V. — UEVEXÜ nu TRAVAILI.El'U SALARIE : LC SALAIRE
toute association professionnelle. H se forma cependant peu à peu des as^ocialions patronales et ouvrières, ces dernières, surtout à partir de 1860; mais c’est seulement vers la fin du XIX* siècle, en 1881 (loi du ‘il marsl88L, que leur libre constitution devint licite. Les associations piofessionnelles fran- <^uises portent le nom de syndicats, et ceux-ci peuvent se grouper en unions de la même profession (l). Souvent les syndicats ou unions exi>tanl dans une ville se groupent dans un même local, la bourse du travail /i). I.a reconnaissance légale des as.‘‘Ocialions professionnelles a été encore plus tardive dans divers autres pays d’b’urope, mais on peut dire que, presque partout, le mouvement d’organisation ouvrière dont elles sont la consécration s’est manifesté ou accentué dans la seconde moitié du xix® siècle (3).
Actuellement, les associations professionnelles ouvrières sont encoi e loin d’englober tons les salariés, même dans les pays où elles sont le plus développées ; et il s’en faut aussi de beaucoup que les patrons entrent tous dans des groupements professionnels. En Angleterre, pays où l’organisation syndica'e a atteint son maximum d’expansion, la proportion des membres des trade-unions dans l’ensemble de la population ouvrière industriel le ne parait pas déjiasscr 30 0/0 . en Allemagne, la proportion tomberait à 20, et en France à moins de 20 0/0 (4). Si l’on tenait compte des ouvriers agricoles, domestiques et autres salariés, chez lesquels l organisalioii syndicale est beaucoup moins avancée, la proportion serait encore
(1) On peut signaler actiiollement eu France une tendance a la concentration dans les syndicats, résultant de la diminution de leur nombre et de l’accroissement de leur importance moyenne.
(2) La loi du 12 mars 1920 étend la capacité des syndicats et unions de syndicats, notamment en ce qui concerne le droit d'acquérir à litre gratuit ou onéreux, de contracter, d’ester en justice, de disposer de leurs ressources, (caisses de secours, habitations, enseignement technique, etc.), sous la seule réserve qu’ils ne se livrent pas à des opérations connnerciales.
(3) Ajoutons que, dans certains pays, les anciennes corporations ont été plus ou moins maintenues (Russie) ou rétablies (Autriche, Allemagne) dans de certaines limites. Voir nolainiuent l*. l'ic, Législ.
indust., édition, p. 371 et suivantes.
(4) Voir sur ce sujet Cii. Giüf, Economie sociale, 4e éd., p. 99. Cependant, il semble que la proportion des travailleurs syndiqués se soit très nolableinenl îiccrue depuis 1914 ; mais il n est pas encore •possible de donner des précisions numériques très sures.
Nogaro
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