FONTAINE DE SAINTE- ALIRE
Cette source ferrugineuse, qui- coule dans un d( faubourgs de Clermont-Ferrand , pourrait , par s transparence, le disputer au cristal le plus pur. Ce pendant ses eaux contiennent une quantité consi dérable de carbonate de chaux. On les dirige dan de petites cabanes par de légers canaux , d'où elle tombent en pluie fine sur des nids d'oiseaux , dt grappes de raisin , des bouqrtcls de fleurs ou di
branches de végétaux , sur des animaux empaillés ^de diverses espèces, \iepuis les plus petits jusqu'aux plus gros : elles les recouvrent d'un sédiment calcaire si fin , que les formes ne sont nullement altérées. La plupart des curieux , auxquels on met jensuite sous les yeux les objets ainsi déguisés , croient voir des nids , des fleurs , des fruits , des lanimaux pétrifiés.
La fontaine de Sainte- Alire se jette dans un petit ruisseau qu'on traverse sur un pont naturel , formé par les sédimens de la fontaine elle-même. Ces séciimens se sont déposés d'abord sur des plantes qui, warrant le cours de la source, la forçaient à se diiriser ; et, à la longue , il en est résulté comme une îhaussée et une chaussée irrégulière , sous laquelle îoule le ruisseau. Aujourd'hui encore, un deuxième îontdemême genre se forme un peu au-dessus; ce iernîer , s'accroissant par an de 4 pouces , et le )remier ayant 230 pieds de long , on calcule qu'il i fallu environ 700 ans pour que le pont actuelleement achevé ait été construit.
I La fonfaine de Sainte- Alire n'est pas la seule qui présente le phénomène dont on vient de parler. Il [îst au contraire assez fréquent , et Ion donne le
Iiom d'eaux incrustantes à celles qui ont cette propriété de déposer des sédimens calcaires sur tout ce [u'elles louchent. Une source chaude près de Tours; a fontaine de Saint-Philippe , en Toscane; les soures de Carlsbad; et enfin celles de Guancavelica , n Amérique, sont toutes dans ce cas.