‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 131 sur 192 · CHAP. VI. REVENUS EN MONNAIE ET REVENUS REELS · texte numérisé non relu

CHAP. VI. REVENUS EN MONNAIE ET REVENUS REELS

un certain salaire journalier une fois obtenu, il s’efforce de le na dnlenir, même dans les périodes de dépression. Aussi, si son revenu réel est, comme celui de l’entrepreneur, doublement affecté par les mouvements des prix, ilconvient d’ajouter qu’il subit beaucoup plus l’influence exercée p.ir les mouvements des prix sur le coût de l’existence que celle qu’ils exercent sur son salaire nominal. Ou peut donc dire que, à l’inverse de l’entrepreneur, le salarié est souvent exposé à voir son revenu réel diminuer — malgré l’ accroissement de son salaire nominal — dans les f^ériodes de hausse des prix, et, au contraire, à le voir augmenter dans tes périodes de baisse des prix fl).

Quant au capitaliste préteur, son revenu nominal subit moins directement que celui du chef d’entreprise l'ilntluence des mouvements des prix. Cependant, nous avons déjà noté plus haut que, si le revenu du capitaliste prêteur, individuellement considéré, se forme dans des conditions fort différentes du revenu de l’entrepreneur, il existe néanmoins une relation assez étroite entre le taux de l’intérêt et le taux moyen du revenu d'entrepreneur ; le taux de l’intérêt tend, lui aussi, à s’élever avec la hausse des prix, et à s’abaisser

(I) Cette formule n'a rien d’absolu: les facteurs qui agissent sur la détermination de salaire et sur les mouvements des prix et le coût de l’existence sont trop complexes pour permettre de formuler une loi gégéiiérale. On peut cependant se rendre compte, en consultant le graphique de la page 446, que, dans la période de dépression qui va de 188U à 1900, les salaires s’étaient maintenus et même légèrement relevés, malgré la baisse des prix et la diminution du coût de l’existence, d’où une augmentation très notable du salaire réel. Dans la période de hausse qui a précédé immédiatement la guerre (1900-1910), il semble, d’après le graphique ci-contre, établi par les soins de la Siatislique générale de la France, que les salaires, en France, se seraient élevés un peu plus vite que le coût de la vie, de telle sorte qu’il y aurait eu un accroissement du pouvoir d'achat ou, en d’autres termes, du salaire réel, malgré la hausse des prix. Mais l’accroissement du salaire réel est en tout cas moindre dans cette période de prospérité que dans la période de dépression précédente.

Si nous considérons enfin la période de hausse brusque des prix qui s'est manifestée depuis la guerre, nous .constatons que, en ce qui concerne les travailleurs manuels, leur salaire réel s’est à peu près maintenu. En effet, si nous consultons les statistiques du mouvenient des prix et celles des salaires (Voir le Bulletin de la statistique générale de la France), nous constatons que, en dehors de quelques catégories de travailleurs privilégiés, la hausse des seconds est un peu en retard sur celle des premiers. Quant aux salariés

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