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REVENU DE l’entrepreneur, DU PROPRIETAIRE FONCIER 373

Répartition, se caractérise moins par l’existence d’un revenu qui lui soit propre - puisqu’il s’agit d’un revenu supplémentaire qui peut ne pas exister - que par le mode nalion de son revenu global (\). C’est ce mode de délennmation que nous allons exposer tout d’abord : .1 nous expliquera comment l’entrepreneur /lew/ avoir, en certains cas, ce revenu supplémentaire que nous avons désigné sous le nom de

profit.

§ 2. — La détermination du revenu individuel de l’entrepreneur.

Celui qui se met à la tête d’une entreprise renonce, par là même — dans la mesure où il affecte son capital et son travail à celte entreprise, — à tirer un revenu séparé de son travail eide son capital . Au salaire et à l’intérêt, il substitue un autre mode de rémunération. Désormais, son revenu dépend non du taux de la rémunération, sur le marché, du travail et du capital, mais du rendement de l’entreprise même à laquelle il s attache. Or, il est assez aisé de se représenter comment se détermine ■ le rendement d’une entreprise. 11 suffit, pour cela, d appliquer

les notions déjà acquises sur la détermination des prix des i marchandises et des services en général, et de tenir compte

des conditions dans lesquelles les entreprises produisent pour le marché. En effet, le rendement d’une entreprise, considérée individuellement, dépend à la fois de la quantité de marchandises, ou de services, fournis par elle dans un laps de temps donné, et du bénéfice réalisé sur chaque unité.

La quantité des unités vendues dépend évidemment de la situation propre de l’entreprise, ou, en d’autres termes, du débouché qu’elle s’est assuré sur le marché. Ce débouché lui-même dépend à son tour, s’il y a concurrence, de la place que l’entreprise considérée s’est faite parmi les entreprises ri-

(1) Dans son livre Entrepreneurs et profits industriels (th., Grenoble, <1901) M. Porte observe que la distinction dans le profit de plusieurs éléments, de plusieurs « rémunérations », procède souvent de préoccupations finalistes [plus ou moins inconscientes; on estime qu il laut que le travail et que le capital reçoivent une rétribution. Certains auteurs découvrent même dans le profit une prime de risque, comme si le propre d’une prime n’était pas précisément la fixité, alors que î « le revenu de l’entrepreneur présente dans toutes ses parties le carac-

tère d’un revenu incertain » {op. cit., p. 176).

vales; ej;, s’il y a monopole, de la façon dont elle a attiré 1» demande, — notamment en fixant ses prix de façon opportune (1).

Quant au bénéfice réalisé par unité, il dépend tout d’abord de l’état du marché, puisque celui-ci détermine le prix de vente : si le marché est favorable, si la demande est abondante, il y a tendance à la hausse ; et l’inverse se produit dans le cas contraire. Mais le bénéfice dépend aussi du prix de revient, ou coût de production, et celui-ci peut d’ailleurs dif-

férer sensiblement d’une entreprise à l’autre, en raison de circonstances extérieures, ou de son organisation interne, et même en raison des quantités vendues, — car le coût varie souvent selon le nombre des unités à produire.

De ces notions très simples, que suffit à nous donner l’expérience courante, il résulte que le revenu de l’entrepreneur est |

essentiellement variable d’une époque à une autre, et d’une î

entreprise à l’autre, et qu'il peut contenir des rentes^ rente de \

rareté ou rente différentielle, selon l’état du marché et la si- I

tuation de l’entreprise considérée. On peut même dire que c’est |

généralement dans ce cas qu’il y a profit, au sens étroit que %

nous avons défini plus haut (2).

Nous allons voir d’ailleurs, que la notion de rente intervient d’une façon plus précise encore lorsqu’il s’agit d’expliquer,

(1) Voir plus haut, dans le premier livre, la théorie des prix de monopole.

(2) On peut se demander si ces revenus supplémentaires qui forment le profit ne sont pas ceux précisément que nous avons dénommés rentes en étudiant le mécanisme de la formation des prix, et si nous ne retrouverions pas exactement la même idée sous un nom différent.

Et, à vrai dire, les rentes étant des revenus « sans coût », le profit au

sens étroit, le profit défini comme étant ce qui reste entre les mains '

de l’entrepreneur après la réiribution, au taux normal, de tous les agents productifs employés dans l'entreprise — après l’acquittement par conséquent de tous les frais de production — semble bien n’être '

qu’une rente ou un ensemble de rentes. 11 convient toutefois d’ob- «

server que la notion de profit est moins nettement délimitée que la j

notion toute abstraite de rente. Dans la pratique, on comprend géué- j

râlement dans le profit la rémunération du travail de direction suprême : et les économistes ne se sont pas mis d’accord pour éliminer cette idée du concept de profit. Ainsi, M. Marshall, quoique ayant beaucoup contribué à répandre l’idée d’un rapport étroit entre la notion ]

de profit et celle de rente, continue à voir dans le profit la « rétribu- I

tion du travail de direction et d’organisation *.

c„. ,U. - DE E■E^TEEP,E.E»E. DE PEOP.-ÉTAmE PONCEE 375

non plus le revenu individuel d'un entrepreneur, nnaia le rc venu du chef d’entreprise en général.

