La longueur du pendule à secondes étant exprimée en
parties du mètre , la connaissance de ‘ce résultat suffirait pour retrouver le mètrf. , base de toutes nos mesures, si tous les étalons qui fixent sa valeur exacte venaient à se perdre dans la suite des temps. Fui effet, si l’on se ^appelait seulement que la longueur du pendule sidérât a secondes sexagésimales est à Paris de om, 9884327, en observant exactement cette longueur par l’expérience, et la divisant par 0,9684327, le mètre serait aussitôt retrouvé. Toute autre longueur du pendule, sexagésimal ou décimal, sidéral ou moyen , observée dans une latitude connue, servirait également. Voilà l’avantage que l’on a eu en prenant pour base du système métrique dns données fixées par la nature. C’est un avantage que n'avaient point les mesures arbitraires, dont les anciens se sont servis faute d’en’ savoir déterminer de plus exactes. Aussi,- les étalons de ces mesures s’étant perdus par l’effet des révolutions des peuples, leur valeur s’est perdue également pour toujours, et les évaluations auxquelles elleî, ont servi de base ne peuvent plusf servir que de sujet aux recherches et aux conjectures des érudits. * .
293. La rotation de la terre devient encore sensible dans un autre phénomène très-remarquable; c’est la déviation des corps qui topibent d’une grande hauteur. Pour concevoir ce phénomène, imaginons un corps pesant, placé à une grande distance de la surface terrestre , par exemple au sommet d’une haute tour. Si la terre est immobile, le corps tomberaau pied de la tour, suivant la verticale; mais si la terre tournesur elle-même, le corps qui participe à cemouvement, aura, àl’instant de départ, une vitesse de rotation plus grande que le bas de la tour, parce <pi’il est plus éloigné de l’axe. Ainsi , lorsqu’il tombera otec le mouvement composé de cette vitesse horizontale et de la pesanteur, il devra devancer un peu la verticale dans le sens du mouvcmefit de la terre; et par conséquent , après sa chnte , il sera un peu .écarté- de la tour vers l’orient ; c’est ce que l'expérience confirme.
On a calculé , d’après les lois de la mécanique ; l’étendue de cet
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écart pour diverses hauteurs, et la théorie s’est trouvée parfaitement-conforme aux résultats observés.
294. lorsque Copernic, renouvelant les idées des anciens philosophes, présenta lé système du mouvement de la terre, on lui objecta que les. corps, dans Jeur chute ,, ne participant plus à ce mouvement, devraient rester en arrière, et s’écarter vers l’occident
de la verticale. Mais quand.les lois du mouvement furent mieux connues, ofi sut que les corps doivent conserver, dans leur chute , la vitesse horizontale résultante delà rotation de la terre , à laquelle ils participaient d’abord. On cpnclut de là qiie les corps devaient tomber précisément au pied delà verticale. Enfin, lorsque les principes de la mécanique ont été encore plus approfondis , on a reconnu de nouveau qu’il devait y avoir une petite déviation , mais opposée à celle que l’on imaginait d’abord y et dirigée vers l’est. C’est ainsi que souvent les connaissances se perfectionnent et se rectifient en passant par des erreurs. f
Il n’est pas temps encore de faire ressortir toute la force des indices que nous .venons de recueillir sur la rotation de la terre. Les phénomènes; en se multipliant, nous amèneront de nouvelles preuves qui établiront enfin la réalité de ce mouvement d’une manière incontestable. Mais nous devons, dès à présent, conclure que, s’il n’est pas encore décidément prouvé par ces phénomènes, il en devient du moins extrêmement probablè.