DE LA LUNE
Quoique la Lune nous apparaisse sous un diamètre presque égal à celui du soleil, elle n'en est que la 65 millionième partie. Son diamètre est de 781 lieues, ou le quart de celui de la terre; en sorte que son volume est 49 fois moindre, et sa densité n'étant que les cinq septièmes, sa masse n'est que le soixante-dix-huitième de celle de la terre. Sa moyenne distance à la terre est d'environ 86,000 lieues. La lune parcourt son orbite elliptique en 27 jours, 17 heures et 43 'minutes.
La durée de cette révolution de 27 jours étant moindre que la durée de nos mois , il s'ensuit qu'il y a plus de 12 lunaisons dans les 12 mois de Tannée. Il reste n jours et 6 heures après la douzième lune, ce qui produit juste 7 lunaisons de plus en 19 ans; c'est-à-dire qu'après 19 ans.
les nouvelles et les pleines lunes reviennent aux mêmes dates. Et il en résulte de là que si on avait une série de dix-neuf années d'observations lunaires, les phases reviendraient périodiquement aux mêmes dates. C'est en cela que consiste îe cycle {cycle^ en grec, veut dire cercle ; la lune en effet recommence alors le cercle de ses phases) de Méthon (astronome grec). On l'appelle aussi Nombre (Uoi% parce que les Athéniens, par admiration des propriétés de ce cycle lunaire , ou de dix-neuf ans , en gravaient le calcul en lettres d'or. On est dans la jjremière année du cycle quand la néoménie , ou nouvelle lune, tombe le i*^"" janvier.
PHASES. — Les Phases de la Lune , pareilles à cellt^s de Vénus et des autres planètes, prouvent qu'eiie est un corps opaque qui ne brille que de la lumière qu'elle reçoit du soleil et qu'elle nous renvoie. Lorsque la lune est placée entre la terre et le soleil, elle est invisible pour nous, parce qu'elle nous présente la face non éclairée ; c'est l'époque de la nouvelle lune ou ?i€oménie (du mot grec néos^ nouveau, et mené, lune : signifie donc absolument nouvelle lune).
Lorsqu'au contraire c'est la face éclairée par le soleil qui nous regarde, ce qui arrive lorsque la terre se trouve entre la lune et le soleil, la lune alors est plc'me ou en opposition. Dans les positions intermédiaires, lorsque la lune marche de la nouvelle à la pleine lune , nous voyons , sous forme d'un croissant^ une partie éclairée et une partie dans Tombre : nous avons le premier cjuartier ; et lorsqu'après avoir été pleine elle revient à la
Tiéoménie , îe croissant est tourné de l'autre côté,' nous avons le dernier quartier {J^oyez fig. 8).
Le mouvement de rotation de la lune étant très lent , elle n'offre aucun aplatissement à ses pôles. Elie nous présente toujours la même face, et l'on explique cette singularité en supposant que riiémisplîère qui nous regarde est fort allongé, dd'où il résulte que l'excès de poids doit sans cesse le faire pencher de ce côté.
S'il existe des habitans dans la lune, ceux de la face qui nous regarde ont donc le jour durant la pleine lune , et la nuit quand la lune est nouvelle ; c'est-à-dire que leurs jours et leurs nuits durent chacun i5 fois nos 24 heures. Une aussi longue ahsence du soleil, jointe au défaut d'atmosphère , doit y causer un refroidissement considérable.
Dans un jour aussi étendu, l'accumulation de la chaleur doit la rendre excessive. Chaque nuit est un hiver rigoureux; le jour est un été brûlant.
La terre leur présente etisuite les mêmes apparences que nous offre la lune. Lorsque la face éclairée de notre globe les regarde, ils l'aper-^ çoiverit, ils ont pleine terre. A mesure ensuite que la clarté du soleil disparaît, la terre se présente sous la forme d'un croissant^ puis disparaît à leurs yeux pour former le croissant opposé et reparaître de nouveau éclairée en entier. Et comm« c'est de nuit que nous voyons la lune pleine , et àe jour qu'elle est en néoméuie, il s'ensuit que les habitans de la lune, ont pleine terre quand nous avons nouvelle lune et nouvelle terre quand nous avons pleine lune.
Nous distinguons assez bien la partie obscure du disque lunaire quoique dans les croissans elle ne reçoive pas la lumière du soleil. Cette faible clarté qui nous la fait apercevoir, et qu'on norome lumière cendrée , lui est renvoyée par la terre qui réfléchit en effet treize fois plus de lumière que la lune , parce qu'elle lui montre une surface treize fois plus grande.
