LIVRE II
quatre catégories : successions correspondant à des fortunes très modestes, inférieures à 10.000 francs de capital ; à des fortunes modestes, de lO.OttO à 100.000 ; à des fortunes moyennes de 100.000 francs à 1 million ; à de grosses fortunes, supérieures à un million.
On fait alors les coiislatations'suivantes ;
La première classe comprend 05 0/0 du nombre des propriétaires : mais elle ne possède que 13,67 0/0 de la richesse totale.
La seconde'ne réunit que 13 0/0 des possédants ; mais elle englobe 27 0/0 de la richesse totale.
La troisième classe groupe moins de 2 0,0 des possédants (1,90 0/0), mais elle comprend,*!! elle seule, le tiers (33 0/0) de la fortune totale-.
Kt enlin la (juatrième classe, qui ne groupe plus que 0,13 0/0 des possédants, réunit encore 26 0/0 — un peu plus du quart — des capitaux ( I j.
.Malgré les imperfections de la statistique on peut donc, en termes généraux, tirer les conclusions que voici :
En F rance, pays de 39 indlions d’habitants, un quaitdes biens mobiliers ou immobiliers qui composent la fortune privée, revient à 0,13 0/0 des possédanls, — soit à un [teu moins de vingl mille persoimes ou familles.
Plus de la moitié [50 0/0 en réunissant les deux dernières classes) des biens afipartient encore à une très petite proportion (environ 2,03 0/0) des possédants, gens aisés, riches ou très riches (filusde 100.000 francs de fortune), — soit environ 285.000 personnes ou f.tmdles.
Moins de la moitié (41 0/0) de la fortune totale se répartit entre 97,7 0/0 des possédants, et, là-dessus JS, 07 OfO seule* ment de la richesse totale sont répartis entre 65 0/0 des possédants,soit prèsde iS millions d' mdioidiis ou familles, dont les plus favorisés ont moins de 10.000 francs. C’est à celle extrême dispersion d’une partie, d’ailleurs minime, de la fortune privée totale que l’on fait allusion en disant habituellement que la propriété est très divisée en France.
De ces données statistiques il résulte que, dans une nation
(1) A. DE Laverg.ne et Paul Henry, op. cit., p. 155. Voir aussi, E. Châtelain, La répartition de la richesse en France (Revue socialiste, octobre 1909.)
CHAP. I. — RÉPARTITION l>E LA PROPRIÉTÉ ET DES REVENUS 477
.noderne telle que la France, la propriété est très inégalement répartie. Un tout petit nombre d individus possèdent une fo tune qui constitue une véritable puissance financière ; une très faible proportion (2 0/0 des possédants) dispose de capitaux suffisants pour poutwir vivre de revenus sans travail en les iirôlaut, ou pour pouvoir prendre une participation notable à des entreprises importantes ; enfin une assez m e proportion de la population, près des deux tiers de la population totale, sans disposer de capitaux suffisants pour pouvoir vwre sans travail, dispose de très petits capitaux : ceuxsonl tantôt suffisants pour gérer une petite entreprise, tantôt suffisants seulement pour permettre de parer à certains risques de l’existence (1). Le reste — plus du tiers vit
jour le jour.
§ 2. — La distribution des revenus globaux.
La distribution des revenus dépend, dans une assez large mesure, de la distribution préalable de la propriété, saii
toutefois être en parfaite corrélation avec elle.
En effet, si nous considérons tout d abord les revenus de
ceux qui possèdent des capitaux, nous savons propriétaires de ces capitaux eu tirent un revenu (ixe. tantôt ils iL placent dans quelque entreprise ; dans le premier cas, ils reçoivent un revenu modeste, mais assez constant ; dans le
Cette inégalité dans la distribution de la propriété ne résulte pas seuteLnt du feu d’une organisation économique basée sur 1 e“lreprise prwL “Tlur la propriété Elle est
nart au caractère héréditaire de cette propriété, et, dans une mesur
bien’ moindre, au *oil de tester. (En France près des quatre
des successions se produisent en ligne /Ss ôî
ïan s et re.eux'on nièces) et un
non narentes aux personnes morales et a l’Etat. - L aggravation que l’hérédité apporte aux inégalités qui résulteraient mecamsme^ et simple de l’entreprise et de la propriété
auteurs l’idée d’une absorption progressive de I henta e ^ la coll tivité, tout en laissant la propriété privée se
généküon. Voir sur ce sujet le livre de M. ^ eT Br ère et
harmonie avec la doctrine économique /iberale. Pans, Giard et Brière et
un abrégé du même livre, composé par M. A. Landry, sous le litre, ta Question de l'héritage.