‹ Traité élémentaire d'astronomieChapitre 20 sur 152 · SATURNE · texte numérisé non relu

SATURNE

Saturne, à raison de sa distance, ne nous offre qu'une lumière pâle et comme plombée, quoiqu'il soit 974 fois plus gros que la terre. On remarque h son équateur comme à celui de Jupiter, des bandes parallèles changeantes. Le soleil , vu de Saturne , doit offrir un diamètre 90 fois moindre qu'à nous. La chaleur et la lumière y soDt doiic 90 fois moindres. Un observateur placé dans Saturne ne pourrait distinguer aucune planète si ce n'est Jupiter.

MOUVEMENT. -- Saturne est lo fois plus

éloigné que nous du soleil; sa distance moyenne est de 3^9 millions de lieues, et il met près de 3o ans à parcourir son orbite : sa vitesse de translation n'est plus en conséquence que de 8 mille lieues par heure. La durée du jour est de lo heures et demie ; et par suite de la vitesse de rotation de la planète , son aplatissement sous les pôles est d'un onzième , etc. — Le diamèfre de Saturne est g fois et demie plus grand que celui de la terre, son 'volume est 974 lois plus considérable ; mais comme sa densité, moindre que la densité du bois de sapin, n'est que le dixième de celle de la terre, sa masse n'est guères que 94 fois plus forte. — Ce que Saturne présente de plus remarquable, c'est Vanneau mince , large et à peu près plan , qui ie ceint par son milieu. Il nous paraît sous la forme d'un cercle plus ou moins allongé , suivant l'inclinaison de la planète par rapport à nous. Lorsqu'il nous présente la face que le soleil éclaire , il est visible pour nous , et nous apercevons l'ombre de Saturne se projeter sur l'anneau. Lorsqu'il ne nous offre que sa tranche^ il ne nous paraît plus que comme une ligne lumineuse. Enfin lorsque c'est la face opposée au soleil qui nous regarde, nous n'apercevons plus l'anneau, mais seulement son ombre portée sur la planète. Ces apparences diverses prouvent que ces deux corps sont opaques.

Vanneau tourne en même temps que Saturne , avec la même vitesse, toujours parallèlement, et semble le prolongement de son équateur. La révolution totale de la planète étant de 3o ans environ, l'anneau est visible pour nous pendant i5

ans , et nous montre sa face obscure pendant les i5 années suivantes.

Vanneau est de toute part détaché de la planète par un espace d'environ lo mille lieues, et parait avoir une largeur aussi de lo mille lieues; il est lui-même, en outre formé de deux anneaux concentriques qui tournent ensemble quoique séparés par une ligne noire et circulaire. L'épaisseur de l'anneau est évaluée mille lieues.

Saturne est en outre accompagné de sept /«we^ ou satellites qui se meuvent à peu près dans le plan de Tanneau.

URANUS ou HERSCHEL.

Uranus est la planète la plus éloignée du soleil et n'est guères visible sans lunettes ; elle présente une teinte un peu bleuâtre et assez brillante. Son orbite embrasse toutes les autres orbites. Sa distance au soleil est de 662 millions de lieues, et la chaleur qu'il en reçoit est 400 fois moindre que la nôtre. L'année y dure 84 aïis et 29 jours, he diamètre d'Uranus est d'environ 12 mille lieues, et son ^volume 81 fois plus considérable que celui de la terre. Sa masse n'est que 1,7 fois plus grande, car sa densité est 5o fois plus petite, ou la moitié de celle du liège. On pense, par analogie avec les autres planètes, qu'il est doué d'un mouvement de rotation^ mais celte opinion n'est fondée sur aucune preuve directe.

Herschel qui a découvert Uranus, et lui avait d'abord donné son nom , a compté autour de lui six lunes ou satellites , mais l'observation en est si difficile que ce nombre n'a pu être constaté.

Lorsque nous voyons la plupart des plaftète* présenter avec notre globe les ressemblances les plus frappantes :, jouir toutes des mêmes mouvemens, d'une atmosphère analogue , des mêmes variations de saisons, du même état physique, peut-être devons-nous supposer que . comme la terre, les autres planètes sont habitées, ou bien faut -il croire que les cieux sont peuplés de grands globes inutiles et déserts, à l'exception d'un seul des plus petits , et qu'aucun autre ne renferme d'êtres capables de s'élever, par leur intelligence , à la contemplation de l'Univers ?

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