La lune décrivant une ellipse autour de nous , sa distance à la terre est variable : elle doit don'c, comme le soleil et comme les autres planètes , nous paraître plus ou moins grosse , suivant son éloignement. Lorsque la lune est périgée , son diamètre s'ouvre à notre œil sous un angle de 33 minutes ; et lorsqu'elle est apogée^ cet angle est seulement de 29 minutes. On a vu que par la même cause , le diamètre du soleil variait entre 3i et 3?. minutes. La lune paraît donc plus grande que le soleil ^ lorsque ces deux astres sont à leur périgée , et plus petite lorsqu'ils sont à leur apogée.
La lune , non plus que tous les autres satellites ^ n^a point d'atmosphère sensible ; il ne peut donc par conséquent p)as y avoir de liquides ; car ces substances n'étant pas comprimées à la surface, se résoudraient bientôt en vapeurs et formeraient une nouvelle atmospbère. Si elle est habitée, elle ne peut donc l'être que par des animaux totalement différens de ceux que nous connaissons.
Au télescope, on aperçoit sur la surface delà lune èe& taches plus ou moins brillantes, que Ton reconnaît i^oxxv des montagnes Qld^s vallées k l'om-
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bre qu'elles projetteot d'après ia position de la lumière. Quelques astronomes prétendent même distinguer les travaux de ses habitans. On a mesuré ces montagnes, et quelques-unes présentent plus de deux lieues d'élévation. Les abîmes sont aussi très profonds; il y en a de plus de 3,ooo toises de profondeur et de six lieues de largeur. Une tache a même donné à penser que la lune était percée en cet endroit. Ces taches étaient prises autrefois pour des mers ; elles portent des noms d'astronomes; Galilée^ Kepler, Jrchlmède^ et d'autres noms imaginaires, merdes humeurs, mer de nectar, mer de sérénité, etc.
On a cru remarquer dans la lune les effets et même les éruptions des s^olcans. Ces explosions ont été manifestées par de nouvelles taches et des étincelles de près d'une lieue de diamètre > vues dans la phase obscure. Presque tous les points de sa surface présentent manifestement des traces d'anciens bouleversemens ignés. Plusieurs savans attribuent aux volcans de la lune ces pierres qui tombent sur la terre, et qu'on nomme des aéro^ lithes. Il suffirait en effet d'une force quadruple de celle de la poudre à canon pour enlever ces corps à l'attraction de la lune, et les amener au point où l'attraction terrestre s'en emparerait.
Puisque la lune et la terre sont deux corps non transparens et que tous deux ne reçoivent leur lumière que du soleil, si l'un d'entre eux vient se placer devant l'autre par rapport au soleil, il lui interceptera îa lumière et celui-ci sera dit éclipsé. Ainsi lorsque la lune dans son mouvement passe entre îa terre et le scSleil , elle nous cache tout ou partie de cet astre; il y a
pour nous éclipse de soleil : ce cas ne peut donc -arriver qu'à l'époque de ia nouvelle lune.
De même, lorsque la terre se place entre le soleil et la lune , celle-ci cesse de recevoir la lumière : il y a éclipse de lune ; ce qui n'arrive que quand la lune est pleine.
Si la lune tournait autour de la terre exactement dans le même plan où celle-ci tourne autour du soleil, il y aurait nécessairement deux éclipses par mois, une de soleil ^ le jour oii la lune est nouvelle, et une de Inne^ le jour où elle est pleine. Mais l'orbite de la lune est inclinée de 5 degrés sur l'orbite de la terre; la lune est donc tantôt au-dessus et tantôt au-dessous , et il n'y a éclipse que lorsque la lune se trouve dans le plan de l'orbite terrestre au moment même où la terre , la lune et le soleil sont placés sur une même ligne droite.
ECLIPSES. — Les éclipses de lune sont beaucoup plus fréquentes que celles de soleil , parce que la lune étant 49 fois plus petite que notre globe , ne peut dérober le soleil qu'à une petite portion de l'espace, tandis que la terre porte ombre sur une bien plus grande étendue. L'ombre de la lune sur la terre ne comprend jamais un espace de plus de 60 lieues.
