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RÉSUMÉ DE LA DEUXIÈME SECTION

Les produits ayant été créés par le travail, aidé de ses auxiliaires le capital et les agents naturels, ils doivent être mis à la portée de ceux qui en ont besoin ou des consommateurs, par l'échange.

L’échange procure à chacun les moyens de satisfaire tous ses besoins, quelque variés qu’ils puissent être, sans qu’il soit obligé, pour cela, de créer lui-même au delà d’une seule espèce d'utilité. Aussi est-il le corollaire obligé de la division du travail, dont les avantages ont été démontrés dans la section précédente.

Indépendamment de ceux-ci, l’échange en possède qui lui sont propres. Ainsi il contribue à distribuer plus abondamment et plus également les dons gratuits de la nature parmi toute l'humanité, sur laquelle il exerce, par conséquent, la même influence bienfaisante qui a été reconnue aux machines: Il agit de même sur les idées qu’il distribue avec plus d’abondance et plus d’uniformité parmi le genre humain. Le principal avantage de l’échange consiste peut-être en ce qu’il établit entre toutes les nations des liens d’une étroite solidarité, qui tendent puissamment à faire régner la bonne harmonie parmi elles.

De nombreux obstacles entravent encore la liberté et la facilité de l’échange ; le moindre n’est pas celui qui réside dans l'ignorance, les préjugés et la perversité des hommes. — Tout ce qui tend à écarter ou à aplanir ces obstacles contribue, d'une manière efficace, à l'accroissement du bien-être de la société,

Pour échanger deux objets entre eux, il faut qu’ils possèdent au même degré la qualité que l’on nomme valeur, et qui dépend à la fois de l'utilité de ces objets et de la difficulté qu’il a fallu surmonter pour obtenir cette utilité. La valeur des choses tend continuellement à varier avec ces deux éléments, essentiellement mobiles.

On appelle concurrence, la force, ou plutôt la loi économique qui détermine ces perpétuelles oscillations de la valeur, en les faisant sans cesse graviter, comme le pendule autour de la verticale, vers un point qui est l'effort nécessaire pour produire la valeur, qui tend elle-même à s’abaisser sous cette constante action,

Il résulte de là, que la concurrence est une loi bienfaisante et providentielle, qui, en proportionnant toujours la rémunération à l'effort accompli ou au service rendu, fait régner la justice dans les transactions entre les hommes, mieux qu'aucune des dispositions législatives ou réglementaires qui auraient été inventées par eux. En récompensant le génie et l’activité, en puissant l'ignorance et la mollesse, la concurrence est aussi le plus énergique de tous les stimulants au progrès.

Il est fort rare que l’action de la concurrence s’exerce avec une entière liberté; il arrive bien plus fréquemment qu’elle éprouve quelque entrave, soit dans le sens de l’offre, soit dans celui de la demande. Cet état de la concurrence, limitée dans un sens, tandis qu’elle demeure libre dans le sens opposé, a reçu le nom de monopole,

Quand ce monopole est dû à une découverte, une invention ou un perfectionnement, ayant pour résultat de substituer de Vutilité gratuite à de l’utilité onéreuse, on le désigne sous le nom de monopole naturel ; ses effets ne peuvent jamais nuireà la société, tandis qu’ils stimulent le progrès par l’appât d’une récompense, que la concurrence tend toujours à proportionner le plus exactement possible au service rendu, Le monopole naturel est donc à la fois juste et nécessaire, sans pouvoir jamais

devenir nuisible.

| Le monopole artificiel, au contraire, résulte toujours d’une restriction imposée par la contrainte, soit à la concurrence de : offre, soit à celle de la demande qui se fait d’un produit, la | “concurrence en sens opposé demeurant libre. Le premier cas, qui est le plus fréquent, a pour effet immédiat d’élever le prix

du produit monopolisé, en infligeant une perte au consommateur, perte qui, étant loin d’être compensée par le profit du producteur, finit par appauvrir la nation entière. Un effet non moins constant,du monopole artificiel, c’est qu’il tend à élever le prix originaire du produit monopolisé, de manière à le rapprocher sans cesse du prix de vente, jusqu’à ce qu’il ait égalé ou même dépassé ce dernier, en réduisant à néant ou en transformant en perte la rente due à ce privilége. Les résultats extrêmes du monopole artificiel sont donc: 10 La ruine de celuilà même qui croit en profiter; 2° un obstacle absolu à tous progrès de l’industrie monopolisée; 3° de l'utilité gratuite transformée en utilité onéreuse, au détriment de la société entière.

