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Lorsque, sur la demande du Bureau des Longitudes, je tus envoyé, oaiis l’année 1825, en Italie*’, ^en lllyfie et ed Espagne, pour qpmpléter les observations duépeudnje suT le ,4 5" parallèle , et sur la partie espagnole de notre aro méridien., n|) dcs-objets de ma mission, et celui qui .m’imposait le plus de* responsabilité , " c’était de profiter de mon séjour dans l’île de Formentera , le poitît le plus austral de notre arc, pour réobserver la latitude de cette station. A la vçrité, dans le preniifer voyage que nous avons Jait, iNl. Arago et moi ^ en Espagne, dans, les années t8p; et 1808", cétteJàtLtude avait été mesurée avec des.sotns et une, persévérance* qui devaient bien sembler suffire, et que je ne pouvais .espélfef, d’égiler par au es Seuls efforts, Car* pendant un séjour, où dons Opérâmes d’âbord en commun avrc le commissaire -espagnol , \1. Choix, et que M. Arago prolongea' encore après mon départ pour la France t il avait été lait soixante-huit sériés dqs deux passages, tant Je la Polaira que.dg fi de la petite OuqSe, comprenant* ensemble près de quatre mille pîrservatiqns , flont la moyenne donnait 38" 3ç/ 5o",o2 pour la latitude du (loint le jilus austral de notre arc igéridien*-, et l*on pouvail bten croire quant résultat ainsi' établi avait toute la Vqrtitude désirable.* Mais, malheureusement , à cette époque, on n’avait pas encore reconnu que les» cerclés répétiteurs les plus parfaits sont susceptibles d’erreurs constantes , en vertu desquelles le même cercle, érigé avec (ous les sQins possibles, peut donner, dans une même station , de%Ji|tances /.énithales toujours un peu trop fortes, ou toujours un peu trop faibles. De sortivque ,,si toulejj ces distances sont mesurées dun seul c6ti* du zénith, IVtreur*onstante qui leur est commune» resté tout entière dans leur moyenne, quel que soit leur nombre, sans qil’on pui^r la détruire, ou seulement l'affaiblir *cn les multipliant, line
PKYSIQUP..
pareille erreur pouvait, donc exister dans notre latitude de Formentera, puisque, .selon la pratique alors usitée, nous n’avjpns observe que des études circoiupolaires, afin que leurs passades méridiens, étant pris successivement au-dessus et au-dessous du pôle, le résultat moyen devînt indépendant des petites incertitudes que l’on aurait pu craindre dans leurs déclinaisons absolues. Or, une fois notre cercle enlevé de la station , nous n’avions aucun moyen d’appréçier l'étendue de l’erreur qu’il avait pu jeter daijs notre latitude ,.ni même dans quel sens il l'avait affectée; et, quoique l’on dût présumer qu’elle devait être fort petite, la seule possibilité de son existence sur une station aussi imporante que ^extrémité australe «le l’arc mesuré, introduirait une- incertitude du même ordre dans l'évaluation de son ampljtude totale qui ctijit le but final de toutes les opérations entreprises.
