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BAOBAB ET AUTRES ARBRES DE TAILLE COLOSSALE

On ne se doute guère dans nos contrées , où l'on j'extasie à l'aspect d'un arbre dont la cime s'élève à peine à GO pieds, du luxe et de la puissance que la lature déploie dans quelques-unes de ses productions. Qui croirait , par exemple , qu'il est des arbres lont la circonférence dépasse 90 pieds.^

Tel est, entre autres , le baobab. Cet arbre, qui bonde dans tout le Congo , arrive à des dimensions cllement considérables que vingt nègres se réunisant ne peuvent l'embrasser. Cet arbre , au reste ,

^'est pas moins recommandable aux yeux des Congues par ses autres propriétés que par sa grandeur. Le marc de ses fruits, assez gros pour que leur chute puisse être dangereuse , leur fournit un aliment grossier, mais substantiel. En cas de famine ils mangent jusqu'à ses feuilles. De sa coque ils tirent des vases solides, de la cendre du bois ils extraient du savon ; de l'écorce enfin on fait des cordes, de grosses toiles, des étoffes à Tusage des pauvres , des mèches à canon. Les abeilles aiment à s'établir dans des caisses fixées sur le haut des branches du baobab. Les creux que forme l'arbre à l'intérieur contiennent souvent de l'eau en quantité suffisante pour étancher un jour durant la soif de plusieurs milliers d'hommes. Les nègres se gardent de construire leur demeure à l'ombre du baobab, parce qu'il est très sujet à pourrir, etquesouvent sa chute a écrasé les demeures de ceux qui croyaient se trouver à l'abri sous les rameaux de ce géant du règne végétal.

Des cyprès , dans la Caroline , offrent des dimensions au moins égales à celles du baobab (138 pieds). Les cercles concentriques que laisse apparaître une coupe dans le tronc semblent attester une ancienneté d'au moins 6,000 années. Plusieurs châtaigniers, sur le mont Etna, en Sicile, rivalisent avec ces énormes enfans de l'Afrique et du Nouveau-Monde. Un d'eux a 15 pieds de diamètre (46 de circonférence) ; un autre , de forme ovale, a 24 pieds dans un sens, 12 dans l'autre, moyenne 18, et par conséquent 50 pieds de tour au moins : le célèbre casiagno de, cento cai^alliy ou châtaignier de cen.t chevaux , ainsi nommé parce que cent cavaliers sur leur monture

peuvent s'abriter à l'aise sous son ombrage, a 112 pieds de circonférence.

LÉ DRAGONIER D'OROTAVA.

« Cet arbre gigantesque [Dracœna draco) est aujourd'hui dans le jardin de x\I. Franchi , dans la petite ville d'Orotava , appelée jadis Toaro , l'un des endroits les plus délicieux du monde cultivé. En juin 1799, lorsque nous gravîmes le Pic de ïénérilfe , nous trouvâmes que ce végétal énorme avait quarante-cinq pieds de circonférence un peu au-dessus de la racine. Sir G. Staunton prétend qu'à dix pieds de hauteur , il a douze pieds de diamètre. La tradit^iOn rapporte que ce dragonier était révéré par les Guanches comme l'orme d'Ephèse par les Grecs, et qu'en 1402, époque de la première expédition de Bélhencourt, il était aussi gros et aussi creux qu'aujourd'hui. En se rappelant que le dragonier a partout une croissance très lente , on peut conclure que celui d'Orotava est extrêmement âgé ; c'est sans contredit, avec le baobab, un des plus anciens habitans de notre planète. Il est singulier que le dragonier ait été cultivé depuis les temps les plus reculés dans les îles Canaries, dans celles de Madère et de Porto Santo , quoiqu'il vienne originairement des Indes. Ce fait contredit l'assertion de ceux qui représentent les Guanches comme une race d'hommes atlantes , entièrement isolés , et n'ayant aucune relation avec les peuples de l'Asie et de l'Afrique. La forme des drugoniers est répétée à la pointe méridionale de l'Afrique , dans l'ile Bourbon , en Chine , à la r(o'iveile-Zéiande. Dans ces contrées si distantes.

on trouve des espèces de cette famille, mais on n'en voit aucune dans le nouveau continent. »

(HUMiîOLDT , Tableaux de la Nature.) M. le capitaine Durville, qui a publié récemment l'excellente relation de son voyage autour du Monde , dit à propos du célèbre dragon 1er d'Orolava , qu'en 18i9 un coup de vent avait abattu près de la moitié de ce monstrueux végétal.

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