L'échange, si utile à l'humanité, né s’accomplirait qu’avec une difficulté extrême, s’il n’était aidé par l’action d’un instrument spécial, qui est la monnaie, Pour se procurer cet ins-

trument, qui doit posséder par lui-même une valeur égaleà

celle de la chose qu’il sert à échanger, les nations doivent s’imposer de grands sacrifices, qui se résument dans la perte d’intérêt d’un capital de même valeur que la monnaie en circulation.

Il n’est pas de marchandise, dont la concurrence proportionne plus promptement et plus sûrement la quantité au besoin qu’une nation en éprouve, que la monnaie, Aussi est-il chimérique de craïnäre que le commerce, dirigé d’une certaine façon, puisse dépouiller un pays de son numéraire, ou d’espérer que le négoce, organisé d’une autre façon, puisse enrichir un peuple en lui amenant des métaux précieux en surabondance.

C’est afin d'éviter une perte qu’occasionne au pays l’emploi de la monnaie et aussi dans le but de faciliter le prêt des capitaux, que l’on fait usage du crédit, qui est la faculté d’emprunter des capitaux, fondée sur la confiance qu’inspire au créancier le titre ou gage qui lui est remis par son débiteur,

Les effets du crédit sont donc de faciliter la circulation des ‘eapitaux et de diminuer la somme de numéraire nécessaire pour effectuer les échanges.

Le progrès qu'amène toujours la liberté, peut accroître

encore l'utilité du crédit, mais il est une limite qu'elle ne pourra jamais franchir, c’est celle de doter le pays de signes représentatifs de la monnaie, ayant une valeur supérieure à celle du numéraire indispensable à la circulation, ou des titres

représentant une valeur qui dépasse celle du capital, remboursable au jour de leur échéance. La mise en pratique de toute erreur contraire à cette vérité, aurait pour la société les conséquences les plus funestes, |

Les banques agissent comme intermédiaires responsables entre prêteurs ef emprunteurs. Par là, non seulement elles facilitent la transmission des capitaux, mais elles la rendent plus sûre, partant plus économique, malgré la rémunération qu’elles

exigent pour leurs services et la prime qu’elles prélèvent pour P q P P

leurs risques. À mesure que les affaires augmentent en nombre eten importance, les instruments de crédit dont les banques font usage, se multiplient et deviennent plus utiles, En même temps, les banques tendent de plus en plus à spécialiser leurs

fonctions. Ces progrès seraient plus sensibles encore, si elles “pouvaient les accomplir en toute liberté,

Lasubstitution du papier-monnaie au numéraire métallique est fondée sur ce principe d'économie politique, que la valeur de la monnaie provient du besoin que le société en éprouve,

comme intermédiaire des échanges et du prêt des capitaux;

cette valeur peut done se maintenir aussi longtemps que Pémission du papier-monnaie ne dépasse point les besoins de

la circulation. "

L'emploi d’un papier-monnaie à cours libre, émis par des

banques non privilégiées, présenterait plusieurs avantages sur

lacirculation en numéraire métallique ; mais les gouvernements de divers pays ont fait un tel abus du monopole de la monnaie

de papier à cours forcé, et il en est résulté de tels désastres,

qu'il faudra longtemps encore avant que la société soit guérie dela terreur que lui inspire le seul nom d’assignats,

Les assurances consolident le crédit, dont elles sont, en quelque sorte, le complément. Il existe deux genres d’assurances : les unes sont mutuelles, les autres à primes fixes. Les premières reposent sur ce principe, que les risques de toute nature sont atténués dans une proportion considérable, lorsqu'ils sont partagés entre un grand nombre de participants. Les secondes ont pour objet de transformer une perte éventuelle, mais très grande, en une perte certaine, mais fort petite, en raison du capital engagé dans une opération périlleuse.

Cette seconde forme de l’assurance est supérieure à la pre-

mière, en ce qu’elle se conforme mieux au principe de la division du travail et qu’elle a presque toujours pour effet de diminuer le risque dont elle assume la responsabilité.

Au moyen des assurances, les résultats de toute entreprise productive deviennent plus susceptibles d'être calculés à l’avance, ce qui équivaut à une réduction du prix originaire de leurs produits, et permet une action plus libre de la concurrence.

En somme, la bonne organisation de l’échange des valeurs et de la circulation des capitaux, de manière à favoriser toujours le libre jeu de la concurrence, ne contribue pas moins au progrès et au bien-être de la société, que la combinaison économique des divers éléments de la production.

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