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CHAP. II. REVENUS ET CHARGES DE FAMILLE

vait jusqu’aux environs de cinq franc.s par tête. Il s’ abaissait ensuite peu à peu, lorsque les enfants étaient dispersés, et que les parents, usés par le travail et {par l’âge, ne pouvaient plus gagner des salaires normaux (1). Le budget de l ouvrier varie donc bien, dans une certaine mesure, avec la famille, mais il s'en faut de beaucoup qu'il varie toujours en proportion des besoins, puisqu'il n' augmente pas, ou même diminue, pendant la période la plus pénible de l'éducation des

enfants. . ,

En dehors de la classe ouvrière, la proportionnalisation du

revenu familial aux charges de famille s’opère encore moins : dans la bourgeoisie, la famille, grande ou petite, vit du revenu qui résulte du travail de son chef et du capital du ménage. A revenu égal, la part de chaque individu est donc très variable suivant qu’il est isole ou qu il appartient à une famille nombreuse ou restreinte.

Ainsi, aux inégalités dans la distribution des richesses qui résultent de l’organisation de la production et des conditions de répartition qui en découlent, s’ajoutent les inégalités résultant de lacoiistitution de la famille. C’est là une vérité si évidente que l’on a longtemps négligé de la mentionner explicitement dans les éludes relatives à la Répartition. Mais, si elle a jusqu’ici exercé peu d’influence sur la doctrine, elle est aujourd’fiui très nettement peri^ue par les individus les moins formés aux spéculations de la science, et elle tend par là a

France notamment, l’Ktat tenir compte des charges de famille dans rétablissement des impôts directs, en procédant à des déductions sur le montant du revenu imposable ; par contre, les impôts indirects, qui prédominent encore dans le système fiscal français, font peser une. surtaxe sur les familles nombreuses. Voir notre article : La surtare sur les familles nombreuses dans la revue V Action nationale. in\n 1920, qui aboutit aux conclusions suivantes ; les nouveaux impôts, à eux seuls, vont faire peser sur les chefs de famille ayant trois enfants ou plus,'uiie surtaxe de près d’un milliard, soit, en moyenne, de 600 francs par an pour chacun d’eux. L’Etat français cependant accorde aujourd’hui à ses fonctionnaires une indemnité annuelle de 330 francs pour chacun des deux premiers enfants et de 480 francs pour chacun des autres (1) On trouvera des renseimioments plus précis dans le rapport de M Vablkz sur V Economie sociale en llelgique, dans l’enquête de M. UowNTREE. A study of toum life et enfin dans l'Economie sociale de M. Gide, qui reproduit (4® éd., p. 86), un graphique très expressif emprunté au précédent ouvrage.

exercer une immense inHuence sur l’évolulion économique et sociale (1).

§ 2. - Les charges de famille et le problème de la population.

Depuis fort longtemps, les économistes ont considéré l’étude de la population comme faisant partie de leur domaine. Il s en faut de beaucoup, cependant, que tous les problèmes démographiques soient des problèmes économiques : la physiologie, riivf'iène et bien d’autres sciences, y sont interessees. Mais il es” exaà que la démographie touche à l’économie politique par plusieurs côtés. Et d’abord, elle y touche par l étude de la production ; pour faire vivre l’humanité, il faut produire ; et, réciproquement, pour produire, il faut des hommes G est d’ailleurs sous cet aspect que les anciens économistes ontenyisacré les relations entre leur science et la doctrine de la popu atio”n (2) : ils ont cherché à établir le rapport qui existe entre la population et les subsistances. iMaltIms, dans une formule célèbre, soutient que la population, tend [à s’accroître plus vite que les subsistances (3) ; et cette conception lui était sans doute susRérée par la situation économique de l Angleterre de son temps Depuis lors, il semble que la richesse se soit accrue partout plus vite que la population. D’ailleurs, un phénomène nouveau s’est produit, que Mallhus et ses contemporains

n’avaient pas suflisaiiiment prévu : la natalité a dimmue,^n

vertu d’une cause économique très simple ; elle a diminué a mesure qu’il apparaissait plus clairement que la part de chaque individu dans le revenu de la fatiiille, et eventuellement dans son capital, va diminuant en raison du nombre des

Le problème de la population apparaît donc aujourd hui

(1) Cette constatation paraît avoir également échappé à la critique

*°?2fvoTr A. Landry, les trois théories principales de la population dans

Scientia, Rivista di Scienzia. 1909, n° xi,

(31 Dans son Essai sur la population, Malthus affirme que la population tend à s’accroître selon une progression géométrique, tandis que les subsistances ne s’accroîtraient que selon une progression arithmétique. «iur Malthüs voir plus loin, le développement de la pensée économique,^

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