TRAITÉ DU CALENDRIER
On entend parler de cych solaire^ c'e cjrde luaiî^e, de nombre d'or, à'épactes, etc., ces terles se trouvent dans les almanaclis, dans les livres 'cplise ; cependant il y a peu de personnes qui 3s comprennent ; on croit même n'être pas en état e les concevoir, parce qu'on s'imagine qu'il faut tre fort versé dans rastrononrie pour acquérir ces onnaissances. Il est vrai qu'il n'y a que des astrolomes très-instruits qui aient pu inventer les dmébns cycles ; mais il n'est point nécessaire d'être Istronome pour en comprendre la nature et l'uicre. Nous espérons même que ceux qui voudront ^'^ donner la peine de lire attentivement ce petit ^aité et le volume de la Chronologie {n'' i 6 de i Bibliothèque popul^^ibe, 2^ édition) auront eu de chose à désirer.
Le calendrier n'est qu'une méthode de disibution du temps que les hommes ont imaginée om- leurs usages. Il y a plusienrs choses qui apai tiennent à la connaissance du calendrier; les wrs, les mois, les années , le cycle solaire , les 'ttrcs dominicahs. le cycle lunaire, i induction imaine, la période victorienne, la période ju- 'enne, les épactes, etc. Le calcul de ces différentes artie-s du calendrier, représentées par des nomres, est appelé comput ( calcul ) ecclésiastique.
Des Jours et des Mois»
On a vu dans la Chronologie que le comraenemcnt du jour naturel n'est pas le même par rapport à différens peuples. Les uns ont pris le comaencement du jour au leyer du ioleU , oomme les
Assyriens j d'autres le prennent an soleil coiichanf c'OiQDie on fait en îtalie, en Bohême et ailleursplusieurs à minuit, comme en France , en Espagne, en Allemagne et dans la plus grande partie de rjEurope ; alors l'intervalle de temps compris entre deux minuits consécutifs forme te jour chil. D^^utres enfin fixent le commence«aent du jouràj midi, comme font aujourd'hui les astron^omes eïj les navigateurs, parce q»ie le passage du soleil an méridien est un phénomène remarquable qui est propre à leur indiquer le commencement du nouveau jour : c'est là l'orfgine du jour aslronomîqui ou du jour vnti.
Le jour naturel se divise en 24 portions. qu'on appelle heures; nous faisons les 24 heinei égales entre elles. Il y a eu des peuples qui les faisaient inégales, parce qu'ils donnaient 12 heurej au jour artificiel , et autant à la nuit ; alors les 1 ^ heures du jour étaient égaies entre elles aussi hier que celles de la nuitj mais les 12 heures du joui n*étaient pas égales à celles de la nuit, excepté ai temps de l'équinoxe ; car il est évident que celle; du jour sont plus longues en été, et plus couric: en hiver. Nous ne parlons pas des peuples qui soni sur la //^«^, c'est-à-dire swvV équateur terrestre parce qu'ils ont un équinoxe perpétuel.
Le mois est environ la douzième partie d< l'année. H y en a de deux sortes : les mois solaire, et les mois kmaires. Les mois solaires dépendent di mouvement du soleil , et les lunaires ont rapport i celui de la lune.
Romtdus, fondateur de Rome, n'avait composé l'an née que de 3U4 jours répartis en dix mois; savoir mars y qui était le premier, puis les neuf autres su* vans, avril, mai^juiriy etc. Les deux qui s'appellen présentement /'w/Z/g/ et août se nommaient pour lor qumtile et sextile^ parce que l'un était le cinquième et l'autre le sixième. Ces deux noms furent conser vés, même après que Numa Pompilius eût ajouti les deux mois de janvier et février^ qu*il plaçj ao commeocemcnt de l'année. M lis dans la suib
on donna le ncm de Jn!es-Ce3 nr :\ (j'jînîilc, en le faisant appeler juillet, et celui crAiigiiste fut attribue au mois suivant. Pour ce qui est des quatre dernier? mois, septembre, octobre, etc., ils ont conservé les noms dos rangs qu'ils tenaient dans l'ordre des mois du temps de Romulus; septembre n été ainsi nommé, parce qu'il était le septième (de ^eptem, sept) en commençant Tannée par mars.
