‹ Traité élémentaire d'économie politiqueChapitre 34 sur 57 · RÉSUMÉ DE LA TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE LA TROISIÈME SECTION

Sans la propriété, l’échange n’est pas plus possible que la division du travail. Or comme sans ces deux choses la société ne peut exister qu’à l’état rudimentaire, il faut en conclure que la propriété est, aussi bien qu’elles, nécessaire à l’existence de la société.

Un fait ne peut être nécessaire sans être juste en même » temps; or la propriété est juste, parce qu’elle est engendrée par le travail, qui n’est, lui-même, qu’une émanation des facultés de l’homme, ou une portion de son existence, consacrée à prolonger ou à embellir le reste.

La propriété a donc la même origine que le travail, et ces deux choses sont si étroitement liées entre elles, que l’une ne peut exister sans l’autre,

La propriété est non seulement juste et nécessaire, mais elle est encore utile à ceux qui ne possèdent rien; car ce n’est que par elle qu’ils peuvent jouir des dons gratuits de la nature.

La matière brute et inutile qui n'a pas de valeur, n’est la propriété de personne, mais aussitôt que cette valeur lui a été communiquée par le travail de la découverte, de l'appropriation et de la formation de débouchés, elle appartient à celui qui a exécuté ce travail.

La société vient puissamment en aide à l'individu dans ces trois genres de travaux, mais comme son concours est également assuré à tous, il doit demeurer gratuit, excepté dans le cas où elle est obligée, elle-même, de supporter les frais des services qu'elle rend.

La propriété comporte le droit de jouir et de disposer de la chose que l’on possède, sans autres limites de durée et d’espace que celles qui lui sont assignées par sa nature même, sans autres obligations que de ne pas nuire à autrui, par l’usage que l’on en fait.

Les principes énoncés ci-dessus sont applicables à tous les genres de propriété, sans distinction aucune, quoiqu’ils aient été souvent contestés, soit d’une manière générale, soit en ce qui concerne chacun de ces genres en particulier. De ce que la propriété est juste, nécessaire et bienfaisante pour tous, il résulte qu’elle produit d'autant plus de bien, que chacun est plus libre de la créer, d’en jouir et d’en disposer, et que tout ce qui tend, au contraire, à entraver ou à anéantir ces libertés, tourne au détriment du bien-être de la société.

Or, comme parmi les causes qui tendent à enrayer ces libertés, se trouve, au premier rang, l'ignorance des lois économiques qui régissent la propriété, il est important de combattre cette ignorance, partout où elle se rencontre.

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