L'INTÉRÊT DU CAPITAL OU LE REVENU DU CAPITALISTE
1. — Légitimité de l'intérêt fondée sur les services rendus et la privation éprouvée, en prêtant le capital. — 2. Obligations contractées par l'emprunteur. [l en résulte que l'intérêt se compose de trois éléments. — 3. Préjugé de l’illégitimité de l'intérêt fondé sur la confusion que l’on a faite entre les fonclions du capital et celles de la monnaie, — 4, Effets nuisibles des lois répressives de l'usure. — 5, Exemples à l'appui. — 6. Elles tendent à élever le taux de l'intérêt, au lieu de l'abaisser, — 7. Les causes qui font varier le taux de l'intérêt agissent différemment sur chacun de ces éléments. Le loyer. Limites entre lesquelles il peut varier. — 8. Fausseté de Ia prétendue tyrannie exercée par le capital sur Je travailleur. — 9. Le taux du loyer ne peut jamais tomber à zéro. — 10. L’amortissement. [1 fait partie, dans une mesure plus ou moins considérable, de l'intérêt de presque tous les capitaux. — 11. La prime d'assurance. Circonstances diverses qui la font varier. — 12, Elle est une perte pour l’emprunteur, sans être un gain pour le prêteur. — 13. Conséquences sociales de ce fait. Le taux du loyer tend à varier en raison inverse de celui de la prime d'assurance. — 14. Harmonie qui existe entre les intérêts du capitaliste et ceux du travailleur.
1. — Le capital est un des éléments essentiels de la production ; sans lui le travail de l’homme est à peu près stérile ;
celui qui le possède en retire de grands avantages ; celui qui
en a besoin est prêt à sacrifier, pour en jouir, une partie des utilités qu’il pourra acquérir par son intervention. Prêter un Capital, c’est donc rendre service à autrui, en lui permettant de disposer des forces de la nature, et c’est en même temps s'imposer une privation équivalente au service rendu. Ce service mérite une récompense; la privation qui en résulte pour celui qui prête, réclame un dédommagement. L'intérêt, qui est la rémunération du service rendu ou la compensation de la