Jules-César avait fait le premier, le troisième, le cinquième, le septième, le neuvième et le onzième mois, c'est-à-dire janvier, mars ,^ mai, juillet, septembre, novembre, chacun de 31 jours, et tous les auties mois en avaient 30, excepté février, qui ne devait en avoir que 29 dans les années communes, et 30 dans les années bissextiles. Mais les flatteurs d'Auguste ne voulurent pas que le mois qui portait son nom , c'est-à-dire le mois d'août {.Augustus en latin; plusieurs écrivains du siècle dernier, et Voltaire entre autres, disaient encore wds d'Auguste pour mois d'août), fût inférieur à celui de juillet [Julius en latin, même nom que celui de Julius-César, d'où nous avons ftiit le mois juillet et le nom Jules ). C'est pourquoi l'on prit un jour au mois de février pour le donner an mois d'août : ce mois, ainsi que ceux d'octobre et de décembre, sont donc de 31 jours, au lieu que septembre et novembre n'en ont chacun que 30. De cette manière Von dérangea Tordre commode q.ue Jules-César avait établi en ordonnant que les mois auraient aUernativement 30 et 31 jours.
Voici à ce sujet une règle pour aider la mémoire : alongez les 4 doigts de k main , non compris le pouce, et comptez-les, ainsi que les trois intervalles qui les séparent , pour les sept premiers mois, en prenant Tindex 'pour janvier, et le premier intervalle pour février, ainsi de suite. Aloi's les mois qui tomberont sur les doigts auront 31 jours, et ceux qui tomberont dans les intervalles n'en auront que 30 au plus. Lorsque la série sera fbpuisée, recommencez par l'index, qui ve pondra
cette seconde fois an raoi-j d'iioût. le petit dolent ayant répondu à juillet. *^
Les Romains , cfiii ne comptaient pas les jours comme nous, avaient trois points fixes dans chaque mois, les calendes , les nones et les ides, desquels ils comptaient les autres jours. Le premier jour de chaque mois se nommait les calendes , d'où dérive le mot calendrier, qui signifie le livre ou la table de tous les jours de l'année. Les nones arri- Taient le 7 dans les mois de mars, de mai, de juillet et d'octclne , mais elles étaient Je '5 des autres mois j les ides tombaient au 1 5 dans les moi* de mars, de mai, de juillet et d'octobre; eW'-s ar-^ rivaient le 13 dans les autres. Les jours qui précédaient ces trois termes en tiraient leur dénomination , c'est-à-dire que les jours compris entre les calendes et les nones étaient appelés les jours avant les nones, suivaiit le rang qu'ils tenaient avant ce jour. Ceux qui étaient entre les noues et }qs ides> étaient appelés les jours avant les ides; er.fm, les jours, depuis les ides jusqu'aux calendes du mois suivant, étaient nommés les jours avant les calendes de ce mois. La veille des ides, des nones et des calendes était le pridie,h\ surveille le tfrlio (sous-enlendu di^ , troisième jour ) , le jour d'avant quarto (die, quatrième jour). Le 4 ava/d les calendes ^%/ow/ désignait le quatrième jour à compter de celui des calendes d'août eu remontant, c'està-dire le 2[) dumois de juillet. Les mois de mws , de mai, de juillet et d'octobre avaient six jours qui étalent dénommés par les nones; les autres moi» n'en avaient que quatre. Tous les mois avaient huit jours qui tiraient leurs noms des ides.
On comprendra tout ccia par la table suivante, dans laquelle les jours sont nommés à la manière des Romains avec la correspoiidance aux quantièmes des mois actuels'.