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CHAPITRE

Les caisses d’épargne.

I 1. L’épargne collective et la consommation : les caisses d’épargne];

leur origine et leur développement.

L’individu ne consomme pas toujours immédiatement les richesses qu’il a produites ou reçues en échange. En termes plus concrets, l’individu qui a perçu un revenu en monnaie ne consacre pas toujours tout ce revenu à la satisfaction de ses besoins immédiats ; souvent il en épargne, il en « met de côté » une partie. Nous avons vu plus haut comment il arrive que le capital monnayé soit ainsi épargné en vue de créer ou d’agrandir des entreprises. Mais il arrive aussi que l’individu mette de côté une'partie de son revenu dans le seul but de pouvoir le consacrer ultérieurement à ses besoins, de le cun~ sommer plus lard.

A vrai dire, dans la société moderne, il est généralement possible de poursuivre simultanément ces deux tins . 1 individu qui n’a pas d’autre préoccupation que de conserver une partie de son revenu actuel pour ses besoins futurs trouve néanmoins avantage à se dessaisir momentanément de la somme qu’il veut mettre de côté, à la prêter à ceux qui ont besoin de capitaux, — le plus souvent en vue d’un acte productif. En procédant ainsi, non seulement il épargne, mais il perçoit sur la somme épargnée un nouveau revenu, 1 intérêt. Le prêt fùt-il, et c’est le cas le plus usuel, un crédit à la production, il n’en constitue pas moins, du point de vue du prêteur, une simple mise en réserve, une épargne rémunérée. Et c’est ainsi que, peu à peu, le « placement » s’est substitué à la thésaurisation, à l’antique tirelire, ou au « bas de laine » de

nos pères.

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