Une éclipse peut être totale on partielle, selon que l'astre éclipsé disparaît totalement ou en partie. La lune ayant à son périgée un diamètre apparent plus considérable que le soleil , si Téclipse arrive dans cette position , le soleil peut être entièrement caché pendant 4 ou 5 minutes. Si l'éclipsé a lieu au contraire lorsque la lune est à
V apogée, son diamètre étant moindre que celui du soleil , Téclipse est annulaire , c'est-à-dire qu'un anneau lumineux entoure la partie du disque qui est cachée.
Pendant une éclipse totale de soleil , la clarté du jour est entièrenieat détruite, on peut voir les étoiles et les planètes. Les animaux semblent frappés d'effroi, les oiseaux cessent leurs chants; tous cherchent des retraites , et les hommes même, pendant long-temps, n'ont pas vu ce phénomène sans terreur. Cette nuit subite ne dure jamais plus de 4 minutes et demie. Les quatre dernières éclipse totales ont eu lieu eu 1706 , 1715, 1724, et 1778. La prochaine èoVipse annulaire aura lieu en 1847.
Pendant une éclipse totale du soleil on n'aperçoit, autour du disque invisible de la lune , qu'une couronne de lumière pâle et argentée, que les uns ont attribuée à la lumière zodiacale et les autres à l'atmosphère du soleil ; enfin , après une nuit qui n'excède pas 5 minutes , l'astre reparaît éclatant de lumière et avec une majesté dont son lever n'est qu'une image imparfaite. Il peut méine arriver que la lune éclipse à la fois le soleil et une étoile. C'est ainsi qu'en 755, pendant une éclipse de lune, la belle planète de Jupiter a été occultée (cachée).
L'histoire est pleine des exemples de l'effroi causé par les éclipses, et des dangers que produisent l'ignorance et la superstition. Nicias avait résolu de quitter la Sicile, avec son armée; effrayé par une éclipse deîune , et voulant temporiser plusieurs jours, pour s'assurer si l'astre n'avait rien perdu après cet événement, il manqua ainsi
roccasion de la retraite; son armée fut déipuite, Nicias périt, el ce malheur commença Ja ruine d'Atbènes,
Souvent on a vu des hommes adroits tirer parti de la frayeur du peuple, pour Tamener a remplir leurs desseins. Christophe Colomb, réduit à faire subsister ses soldats des dons volontaires d'une nation sauvage et indigente, était près de voir tarir cette ressource et de périr de faim ; il annonce qu'il va priver Je monde de la lumière delà lune. L'éclipsé commence, et la terreurs'empare des Indiens, qui reviennent apporter aux pieds de Colomb, les tributs accoutumés.
Drusus (selon l'historien Tacite) apaisa une sédition dans son armée, en prédisant une éclipse de lune, et selon Tite-Live^Sulpicius Gallrts, dans la guerre de Paul-Emiie contre Persée, usa du même stratagème. Periclès, Agathociès, roi de Syracuse; Dion, tyran de Sicile, ont failli être victimes de l'ignorance de leurs soldats. Alexandre, près d'Arbelles, est réduit à user de toute son adresse pour calmer la terreur qu'une éclipseavait jetée parmi ses troupes. Les hommes supérieurs , plutôt que de plier sous les circonstances qui les maîtrisent , mettent leur art à les tourner à leur j)rofit.
Combien de fables établies d'après l'opinion que les éclipses sont l'effet du courroux céleste , qui se venge des iniquités de l'homme , en le privant de la lumière ! Tantôt Diane va trouver Endymion dans les montagnes de Carie; tantôt les magiciennes de Thessalie font descendre ia lune sur les herbes qu'elles destinent aux enchantemens. Carmina vel cœlo jossunt dcducere lunam (dit Virgile, Eglogue Vlll). « Les charmes m;jgi*
ques peuvent attirer la lune du ciel sur la terre. «
Ici , c'est un dragon qui dévore Fastre et qu'on cherche à épouvanter par des cris ; là, Dieu tient le soleil enfermé dans un tuyau , et nous ôte ou nous rend la vue de cet astre à Taide d'un volet, etc. Le progrès des sciences a fait reconnaître le ridicule de ces opinions et de ces craintes , depuis qu'on a vu qu'il était possible de calculer par les tables astronomiques, et de prévoir longtemps d'avance l'instant où la colère du ciel devait éclater. Cependant, naguères encore, l'épouvante a causé le revers des armées de Louis XIV, près Barcelonne, lors de i'éclipse totale de 1706 , €t sa devise , inscrite sous un soleil qu'il avait pris pour emblème, nec pluribus impur (il n'est pas inférieur au grand nombre ) , a prêté aux allusions injurieuses.
