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d’avance, et généralement indépendante du rendement d'une entreprise, ces travailleurs ont, dans la Répartition, comme dans l’activité économique, des situations fort inégales : il en est qui touchent, sous forme de salaires, des revenus susceptibles de les enrichir en peu de temps, et d’autres qui reçoivent à peine de quoi subvenir aux besoins primordiaux de l’existence. Aussi ne saurait-il pas être question, en traitant du salaire, de les englober tous dans un même exposé. Conformément à une tradition qui se justifie par des nécessités pratiques, nous laisserons de côté ici les gros salariés de l’Etat et des entreprises privées. Ces .derniers, qui sont en petit nombre autour du patron ou des administrateurs d’une société, discutent individuellement les conditions de leur rémunér.'ilion, et, tout en ayant droit à un traitement fixé d’avance, ils ont souvent leur sort lié à celui de l’entreprise à laquelle ils appartiennent ; ils obtiennent des augmentations progressives, des « gratifications », parfois aussi une participation au moins indirecte aux bénéfices de la maison : étant en contact immédiat et constant avec le chef d’entreprise, participant plus ou moins à la direction, leur situation les rapproche plus ou moins dans la répartition, comme dans la production, de l’entrepreneur lui-même. — Quant aux « fonctionnaires » de l’Etat, nous examinons plus loin les règles relatives à leur rémunération (1),
Ayant ainsi éliminé les salariés de l’Etat et les gros ou moyens salariés, dont la situation peut varier beaucoup d’une entreprise à l’autre, et dépend plus ou moins directement du sort de l’entreprise elle-même, nous nous trouvons en présence de la masse des travailleurs de l’industrie et de l’abri-
culture et des petits employés de commerce, auxquels l’usage — tend aujourd’hui à réserver la dénomination de salariés.
(1) Cependant il y a lieu d’observer qu’actuellement la différence de situation économique, entre des travailleurs manuels et des travailleurs intellectuels s’est sensiblement atténuée, le taux des salaires s’étant proportionnellement plus accru pour les catégories de salariés qui étaient jusqu’ici les moins rétribués. D’autre part, en ce qui concerne la répartition entre les diverses catégories de revenus, les salaires moyens ou élevés suivent le même sort que les petits : ainsi tous les salariés subissent la hausse des prix comme consommateurs sans en bénéficier d’une façon correspondante comme producteurs et, d’une manière générale, les intérêts de tous les salariés sont solidaires à l’égard des chefs d’entreprise.
CIIAP. V. IIEVKND IlD TflAVAlLI.EL'R SALARIE I LE SALAIRE 401
Il s’en faut beaucoup assurément, que, même après celte élimination, nous nous trouvions en présence de travailleurs fournissant des services tout à fait homogènes et ayant devant eux un marché aussi étendu que celui du capital. Cependant, le revenu du travailleur salarié, ainsi défini, présente des caractères qui justifient une élude d’ensemble.
§ 2. — Les principales modalités du salaire ; salaire au temps, aux pièces, etc ; participation aux bénéfices.
Même en restreignant ainsi la notion correspondant au terme de « salariés », même en envisageant plus sjiécialenient encore les ouvriers de l’industrie, on constate de très grandes diversités dans les modalités du contrat qui unit le [latron et l’ouvrii'r, et dans les modes de détermination du salaire qui en déc'>uleiit.
Ces diveiisités semblenl d’ailleurs être le résultat de l’évolution industrielle et des perfectionnements apportés dans l’élaboration du contrat de travail, 'faut que les ouvriers ont été groupés, en [lelil noinlire, autour du patron, dans une exploitalion de médiocre envergure, leur rétribution éluit calculée d’après le temps de travail fourni par eux, et il appartenait au patron d’uliliser leur prés, nce ; on appliquait alors le régime dusalaiie au temps, généralement du salaire^ la journée. Mais, à mesure que, dans des e.xploiiations plus grandes, .les tctcbes allaient se diversifiant et que la i-urveillance du travail devenait plus difficile, l’usage se répandait assez fréquemment de payer l’ouvrier, non plus d’après le temps de présence, mais d’après le travail e/fvctné, dans les cas où ce travail pouvait être déterminé par son produit, par exemple, par le nombie des « pièces » fabriquées ; ainsi, au système du salaire à la journée est venu s’ajouter, et se substituer en bien des cas, celui du salaire aux pièces (1).
(1) M. David Schloss. dans sou livre sur les Modes de r^munéralion du travail, traduit en français par M. Ch. Rist (Giard et Rrière) dist ngue le salaire au levii S. aux pièces, à la tâche (quand l'ouvrier, payé au lemps, est tenu cependant à un uiinimum dé pioductiong — et le salaire progressif (quand il louche une prime pour une production sutiérieure à la normale).
Il analyse aussi les salaires collcc'ifs, a Iribués à uns é juipe d’ou- Nogaro •* 26
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Actuellement, la pLu[>art des modalités du salaire se rattachent [dus ou moins à l’un de ces deux modes de rémunération ; et souvent elles les combinent, en donnant, selon les ca*!, la prépondérance à l’un ou à l’autre.
Les circonstances, en effet, ne permettent pas toujours d’appliijucr purement et simplement l’un ou l’autre système. Ainsi, dans les mines, la quantité des matières extraites ne dépend pas seulement de l’activité de l’ouvrier, mais de la nature des couches qu'il rencontre, de leur richesse ou de leur dureté, et de bien d’autres facteurs. Aussi, en ce cas, le calcul du salaire, établi en principe d’après la besogne effectuée, est rectifié, soit, par exemple, par la fixation d’un minimum journalier, soit encore par les primes accordées en raison des diverses difficultés qui peuvent se présenter. Kéciproqnement, lorsque la rémunération de l’ouvrier est tout d abord fixée au temps, à tant par heure ou par jour, il peut être contraint de fournir un minimum de production, ou bien encore recevoir des primés sur la production qui excède un minimum fixé. Cc'S combinaisons complexes tendent en général à baser la rém inération, non sur le temps de présence, mais sur ,1e travail
accompli.
L’évaluation du travail propre de l’ouvrier, et de la part qui doit lui être attribuée dans le produit du travail, est rendue particulièrement délicate par l’emploi de machines de plus en plus perfectionnées ; les Uirifs sont souvent très difficiles à établir, et forment en certains cas, notamment dans certaines industries textiles, de volumineux recueils, qu’il faut fréquemm uit modifier, pour maintenir une rémunération constante, ou pour répartir entre l’employeur et ses salariés le bénéfice d’une machinerie nouvelle.
Le travail de l’ouvrier n’est, d’ailleurs, pas le seul élément qui soit pris e^t considération dans 1 établissement du salaire. Gonlrairemeut à la notion générale d’après laquelle le salaire est un revenu indépendant du rendement de l’entreprise, il faut reconnaître que le salaire est parfois influencé, dans une certaine mesure, par la situation de l’entreprise, et par l’état
vrier?, le travail à Venlreprise, où le chef d’équipe reçoit la différence entre le prix du travail à forfait et les salaires payés à ses aides, et le marchandage. Enfin, il étudie les diverses formes de participation aux
béîiéfices.