‹ Traité élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 146 sur 192 · REVENUS ET CHARGES DE FAMILLE · texte numérisé non relu

REVENUS ET CHARGES DE FAMILLE

comme étant essentiellement un problème de Répartition ; la. restriction de la natalité apparaît, dans une ’

comme une réaction spontanée de

contre une inégalité de Répartition qui existe dans toutes l^

classes économiques, et qui résulte de ce que .

ceux qui participent à l'actimte economique sont rémunérés 7ansLun égard pour le nombre des individus ne participant nas à l'activité économique qui sont à leur charge. .

Onsoulient assez couramment aujourd’hui que de la natalité est en raison directe de 1 accroissement de la richesse : ce qui est strictement contraire à la croyance des anciens économistes, lesquels admettaient que ^ s’accroît spontanément avec les «"bsistances Cependan^^^^ cette assertion repose sur un assez grand nombre d observa bons précises (1), elle est trop brève et trop absolue Les

classes aisées, il est vrai, rélldchissaiit plus que ^ 4

pauvres, il est exact qu’elles ont, les premières, remarqué l’inégalité dans la répartition qui résulte des charges de fa mille. 11 est encore exact quelles sont plus am 1 ^

qu’ainsi, elles ont tiré plus rigoureusemen de ® lion les conséquences qui aboutissent a d j

aatalité. Entin, les classes aisées sont généralement possédantes, et le chef de famille a à partager ment au nombre de tètes non seulement des revenus, souvent

d’ailleurs peu élastiques, mais un capital.

Cepëndrut, il serait inexact d’affirmer que la restriction de

la natalilé soit exactement proportionnelle au degre de richesse. Du «ce.. sëmeët français de 190(5. et d’une étude très précisé qui en a été faite par le directeur de la Statistique générale de la France (2), on peut, en elVet, tirer les constatations sui-

''“n Vrance, la natalilé est la plus forte chez les «

enfants pour cent familles, dont le chef est âge de au moment du recensement), puis chez les ouvriers (404).

(lî Voir Bertillon. La dépopulation /•rancaise ; Paul Leroy- Beaulieu, la Ushoë de ta pcputalion, Paris, 1913; Moubsar, Stud.ea zar Bm«l-

publiée par ladirecliendeta^-

thropiquCy 1913, p- 584.

Mais elle est très sensiblement plus forte — ou moins faible chez les patrons (359) que chez leurs employés (300). (Et pourtant on peut admettre que les patrons sont généralement plus aisés que les employés.) Parmi les [)atrons, ceux de l’industrie ont plus d’enfants (382) que ceux de l’agriculture (371) et du

commerce (340).

Quant aux salariés de l’Etat, leur natalité est généralement faible : elle est toutefois bien plus faible parmi ceux que la statistique range dans la catégorie des employés » (283) que parmi les • ouvriers » de l’Etat (385). Mais, si elle tombe à un minimum pour les employés dont le traitement varie de i.500 francs à 10. 000 francs (taux d'avanl-guerre), elle s’élève chez ceux dont le traitement dépasse ce « hilîre.

De ces données assez complexes, on [leul tirer des conclusions un peu plus précises. !>a natalité parait bien, d une façon assez fréquente, s’abaisser à mesure que les revenus s élèvent, puisqu’elle est plus forte dans les classes les plus pauvres. Cependant, au delà d’un certain niveau, pour les hauts fonctionnaires, pour les patrons de l’industrie, elle tend à se relever avec le revenu lui-inéme ; et ce, malgré les habitudes mondaines, qui peuvent faire obstacle a la fécondité des mariages.

Aussi paraît-il plus exact de dire que la natalité se restreint là surtout où au désir du confort et à l’ambition vient s ajouter une autre considération : le défaul d’è.lnslicilé des moyens^ d'existence. La natalité est faible surtout chez le petit employé ou fonctionnaire, à revenu fixe et très modeste ; chez le petit propriétaire rural, dont le capital est Ihuife, Et sans doute est-ce à la prépondérance de, ces deux éléments dans la population française que la France doit en grande partie d avoir devancé les autres nations dans la diminution de la natalité. Au contraire, la natalité se maintient à un taux assez élexé chez les individus, moins prévoyants peut-être, mats dont le débouché, quoique parfois modeste, ne parait nullement limité, chez les marins qui ont pour eux la vaste mer, chez les ouvriers de l’industrie qui voient chaquejour surgir de nouvelles usines, etchez les patrons de l’industrie eux-mèmes,"qui savent que l’avenir de leurs enfants n est pas borné par les murs de leur fabrique, et que la lortune s acquiert plus par le travail que par un capital oisif.

Quoi qu’il en soit, le phénomène de la baisse de la natalité

CIIAP. II. — REVENUS Et CHARGES DE EA.MILLE

est acluellemsnl un phénomène gé..é«l ^•ivilisés de race blanche. Mais si, par suite t

l’accroissement démesuré de la population que re o

Tune, ’',mi're'*épo)Ïr-Tbsu“c“lion^ de 1- péru.de d. 16*''^ r-nd'*rc“L;;.nenf de^popoUnon'! ili ""n

de terres nouvelles et de nouveaux moyens d existence,

'''crJd"::rrérart e:ria et U mor.al;,é tend à

salliblir et le taux d'accroissement de la l"’P"'“'"’" mence à diminuer. Kn France, l’écart entre les deux élérr.ents ^depuis fort longtemps s. laible que. en certames -unees les déJès remportaient sur les naissances, et que les nioycnnes uuinquennale^ie présentaient plus, avant la guerre, quede iies levers «ccroissemenls de. populalion (d). Fn Alle.uagne n,ême où, malgré la dimmntion de la nalabté, ‘ '

sauces sur les décès allait croissant jusqu au début du xx siècle cet excédent a commencé à diminuer ; en quelques années, il est tombé de 900.000 à 750.000. Dans ce pays pourlani si piolifique, l’accroissement spontané de la popu ajion, ne suivait nlul le développement de l’industrie : et il fallait leuiurir a l'immigration pour trouver la main-d’œuvre necessaire a une production toujours plus intense.

(t) C’était, jusqu’à ces ùernières années, l’opinion de la plupart des

ccoiioinistes allemands. la France environ un million et

P) “ : fi àS Z 1. uatiou trauçaise

.lem, de déllcit résultant de l’escédenl des

ne se mesure p «on^ant la "uerre* car une notable propor-

décès sur les naissances Pf , avec eus ont dis-

.ionde, '“““ira^flereus:" de ces enranls, i.idé-

finïmlint, à travers les générations futures ! Aux survivants de med.ler

sur ce fait!

Ainsi, le problème de la population, qui est apparu au cours du XIX* siècle comme étant essentiellement un problème de Répartition, semble devoir intéresser de nouveau les conditions de la production (1).

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(1) Il intéresse beaucoup plus encore la vitalité des diverses nations, mais c’est là un point de vue plus politique qu’économique, auquel nous ne saurions nous arrêter dans cet ouvrage.

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