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PHOSPHORESCENCE DES EAUX DE LA MER

On est divisé sur les causes auxquelles il fa ut attribuer ce phénomène.Selonles uns, la lumière maritime provient de certains animaux marins dont l'organisation serait analogue à celle du ver luisant ; on cite plusieurs de ces animaux. Les autres en expliquent le miracle par des matières putréfiées dont la décomposition est accompagnée de ces jets lumineux. Enfin, pour quelques autres, c'est tout simplement un fait d'électricité, fréquent surtout à la suite des ora^res.

Peut-être les trois explications doivent-elles être idmises.

Nous d nnerons toutefois ici une description de ;e phénomène extraite d'un de nos plus célèbres voyageurs :

« La phosphorescence des eaux de la mer, depuis Aristote et Pline, a été pour les voyageurs et les . physiciens un égal objet, d'intérêt et de méditation. Combien les phénomènes n'en sont-ils pas effectivement nombreux et variés ! Ici la surface de l'Océan étincelle et brille dans toute son étendue comme une étoffe d'argent électrisée dans l'ombre i là, se déploient les vagues en nappes immenses de soufre et de bitume embrasés; ailleurs, on dirait une mer de lait dont on n'aperçoit pas les extrémités. Tous les détails de ce grand phénomène ne sont pas moins dignes d'admiration que leur ensemble. Bernardin-de-Saint -Pierre a décrit avec enthousiasme ces étoiles brillantes, qui semblent jaillir par milliers du fond des eaux, et dont ajoute-l-il avec raison, celles de nos feux d'artifice ne sont qu'une bien faible imitation. D'autres ont parlé de ces masses embrasées qui roulent sous les vagues comme autant d^énormes boulets rouges et nous en avons vu nous mêmes qui ne paraissaient pas avoir moins de vingt pieds de diamètre Plusieurs marins ont observé des parallélogrammes mcandescens, des cônes de lumière pirouettant sur eux-mêmes, des guirlandes éclatantes, des serpentaux lumineux. Dans quelques lieux des mers on voit souvent s'élancer au-dessus de leur surface des jets de feu étincelans; ailleurs, on a vu comme des nuages de lumière et de phosphore errer sur les flots, au milieu des ténèbres. Quelquefois l'Océan paraît comme décoré d'une immense écharpe de lumière mobile, onduleuse, dont les extrémités vont se rattacher aux bornes de l'horizon. Tous ces phé-

— Si — nomènes et beaucoup d'autres encore que je m'abstiens d'indiquer, quelque merveilleux qu'ils puissent paraître, n'en sont pas moins de la plu^s incontestable vérité; ils ont été, d'ailleurs, plusieurs lois décrits par des voyageurs de la véracité la moms suspecte, et je les ai moi-même presque tous observés en différentes parties des mers.» (F. Péron, Foyage de découvertes aux terres australes.)

MER D'hERRES.

Au nord des îles du Cap-Verd, les eaux de l'Océan Atlantique disparaissent sous d'épaisses couches d'herbes vertes qui donnent à sa surface liquide Taspect d'une prairie flottante. Ces immenses amas de plantes n'occupent pas moins de 60,000 lieues carrées , c'est-à-dire que si Fespace qu'ils couvrent était un carré parfait , chaque côté de ce carré au- Irait de 244 à 245 lieues de longueur. Aussi est-ce, diton, à cette circonstance que le promontoire et l'archipel voisins ont dû leur nom de Cap-Vert et d'îles du Cap-Vert. On ne peut guère douter que les anciens jn'aient connu cette particularité remarquable de la mer qui baigne les côtes d'Afrique. Pour la plupart jrentre eux c'était un prodige; et même beaucoup |îe modernes ont vu là une preuve que jadis entre Amérique et l'Afrique s'étendait une vaste terre [ui aurait été submergée par les flots. On donne à ette terre prétendue le nom d'Atlantide. Pour nous ujourd'hui la verdure flottante de la mer Atîantiue n'a rien qui puisse exciter la surprise. Le fond e la mer est tapissé d'une énorme quantité de lantes qu'on appelle plantes marines. La plupart jpartiennent au genre varcc. Ce sont des varecs

de longueur démesurée qui viennent ainsi s'épanouir à la surface de la mer, et y former comme des îlots de verdure. Les Portugais appellent cette partie de l'Océan, Mar de sargasso, Mer d'algues.

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