CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOLEIL
— Les savans diffèrent d'opinion sur la cause de la lumière et de la clialeur du soleil.
Les uns l'attribuent à une immense cambustion^ quoique le diamètre de cet astre ne paraisse nullement diminuer. Mais il faut avouer que lors niénie qu'on supposerait , pour alitnentejç"
celte îgnition, une diminution de deux pl^ds par jour dans le diamètre du soleil , ce qui est énorme pour un corps aussi volumineux , cette diminution serait inappréciable pour nos meilleurs instrumens ; car depuis 3ooo ans , c'esî-àdire bien antérieurement aux observations sur le diamètre du soleil > cette combustion n'aurait encore consumé que i6o lieues , ce qui répond è une seconde de son diamètre , quantité trop faible pour qu'elle ait pu être remarquée.
Les autres pensent que le soleil est un corps solide , opaque , habité peut-être, environné d'une atmosphère de nuages éclatans dont la matière est soumise à un flux et reflux perpétuel, et dont les vibrations et les courans rapides sont la cause de la cbaleur et de la lumière que nous éprouvons.
Quoi qu'il en soit de ces bypotbèses, on doit reconnaître que le soleil est un corps spliérique , qui, comme la terre, a une rotatioji autour de son axe^ et un mouvement de translation ( est transporté ) dans Vespace, On ignore si cet astre est environné réellement d'une atmosphère lumineuse , mais on peut affirmer qu'il n'est point entouré d'une atmosphère analogue à la nôtre , et que les bords de son disque envoient autant de lumière que sa partie centrale.
TACHES DU SOLEIL. ^ Lorsqu'on examine le soleil à l'aide de verres colorés qui en affaiblissent l'éclat, on y remarque des taches, tantôt tout«à-fait noires, tantôt seulement moins lumineuses; souvent aussi on y aperçoit des facules y c'est-à-dire des points d'une lumière
5^ plus éclatante. Ces taches sont tantôt très-abondantes, tantôt fort rares; mais elles se montrent principalement dans une zone (bande) qui occupe la partie moyenne du disque du soleil , sur un sixième environ de sa hauteur. Elles sont le plus souvent de forme irrégulière, paraissent ou disparaissent subitement; d'autres fois ne changent point pendant quelque temps : on n'en a vu aucune durer plus de 70 jours.
Les taches ne restent pas fixes sur le disque du soleil ; on \es voit passer et traverser en i4 jours environ, disparaître, puis revenir i4 jours après sur le bord opposé. Cette marche régulière des taches a prouvé que le soleil est doué d'un mouvement de rotation sur lui-même ; car on ne peut pas dire que ce sont les taches qui tournent autour de lui , puisqu'après les avoir vues dans leur entier, quand elles se présentaient de face , elles diminuent graduellement jusqu'à ce qu'elles ne présentent plus que leur tranche. On a constaté ainsi que cette rotation du soleil s'exécute en 9.5 jours et demi environ.
Pour ceux qui pensent que le soleil est une masse embrasée, les taches seraient l'effet d'immenses éruptions volcaniques, comme des fumées et des scories. Ceux qui soutiennent que le soleil est un corps opaque environné d'une atmosphère lumineuse, attribuent les taches à des vides ou interstices dans cette atmosphère, qui laissent apercevoir plus ou moins parfaitement une portion du noyau opaque et obscur, qu'on suppose distant de plus de 800 lieues des nuages iéclatans.
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On a mesuré des taches qui étaient 5 ou 6 foi s plus considérables c/ue la terre; on en a quelquefois compté jusqu'à 5o. On rapporte que l'an 626, la moitié du disque fut obscurcie durant tout Tété. On avait pensé que leur abondance pouvait influer sur la température des saisons; mais les observations n'ont pas confirmé cette conjecture; elles tendraient même plutôt à prouver que les taches coïncident avec les années chaudes et fertiles.