CHAPITRE Vn
J)es Levers et Couchers héliaqucs , cosinique$ j achroniques .
Lorsque la terre passe d'un point T { fig- 8) de Fécliptique à un autre poiiit \i , le méridien T S tourne avec elle chaque 24 heures , et iorsqu' après sa révolution complète il redevient parnllèle à y S, les étoiles qui étaient dans le méridien T S s'y retrouvent encore , à cause de leur immense éloignement ; mais le soleil, qui y était avec elles , n'y est pas en encore arrivé ; il faut que la terre continue de tourner quelque temps, jusqu'à ce que ce méridien passe en S.
La terre changeant sans cesse de place dans son orbite , nous rapportons le soleil à des points du ciel qui varient chaque jour; et outre les change^ mens de déclinaisons qui amènent in successi-jn des saisons, il faut encore avoir égard à ceux <]iréprouve l'ascensiofi droite. L^astre occupe ain^i des lieux difFéiens en procédant, en apparence, d'un degré par jcur de droile à gauche ( d'occider;t en orient ). L'éclat du soleil nous ôte la vue A^^ termes de comparaison qui nous rendraient certe mar^che sensible \ mais s'il était réduit à la simple lumière d'une étcilc , comme il répondrait chaque jour à un astre différent , en le. verrait se porter sans cesse vers les étoiles orientales , les atteindre et les dépasser.
f elle est la cause du letard du soleil sur les étoiles. En regardant le ciel chaque soir à 10 heure.-, on reconnaît bientôt que, dans les diverses saisons , les constellations qui sont au méridien sont très-induTérentes, et que la partie de la splière céleste qui est exposée à nos yeux n'est pas la même. Los ctcil(^» qui son^ an^ourdMiui nu méridien à midt
y passent im peu plus tôt que les jours suivans , lorsqu'on mesiire\le temps avec une montre réglée sur le soleil : dans trois mois, elles y seront 6 heures avant le soleil (à 6 heures du matin); six mois après, elles y passeront à mkiuit , etc.
On explique donc aisément pourquoi le ciel d'hiver n est pas le même que le ciel d'été , car à la même heure solaire les constellations prennent chaque 24 heures des dispositions pkis reculées vers l'occident : elles sont fixes dana l'espace aussi bien que le soleil , mais le mouvement de la terre dans son orbite , qu'une illusion nous fait transporter à cet astre, surtout dans le langage vulgaire, produit la même illusion que s'il traversait les constellations successives par une progression lente dirigée vers l'orient, se rapprochant de celles qui se couchent peu de temps après lui , les atteignant et les dé passaml ensuite. L'étoile, ainsi placée à la droite du soleil, se couche et se lève un peu avant lui : bientôt, en continuant de s'écarter à gauche, il la laisse devancer son lever d'environ une heure; la faible clarté de l'auroro ne suffit plus pour l'absorber, et on la voit paraître le matin quelque temps avant le soleil : c'est le kçer hêliaque de cette étoile (ou lever solaire, qui se fait avec le soleil, car hêliaque dirive du mot grec hélios ^ soleil)., Le coucher hêliaque, au contraire, a lieu
Ï)our l'étoile qui se couche environ 1 heure après e soleil couché.
Ainsi, iorsqu 'après avoir cessé de voir un astre depuis quelque temps , on l'aperçoit la première fois le matin à l'oiient, avant le jour, c'est son lever hêliaque. Ce ne sont donc que des apparences passagères causées par le plus ou moins de proximité du soleil, et qui se manifestent pour les étoiles éclatantes à environ une heure de distance.
Les levers et les couchers des étoiles qui arrivent en même temps que les levers et les couchers du soleil sont appelés levers cosmiques et couchers cosmiques (le mot cosmique signifie bien or~ 4ounc)\ mais on peut, chaque jour, remarquer
des étoiles qui ont du se lever an moment où le soleil s'est levé. Ces circonstances sont désignées par les dénominations de levers achroniques et couchers achroniques ( épitliète qui signifie à contretemps ) .
L'épitliète de cosmiquese donne aux phénomènes qui arrivent à l'instant du soleil levant; celle d'achronique à ceux du couchant. Le lever et le coucher cosmiques ont lieu le matin , le lever et le coucher achroniques ont lieu le soir. Une planète est dite achronique lors.»[u'elle se lève au soleil couchant pour demeurer visible la nuit entière. Le lever cosmique précède le lever héliaque de i 2 à 15 jours; le coucher achronique suit le lever héliaque d'une égale durée.
Comme chaque an&iée, les lever et coucher liéliaques des étoiles reviennent avec la même position du soleil dans i'écliptique , leur retour a servi dans l'antiquité de signe pour fixer l'époque des travaux agricoles.C'est ce qui a fait accorder une si haute importance à ces phénomènes , dont l'observation est très-facile.
La figure 1 1 va nous servir à faire comprendre très-claire m eiH les levers et couchers héliaques et achroniques. Soit en effet la terre en T, tournant vsur elle-même dans le sens de la flèche courbe qui l'enveloppe à moitié, et avançant dans le cercle de I'écliptique, suivant la direction de la flèche droite et de l'écriture des mots : Orbite de la terre; on conçoit que, quand lui spectateur, d'abord correspondant au point T,,sera amené par la rotation de la terre du côté E, il apercevra en même temps que. le soleil levant, et même un peu avant le lever du soleil, les étoiles de la constellation du lion . c'est le *^e ver héliaque de ces étoiles. Le coucher achro-? nique a Ireu pour les étoiles du verseau, etc.
Puisque la terre n'a accompli qu'au bout d'un an le toui entier de son orbite, les 360° de ce cercle sont distribués sur la durée de l'année entière. En divisant 360*^ par 365 jours 242 millièmes, on trouve qcie si sa révolution était uniforme, le re-
tard
cercle
de temps). Telle est V étendue ée l'arc moyen que
le soleil nous semble parcourir chaque jour d*oc
cident en orient.
serait par jour de 59' 8'' et ys de degiës du e (environ 1« de l'écliptique , ou 4 minutes emps). Telle est V étendue ée l'arc moren que
GÉOGHAPIIIE