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CHAPITRE VI

Du mouvement progressif des étoiles.

On distingue deux sortes de zodiaques, l'un qui est sensible on visible, l'autre inçisihle. Le zodiaque visible est celui des étoiles fixes , des constellations; le second, c[ul est invisible, n'existe pas dans la nature, mais en l'imagine et on lui attribue la même largeur. Ce qui a donné lieu d'admettre ce second zodiaque est le mouveuient commun et tres-lent des étoiles, d'occident en orient, selon des cercles parallèles à réclipticjue. ou bien autour de l'axe et des pôles de ce cercle : car il arrive de là que les étoijcs qui lépondaient auti efois à l'une ou à l'autre des intersections de l'équateur et de réciiptique(à l'im des équjnoxes en un mot) en sont présentement éloignées, vers l'orient, d'une certaine quantité : c'est pourquoi le commencement du signe du bélier, pris dans le zodiaque étoile, ne répond plus à la première intersection de l'écjuateur et de î'écliptique ; c'est à présent le commencement des poissons (constellation) ){ : cependant on dit toujours que le commencement du bélier, ou d'aries, est à la première intersection de ces cercles, et que celui de la balance eSt à l'opposé; mais il faut pour iors entendre les signes du zodiaque invisible et immobile. La figure 11 rendra ceci

tout à fait sensible. La bande circulaire la plus extérieure représente le zodiaque fictif et inuiiobile des signes; la seconde bande parsemée d'étoiles représente le zodiaque des constellations., qui a marché , qui a empiété d'un signe, ou de 30*^, vers l'orient, sur le zodiaque fictif. Ainsi, on y voit que la constellation des poissons correspond aujourd'hui au signe du bélier, que la constellation du bélier est dans le signe du taureau, etc. Ce n'est pas sans raison que les astronomes ont imaginé le zodiaque immobile , car sans cela ils auraient été obligés de dire , dans une année , que le soleil répond à un certain degré , et que , dans tme autre année, il répond à un autre degré que l'année précédente, quoique dans la même saison, par exemple au commencement du printemps et à la même distance des points équinoxiaux ou solsticiaux.

En d'autres termes , il ne faut pas confondre les douze signes du zodiaque avec ses douze constellations, comme on le pouvait à l'époque inconnue de l'invention de ce zodiaque , puisque les signes dont il s'agit ne sont, à proprement parler, que des divisions égales de l'écliptique qui se déplacent cjans le ciel, relativement aux étoiles ou aux constellations, mais fort lentement à la vérité ; au lieu que les constellations zodiacales n'ont aucun mouvement les unes par rapport aux autres.

Selon les calculs des astronomes , les signes coïncidaient avec les constellations du zodiaque en Fan 417 avant l'ère chrétienne.

Au reste , ce mouvement des étoiles fixes est si lent, qu'elles ne font qu'un degré de l'écliptique en soixante -djouze ans environ; et comme il y a 360 degrés dans le cercle, elles n'achèveraient leur révolution qu'en 25868 ans. Les anciens astronomes , avant Hipparque , qui vivait environ 150 ans avant Jésus-Chïist, ne connaissaient pas ce mouvement.

Le mouvement des étoiles fixes vers l'orient est la cause de ce qu'on appelle la précession des é<p4i-

noxes y qui vient àe, ce que le temps qui est entre deux équinoxes semblables, par exemple, cntie deux équinoxes du printemps, est moindre que celui qu'emploie le soleil à parcourir l'ëciiplique entière par le mouvement apparent dont le mouvement réel de la terre le gratifie , et à revenir correspondre à la même étoile.

Ce mouvement vers l'orient n'est qu'apparent , comme nous le dirons; il est dû à une rétrogradation de lu terre; mais pour rendre plus simple ce^. que nous allons dire , supposons que le mouvement des étoiles soit réel , et attribuons au soleil le mouvement de la terre, faisons-lui décrire , pour un instant, un cercle autour de la terre : d'ailleurs les phénomènes ont les mêmes apparences, et pour être dans le vrai il sufiira de substituer la lene au soleil.

Supposcns (fig. 2) que le soleil S réponde à une <"toile E, qui soit à la première intersection T àa récliptique et de Téquateur , ce sera îe moment de l'équinoxe du printemps. Après cela, le soleil, par son mouvement apparent vers l'orient, parcourra en un an toute l'écliptique; mais comme les étoiles fixes ont aussi un mouvement propre vers l'orient, l'étoile qui était au point de la première intersection des deux cercles sera, vers la fin de la révolution du soleil, en E' un peu pins avancée vei s l'orient que le point E. Ainsi le soleil arrivera plus tôt au poii'.l d intersection E qu'à l'étoile E' <^iuiy répondait auparavant. Par conséquent l'équinoxe précédera également la fin de la révolution du soieil par rapport à l'étoile : qu'on nous passe l'expression , l'équinoxe arrivera avant que le soleil n'ait rattrapé l'étoile. Il y aura donc anticipation ou précession de l'équinoxe. Ainsi la précession ou l'an'icipation des équinoxes consiste en ce que le soleil étant parti d'un point équinoxial , par exemple de celin du printemps, arrive à ce même point avant d'avoir fait, dans le zodiaque ou dans l'écliptique, son tour entier par rapport aux étoiles. Le temps que le soleil emploie pgur revenir a«i

même point ëqulnoxial cVoù 41 ctait parti s'appelle Vannée tropique; c'est celle sur laquelle on règle les années civiles : sa durée est de 365 jours 5 heures 48 minutes et 51 secondes ; et le temps que le soleil emploie à faire sa révolution entière dans le zodiaque est appelée année sidérale : celleci est] plus grande que la première de 20 minutes et 20 secondes.