8 3. - Le revenu de l’entrepreneur en général : équilibres successifs et rentes.

ou s'explique aisément par ce ,ni préeMe la jorjnat^n du

venu de l'entrepreneur en eur diffère de

?l?rimrereXnâ ^ "prodneteurs f capi.aiistes pré-

c" ;rrbréme iôl's apparaît au premier abord sous un aspect

(1) Certains antenrs 2rsèL'’é7r“!"d^^

expliquer la formation du VAjeunent en sus de la rému-

taire, que les entrepreneurs en g A„„„il Car si tous les entreprenération de leur capital et e e ' gjj^repreneurs en moyenne

neurs n’ont pas, en ce sens, un proOt de

en auraient un. A vrai dire, n , j politique classique, où les

ces cas, assez nombreux ‘if d’être bien sûrs auteurs se préoccupent de résou i Atntistiaue que les revenus des

,u'il se pose. Rien “ fse^^^^^ de cens qm re-

chefs d’entreprise : si 1 ‘ ^ „ne rémunération moindre

tirent de leur fonction d e^lrepre l’intérêt de leur

qu’iU ne tireraient d un salaire d capital, même Leur pa-

capital, mais de ceux P^J difficile d’affirmer que les gros

trimome tout entier, il de i , fassent plus que compenser

profits des entrepreneurs qui de la richesse, à

foutes ces pertes. Certes, le large part, semble at-

laquelle les mais rien ne prouve qne

tester que la balance est au revenu supplémentaire par

les entrepreneurs aient, en moy . capitaux, — avec un reiiderapport aux capitalistes qui pr en . oénéralement atla-

raZ limité, mais aussi avec le^gara^

chées aune opération de prêt. P j^^^udons non pas pourquoi

doue différent et plus simple ; no pourquoi ils peuvent avoir un

r^. : p’ooTo,"» 4ve„o ,eSe e. propre.

assez simple : les entrepreneurs produisent pour le marché, à leurs risques et périls : ils achètent à prix ferme les services du capital et du travail : le coût de production est, à leurs yeux, un élément certain (1), tandis que le prix de vente, aussi bien que la quantité vendue, est pour eux un élément plus ou moins incertain et aléatoire. Leur revenu est donc essentiellement variable, et, abstraction faite des rentes différentielles qu’ont certaines entreprises par rapport à d’autres, il peut comporter, pour l’ensemble des entreprises, une rente de rareté,'lorsque la demande devance l’offre.

Cependant, en admettant ainsi la possibilité d’une rente de rareté, nous paraissons attribuer à la notion de coût de production une signification objective que la pratique, il est vrai, n hésite pas à lui attribuer, mais que la théorie, comme nous 1 avons vu plus haut (2), ne lui accorde pas sans réserve : nous semblons admettre, eu effet,que le prix de vente [leut s’élever ou s abaisser sans que le coût de production change, de telle sorte que l écart entre les deux soit variable. Or, l’analyse économique nous a représenté le coût comme étant en quelque sorte une expression de la valeur du produit lui môme : dès lors, ce n’est plus seulement le prix de vente, mais le coût de production aussi qui nous apparait comme un élément incertain : 1 un et 1 autre, d ailleurs, varient solidairement, les inlluences qui s’exercent sur le prix du produit se répercutant sur le coût de production, non moins que le coût de production réagit sur le prix du produit. Lt dès lors, on ne conçoit plus aussi bien comment peut se manifester, entre le coût et le prix de vente, cet écart variable, qui peut donner lieu à une rente de rareté.

Telle est l’objection qui paraît ressortir de la théorie ex posée plus haut. La réfutation cependant en est assez simple.

En effet, la série de ces réactions réciproques ne se produit pas d une façon instantanée ; le prix des éléments productifs ne s adapte que progressivement à celui des produits, et inversement ; et, s’il est vrai que le coût de production ne représente qu’un point d’équilibre temporaire des forces de l’offre

(1) Entendons : moraentanéraent certain, le coût de production étant une réalité relative et modifiable, comme nous l’avons vu plus haut; à certaines époques, comme celle où nous sommes, les brusques variations du coût peuvent déjouer les calculs du producteur et paralysent l’esprit d’entreprise.

(2; Voir la théorie de la valeur, ch. n, § 1 .

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