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CHAP. III. LES CAISSES D EPARGNE

Ainsi, la souscription de fondspublicsou de valeurs privées, les prêts hypothécaires et autres manifestations du crédit que noüs avons considérées jusqu’ici comme un acte relatif à la production sont en même temps un phénomène relatif à la consommation : c’est la manifestation, de la part du prêteur, d’une consommation dilîérée, d’une épargne.

Mais, si les prêts de toute sorte, et surtout l’achat de valeurs mobilières, constituent aujourd’hui des moyens de placement usuels et [lopulaires, ils ne suffisent pas à assurer la formation de l’épargne. Pour acheter un titre, il faut déjà disposer d’une somme relativement importante, les coupures les plus usuelles des valeurs mohilières étant de lüOà 500 francs; il faut aussi, pour le choisir, quelque compétence; et, pour faire exécuter l'ordre d’achat ou de revente, il faut s’adresser à un intermédiaire; il y a de plus, les risques de non remboursement, ou tout au moins de variation des cours. Celui qui épargne sou par sou doit donc user d’un autre procédé ; et, comme celui qui conserve chez lui ses économies s’expose aux risques de vol ou de destruction, et plus encore à la tentation de remettre en circulation la monnaie épargnée, il convient aux petits épargnants de meltre en commun leiü's économies^ d’abord pour les mieux conserver, et subsidiairement poul ies faire fructifier ; telle est la fonction primordiale des caisses d'éparijue.

L’institution moderne des caisses d’épargne paraît remonter à la lin du xviii® siècle, et elle a commencé à se généraliser au début du xix® : on mentionne, en elîet, l’existence de caisses d’épargne en Allemagne à partir de 17()5 ; la première saving hank anglaise date de IBOfl, et, dès 1817, l’Angleterre en possédait une cinquantaine ; la caisse d’épargne de Paris a été fondée en 1818.

Le progrès de cette institution a été rapide, à en juger tant par le nombre des déposants que par le montant total des dépôts : ainsi en France, le nombre des déposants est passé de 35ü.000en 1840 à 3.8IJ0.000 en 1880 et 15.100.000 en 1913, et le montant total des dépôts s’est élevé, en partant des mêmes dates, de 200 millions à 1.300, puis à près de 6 milliards. Et pourtant, la Fiance n‘est pas, de tous les pays, celui où ce mode d’épargne collective est le plus développé : l’Allemagne la dépasse de beaucoup par le chiffre des dépôts, qui était, avant la guerre, supérieur à 17 milliards ; et la proportion des

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5^4 livre m. — CONSOMMATION

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CS en valeurs mohilières et auv dépôts en banque e nombre des participants et leur proportion par rapport à la population totale attestent cependant la place que cette msîitntion a prise dans la vie sociale contemporaine. ,

Le rôle quelles remplissent varie d’ailleurs, non moins que. leur importance, d’un pays à l’autre, et dépend à régime juridique et des principes économiques qui president a

leur fonctionnement.

8 2 - Régime juridique et fonctionnement des caisses d’épargne. 8 ^ Caisées d’Etat et caisses privées.

1 caisses d’épargne restituent généralement les économies '"!ia A^^ts àVemière réquisition. Quoiqu'il s agisse amsi des déposa , P habituellement un intérêt sen-

ml Ct nlus élevé que Is banques pour des dépôts de Cine ordrL Toutefois, comme elles oui pour but moins encore

T tVire truclitier que de conserver les économies des dépoiCreilestCnt! avant tout, ne les engager que dans des

°^ttn’CaUnCCnl-il, soit pour les gérer, soit pour contrôler leur fonctionnement. En Eraoce, il existe actuellement 4 rv^iAtrnries nrincipales de caisses d épargné : la caisse U ^ou Dostlle qui reçoit des dépôts par l'intermédiaire

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