Lé moyen de corriger cétte erreur se tire de sa nature même. Puisque le cercle donne des distances zénithales constamment trop grandes ou-trif^ petites, si Qn l’applique A des étoiles situées au sud du æi)ith , e't dont la distapce polaire soit bien connue , il fera paraître le zénith tppp rapproché ou trop éloigné du pôle; mais il produira l'ajiparence inversé 6i on l'applique à des rfoilcs^tfiiécs , ati nord ck\'e point. \)pé rant donc sttécessivement dans cés deux sens sur 'dés étoiles dont Icsdiautcurs et l’éclat soient A peu pr^s".. pareils , Mu de rendrd plus probable l'égalité des erreurs de i'instrumept pviuc.' dis couples ainsi choisis, lenr influence se compensera par Opposition dans les résultats moyens, et la latitude déduite de leur somme sera exacte. Mais. an ne seraqjlus alors’’ indépendant des incertitudes qniyietivent rester dans les'dçqlioaibons absolues rapportées dans jes cataloguett d 'étoiles ,\rotmnc tin finirait espérer d&aFétre^n n’eniploy.int que des étoiles circompolaires observées au-dessus çt «au-dessous du pôle. 'Set inconvénient , toutefois, est incomparablement moindre -que* ne' le sdrçptdc sofip-* çon d’une erreur conjtapte d<mt ÎVtepdi^e ,* ainsi que de sms feraient «absolument inconrtuS^sid on sc‘*bôrnait A observer d’un seul côté du ^enith. Car, otrtre la peti gesse (les incertitudes rjpo l’on peut aujourd'hui admettre sur lef ptisitions des étoiles qui ont ^té déterminas dafks les principaux observatoires de l'Europe, avec
ASTKOMylSl
des instruments lixcs tic grandes dimensions , les astronomes paraissent être en voie de m< thodes nouvelles qui les feraient complétement disparaître; et, lorsque les éléments rigoureux des positions auront été obtenus, rien ne serft plus facile qne de les introduire dans le calcul des latitudes déjà observées, -pour leur donnei' k dernier degré de précision qut? ue comportaient pas des données \nvins rigoureuses. %
Mais , en supposant des observations de distances faites ainsi Ses deux côtes, du zénith, il se présenté ejicore un autre doute d’une importance très-considérable. Les cercles répétiteurs que l’on peut emporter , dans des voyagés géodesiques, sont nécessairement de dimensittps restreintes. Celui qui m’a servi avait été construit par M. Garqbey pour le Ôépôt de la guerre : son diamètre était de i4 pouces, ancienne’snêsure ; il était ouf d’une lunetterremarquable par l’exce|ience fie son objectif, lequel* avec une ouverture notablement plus grande qu’qfl n’a coututne.de l’admettre pour ces instruments, supportait aussi iin grossissenumt plus fort que l'ordinaire. Mais, malgré ces avantages jftpnis à Ja boute dy la construction que l'habillé de l’artiste detail lgii'c supmisér^ peut-on espérer que des instruments d’un si ptUit diamètre donneront la latitude terminale d pn grand anKdglneridien , gvÇc le degré de précision qu’exige une operation parêjlie , ét que l’on doit atteindre pour présenter (}es résultats accç’ptâbles^lans |’état actuel de üastronqfnic^j Je crois que l'on peut répondre affirmativement ï«jtteque$tiufij’<rtprè^im«’eprpuve compa^tfvèque nous avons faite, M. Arqgo et ’moi'ttèn 1 8 1 8 . à Dunkerque, oii nous avions. ite envoyés ppur determilter définitivement ,1a latitude de celgéeiftréfnitCT>oi|éaJe de l’arc méridien de fran^concurreininrtit ■ avec les astronomes anglais, attachés à ja mesure ds l’arc d’Angleterre, qiîien est le prolongement. Ces, astronomes , d’ailleurs fort liabiJe^’ol^erY.iiettt lesttlisUnces méridiennes des étoiles avec ufcgrMid seuteur zenklial de Kamsden , 1$ plus parfait , le plus admirabfc Ses instrumunts connus, ut qni a été mallieureuserpènt détruit d^ns le dernier incendie de la îourdeLondres. Nousn’avions, n(his, qu’un ancien cercle réftètileur debenoir, quittait, à la vérité, d’asKz grande dimension , niais dont les détails nous dés-
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espéraient par leur manque de, perfection , ou ménie par des accidents qu'il nous fallait aussitoU'qparcr, ayec l’assistance des simples horlogers de la ville. Néanmoins, iefotce de multiplier les mesures de distances des deux côtes du zénith , en variant le plus possible le choix des étoiles', et les cipconsfances des observations , nous parvînmes à obtenir, une latirudo qui, ccnangee avec celle des observateurs anglais , sans aucune qomhiunication préalable, se trouva lui être absolument identique ; 'Résultat que ,“dans la tnqp juste défiance que nous inspirait notre instrument, nous aurions peut-être -aussi difficilertlent espéré, qu’eux-mèmes s’y seraient peu attendus. Je sens,' tnieux que personne , la grande part qu’il faut attribuer, dans te succès, à la rare sagacité d’observation du collègue auquel j’étais assôcié; mais, si rien ne saurait remplacer un pareil secours, l’excellence de l’instrument employé peut du moins en offrir quelque compensation, en rendant les difficultés moindres, et c’est le cas où je me suis trouvé à Formentera.