On attribuait autrefois à la lune des vertus chimériques et une grande influence sur les phénomènes atmosphériques. La science a dissipé ces vains préjugés. On sait aujourd'hui que la lune est sans aucune action sur les changemens de temps , et que la seule influence quelle puisse avoir sur noti^ globe , est celle qui provient de sa pesanteur.
Sur la lune rousse,
« On croit généralement, surtout à Paris, que « la lune , dans certains mois , a une grande in- « fluence sur les phénomènes de la végétation. Les « savans ne sesont-ils pas trop hâté de ranger cette « opinion parmi les préjugés populaires , qui ne « méritent aucun exanien ? Le lecteur va en « juger.
« Les jardiniers donnent le nona de lune rousse à ft la lune qui, commençant en avril, devient « pleine, soit à la fin de ce mois, soit plus ordi- « nairement dans le courant de mai. Suivant eux, « la lumière de la lune, dans les mois d'avril et de « mai , exerce une fâcheuse action sur les jeunes » poussas des plantes. Ils assurent avoir observé « que la nuit, quand le ciel est serein , les feuil- « les, les bourgeons , exposés à cette lumière^ rous' « sissent, c'est-à-dire se gèlent, quoique le ther- « momètre dans l'atmosphère se maintienne à « plusieurs degrés au-dessus de zéro. Ils ajoutent « encore, que si un ciel couvert arrête les rayons « de Vastre, etVempéche d'arriver jusqu'aux plantes, « les mêmes effets n'ont plus lieu , sous des cir- « constances de température d'ailleurs parfaite- « ment pareilles.
« Ces phénomènes semblent indiquer que la lu- « mîère de notre satellite est douée d'une certaine « vertu frigorique ; cependant , en dirigeant les 9 plus larges lentilles , les plus grands réflecteurs « vers la lune , et plaçant ensuite à leur foyer des « thermomètres très délicats, on n'a jamais rien « aperçu qui puisse justifier une aussi singulière « conclusion. Aussi , dans l'esprit des physiciens, « la lune rousse se trouve maintenant reléguée « parmi les préjugés populaires, à côté des pré- « tendues influences des phases sur les changent mens de temps, tandis que les agriculteurs res- « tent encore convaincus de l'exactitude de leurs « observations. Une belle découverte, faite par «< M. Wells, il y a quelques années, me permet- «f tra, je crois , de concilier ces deux opinions en « apparence si contradictoires.
« Personne, avant M. Weils, n'av.iit imaginé « que les corps, à la surface de la terre , sauf le « cas d'une évaporation prompte, pussent acqué- « rir la nuit une température différente de celle «de Tatraosphère dont ils sont entourés. Ce fait « important est aujourd'hui bien constaté. Si Ton « place en plein air, de petites masses de coton , « d'édredons , etc. , on trouve souvent que leur *' température est de 6 , de 7 et même de 8 degrés « centigrades au-dessous de la température de « l'atmosphère ambiante. Il ne faut donc pas ju- « ger du froid qu/une plante a éprouvé la nuit , « par les seules indications d'un thermomètre « suspendu dans l'atmosphère La plaiite peut «• être fortement gelée, quoique l'air se soit cons- « tammer^t maintenu à plusieurs degrés au-dessus « de zéro.
« Ces différences de température entre les « corps solides et l'atmosphère, ne s'élèvent à 6, « ou 8 degrés du thermomètre centésimal que « par un temps parfaitement serein,', si le ciel est cou- « vert ^ la différence disparaît tout-à-fait ^ ou devient « insensible.
» Est-il maintenant nécessaire que je fasse res- « sortir la liaison de ces phénomènes avec lesopi- « nions des agriculteurs sur la lune rousse ?