Apiès être, non en apparence mais réellement^ parti ele l'équinoxe T, lorsque la terre ï aura accompli sa révolution T A HP (%. 2) et sera revenue au même point T, Téquateur, dont l'intersection r S avec l'écliptique passaii: par le soleil S, aura changé sa position, ce qui donnera à ij cette trace une autre direction; et arrivée en T' ^ S, cette trace T' S rencontrera le soleil un peu avant le lieu T, où cela aurait dû avoir lien si la terre eût été spLérique.

Dans ce mouvement de l'équatcur, la trace seule a changé de direction , et l'inclinaison est rcslée la même. Ainsi, l'équinoxe , au lieu d'arriver en T, sera observé en T' un peu plus tôt. Qu'on prolonge le rayon vecteur vers le ciel , et qu'il y rencontre une étoile E ; au retour à ce point T et lorsqu'on retrouvera l'étoile E sur le rayon vecteur T S , l'équinoxe sera déjà passée ; ou , plus exactement, à i equinoxe prochain T', l'étoiîe ne sera pas encore atteinte par ce rayon , et la terre devra continuer que»lque temps sa course pour que cette rencontre ait lieu, c'est-à-dire povu' que la révolution complète et sidérale soit elTcctuée. On voit donc que Vannée sidérale ou le temps du retour de la terre à la même étoile, ou au même pomt de son orbite, surpasse l'année tropique ou le temps du retour au même équinoxe.

Ce phénomène , qui chani^e sans cesse la trace de l'équateur sur l'écliptique^, et transporte l'équinoxe en divers points rétrogrades T', T'^ Y^''', est donc ^m résultat de la rotation de la terre , combinée avec l'attraction qu'éprouve son excès de sphéricité , son renflement sous Téquateur. Il

est, comme nous venons de le dire , analogue à la lu^trogradation de la liir;e. Mais ceîle-ci s'accomplit en dix-neuf ans environ , tandis que le mouvement des équinoxes est d'une durde bien plus grande, parce c{ue l'action solaire, qui le produit, s'exerce sur un ménisque ( l'excédent de la sphéricité ) très- petit, lequel entraîne le globe entier, dont la masse étant immense, par rappor*: au ménisque anéantit presque tout son excès de vitesse en la partageant. Ce mouvement réellemenî: rétrograde de l'équinoxe est ce que l'on nomme lu précCsSsion, comme nous l'avons dit ci-dessus.

Outre ce mouvement apparent très-lent des étoiles fixes vers l'orient, chacune d'elles paraît aux astronomes décrire de très -petites ellipses dans le ciel, et cela dans l'intervalle J'une année : c'est cemouvement purement apparent que l'on nomme aberration^ parce qu'il résulte d'une illusion d'optique qui nous fait paraître les étoiles dans un lieu, autre que celui qu'elles occupent en effet, et qui sans nui doute a pour cause le mouvement de la lumière de l'astre , mouvement combiné avec celui de la terre autour du soleil.

Tout le monde a pu observer un phénomène parfaitement analogue et qui fera comprendre celui de l'aberration. Placé dans une voiture en repos, et ouverte par devant seulement, comme ur cabriolet , on est abrité de la pluie qui tombe verticalement; mais si la voiture court, elle se présente au-de^ous de la pluie avant cfue celle-ci ait Eu atteindre à terre, et l'on est mouillé dans le cariolet. On reçoit donc la pluie , qui semble alors tomber obliquement.

En effet, quoiqu'il soit impossible d estimer la vitesse prodigieuse de la lumière qui émane des corps terrestres, comme le feu d'un canon qui part, d'une lumière qui ap])araît subitement, quelque éloignés qu'ils soient de nous, il ne faut pas en conclure que cette vitesse est réellement infinie ou incommensurable relativenieiit aux astses ; car les molécules lumineuses, ou. selon un autre sy s-

lème plus probable , les ondulations qui partent du soleil , n'arrivent à nous , selon les astronomes , qu'après 8' 13'^ de temps : d'oii il suit que, quand nous croyons voir cet astre en un point de l'édiptiqiie, il est au contraire plus avancé vers l'orient d'une distance angulaire de 20'' (division du cercle).

Il est plus naturel et plus simple de penser aussi que le mouvemcntdeprécesssion, attribué d'abord à toutes les étoiles, est plutôt dû à celui de la ligne deséquinoxes, qui aurait lieu contre l'ordre des signes, c'est-^à-dire d'orient en occident, ainsi que nous l'avons dit tout à l'heure. Or, cette ligne, en parcourant l'écliptique d'un mouvement de 50'' par an , fait nécessairement décrire à celles des pôles de l'équateur la surface courbe d'un cône droit, puisque ces deux lignes doivent toujours être perpendiculaires entre elles. Les pôles dont il s'agit décrivent donc, chacun en 25868 ans, des cercles parallèles à l'écliptique.

Les astronomes ont découvert aussi dans la ligne des apsides un mouvement direct de 1 2'' par an , autour du foyer T et dans le plan de l'écliptique ; ainsi l'angle T TP diminue pendant le même temps de 62''. Il arrivera, par conséquent, une époque à laquelle la ligne des apsides coïncidera avec celle des équinoxes, ou lui sera perpendiculaire : et pour lors les durées des saisons seront un peu différentes de celles qui ont lieu maintenant.

Il résulte de ce mouvement de la ligne des apsides que le soleil, ou plutôt la terre, met un peu plus de temps pour revenir au même point de sou orbite que pour arriver au même point du ciel ; ou, en d'autres termes. Vannée anomalistique est plus longue que Tannée sidérale , mais de cinq mi ^ nutes seulement. XJ'anomalle est la distance angu-^ laire du soleil au périgée. {Voyez ^ plus loin ^ h> Calendrier et la Chronologie. \

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