'toutefois, ne pouvant pas méconnaître la responsabilité que j’allais encourir, soit que je trouvasse uq,e latitude identique à celle de 1 808 , ou différente , je cherchai à m’aider de tontes les précautions qui pouvaient assurer le nouveau résultat, qtlel qu’il pût être; et, tant par le système d’observations auxquelles je m’arrêtai, que par divers perfectionnements que je pense avoir apportés à l’usage pratique de l’instrument, j’ai l’espérahce d’y être parvenu.
J’étais assiste dafns ce voyage par mon fils. Le gouverrfement du roi avait mis à la disposition de l’opération la goélette la Torche , commandée’ pafM. Le Goarant de Tromelin, aujourd’hui capitaine de vaisseau , qui nous combla de prévenances, et nous aida dé tout son pouvoir. 8e secours nous donna la possibilité de transporter , sans dommage, de France à Lipari, puis à Formentera, non-seulement nos appareils du pendule, notre cercle, notre lunette méridienç'e*, mais juSqu’à de gros piliers de pierre qui lui servaient *de supports, et une petite cabane disposée pour les opérations astronomiques» laquelle, érigée sur le sol de chaque station, nous offrait, en quejques heures, un excellent observatoire tout préparé. Arrivé dans l’ile de Formentera , je retrouvai bientôt les mêmes bonnej^ gens rfe. lesquels nous avions séjourné, M. Arago et
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moi, dix-sept ans auparavant. Ils^ôus codèrent aussi volontiers leur humble demeure, tpi .peu étoqpps que nous eussions eu besoin d’v revenir; et grâce j l’activit# de notre commandant, ainsi qu’à la bonnb volonté de tout l'cqi^jpage, 'dès le lendemain nous étions installés chez eux. On oofmnehça .aussitôt les observations de la mesure du temps; puis ^dès que lés horloges furent réglées, on entreprit les mesures dtf pendule et de la latftudc, qui se continuèrent sans "interruption pendant tftut le mois de juin 1825. Un des officiers de la goélette, M. Denans, aujourd’hui capitaine de corvette, vint partager notre solitude, -Jét nous préter^on assistance, qui nous fut très-utile. Uuc escofldde dé matelots, dont faisaient partie le charpentier et l'armurier He la goclette, resta près de nous sous une tente , non conifne protection , ce qui eût été tout à fait inutile, mais pour dohs aider dans nos manœuvres, et pour effectuer les réparations que notre observatoire nomade pouvait exiger. Les résultats, donnés par les expériences du pendule, ont été exposés dans le tome VIII des Mémoires de l’Académie , conjointement avec çeux qui avaient été obtenus dans les autres stations , soit du parallèle , soit du méridien prolongé jusqu’aux îles Shetland. Les nouvelles observations faites pour déterminer la latitude extrême de notre arc méridien sont donc lés seules dont ils me reste à parler.
Le point central ire notre ancienne station, celui au-dessus duquel le cérclc répétiteur avait été érigé, était inrfrqué par une croix de fer, consacrée par l’évêque d’Ivice, et quittait restée intacte sous cetUfcproteclion. Le nouveau cercle fut établi tout près de ce point, dans une situation plus boréale de o",o4^ ; ’3e stîltt? tRnl. faudra retrancher cette quantjté de la nbuvel^ Initiale poue la réduire à l’ancienne statio^ Après que toutes les foctifirgti^ns necessaires eurent été effectuée-' avêc le plus grand syiif, on pfoeêihi ' .