« Dans les nuits des mois d'avril ei de mai , la M température de l'atmosphère n'est souvent que « de 4 , de 5 ou de 6 degrés centigrades au-dessus « de zéro. Quand cela arrive, les plantes exposées « à la lumière de la lune, c'est^à-din' à un ciel se- « re//2, peuvent se geler, nonobstant l'indication « du thermomètre; si la lune, au contraire, ne « brille pas , si le ciel est couvert , la température
« clos plantes ne doscendRnt pns au-dessous de « celle de l'atmosphère , il n'y aura pas de gelée, « à moins que le tliermomètre n'ait marqué zéro. « Il est donc vrai, comme les jardiniers le pré- «tendent, qu'avec des circonstances thermomé- « triques toutes pareilles, une plante pourra être « gelée ou ne l'être pas , suivant que la lune sera « visible ou cachée derrière des nuages; s'ils se «trompent, c'est seulement dans la conclusion, » en attribuant Teftet a la lumière de l'astre. CeUe « lumière n'est que l'indice d'une atmosphère se- « reine; c'est par suite de la pureté du ciel que la « congélation nocturne des plantes s'opère; la « lune n'y contribue aucunement ; qu'elle soit « couchée ou sur l'horizon, le phénomène a çga- « leraent lieu. L'observation des jardiniers était «incomplète, mais c'est à tort qu'on la supposait « fausse^» (Arago.)
La lune et le soleil exercent leur force d'attraction sur toutes les parties du globe. Les parties liquides, par la mobilité de leurs élémens , obéissent à cette attraction et s'élèvent au-dessus de la surface du globe , en s'approchant du lieu qui les attire : telle est la cause des marées. Lorsque la lune ou le soleil passent au-dessus d'un point de l'océan, les eaux attirées s'élèvent, c'est le ^//^. Lorsque , par le mouvement de la terre , ces astres sont transportés au-dessus d'un autre lieu , les eaux du premier s'abaissent, c'est le reflux. Chaque jour , on voit donc la mer se soulever pendant environ 6 heures et se précipiter sur les rivages , ensuite redescendre pendant le même temps , puis se soulever de nouveau et reproduire éternellement la même suite de mouveraens périodiques.
La forée des marées varie avec la position relative de la lune et du soleil. Lors des pleines ou nouvelles lunes , ces deux astres étant Vuxi visà-vis de l'autre par rapport à la terre , leur attraction s'opère dans le même sens , la mer s'élève par l'effet de la somme des deux attractions. Lors des premiers et derniers quartiers , au contraire, l'attraction de chaque astre s'opère dans un sens différent , et les marées ne sont plus que la différence des deux attractions. L'époque des plus hautes marées est donc celle des pleines et des nouvelles lunes.
Les marées sont surtout réglées par la lune; car quoique sa masse soit infiniment faible relativement à celle du soleil : son éloignement étant 4oo fois moindre, son action est à peu près trois fois plus forte. Sa distance à la terre variant entre son apogée et son périgée , son influence sur les marées augmente encore à mesure que sa distance diminue.
L'étendue des mers contribue à l'élévation des marées : aussi sont-elles à peine sensibles dans la Méditerranée^ et nulles dans la mer Caspienne et la mer Noire.
Jj attraction de la lune doit agir aussi sur Vaïr de T atmosphère et y causer des marées ; c'est peut-être à cette cause qu'il faut rapporter la croyance où Ton est que les phases lunaires déterminent les grands changemens de temps. Cependant on n'observe pas que les indications du baromètre, ni les vents, ni les pluies , suivent dans leurs variations les pleines et nouvelles lunes. Si donc l'attraction lunaire est incontestable, il a été jusqu'ici impossible de l'apprécier j et c'est un
des éléraens les moins importans du grand problème des changemens de temps.
Des autres satellites.
Le télescope montre Jupiter entouré de quatre satellites^ qui suivent absolument les mêmes lois que notre lune , tournent autour de la planète dans le sens de son mouvement de rotation , en lui présentant toujours la même face, subissent des phases et des éclipses ^ et sont dénués de toute atmosphère sensible.
Ces quatre satellites ont un mouvement bien plus rapide que la lune; ils s'éclipsent assez fréquemment en passant dansFombre de Jupiter. Les éclipses du premier satellite reviennent toutes les 42 heures environ ; celles du second , toutes les 85 heures; celles du troisième, tous les 7 jours ; et celles du quatrième, tous les 17 jours. Si le satellite est placé entre Jupiter et le soleil , son ombre se projette sur le disque de la planète sous la forme d'un point noir, et doit y produire le spectacle d'une éclipse de soleil. Les trois premiers satellites se meuvent presque dans le plan de Téquateur de Jupiter ; le quatrième s'en écarte d'une quantité notable : c'est le seul qui soit visible, pour cela , des pôles de la planète.
Saturne est entouré de sept satellites qui se comportent comme ceux de Jupiter ; six se meuvent à peu près dans le plan de l'anneau. L'observation en est fort difficile.
Uranus a six satellites dont les orbites sont presque perpendiculaires à celle de la planète. Ces corps sont encore plus difficiles à observer.