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tives sont oraranisés ainsi qu’il vient d’êlre exposé, d’autres, au contraire, où l’otTre et la demande ne se manifestent guère que ^»ar des actes individuels (1). A cet égard, on peut distinguer tout d’abord les ouvriers agricoles et les ouvriers de l’indurstrie et du commerce. En effet, pendant longtemps, les ouvriers agricoles ont été plus rebelles à l'association que les ouvriers de l’industrie et du coinnmrce ; leur dispersion constitue d’ailleurs, en bien des cas, un obstacle au groupement. Ainsi, les domestiques agricoles, qui louent leur travail à l’anné.‘, sont embaucbés isolément, ou par petits groupes, dans des expluilalions différentes, (’ependant, il faut noter, d’autre part, que l’exploitant, propriétaire ou fermier, qui n’emploie lui-niènie qu’un seul salarié ou un très petit nombre de salariés, n’a pas dans la discussion des conditions du travail la supériorité du chef d’industrie qui en emploie un grand nombre; il arrive même fréquemment aujourdbui en France, avec la désertion des campagnes et la décroissance de la natalité, que les besoins de main-d’œuvre soient plus pressants pour le chef d’entreprise que le besoin de trouver du travail pour le salarié. Aussi, en dépit de l’absence d'organi>ation collective de l’offre et de la demande de travail, le taux du salaire, résultat de discussions individuelles, s’établit dans des conditions assez, favorables pour l’ouvrier.
D’ailleurs, certaines catégories de travailleurs agricoles, ceux no'amment qui s’embauchent en grand nombre pour les récoltes, ont aj)pris à se concerter ; et l’urgem:e du travail à effectuer donne à leurs coalitions et à leurs menaces de grève une puissance singulière; c’est ainsi que les ouviiers agricoles, dans le Midi de la France, ont pu obtenir en peu de temps de foites augmentations de salaire.
Dfins l'induslrie et le commerce, l’étal du marché du travail varie d'un métier à l' autre. Cependant, on peut liistinguer, d'une façon générale, les ouvriers qualifiés, c’est- à-dire ceux qui ont un métier bien déterminé, exigeant un apprentissage de longue durée, et les ouvriers non qualifiés, manœuvres et aides de toutes sortes, dont le travail n’exige ni des connaissances techniques longues à acquérir, ni des dons naturels
(1) Sur tout ce sujet, consulter l’ouvrage de Cuhistian Cohnélisse.n, Theoiie du salaire et du travail salarié. — Voir aussi E. Levasseur, Salaires el salariat. ,
CUAP. V. — revenu du TRAVAaLECR SALARIE : ht. SALAIRE 423
nUnnnels et qui peuvent s’employer à peu près indifféunlè/gr.„d aon.bre d'inaustnes ou de co„>- ,
Cerderniers forment la grosse masse des salariés des villes • leur marché de travail est très étendu ; mais ils sibiLênl à la fois la concurrence de tous les ouvriers qu n’ont pas de métier et de ceux qui ne trouvent pas d enip dans leur métier; leur salaire variait peu avant la guerre de 1914. mais il était généralement inférieur à celui des ouvriers qualifiés ; el il ne s’élève guère, comme nous allons voir, au-dessus du coût de f existence ouvrière.
Cependant, il existe des salariés dont le travail exige un
;Sdé^Tf:’o::iet df 1“::' ,1^
fé,umms sont longtemps 'nte™urs aux sald.res do,
ouvriers mâle,; mdme à travail égal, la lemme, en \er d’une coutume constante, était jusqu’ici moins l’iioiiime. Cependant la diflérence s est consideiablement
atténuée depuis la guerre, par suite de 1 appel '"‘““1“' été tait à la main-dœuvre féminine el du lait que les fei ont été occiipéos à de nombreux travaux jusque la resep es aux
hommes. D’ailleurs, l’article 4-27 du ' “"f
posé . le principe du salaire égal, sans distinction de sexe,
pour un travailleur de valeur égale (2) ..
Toutefois les travaux spécialement féminins, ra\aux couture lingerie, etc..., sont encore souvent moins rétribues que le travail de l’ouvrier non qualifié, même lorsqu ils exigent un long eldilficile apprentissage. Ainsi, **
It longtemps reçu des salaires dérisoires, hnc e fautajouter que les salariés, - surtout du sexe 'f,™'""' "T V" liavaillmt à domicile 'principalement dans 1 industrie du vét-iiieiit) élaieni, jusqu’à ces derniers temps, généralement
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lourds.
4 24 LIVUE II. REPARTITION
moins payés, à Iravail égal, que les salariés qui travaillent à l’atelier.