aux mesures de distances méridiennes avec d** nés prnmtions que je vais indiquer. 0
D’après l’exactitude que j'avais reconnue auÿ divisions de notre cercle, dix ou douze observations d’un, même areseasuivant sur son limbe, avec la lecture initiale et finale des quatre vermers , devaient évidemment donner des mesures angulaires imya-nnn
l'HYSlQUt'.. .J 1)3
aussi précisés qu’on pouvait espérer de les obtenir par une appli- • ration plus prolongée de l’ instruisent, dans les'rfiêmes circbnstances atmosphériques. Je .m’astreignis «jonc à ne pas> étendre les séries partielles beaucoup an delà dé ce nombre déVouples, en profitant de leur brièveté , pour les reitérer davantage sur des étoiles differentes, dans des circonstances diverses , tant de nuit que de jour , de manière qu’elloa se trouvassent chaque fois en correspondance des deux côtés du zPnith. Pour les observations de jour , je calculais d’avancé impositions azi muta les du limbe , et lés directions zénithales de ia lunette qui correspondaient aux diverses époques auxquelles j’esperÿrskiistri’étoile ; et la lunette était si perçante que j’ai pu ainsi observer Rigt4 et Sirius au méridien, le tcr juillet, lorsque le secofftl de cts astres prêfcédait à peina le soleil à midi. Je n’avais teiTté PeU^preuve insolite que pour constater la puissance de rftstrpmçffiçppt pour connaître les amplitudes extrêmes d’erreurs qua»l’on pouvait avoir iycj atn dre en se plaçant dans les circonstances d’observation les plus défavorables : car, à ces heures du jour, le'thermdpiètre*s’élevaif‘, dani notre calfane , jusqu’à 3o° ou même 3£".çeuligrude^* Kt, quoique l’on prit toutes sortes de soins pour faire cqgnnnvrriqucr aussi librement que possible l’air intérieur avec celui du dehors, les étoiles observées alors étaient agitées et voltigeantes comme une liîmée; aussi ne pus-je obtenir , pour chacune djclles, qu’un seul toupie d'observations , ou deux au plus, dans quatre essais ainsi tentés. C’est pourquoi je ne lésai pas fait concourir à la détermination de la latitude; mais je les ai cependant calculées et rapportées avec les autres pour le but que j’ai tout à l’heure indiqué. Car, lorsque Uon compare ces courtes séries entre elles , pour une même étoile, leurs écarts ne sont pas tels qu’on dût les exclure dans des observations ordinaires, puisqu’ils atteignent à peine i" autour de leur moyenne; et je ne me crois en droit de les rejeter que parce que .toutes les sériés faites dans des circonstances moins exceptionnelles , n’ont offert que des écarts beaucoup moindres, par l’effet de précautions que j’expliquerai dans un moment. Le nombre total de sériés obtenues, tant de nuit que de jour, permet d’ailleurs ce choix ; car elles s’élèvent à 86 comprenant 1094 observations, dont je négligé seulement
* 1 4 de ne genre. T -es déclinaisons (les étoiles circompolaires offrant aujourd'hui peu d'incertitude,- on n’en a observe que trois, savoir: la Polaire inférieure de jour, avec (iet y de lu petite Ourse supérieures de nuit. Mais* les déclinaisons au su<bdu,zénith étant moins certaines, on a fait concourir de ce côté à la détermination de la latitude huit étoiles différentes, savoir : $ , n et Ç d’Ophinehus, a de la Vierge, p' du Scorpion, 6 du Centaure*, Antarès, et a du Verseau, les unes observées de nuit, Jes autres (Je jour. Pour celles-ci, orf les prenait toujours à de grands intervalles avant ou après midi, de manière que le soleil ne f<*aj^pât»point le cercle, et qu'il se filt établi préalablement une libr^tircdl^tion entre l’air intérieur de la cabane et l’air du (jehors.* ’
La pratique habituelle du chrçle répetifhir est sujette à deux genres d’erreurs , à la vérité très-petites , que J’on lâche toujours soigneusement d’éviter, jil dont l’effet .ioéjlféutel,esr'*de nature à s’entre-détruire dans un gAnd, nombre d'observuthms faites des deux côtés du zénith. Mai#je sjns parvenu â les rendre tout à fait nulles individuellement; et il en jyst résisté , siitre les.-séries relatives aux mèmrt étoijes',1 une concordance tefte qu>n,ne l’obtient pas, je crois, plus parfaite, en opâfeiL.qjrec des instruments fixes d’une grande dimension ; car l’écfrt de ces séries autour de leur moyenne atteint très-rarement i".
