité du travail.

§ IV„ Cylindres .

12. On doit indiquer ici un genre de monument qui , pour la matière , le volume et le travail , est fort analogue aux pierres gravées , quoiqu’il en diffère par la forme et vraisemblablement par l’usage ; je veux

parler des cylindres « On donne ce nom à des

lindres de matières dures , naturelles

tr

artificielles , basalte , jaspe, turquoise ,\ d matité , lapis , agathe , porcelaine, te, a , cuite, etc., de proportions variant d’un àtn aj pouces de longueur, de quelques lignes à, sc pouce de diamètre , percés d’outre en oji fr dans le sens de la longueur, et dont la surf) ac

est couverte de figures et d inscriptions.! q,

connaît des cylindres égyptiens et persèp p ] litains. On les trouve dans ces contrées, s ;

l’origine de ce genre d amulettes n est pas, core bien connue. On les croyait particule n, aux Perses; on a trouvé en Egypte des cjl dres portant des figures égyptiennes etl r( inscriptions persépolitaines , ce qui neœ c < tredisait pas l’opinion générale sur leur» Il gine , ces objets ayant pu être fabriqués, 1’]

Egypte sous la domination des Perses. 1 on vient de recueillir tout.récemment dest lindres purement égyptiens, de matières I vaillées parles égyptiens, couverts de figm et d’inscriptions égyptiennes, et portant! d noms de rois égyptiens antérieurs de plusiei d

siècles à l’invasion des Perses en Egypte.! CI monumens paraissent donc être d’inventif P égyptienne , et ils auront pu passer à da P

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