Celte con.lilion des salariés du sexe féminin en général, et des Iravailleurs et travailleuses à domicile en particulier, s’expliquait en grande partie par l’état inorganique de leur marché D’une façon générale, les ouvrières s’associent peu (1), et ne se concertent guère en vue de la grève ; cela est vrai aussi de tous les travailleurs, hommes et femmes, qui travaillent isolément dans leur domicile. A cela, il convient d’ajouter que les connaissances techniques de cette catégorie de salariés, quoique longues à acquérir, sont souvent très répandues ; ainsi, la compétence nécessaire aux travaux du vêtement est très répandue parmi les femmes, et il existe de ce fait une olTre de travail virtuelle très large (2). De plus, le travail leur est souvent apporté par des intermédiaires, ou sous-entrepreneiirs, qui, pour obtenir la commande des grands magasins de vente, s’elïorcent de réduire leur prix au minimum, et qui n’ont d’autre moyen d’abaisser leur propre prix de revient que de réduire le prix du Iravail. Knlin, il faut noter que les salaires des Iravailleurs à domicile sont assez souvent des salaires familiaux ; et, comme il s'agit, au total, d assurer la subsistance de la famille, les salariés d’une même famille travaillant ensemble en arrivaient à se contenter, pour eux tous, d’un salaire global à peine supérieur à celui d un homme travaillant seul au dehors. Quant aux salaires féminins, ce n’étaient souvent que des salaires d’ap|)oint, destinés à fournir à la femme, à la jeune tille, le complément du salaire du chef de la famille (3). Si une veuve chargée d’enfants en était réduite à son travail, elle ne pouvait guère manquer, sous un tel régime, de recourir à l’assistance. Cependant, ces salaires ont fini par être considérés comme anormaux. L’exploitation dont les Iravailleurs et travailleuses à domicile schU l’objet de la part de ceux qui les emploient, et surtout des sous-entrepreneurs, a été flétiie sous le nom de
(1) En France, la proportion des syndiquées par rapport à l’ensemble des ouvrières, était à peine de 4 0/0 avant la guerre.
(2) Ch. Cor.nélissen, op. cit.
(3) Parfois môme, des femmes appartenant à la petite bourgeoisie vendaient des travaux de broderie, par exemple, dans le seul but de pouvoir s’offrir uu peu de superüu. et concurrençaient ainsi des ou vrières ayant besoin de leur travail pour vivre.
revenu I>C TRAVAIU.ELU salarié : LE SALAIRE 42:>
siveatiuq System (système de la sueur) (1). Finalement la siuialion des Iravailleurs à domicile, et en pa|’‘'cuber des . femmes travaillant à domicile s’est trouvée considérablement améliorée depuis la guerre, d’abord par suite de la générale des salaires féminins, puis grâce a l intervention de
l’autorité pubrujuc.
Nous verrons, en eiïet, plus loin que, dans certains pays, l’Etat n’a pas hésité devant une intervention directe pour relever ces salaires ù un taux correspondant aux nécessites de
l’existence (2).
§ 7. Eléments positifs de la théorie des salaires.
Ainsi, les salaires sont la rémunération de services différents, dont le prix s établit sur des marchés différents : on peut les classer eu diverses catégories assez homogènes, mais on ne saurait les ramener à l’unité. Cette diversité ne constitue pas a priori un obsla<le àune théorie générale du salaire, puisque aussi bien les marchandises et les services que vendent les entreprises répondent à des besoins fort divers et ont des marchés bien distincts, et que nous u’en avons pas moins exposé une théorie générale des prix. Cependant, dans l’état actuel de la science économique, il ne semble pas qu’une théorie générale des salaires soit complètement élaborée ; lestheones purement déductives que nous avons examinées plus haut contiennent des suggestions utiles, mais il s’en faut de beaucoup qu’elles tiennent suffisamment compte du mécanisme réel de l’oirre et de la demande de travail ; d’autre part, I exposé que nous avons fait de ce mécanisme sur les principaux
(1) La situation des travailleurs et travailleuses à domicile a fait l’objet d’un grand nombre d’études et aussi d enquêtes offic e les.
l>armi les ouvrages, ou peut citer A. Aptalion, Le
fabrique et le travail à domicile dans les in lastries de l habiUemeyit. H. ,
Harrault, La réglementation du travail à do, mode e,i
Paris, 1906. E. Schwiedland, Zieh itnd W ctje eincr Ileunai beitge»eUge-
lung. R. Connard, La femme dans l'industrie, Cii. Uenoist, L ournere a i ai-
quille. — Parmi les enquêtes officielles, oa peut citer
été publiées par l’office du travail en France ; Lu peO e industuc (- vo .,
1893-1896); Enquête sur le travail à domicile dans la lingerie {5 ^
1907-1911) ; Enquête sur le travail à domicile dans l indus.ne dt la flei
artificiell€y 1 vol., 1913.
(2j Voir plus loin, 2® sect., ch. i, § 3.
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