La première de ces causes 'd’erreur, et la plu* facile à éluder, provient du défaut d’horizontalité du fil transversal sur lequel on amène l’étoile dans les deux observations consécutives qui com. posent chaque couple. Quelque soin que prenne l’artiste pour rendre ce fil perpendiculaire au limbe, il lui est toujours quelque peu oblique. Cela oblige à placer l’étoile sur un même point physique de sa longueur dans les deux observations ; ce que l’on réalise avec une approximation suffisante, en l'amenant toujours très-près du centre du réticule, et. du même côté de ce centre, relativement au limbe. Mais il est difficile de ne pas faillir quelquefois à cette condition de correspondance dans un très-grand nombre d’observations pareilles,' surtout lorsque les accidents de l’atmosphère y jettent des intermittences , ou forcent à les précipiter ; ét alors f inégalité de hauteur des deux points du fil sur lesquels on
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a plaie lW'toi|e daris uajiièine couple ,®5e reporte tout entière cotnaioierreiir dans l’arc paiciiqm sur Iç liiflHc divisé^ On périt évite* * ce 'danger «if rendant le fil tr.ansvèr4.“ rigouri^isement perpendiculaire au limbe, four cela , mettez d’aboVd : Taxe de rotation de I jnstrmnVnt , et Je limbe lui-m'éme, dans oue parfaite verticalité/de sorte qu’en tournait celui-ci dans tous les azimuts autour de Taxe, les niveaux et le fil-à-plomb suspendu aux pinces régulatrices (*) ne manifestent aucune variation appréciable. Ceci constaté/dirigez la lunette du limbe vers un point fixe très-distaui, sittfé près de l’horizon, et place* ce point sur le fil transversal tout près iju centre du réticule d’un côte on de l’autre; puis, faites mouvoir azimutalemcnt le limbe par ses1 vis de rappel , de droite à gauche et de gauche à droite, de manière que le point de mire parcoure successivement les deux moitié^ du champ apparent. Si le fil transverse est exactement horizontal , et si, en outre, il est compris dans un plan diamétral commun h l’oculaire et à l’objectif, comme il devrait l’étre à" la rigueur , l’objet le suivra toujours, et continuera de s’y projeter dans toute l’étendue du champ, Sj le fil est seulement horizontal , mais situé hors du plan diamétral du système optique , ce qui est 'le cas le plus «rdinaire y le point de mire , amené d’abord en coïncidence avec lui au centre du réticule, le quittera dans le mouvement azimtttal , et s’en écartera progressivement de quantités égales à des distances égales du centre ; au lîeu que ces écarts seront inégaux et de sens contraire des deux pûtes du rentre, lorsque le fil aura quelque obliquité.
