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CHAPITRE I

Les revenus et les charges de famille le problème de la population.

§ 1. — Le problème de la Répartition et les charges de famille.

Dans le chapitre qui précède, nous avons considéré la distribution des revenus globaux, sans distinguer si les bénétici lires de ces revenus sont des individus isolés ou des chefs de famille. Or, en fait, il est des uns et des autres ; qu’il s’agisse de gros, de moyens, ou de petits revenus, ils appartiennent tantôt à des individus isolés, tantôt — le plus souvent, il est vrai — à des ménages, — d’ailleurs plus ou moins pourvus d’enfants. De telle sorte que ces revenus, quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent, se répartissent à leur tour entre un nombre fort inégal de personnes, selon les cas.

Il convient d’ajouter que, étant donné le mode de formation lie ces revenus, le nombre de personnes qui doit vivre sur un certain revenu influe le plus souvent assez peu, et, en bien des cas, n’inllue pas du tout sur son montant. En etîet, la Héparlition résulte surtout de la rémunération des services productifs par les entreprises privées ; or, il importe peu à l’acheteur que le chef d’entreprise n’ait que lui seul à faire vivre ou qu’il ait une nombreuse famille à entretenir ; cette dernière considération ne saurait en aucun cas permettre à l’entrepreneur de relever son prix de vente ; le chef d’entreprise, à son tour, se soucie fort peu que le capitaliste qui lui prête ses capitaux, ou II! salarié qui lui fournit son travail, soient célibataires, ou qu’ils aient plusieurs bouches à nourrir ; le taux de l’intérêt ou du salaire ne saurait scrnble-t-il, se proportionner aux cliarges de l’intéressé (1).

(1) Cependant, depuis quelque temps, beaucoup d'induslriels fi ançai Nogaro 31

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Quant à TEtat, nous avons vu plus haut que ses procédés de rémunération ne diffèrent pas essentiellement, sur ce point, de ceux des entreprises privées ; et c'est à peine si, depuis quelque lemps, il commence, dans certains pays, à prendre en considération effectivement les charges de famille (1).

Il est vrai, que, dans la classe ouvrière, le revenu de la famille n’est bien souvent pas constitué uniquement par le salaire de son chef. La femme, puis les enfants, travaillent, et ceux-ci, en vertu d’une tradition constante, versent leurs salaires au budget familial jusqu’aux approches de leur majorité. parfois plus longtemps encore, s’ils continuent à vivre sous le toit paternel. .Mais il faut noter que la mère de famille peut dil'lîcilement gagner un salaire d’appoint quand elle a de jeunes enfants à élever ; les enfants, à leur tour, ne peuvent guère gagner un salaire avant l'âge de treize ou quatorze ans. C’est donc pendant quelques années seulement qu’ils peuvent « rapporter », à leurs parents un supplément de revenu suffisant pour compenser les frais de leur entretien.

Ainsi, le budget du ménage ouvrier présente une courbe fort irrégulière, qui se traduit par de larges oscillations dans le niveau de l’existence. Avant la guerre, l’ouvrier célibataire moyen avait, pour lui seul, un salaire de quatre à cinq francs par jour ; au bout de quelques années, il pouvait arriver à ne disposer de guère plus d’un franc par télé pour chacun des membres de la famille ; plus tard, le revenu familial se rele-

accordenl à leurs ouvriers un sursalaire familial ; ils créent à cet effet des caisses de compensation, par branche d’industrie ou par région, de manière que la charge de ce sursalaire soit équitablement répartie entre les industriels dont les ouvriers ou employés ont de lourdes charges de famille et les autres. Au total, il s'agit de caisses d’assurances sur les charges de famille où les primes sont bénévolement versées par l’employeur. — On doit ajouter que les syndicats ouvriers sont encore imbus de ce préjugé, basé sur une interprétation simpliste de la théorie du fonds des salaires, que l’accroissement de la population ouvrière fait baisser les salaires, et qu’ils n’ont pas encore compris que le sursalaire familial constitue un correctif à l’une des plus grandes inégalités sociales, sinon à la plus grande de toutes. Aussi se montrent-ils généralement hostiles à ce mouvement.

On doit ajouter que le sursalaire familial a été rendu obligatoire en Nouvelles Galles du Sud, C’est là une des modifications, à la fois les plus necessaires et les plus essentielles aux principes de la répartition dans une société individualiste.

(1) Au point de vue fiscal, on voit, dans beaucoup de pays, et en

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