(*) Ce» pinces doivent être à retournement, et munies de rappel» qui
permettent de «transporter le point de suspension dn fil- à-plomb, et le point où U vient battre, l’un et l'autre perpendiculairement an plan dq limbe, de manière 6 vérifier l’exacte verticalité de colui-ci, en échangeant, cc§ points après l'avoir fait tourner sur lui-même, comme ]o l’ai explique dans la page jag de ce volume. Pour rendre celle épreuve plus ^exacte, je fais porter les divisions auxquelles le fil s'applique , sur un appareil excentrique en forme de double X? qui permet de mettre, eoir» les points d£ suspension et de battemeul, un intervalle au moins double duaiiumètie du limbe. J'emploie aussi pour fil un simple (il de cocon, auquel est suspetadu un très-'petit poids. De cette manière on peut apprécier jusqu’à des secondes par le retournement rc itéré
On pourra donc le rendre horizontal tu tournant peu a peu le réticule jusqu'à ce «pie jevcaraS|èp;s tlê symétrie soient réalises. Alors, sit'orf place le poijit île flffe sur tint1 des Jextremilés (lu fil , située à l’un 3esi bonis du champ, il devra se retrouve^ enéore Sur le lil quanti or lc.fera passer au bord oppose ; ef* entre ces coïncidences extrt-îhes , il s’éraifpra progressivement du lil dans un nftmeseAs, suivant une conrbe symétrique autour du centre du réticule, laquelle courbe deviendra conséquemment horizontale de part et d’autre de ce point, jusqu’à une distance «Taillant plus ' grande que son maximum d'ecarl sera moindre. Donc , si A plaque qui porte le réticule adfnet un petit mouvement dansle sens vertical , il ny aura qu'à rcntlre cet écart tout à fait nul, après avoir établi l’horizontalité du (il par la condition de symétrie que je viens d’expliquer, et le point de mire, placé sous le fil, le suivra pendant le mouvcmAt aziriiulal dans toute l’étendue du champ. Lorsque ces conditions seront rgniplies, il deviendra indiffèrent d’amener les étoiles sous le fil transversal, d’un coté ou de l'autre du centre du réticule dans les observations de chaque couple, pourvu qu’on les place toujours très-près *le ce centre, ppur ne pas trop l«;s écarter de l'uxe optique. Et si, après ces dispositions préliminaires ,’on a encore soin de placer l’étoile dii même côté physique du centre, comme on le fait habituellement, l'omission accidentelle de celte condition ne produirait qu'une erreur sans importance dans les résultats définitifs.
Dans le cercle répétiteur de M. Gambey qui avait été mis à ma disposition, la plaque, métallique sur laquelle étaient attachés les fils du réticule n'était pus mobile parallèlement au limbe. Mais après que, j’eus amené le fil transversal à l'horizontalité, parle procède expérimental expliqué tout à l’heure, je trouvai que la courbe symétrique décrite par le point de mire, en passant des extrémités du fil au centre du réticule, ne s'écartait du fil, dans sa flèche centrale, que de 11", 4; de sorte qu’en la considérant comme circulaire vers cette partie de son cours , le défaut d’horizontalité résultant de sa courbure n’aiterait pas les distances zénithales de de seconde, aux plus grandes distances du centre qù je voulusse jamais opérer les bisscctions. Ceci put être complètement
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vérifié sur le ciel même; car lorsqu'on avait amené la Polaire sous le fil transverse, près du centre du réticule, au moment de son passage au méridien, si l’on venait à faire mouvoir azimutalement le limbe , elle continuait de suivre le fil, en restant bissectée de part et d’autre du centre, jusqu’à, des distances sans comparaison plus grandes que celles où il aurait été convenable de l’observer. On conçoit que, pour cette épreuve, le plan du limbe doit être amené à une exacte verticalité. Mais toutes mes observations ont etc faites en m’astreignant à cette condition; et, telle était la stabilité de notre établissement , qu'après y avoir assujetti le cercle il ne s’en écarta jamais que de quantités à peine sensibles , que j’avais constamment soin de rectifier au commencement des séries de chaque jour, lorsque je leur trouvais accidentellement quelque valeur.
Cette exacte horizontalité donnée au fil transversal m’a servi pour éviter l’autre cause d’erreur bien plus importante , qui me reste à décrire. Le cercle répétiteur que j’employais était à niveau fixe, c’est-à-dire que le grand niveau parallèle au limbe était porté par l'axe de rotation, et le limbe s’y rattachait dans chaque observation impaire en s’appliquant par des vis de serrage contre une plaque verticale tenant à cet axe, lequel n’avait lui-meme qu’une médiocre longueur. Or, quand on l'avait ainsi fixé, après avoir amené l’étoile dans le champ de la lunette, lorsqu’on faisait mouvoir ensuite la vis de rappel pour opérer la bissection , quelque délicatesse que l’on s’efforçât de mettre à la tourner, sans la pousser en avant ni la tirer en arrière , la bulle du niveau prenait presque toujours une position tant soit peu différente de celle qu’elle reprenait quand la main abandonnait la vis au moment où l’on notait le temps; et un effet tout pareil se produisait dans les observations paires quand la main touchait ou quittait la vis de rappel de la lunette ; comme si le seul contact , quelque léger qu’on s’efforçât de le faire, imprimait toujours une très-petite flexion dans le sens vertical à l’ensemble de l’instrument. Mon fils, qui suivait constamment le niveau, m’avait averti de ces mouvements qu’il avait déjà remarqués dans nos précédentes stations ; et il appliquait avec raison à chaque distance zénithale la division à
T. III
ql)8 ASTRONOMIE
laquelle la bulle du niveau s'était fixée avant que la inain quiit.lt la vis de rappel. Mais je pensai que les observations deviendraient plus sûres si l’on évitait complètement de pareils effets; et la rigoureuse horizontalité donnée! au fil transversal m’en fournit un moyen bien simple. Car, me trouvant alors seulement astreint à opérer les bissectiuns très-près du centre du réticule et d'un mcine côté de ce centre, mais nullement au pièmc point physique du fil, j’amenais l’étoile avec la vis de rappel non sur le fil même , mais sur son bord supérieur ou inférieur, selon qu’elle descendait ou qu’elle montait en apparence , me servant du mouvement azimutal pour la mettre suffisamment près du centre ; puis je quittais la vis de rappel, et, lisant le temps sur l’horloge, j’attendais, eh comptant les secondes , que la bissection se fût rigoureusement opérée dans l’état de liberté de l'instrument; après quoi la division du niveau où la bulle se fixait, depuis que je l'avais abandonné , s'appliquait, sans aucun doute, à la distance zénithale. Or, le résultat de cette pratique fut de faire disparaître ces discordances inexplicables que tous les observateurs sincères reconnaissent avoir accidentellement éprouvées entre les sériés d’une même étoile en faisant usage du cercle répétiteur, et de réduire leurs écarts aux limites d'oscillations restreintes que l’on ne peut éviter même avec de grands instruments fixes. Cela peut se vérifier à l’aide du tableau général annexé, sous la lettre C, à la fin de ce Mémoire, lequel contient les résultats successivement obtenus par toutes les séries observées sans aucune exception. Pour cela, j’en ai extrait les sériés relatives à chaque étoile , qui avaient été obtenues tant avant qu’après cette modification, puis je lésai rassemblées par groupes, en séparant ces deux phases ; et j’ai calculé , pour chaque groupe, les écarts partiels de chaque série autour de la latitude moyenne donnée par leur ensemble , afin que ces écarts fussent indépendants des positions absolues attribuées à chaque étoile. Les résultats ainsi obtenus sont réunis à la fin de ce Mémoire dans le tabli.ui I) (*)- Kn examinant d’abord les effets de cette bissection
J’ai efleclué la unification tir l'horizontalité iln (il transversal, le xo juin , avant les séries île ce jour , et j'ai marqué alors sur ie registre la
t’HYSlQUk.
sur les qtialor/.e premières séries qui ont été faites avee de grands soins, mais en touchant rinstrimieut , comme à l’ordinaire , on y trouve des amplitudes d’écart qui s’élèvent deux fois à ± i ',7, les autres restant toutes au-dessous de cette limite. Cela ne paraîtra pas bien extraordinaire, si l’on considère que l’on rencontre des écarts-île cet ordre entre des séries beaucoup plus prolongées de la Polaire, observées autrefois par M. Arago à cette même station, lesquelles sont, je crois, les plus parfaites qui aient jamais été obtenues avec le cercle répétiteur, parmi celles que leurs auteurs ont fidèlement rapportées. Mais, dans les 66 séries postérieures à la rectification, pour lesquelles l’instrument a été tout à fait libre, les écarts qui atteignent 1" sont des exceptions trèsrares. Car, en les relevant individuellement pour lgs observations faites , tant de nuit que de jour, on en trouve d’abord du côté du nord , sur 33 séries, seulement 6 ayant les valeurs partielles suivantes :
p petite Ourse supérieure : de nuit, 12 séries.
7 petite Ourse supérieure de nuit, 10 sériés.
Polaire supérieure : de jour, 1 1 séries. L’écart porte sur une série d’un seul couple.
Dans les trente-trois séries faites du côté du sud , les écarts qui atteignent 1" ne se présentent que deux fois, et seulement pour deux séries de jour de a de la Vierge, dont une ne contient qu’un
facilite qui en résultait pour opérer 1rs bisscctions. C’est pourquoi j’ai séparé en deux groupes distincts les séries faites avant et après cette époque. Car j’ai commencé dès lors à noter la seconde dans l’étal de liberté de l'instrument, quoique je n’aie consigné le detail du procédé d'observation sur le registre que trois jours plus tard. Toutefois, n'ayant dans le second groupe qu'une seule série d’Antarès faite le 10, c’est-â-dirc le jour même de la rectification , je l’ai jointe à ses analogues du premier groupe dont elle ne s'écarte pas sensiblement.
5oo
seul couple, l’autre <|uatre. Leurs valeurs sont :
Pour la série d’un seul couple.... -+-2",36i;
Pour la série de quatre — i , 570*
Comme je n’avais que six séries de cette étoile , je n’ai pas cru devoir rejeter ces deux-là , d'autant que leurs écarts sont de sens contraires, et que ceux des quatre autres séries, autour de la même moyenne, sont fort au-dessous de 1". Mais, de ce même côté du zénith, j’ai exclu , par scrupule , une série de Ç Ophiuchus qui contenait pourtant dix couples observés dans les circonstances les plus favorables , parce que j’ai trouvé marqué sur le registre que j’avais par mégarde heurté la lunette avec la tète, et conséquemment (■branlé tout l’instrument, en passant de la dix-neuvième à la vingtième observation. L’écart de cette série autour de la moyenne relative à la même étoile n’était, à la vérité, que de -f- t",434, mais elle rendait les autres écarts trop uniformément négatifs, pour qu’on ne dût pas légitimement suspecter que l’accident mentionné y avait eu quelque influence. Au reste, j’en ai rapporté le résultat , conjointement avec ses analogues , de sorte que l’on pourra, à volonté , en faire ou n’en pas faire usage. L’accord remarquable des séries entre elles, pour chaque étoile, de ce côté du zénith , prouve, avec évidence, que les erreurs des tables de réfraction sont peu à craindre, même pour d'assez grandes distances zénithales, quand on opère sous un beau ciel, dans un observatoire qui communique librement avec l’air du dehors , comme notre cabane, et sur un plateau de peu d’étendue, isolé au milieu de la mer, comme l’était notre station.
Pour mettre en évidence la réalité du perfectionnement relatif qui résulte du mode d’observation que je viens d’indiquer, je prendrai comme épreuve comparative les observations de latitude faites par le colonel Brousseaud , assisté de M. Largeteau , dans les stations extrêmes et intermédiaires du 45e parallèle, avec un cercle répétiteur construit aussi par M. Gamhey, et ayant 18 pouces de diamètre , de sorte qu’il était plus grand que celui dont j’ai fait usage. J’extrais ces observations de son ouvrage intitulé : Mesure du parallèle moyen. Je les choisis parce que le colonel Brousseaud
5ot
était connu comme un observateur habile
: , soigneux , patient, et
surtout sincère. J’en extrais, dans chacune de ces stations, des
groupes de séries observées au nord ou au
sud du zénith , sur une
même étoile, en assez grand nombre pour
• qu’on puisse bien voir
l’ordre habituel de leurs écarts, que je relève seulement lorsqu'ils
atteignent i", soit en [dus, suât en moins,
autour de leur moyenne
totale.
Première station la plus occidentale , la Ferlanderie. Il a été fait
97 séries de la Polaire par vision directe;
les écarts qui atteignen t
i" sont au nombre de dont voici les valeurs distribuées selon
jeur signe propre :
Positives
.Négative*
1 , lo
i ,atP
i ,oa
a , KJ
1 *^° Somme de» . — 4^»^i